KILMAINE
L'UNIVERS
de nous. — Si le comte n'a qu'un fils en bas âge, les officiers du comté et l'évêque aideront l'enfant à prendre soin du comté, jusqu'à ce que nous sachions la mort du comte , et que le fils enfant , par notre concession, soit honoré des honneurs paternels. — - Si le comte défunt n'a point de fils,... nous pourvoirons à son remplacement selon notre volonté... Il en sera de même pour nos vassaux que pour les comtes ; et nous entendons que les évéques , abbés et comtes , et nos autres fidèles , en usent semblablement envers leurs hommes. »
« Le capitulairede Kiersv, dit M.Henri Martin , couronne le triste règne de Charles le Chauve , et peut être considéré comme l'acte d'abdication de la royauté franke : la grande lutte commencée avec la conquête elle-même était terminée ; la royauté vaincue sanctionnait sa défaite, et l'hérédité des offices et des bénéfices , presque partout triomphante en lait, était solennellement érigée en droit ; l'ère féodale était ouverte, et une société nouvelle, avec un nouveau droit politique, allait sortir du chaos où l'Occident se débattait depuis la chute de la société romaine (*). »
Killala (bataille de). Voyez Islande.
k it.maine (Charles-Joseph), né , en 1754, à Dublin en Irlande, d'une famille noble , quitta de bonne heure sa patrie pour entrer au service de la France. Il fit la guerre d'Amérique, et, à son retour en Europe en 1783, il entra dans le régiment des hussards de Lauzun , où il occupait le grade de capitaine en 1789. Il eut, à partir de cette époque , un avancement rapide.
Nomme général de brigade après les premières campagnes de la révolution , il servit, en cette qualité , aux armées des Ardennes et du Nord , se signala à la bataille de Jemmapes, et fut envoyé ensuite dans la Vendée, d'où, après avoir donné de nouvelles preuves de valeur et de zèle , il passa à l'armée d'Italie sous les ordres de Bonaparte : il y obtint de brillants succès à Castiglione, à Desenzano , à Peschiéra , au passage de l'Adige , et sous les murs de Man-
(*) H. Martin, Histoire de France, t. II, p. 6a8.
toue. Le gouvernement ayant alors conçu le projet d'une invasion en Irlande, le manda à Paris pour en concerter le plan , et le nomma général en chef de l'armée dite d'Angleterre. Mais cette expédition n'eut pas lieu, et il reçut, en 1798, un commandement dans l'intérieur ; on lui confia ensuite celui de l'armée d'Helvétie. Il mourut à Paris le 15 décembre 1799.
Kintzig (combat sur la). — Pour faciliter les progrès de l'armée delvloreau en Allemagne, en 1796, il était nécessaire de chasser les Autrichiens de la vallée de la Kintzig. L'aile droite de l'armée de Rhin-et-Moselle , trop faible pour suffire à cette attaque , et contenir le corps ennemi qu'elle avait en opposition sur le Rhin , fut secondée par la seconde division du centre, qui partit de Freudenstadt, et marcha sur Alpersbach, Volfach et Schillach , afin de tourner l'ennemi. Du 13 au 15 août, les Autrichiens et le corps de Coudé furent partout battus et repoussés avec perte. Les passages se trouvant ouverts, et le corps du général Starray, forcé dans la vallée , s'étant rejeté sur le gros de l'armée de l'archiduc, l'aile droite de l'armée française s'avança, sa droite sur le lac de Constance , 'sa gauche au Danube, pendant que le reste suivait les gorges des montagnes de l'A Ibis.
Kirchbebg (combat de). — En juin 1800, Richepanse faisait front à l'archiduc Ferdinand , qui , après avoir franchi le Danube avec 25,000 hommes, débordait l'extrême gauche de l'armée de Moreau. Ses deux divisions (2,000 hommes) occupaient les hauteurs de Kirchberg. Les Impériaux, débouchant par Gutzell , formèrent deux lignes, et abordèrent, le 5 juin, les deux divisions françaises, qui résistèrent assez vigoureusement pour que Ney eut le temps d'accourir. Ce brave général , à la tête d'une des divisions de Grenier , qui se trouvait à portée du champ de bataille, franchit l'Iller à Kellmuntz, prit parle flanc la première ligne des assaillants , et la mit en déroute. Cependant la seconde ligne ennemie, disposée en colonne, poussa vivement Richepanse, s'empara de Kirchberg, et, s'en servant comme d'un point d appui , s'étendit pour enlever le pont de Kellmuntz. La
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réus9itedecemouvementeûtcompromis les 3 divisions engagées : coupées de leurs renforts, entassées dans le vallon de Piller, elles eussent été exposées à une sanglante défaite sans le coup d'œil et le sang-froid de Ney, qui fit aussitôt volte-face, et rentra l'epée à la, main dans Kirchberg. Richepanse reprit alors l'offensive, et l'archiduc se hâta de retourner à Ulm.
