GRANVILLE L'UNIVERS. GRANVILLE
neuve ne manquait pas d'un certain talent, qui aurait produit plus d'effet s'il n'avait eu pour collègues un orateur comme Vergniaud , et des improvisateurs comme Guadet et Boyer-Fonfrède.
Granvelle-Foiissemagne , terres situées dans la haute Alsace qui furent érigées en comté, au mois de juin 1718, en faveur de F. J. Ignace , baron de Reinach.
Gran ville, Granivilta, ville maritime de l'ancien Cntentin en basse Normandie, aujourd'hui comprise dans le département de la Manche, arrondissement d'Avranches.
En 1431), Thomas lord Scalps, sénéchal de Normandie pour le roi d'Angleterre, entreprit de constrnireà G ranville une torteresse qui pût protéger un havre commode , et tenir en respect la garnisondu Mont-Saint-Michel. Il acheta la même année, de Jean d'Argouges , seigneur de Gratot et de Granville, tous les droits qu'il avait sur la montagne de Granville, se reconnaissant son vassal par la redevance d'un chapel de roses vermeilles , payable au jour de Saint- Jean- Baptiste. La ville se trouvait alors à la pointe Gautier, et avait son port à la Houle; mais le capitaine anglais trouvant avec raison que la position sur le rocher serait plus forte, obligea les habitants de l'ancienne cité a s'y transporter, en employant pour leurs nouvelles demeures les matériaux de leurs maisons abandonnées et détruites.
La première pierre de la ville actuelle fut posée en 1440. Mais dès l'année suivante, Louis d'Estoutevi. le , à la tête des troupes du Mont-Saint-Michel , vint surprendre et enlever la place, et jamais les Anglais ne purent la recouvrer.
Charles Vil lui accorda, par une charte de 1445, de nombreux privilèges, y mit une garnison considérable, et lit achever les fortilications, dont l'enceinte fut doublée depuis ce temps. C'est au même roi que Granville doit ses armoiries :
d'azur au bras arme d'argent , sortant d'un nuage, accompagné de trois étoiles d'or (pour signifier que la ville est et doit être armée jour et nuit pour sa propre déiènse).
Granville devint une des plus fortes places de la province: mais en 1689 ,
Louis XIV en fit en grande partie démolir les murailles. Si elle perdit des lors son importance militaire , elle conserva du moins une partie de ses vieilles franchises : sa milice bourgeoise de sept compagnies , faisant elle-même et en tout temps la garde de la ville; son milicien capitaine des portes , son colonel de la bourgeoisie (*), son corps de ville de trois échevins , élus tous les trois ans; ses exemptions de tailles (**). Son port resta aussi très- important. En 1786, on y comptait, outre 32 bâtiments de cabotage et les bateaux pécheurs , 110 navires, dont 5 seulement n'étaient pas destines à la pèche de la morue en Amérique, et surtout à Terre-Neuve.
Plus de 6,000 matelots y étaient classés ; le commerce seul des huîtres produisait, année commune, environ 50,000 livres. A la fin du dernier siècle , le prince de Monaco était gouverneur héréditaire de Granville, qui avait aussi une amirauté, une vicomté, une moyenne justice, etc.
Aujourd'hui cette place, chef-lieu du deuxième arrondissement maritime , siège d'un tribunal de commerce, de plusieurs vice-consuls étrangers et d'une école d'hvdrographie t doit .à son port plutôt qu'a ses fortes murâmes une im- ' portance qui s'accroîtra encore par les travaux récemment exécutés ou projetés.
La population est de 7,350 habitants.
Granville (attaque de). Depuis longtemps , une partie des chefs de l'armée vendéenne désirait s'approcher des côtes , pour établir un point de contact avec l'Angleterre , quand la \ictoire de Fougères leur ouvrit le département de la Manche et la route de Granville, où les Anglais les avaient invités de se porter. A leur approche , 12 000 républicains se réunissent à St- Lô , sans armes et sans pain ; on tire de la Hogue et de Cherbourg 4,000 hommes de troupes de ligne et 15 canons ;
(*) Depuis la suppression des charges ces officiers étaient perpétuels et a la nomination du gouverneur.
(*") Anciennement Granville était aussi exemple de tous droits. Elle finit par payer les droits de traites foraines, d'aides , du tabac, ei les contrôles des actes des nouiire* et huissiers.
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les débris des troupes battues à Fougères grossissent cette garnison , augmentée encore de celle d'Avranches.
Aussi les Vendéens hésitent d'abord , sentant leur inaptitude aux opérations régulières. Cependant ils se décident enûn à tenter l'attaque de cette place. La moitié de leur année marche sur Granville, tandis que 10 à 12,000 Vendéens, à l'instigation de leurs prêtres et de quelques chefs subalternes, s'obstinent à rester dans Avranehes. On les avait aigris, en leur répétant que leurs chefs ne voulaient s'emparer d'un port que pour passer en Angleterre et abandonner l'armée.
La garnison de Granville voulut inutilement en défendre les approches. Le 14 novembre 1793, les remparts commencent le feu , les batteries des royalistes y répondent. Un nombre considérable de Vendéens , places sous les murs , lancent une grêle de balles sur les canonniers républicains, forcés de se mettre à découvert pour servir leurs
Eièces. Devenus bientôt maîtres du fouourg, ils montent à l'as>aut. Mais se voyant en trop petit nombre sur les remparts, ils hésitent, reculent, et les assiégés reprennent leurs positions.
