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VERS. LABÉ

eut une part très-active, malgré son grand âge, à la révolution de 1830; mais le chagrin qu'il éprouva de ne pas en voir adopter les conséquences suivant ses opinions, le mena au tombeau en 1831.

Labé (Louise) , connue sous le nom de la belle Cordiére, naquit à Lyon en 1526. Douée de tous les agréments de son sexe , elle y joignit les qualités qui sont l'apanage de l'autre. Fort jeune encore, elle savait le grec, le latin, l'italien et l'espagnol ; elle était forte en équitation , et il semble que ce soit cette partie de son éducation qu'elle ait mise d'abord à proût, puisque, dès seize ans, nous la voyons suivre a l'armée son père, qui y avait un emploi , et au siège de Perpignan ( 1542) donner des preuves d'une bravoure qui la fit surnommer le capitaine Loys. Elle quitta cependant bientôt le métier des armes , pour revenir à Lyon , où elle se livra a son goût pour les lettres , qui fut plus sincère et plus durable que sa passion chevaleresque. Mais, sans fortune, elle eut bientôt épuisé ses ressources , et elle était près de la misère, quand un riche marchand de cordages*nommé Ennemond Perrin, lui fit l'offre de sa main. L'accroissement de sa fortune lui permit alors de se livrer entièrement à l'étude et aux beaux-arts. Elle eut , dit-on , à cette époque, où , malgré la découverte de l'imprimerie , les livres étaient encore si rares.uueexcellentebibliothèquecomposée des meilleurs ouvrages grecs, latins, italiens , espagnols et français. Sa beauté, son remarquable talent pour la musique, son esprit distingué, ses poésies, la rendirent célèbre. Sa maison devint le rendez-vous des hommes distingués qui se trouvaient à Lyon. De superbes jardins qu'elle possédait près de la place Bellecour , dans une rue qui aujourd'hui encore porte le nom de rue Belle Cordière, se virent tranformés en académie. Louise Labé mourut en 15G6.

Son mari, qui était mort avant elle, l'avait instituée héritière de tous ses biens.

Il reste de la belle Cordière trois élégies, vingt-quatre sonnets, dont le premier est en italien , et une espèce de drame avant pour titre : Débat de la Folie et dè V Amour. On lit encore avec

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plaisir ces poésies, dont il a été publié en 1815 une bonne édition.

LABEAUMELLB(LaurentAnglivelde), naquit à Villerangue (Gard), en 1727. Ce fut à Copenhague qu'il publia son premier ouvrage , intitulé : Mes pensées.

Un passage de ce livre lui attira l'inimitié de Voltaire , qu'il rencontra à Berlin, et Maupertuis acheva de les brouiller. De là celte guerre d'injures qui dura entre eux jusqu'à la mort de la Beaumelle. Ce fut un grand malheur pour la Beaumelle, homme d esprit, et qui gaspilla en libelles un talent véritable; c'en fut un aussi pour Voltaire, qui se porta contre le malheureux critique à des excès déplorables. A la suite de ses notes sur le Siècle de Louis XIV, la Beaumelle fut, en 1753, envoyé à la Bastille, où il fut six mois détenu. Les Mémoires de Maintenon , qu'il publia quelques années plus tard , lui occasionnèrent une nouvelle détention (1756).

Malheureusement, on croit que Voltaire ne fut point étranger à ces persécutions. Enfin, la Beaumelle se fatigua d'une lutte que, malgré tout son orgueil , il devait sentir trop inégale, et il se retira à Toulouse. Mais son infatigable adversaire ne l'y laissa point en repos. La BeaumeHe venaitde saisir le parlement de Toulouse d'une plainte en calomnie, lorsque l'affaire des Calas, où se trouvait compromis le frère de sa femme, le jeune Lavaissc, vint arrêter les poursuites en l'absorbant tout entier. Revenu en 1772 à Paris , où il obtint une place à la bibliothèque du roi , il mourut en 1773.

Outre les ouvrages déjà cités , on a encore de lui : Défense de l'Esprit des lois ; Pensées de Sénêqueen latin et en français; lettres à M. de foliaire (c'est une nouvelle édition augmentée, des notes sur le Siècle de Louis XIV) , etc.

La Bédoyère (Charles-Angélique- François Huchet de) , naquit à Paris en 1786, d'une famille de magistrats, et embrassa fort jeune la carrière des armes. Entré dans la compagnie des gendarmes d'ordonnance , il devint aide de camp d'Eugène Napoléon. Sous la première restauration , il fut nommé colonel du 7e régiment d'infanterie de ligne. Quand Napoléon, au retour de l'île d'Elbe, arriva entouré d'une population

enthousiaste devant la ville de Grenoble (7 mars 1815), la Bédoyère céda à l'entraînement général , et , le premier, passa avec son régiment sous les aigles impériales. L'empereur se montra reconnaissant ; il fit le colonel d'abord maréchal de camp, puis lieutenant général, le nomma l'un de ses aides de camp, et enfin l'appela à la pairie. La Bédoyère se distingua à la bataille de Waterloo.