Kirk, vent du nord-ouest, dont les Gaulois avaient fait un dieu , que les Romains invoquèrent plus tard sous le nom de Cercius. En Languedoc, on donne encore aujourd'hui au vent le nom de cers. Dans la langue des Gaulois, le mot kirk signifiait fougueux , destructeur.
Kirkheim (diète de). -— En 887, peu de temps avant sa chute , l'empereur Charles le Gros tint une diète de la nation germanique à Kirkheim.On y vit arriver Louis, fils de Boson, roi de Provence, alors âgé de 9 ou 10 nus, et dont le père venait de mourir. Ce prince fut reçu avec affection par l'empereur, qui l'aclmit à faire hommage à la couronne impériale pour ses fieis de Provence, et le renvoya dans le royaume de son père, où le concile de Valence, trois ans plus tard, lui déféra la royauté. Charles le Gros dénonça, à cette même diète, son archichancelier Liutward, évéque de Verceil, qui, par ses exactions, avait soulevé contre lui la haine générale.
Accusé d'hérésie par le clergé , et , par l'empereur, d'adultère avec l'impératrice Richarde, Liutward fut dépouillé de ses dignités et renvoyé dans son diocèse. L'impératrice, à son tour, fut obligée, pour se justifier, de protester que, bien que mariée depuis dix ans, elle était encore vierge; elle offrit même de prouver son innocence, soit par le combat judiciaire, soit par l'épreuve du feu; mais cette offre fut refusée par son mari et par la diète. Les deux époux se séparèrent après cet éclat, et Richarde se retira dans le couvent des chanoinesses d'Andlaw en Alsace, couvent dont elle était la fondatrice.
Klébeb (Jean -Baptiste) naquit à Strasbourg en 1753. Son père était terrassier maçon ; il fut élevé par les soins d'un curé de village, et vint très - jeune à Paris , dans l'intention
d'y apprendre sous Chalgrin l'art de l'architecture, auquel il était destiné.
De retour à Strasbourg au bout de deux ans, il prit un jour la défense de deux étrangers qu'il vit insulter dans un café ; c'é t a î en t d eu x gentilshommes allemands» qui , par reconnaissance , l'emmenèrent a Munich , et le firent admettre à l'école militaire. Ses progrès rapides frappèrent le général autrichien Kaunitz, qui lui donna une sous-lieutenance'dans son régiment. Mais Kléber, bientôt dégoûté d'un service où il n'y avait d'avancement que pour les nobles, donna sa démission en 1783, et revint en Alsace, où il obtint la place d'inspecteur des bâtiments publics de la ville de Béfort. Redevenu architecte, il fit bâtir le château de Granvillars, l'hôpital de Thann et la maison des chanoinesses de Massevaux.
Le musée de Strasbourg possède encore plusieurs dessins de sa main.
Rien n'annonçait au modeste architecte de Béfort ses hautes destiuées, quand il s'enrôla comme simple grenadier, en 1792, dans le 4e bataillon du département du Haut-Rhin. Bientôt il devint adjudant-major. ïl se fit remarquer par sa bravoure et par ses connaissances militaires à la belle défense de Mayence, et reçut pendant le siège même le grade d'aîijudant-commandant.
Mais lorsque la place eut capitulé, Kléber se vit arrêté par deux gendarmes et conduit à Paris. Sa justification reconnue, ainsi que celle de la garnison, ii fut nommé général de brigade, et se rendit dans la Vendée à la tête de Pavant-garde mayençajse. Kléber se fit des ennemis acharnés par sa franchise souvent brutale et son caractère frondeur et fier. Heureusement Marceau, son rival de gloire, l'apprécia à toute sa valeur quand il fut devenu son chef.