L'ennemi faisait peu de progrès ; les républicains conservaient une intrépidité héroïque. Tous les habitants étaient sur les murs ; les femmes et les enfants portaient les bombes et les boulets aux batteries.
Étonnés de tant de résistance, les royahstes se rangent dans les faubourgs pour se mettre a l'abri du feu des assiégés. Alors, de tous côtés, les soldats, et surtout les canonniers , sont frappés sur les murailles sans pouvoir connaître d'où partent les coups nui leur donnent la mort. On continue de se battre avec une égale fureur jusqu'à la nuit. Dans la crainte que les faubourgs , qui servaient d'asile aux assaillants, ne favorisent un assaut nocturne, et n'assurent le succès de l'armée royaliste , on se décide à les brûler pour sauver le reste de la ville. Comme les bombes et les boulets rouges ne répondent pas assez à l'ardeur des assièges , l'adjudant général Vachot s'élance hors des murs, a la tête de quelques soldats intrépides. Bientôt la flamme pétille de toutes parts,
et les Vendéens sont obligés d'abandonner leur poste. Revenus d'un premier moment de stupeur, ils veulent tenter un nouvel assaut ; mais vainement la Rôchejacquelin et StolhVt parcourent d'abord les rangs ; ils trouvent partout les esprits abattus; leurs ordres sont à peine écoutés. L'évêque d'Agra, revêtu de ses habits pontilicaux, paraît, et multiplie les encouragements au nom de la royauté et de la religion. Ces discours semblent un peu ranimer les soldats ; les chefs en profitent , et se mettent à leur tête. Ou attaque de nouveau par l'isthme et vers la grève ; les uns Clent sur les remparts, les autres s'approchent des palissades ; le roc. est gravi. Le canon et les tirailleurs secondent l'attaque; mais partout les assiégés la soutiennent avec une égale valeur. Le canon de la place démonte quelques pièces des assiégeants ; le feu des remparts porte la mort dans leurs rangs. Les plus courageux bravent la mort en marchant seuls à l'ennemi. Ils entreprennent une attaque générale et ne peuvent y parvenir. Bit ntôt on refuse de combattre ; tous abandonnent leur poste après un siège de 28 heures, laissant les faubourgs et la grève jonches de 1.500 morts ou mourants. Partout on voit la terre couverte de canons sans affûts , d'armes brisées, de drapeaux en pièces, de cadavres dont les membres épars sont à demi brûlés. Lemaignan , membre du conseil supérieur royaliste, a le bras emporté, et expire sous les murs de Granville. Plusieurs chefs sont grièvement blessés. Les Vendéens, aigris par leurs prêtres , s'éloignent en fureur ; leur rage se tourne contre ceux de leurs chefs qui les ont arrachés à leur terre natale.
Grappin (P. P.), le dernier des bénédictins de Saint • Maur , naquit en 1738, a Ainvelle-lez-Conflans , dans le bailliage de Vesoul. A 18 ans , il embrassa la vie religieuse et se livra exclusivement aux études historiques. Il travailla d'abord avec dom Berthod , puis seul, à dresser l'inventaire des archives publiques et particulières de sa province, et à copier les documents les plus importants pour les envoyer au dépôt général des chartes, fondé par le ministre Bertin. Au moment de la rê-
volution , dom Grappin se vit chargé par le ministre de composer un travail sur les anciens états de Franche-Comté,
Îmis de répandre dans la province diférents écrits destinés à préparer l'opinion publique aux réformes devenues nécessaires et repoussées par les ordres privilégiés. Grappin embrassa les principes révolutionnaires , et prêta le serment exigé des ecclésiastiques. Il fut député par les prêtres constitutionnels de la Haute-Saône à l'assemblée du clergé, en 1797, en fut élu secrétaire, et continua ces fonctions au concile de 1801. Il est mort en 1833. Ses principaux ouvrages sont : Mémoires sur l'abbaye de Faverney, Besançon, 1771, in-8° ; 2° abrégé de ( histoire du comté de Bourgogne , Avignon, 1773, in-12; 3° de Torigine des droits de mainmorte dans te comté de Bourgogne , 1778, in -8°; 4° Recherches sur lès anciennes monnaies du comté de Bourgogne, 1782 , in-8°; 5° Almanach historique de Besançon et de la Franche- Comté, 1785, in-8°, avec un supplément en 1786 ; 6° Mémoire oùVonessaie de prouver q ue le cardinal de Granvelle n'eut point de part aux troubles des Pays- Bas, 1788, in-8°; 7° Mémoire sur les guerres du comté de Bourgogne au seizième siècle, 1788, in-8°.
Gbasse, Grassa, Grinnicum, cheflieu de sous-préfecture du département du Var; popul. 12,716 hab.
Cette ville fut fondée , dit-on , par Crassus ; du moins, les Romains y élevèrent un castrum. Au sixième siècle, une colonie de juifs de Sardaigne, convertis au christianisme, obtint l'autorisation de construire une ville sur le même emplacement (585). La nouvelle cité , devenue très-commerçante , soutint plusieurs sièges pour conserver ses richesses. Elle fut surprise par les Sarrasins , qui emmenèrent une partie des habitants en esclavage ; détruite par les citoyens lors du passage de Charles- Quint, afin que l'ennemi n'y trouvât pas de ressource; rebâtie peu de temps après ; assiégée par le baron de Vins, pendant les guerres civiles du seizième siècle.
Les Autrichiens et les Piémontais, passant le Var, en 1746, se présentèrent devant Grasse. Les bourgeois