Après la seconde abdication de Napoléon, dans la séance de la chambre des pairs du 23 juin 1815, il monta à la tribune, et demanda que le roi de Rome fût proclamé empereur des Français, sous le nom de Napoléon II. « Si , dit-il , « vous ne reconnaissez pas Napoléon II « comme chef du peuple français, l'ab- « dication de Napoléon Ier est nulle, « puisqu'il n'a abdiqué qu'au profit de « son fils. Il peut, il doit tirer l'épée de « nouveau... » 11 ajouta « qu'il y avait des traîtres parmi les pairs.... que, depuis dix ans, on n'avait entendu dans l'enceinte du Luxembourg que des voix rasses. Ces paroles le firent rappeler à l'ordre, et Masséna lui dit : «Jeune homme, vous vous oubliez. »

Après la capitulation de Paris (3 juillet), la Bédoyère suivit l'armée au delà de la Loire. Il était à Rioni en Auvergne , lorsqu'il eut connaissance par les journaux de l'ordonnance qui le traduisait devant un conseil de guerre. Il résolut de passer à l'étranger, et pour se procurer un passe-port au moyen des amis puissants qu'il avait dans la capitale, il se rendit à Paris ; mais il y fut arrêté le jour même de son arrivée (2 août). Le 9 du même mois, il comparut devant le 2e conseil de guerre de la lre division militaire , et le 14 , il fut condamné à l'unanimité à la peine de mort', comme coupable de trahison et de rébellion. II fut fusillé le 19 août dans la plaine de Grenelle. Il n'avait que 29 ans.

La Billardière Jean-Julien) , naturaliste , membre de l'Institut , né à Alençon en 1755, mort à Paris en 1834. On a de ce savant laborieux : Icônes plantarum Syrise, 1791-1812, 1 vol.

in-4° ; Relation d'un voyage à la recherche de la Pérouse, en 1791 et 1792 , 2 vol. in-4°, etc.

La Bletterie (Jean-Philippe-René de), né à Rennes, en 1696, entra à PO-

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ratoire, où il professa successivement la rhétorique et l'histoire ecclésiastique. Il quitta l'Oratoire à l'occasion d'un règlement contre les perruques , mais sans cesser d'appartenir par le cœur à cette savante congrégation. Nommé professeur d'éloquence au collège royal, et en 1742 membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, il se présenta ensuite à l'Académie française, en concurrence avec Racine le fils; mais la cour les exclut l'un et l'autre comme jansénistes. La Bletterie s'en consola par l'estime des académiciens, qui le regardaient , dit le président Hénaut , comme un collègue qu'ils n'avaient pas.

Il mourut en 1772. Ses principaux ouvragés sont : 1° Vie de l empereur Julien, 1735, ouvrage qui a joui d'un succès mérité; 2° fie de Jovièn, suivie delà Traduction de quelques ouvrages de l'empereur Julien, ouvrage non moins recommandableque le précédent; 3° Traductions des mœurs des Germains, de la Vie d\4gricola et des Annales, de Tacite, précédées d'une vie de cet historien, 1755; ce dernier ouvrage a été vivement critiqué parLinguet.

La Boetie (Etienne de la), né à Sarlat, dans le Périgord, en 1530, n'aurait peut-être laissé aucun souvenir, malgré quelques écrits pleins de science et un discours politique remarquable, s'il n'avait pas été l'ami de Montaigne , qui a consacré à son souvenir une page immortelle , et qui | après avoir recueilli avec grand soin toutes ses productions, se chargea de les publier. Après avoir rempli pendant 12 ans les fonctions de conseiller au parlement de Bordeaux, la Boëtie mourut dans sa 33* année , en 1563. Inconsolable de cette perte, Montaigne écrivit, dans son beau chapitre de l'Amitié : « J'estois déjà si faict et « accoustuméàestre deuxiesme partout, « qu'il me semble n'estre plus qu'à demi :

O misero frater adempte inihil

«Depuis le jour que je le perdis, je ne «fays que traisner languissant; et les « plaisirs mesmes qui s'offrent à moy,au « lieu de me consoler, me redoublent le « regret de sa perte; nous estions à moi- «tiede tout. » Ce sont de tels regrets qui ont surtout illustré la Boëtie.