« Menez, lui dit-il, cette armée à la vic- « toire; qu'est mon courage auprès de « votre génie? Je courrai sous vos or- « dres à l'avant-garde. » Kléber battit alors les Vendéens au Mans et à Savenay (1795). Les Nantais lui offrirent une couronne de laurier. «Nous avons « tous vaincu, s'écria Kléber; je prends « cette couronne pour la suspendre « aux drapeaux de l'armée. » Cependant on lui imputa à crime d'avoir accordé la vie à quatre mille prisonniers
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faits à Saint-Florent; il fut destitué et envoyé en exil à Châteaubriant. Mais le besoin qu'on eut de lui le Gt rappeler et envoyer, en 1794, avec le grade de général de division, à l'armée du Nord, sous les ordres de Jourdan.
a Placé à la tête de trois divisions, Kléber se couvrit de gloire àFleurus, btttit les ennemis à Marchiennes , se rendit maître de Mons et de Louvain , rejeta les alliés sur la rive droite du Rhin, assiégea et prit Maestricht. Il dirigea pendant le rude hiver de 1794 le blocus de Mavence, en qualité de général en chef de l'armée du Rhin, et effectua, malgré tous les obstacles , le passage du fleuve à la tête de l'aile gauche de Jourdan, à Dusseldorf(5 septembre). Quand l'armée autrichienne, renforcée par des corps nombreux, obligea Rléber de songer à la retraite, toutes ses mesures étaient prises pour traverser le pont de Neuwied. 11 ordonna, en conséquence, à Marceau d'incendier tous les bateaux qui se trouvaient sur le fleuve, et dont le feu devait se communiquer au pont, quand l'armée n'en aurait plus besoin. Les dispositions furent mal calculées; le pont n'existait plus quand l'armée se présenta. Kléber aussitôt donne des ordres pour en construire un nouveau , attire ! l'ennemi dans l'intérieur des terres, le bat, et revient au nouveau pont, sur lequel il ne met le pied "qu'après avoir vu passer le dernier de ses soldats.
Bientôt les succès de l'armée de Sambre-et-Meuse , un nouveau passage du Rliin, les combats de Dusseldorf,' d'AIténkirchen, la défaite du prince de Wurtemberg, celle des soixante mille Autrichiens de l'archiduc Charles, battus avec vingt mille hommes seulement, mirent le comble à la gloire de Kléber. Cependant l'intrigue choisit pour l'éloigner de l'armée le moment où Francfort lui ouvrait ses portes. Kléber demanda sa retraite et l'obtint. Il retourna à Strasbourg, où ses amis politiques essayèrent vainement de le faire nommer membre du Corps législatif. Il loua alors une petite maison à Chaiilot, et s'y occupa de la rédaction de ses Mémoires. Au 18 fructidor, ses ennemis, au nombre desquels on compte avec regret le général Hoche, s'efforcèrent de le faire inscrire sur la liste des dé-
portés. Averti du danger, il se tint à l'écart. Mais la conquête de l'Égypte ayant été arrêtée , Bonaparte fit un appel aux braves dont il désirait être accomgné, et Kléber fut un de ceux qui montrèrent le plus de zèle pour concourir à l'entreprise. Aussitôt arrivé sur le sol égyptien, il marcha sur Alexandrie avec la colonne du centre, et reçut une blessure à la tête en escaladant des premiers les murs de cette ville, dont il eut le commandement. Guéri de ses blessures, il accompagna Bonaparte dans l'expédition de Syrie, marcha à l'avant-garde , prit El-Arisch, s'enfonça dans le désert, s'empara de Gaza, de Jaffa, gagna la brillante bataille du Mont-Thabor, et, après la levée du siège d'Acre, protégea la retraite de l'armée. Il se distingua de nouveau à la bataille d'Aboukir. Enfin Bonaparte, ayant pris la résolution de repasser en France, lui remit le commandement de l'année d'Orient.
Kléber avait eu de trop fréquentes discussions avec son ancien général en chef; l'animosité qui en résulta se fit jour après le départ de Bonaparte ; ii ne se montra pas non plus, dans les relations diplomatiques et dans l'appréciation des hommes et des choses , ce qu'il était sur le champ de bataille, clairvoyant, magnanime, inébranlable.
Il s'entoura de tous ceux qui avaient fait éclater leur mécontentement lors de l'arrivée au Caire, et l'on ne s'occupa bientôt plus qu'à trouver impossible l'exécution de tout ce qui devait assurer le séjour de l'armée en Égypte. Kléber d'ailleurs crut devoir faire, pour la conservation de ses troupes, le sacrifice de la gloire qu'il pouvait encore acquérir ; une armée de quatrevingt mille hommes, ayant soixante pièces de canon, s'avançait vers l'Égypte; il entra en négociation , et l'on conclut à El-Arich, le 24 février 1800, une convention honorable (voyez Égypte.)
Kléber se disposait à évacuer le Caire, lorsque l'amiral Keith lui écrivit qu'un ordre de son gouvernement lui défendait de permettre l'exécution d'aucune capitulation, à moins que l'armée française ne mît bas les armes et ne se rendît prisonnière de guerre. Indigné d'une telle perfidie, Kléber se sert de
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la lettre du lord comme d'un manifeste qu'il fait publier dans son armée, n'y ajoutant que cette phrase : «Soldats!
« on ne repond à une telle lettre que « par des victoires : préparez-vous à « combattre! » La victoire d'Héliopolis fut une admirable réponse. Cependant une insurrection avait éclaté au Caire : Kléber reprit cette capitale, recommençant en quelque sorte la conquête de 1N Egypte ; l'armée elle-même manifestait alors le désir de conserver une conquête dont elle sentait toute l'importance; et Kléber ne s'occupait plus que du soin d'en consolider la possession, lorsque, le 14 juin, il fut assassiné par un Turc fanatique. Le même jour, Desaix tombait mortellement blessé à Marengo.
Kléber avait reçu de la nature une taille majestueuse, une ligure imposante, et une voix qui, tantôt par sa douceur lui conciliait tous les cœurs , et tantôt par son éclat suffisait pour arrêter les séditions et couvrir les murmures des soldats. Quand il était au milieu d'eux, il semblait le dieu Mars en uni/orme.
Bonaparte disait de lui : « Rien n'est « beau comme Kléber un jour de com- « bat. » — « Kléber était doué du plus grand talent, mais il n'était que l'homme du moment... Il était d'habitude un endormi; mais, dans l'occasion, il avait le réveil du lion... » Oui, sans doute, Kléber avait le talent que ne put lui dénier Napoléon ; mais il avait plus que cela : Caffarelli, qui pouvait porter sur lui un jugement plus désintéressé, plus impartial, disait tout haut : «Voyez-vous cet Hercule! son génie le dévore! » Les restes de Kléber, rapportés à Marseille après l'évacuation d'Égypte, étaient oubliés dans le château d'If, lorsque Louis XVIII ordonna, en 1818, qu ils fussent transférés dans sa ville natale, qui les reçut avec gratitude et vénération. Ils reposent dans un caveau construit au milieu de la place d'armes, et au-dessus duquel Strasbourg et la France entière ont Fait élever une statue en bronze. Ce monument, dû à l'habile ciseau d'un sculpteur alsacien, M. Ph.
Grass, a été inauguré le 14 juin 1840.
Kleinburg (combat de). — Dans le courant de décembre 1306, le général Vandamme, à la tête d'un corps de troupes françaises , bavaroises et wur- •
tembergeoises, était venu assiéger Breslau, capitale de la Silésie prussienne.
Le 29, une troupe de dix à douze mille paysans, que le prince dAnhalt-Pleiss, major général du roi de Prusse, avait rassemblée à Rrieg, s'ébranla pour aller prendre à revers les assiégeants. Divisée en deux colonnes, elle s'avança par Strehlen et par Schweidnitz, se déroba à la surveillance des généraux Minucci et Montbrun qui observaient les deux routes, et arriva le 30, à cinq heures du matin , après une nuit de marche forcée, à la hauteur de Kleinburg, où se trouvait le quartier général des Wurtembergeois. Informé de ce mouvement, Vandamme détacha aussitôt à la rencontre du corps ennemi un bataillon bavarois, un escadron de cavalerie wurtembergeoise et le 1 3e régiment de ligne français , le tout aux ordres du colonel Duveyrier. Ce brave arrêta d'abord les troupes du prince d'Anhalt, puis les attaqua et les mit facilement en déroute. Alors Vandamme envoya un de ses aides de camp, à travers les postes ennemis qui couraient la campagne, prévenir Minucci et Montbrun qu'ils eussent à inquiéter la retraite du prince. Ils s'ébranlèrent aussitôt, mais le côtoyèrent longtemps sans pouvoir trouver de débouches pour l'attaquer dans ce terrain difficile, coupé de rivières, de ruisseaux et de marais. Ils ne l'atteignirent que le jour suivant sur la route de Schweidnitz , le battirent de nouveau, et lui firent dix-huit cents prisonniers. Une perte plus grave pour le prince fut la désertion de quatre ou cinq mille paysans, qui, à la suite des deux affaires, reprirent le chemin de leurs foyers; et cette ridicule diversion n'eut d'autre résultat que de hâter la capitulation de Breslau , qui eut lieu le 7 janvier 1807.
Kliastitzi (bataille de). — Après avoir expulsé les Russes du camp de Drissa, le 18 juillet 1812, le maréchal Oudinot, à la tête du deuxième corps de la grande armée française, se retira sur Polotsk. Il se remit en marche le 28 pour gagner Sebej , et parvint le 30 à Kliastitzi. Le jour même, une avantgarde, qui avait poussé jusqu'à Iakubowo, fut attaquée par celle de Wittgenstein. Le général, informé le 29 du
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mouvement d'Oudmot, et craignant que le «dixième corps français ne quittât aussi ses positions d'iâkobstadt et de Kreutzburg, avait résolu de se porter sans délai à la rencontre du deuxième, dont la proximité 1 l'inquiétait le plus. Or, les Russes, malgré l'immense supériorité de leur artillerie, dont la configuration du terrain favorisait le déploiement , ne purent entamer notre colonne, et combattirent en vain jusqu'à dix heures du soir. Le 31, dès la pointe du jour, l'ennemi revint à la charge : il fut encore repoussé avec perte. Alors Wittgenstein qui voulait, à quelque prix que ce fût, s'ouvrir la route de Kliastitzi pour protéger Sebej, fit avancer son corps principal et le porta contre le centre d'Oudmot. Le choc fut terrible, et lu première ligne des Russes plia un instant. Mais le duc de Reggio, jugeant que la supériorité numérique de l'ennemi mettrait tôt ou tard l'avantage de son côté, et que les Français, en cas derevers, auraient à combattre avec un ' défilé à dos , crut que la prudence lui ordonnait de chercher un champ de bataille moins désavantageux. Il profita donc du désordre qui s était manifesté d'abord dans les rangs ennemis pour abandonner Iakubowo. A huit heures du soir, il était établi sur la rive gauche de la Niszcza, entre Kliastitzi et ce cours d'eau. Wittgenstein suivit le mouvement de retraite des Français. Vers onze heures, il força le gué de Dernokiezi; puis, dans la nuit, ses troupes passèrent sur différents autres points sans rencontrer aucune résistance. Son intention était d'attaquer de nouveau le 1er août; mais Oudinot s'y attendait, il s'était mis en mesure , et avait ordonné qu'on ne négligeât rien pour accroître la sécurité de l'ennemi. Au lever du soleil, Pavant-garde russe, impatiente de marcher à une victoire qu'elle croyait certaine, arriva devant la position d'Oboiarszina, qu'occupait Oudinot. Des nuées de tirailleurs et d'énormes masses d'infanterie s'avançaient avec d'affreuses clameurs : on les laissa approcher jusqu'à portée de mitraille , puis on démasqua une batterie de quarante pièces, qui bientôt força l'ennemi de déployer ses colonnes. Au même moment, Oudinot, qui avait dis-
posé ses d i visions de manière à ce qu'elles pussent mutuellement se soutenir, ordonna la charge. Les Russes opposèrent une vigoureuse résistance, mais assaillis au pas de course et à la baïonnette, ils furent enfoncés de toutes parts, et laissèrent le champ de bataille jonché de morts. On les poursuivit pendant près de quatre heures, et on leur fit plus de trois mille prisonniers.
Klotten (bataille de). Voyez Zurich.
Kobrin (combat de). — Le 26 juillet 1812, le corps du général russe Tormazow attaqua dans Kobrin (Russie) l'avant-garde des Saxons. La résistance fut opiniâtre; enfin, pressés par plus de trente mille nommes, les Saxons cédèrent après neuf heures d'un sanglant combat. Leur perte se monta à mille morts et deux mille prisonniers, au nombre desquels étaient leur général et soixante et dix officiers. Les Russes eurent plus de deux mille hommes hors de combat. Le général Reynier arrivait au secours des Saxons; mais il dut rétrograder, en apprenant leur défaite et la supériorité numérique des ennemis.
Koch (Christophe-Guillaume de), savant publiciste, né en 1737 , à Bouxweiller (Alsace) , d'une famille protestante , mort en 1813 , avait étudié le droit public sous le célèbre Schœpflin ; il lui succéda en 1771 , comme chef de cette école politique que le savant professeur avait fondée à Strasbourg , et dont sortirent un grand nombre de ministres et d'hommes d'État. Déjà à cette époque la réputation de Koch était fondée sur des écrits importants. Il remplit la chaire de droit public à Strasbourg, jusqu'à la suppression de l'université de cette ville , et fut envoyé à Paris, en 1789, parles protestants d'Alsace, pour défendre auprès de l'Assemblée constituante leurs droits civils et religieux , dont il obtint la sanction.
Nommé bientôt après député du département du Bas-Rhin à l'Assemblée législative, il fut successivement appelé au directoire de son département, nommé membre du Tribunal, et, après la suppression de cette assemblée, nommé recteur de l'académie de Strasbourg. On a de lui, outre plusieurs ouvrages utiles sur la science qu'il avait