Ç'estdu reste un ouvrage très-curieux,

et un morceau d'éloquence très-digne d'éloge , pour le temps , que son Discours de la servitude volontaire , intitulé aussi le Contre un. Cet ouvrage fut composé sous la double inspiration des souvenirs classiques de l'antiquité grecque et romaine et de l'horreur du despotisme , auquel tendait et où tombait souvent la monarchie , en France , au seizième siècle. La Boëtie, passionné pour la lecture des anciens, avait passé sa jeunesse en imagination dans les républiques grecques et dans la Rome de Brutus : à 20 ans , il avait été témoin du soulèvementfameux causé en Guienne par l'établissement de nouveaux impôts, et des sanglantes rigueurs qui réduisirent à l'obéissance cette malheureuse contrée. De ces deux espèces d'impressions se forma le Discours de la servitude volontaire. C'est une vive et généreuse protestation contre la tyrannie , c'est un énergique appel aux peuples qui, aveuglés par la coutume, enchaînés par la peur , se laissent opprimer avec une résignation inerte , et n'ont pas même l'idée de se compter, idée qui seule suffirait pour leur révéler ce qu ils peuvent. Mais ce discours conserve partout les formes générales d'une dissertation philosophique. La hardiesse en est grande sans doute , eu égard à l'époque; mais s'il avait été retrouvé sans date, on ignorerait dans quel temps vécut son auteur. La Boëtie a prudemment évité toute espèce d'allu sion aux affaires de son temps, aux abus particuliers sous lesquels la France gémissait dans ce siècle. Quand il parle de tyrannie, il ne cite que les Néron, les Domitius , les Phalaris : il semble parfois n'écrire que pour les ombres du passé. Par là, sa pensée, tout énergique et toute hardie qu'elle soit dans le rond, prend souvent la forme d'une déclamation brillante, écrite par une imagination généreuse d'écolier. Les passions du seizième siècle ne jugèrent pas l'ouvrage de la Boëtie à ce point de vue : elles se l'approprièrent, et s'en firent une sorte d évangile politique. Le Discours de la servitude, imprimé fréquemment dans ce siècle, fut adopté par le parti religieux qui se soulevait contre la monarchie, et trouva de nombreux lecteurs dans les provinces où régnait

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le calvinisme. Montaigne, toujours prudent jusqu'à la circonspection sur les grandes questions politiques et religieuses , crut devoir opposer des démentis aux interprétations que les partis donnaient au livre deson ami (liv. I, ch. 27). Mais après avoir dit que ce sujet ne fut traité par la Boêtie qu'en manière d'exer citation, comme subject vulgaire et tracassé en mille endroicts des livres, il avoue qu'il avoit l'esprit moulé aux patrons oVaultres siècles que de ceulx-cy, et qu'il eust mieulx aymé estre né à Venise qu'à Sarlat (*).

La Borde (Jean-Benjamin de), premier valet de chambre de Louis XV, fut . nommé fermier général après la mort deson maître, et jouit de la faveur de Louis XVI. Homme d'esprit etdegout, il obtint l'amitié des écrivains les plus distingués de son temps , et fut auteur lui-même. 14 a publié des ouvrages sur la musique et sur l'histoire, un voyage en France, un autre en Suisse, et des romans. Mais il eût mieux fait de se contenter d'être un homme du monde et un connaisseur. Ses ouvrages sont médiocres. Il mourut sur l'échàfaud en 1794. Il avait entretenu des relations avec Voltaire , qui avait fait un quatrain pour son portrait.

Làbordb (le comte Alexandre-Louis- Joseph de), 3* fils de Jean- Joseph, marquis de Labordk , qui avait acquis, avant la révolution, une fortune évaluée à 36,000,000 de francs , et obtenu du duc de Choiseul le titre de banquier de la cour, naquit à Paris en 1774. Envoyé en Autriche en 1790, il prit du service dans les hussards de Kinski, et fit, dans les rangs des ennemis de sa patrie, les guerres de la révolution. Cependant, il rentra en France après le traité de Campo-Formio, et fut attaché, quelque temps après, à l'ambassade de Lucien Bonaparte en Espagne. Ce fut alors qu'il conçut le projet de Y Itinéraire descriptif de l'Espagne, gigantesque publication qu'il exécuta en effet, mais qui amena dans ses affaires un grave aérangeraent.

Pour le réparer, il résolut d'entrer

(*) Voir la citation de la Boétie qui a été faite dans les Annales, 1. 1, p, 3i5.

dans la carrière des emplois publics, et obtint, en 1808, le titre d'auditeur au conseil d'État. Il fut fait maître des requêtes en 1810, et chargé, en 1811, du service des ponts' et chaussées du département de la Seine. Appelé en 1814 aux fonctions d'adjudant-major de la garde nationale, il fut chargé, pétulant, la nuit qui précéda la reddition de Paris, de débattre avec les ennemis les conditions de la capitulation de cette garde.

Nommé en 1819 maître des requêtes en servioe ordinaire, il fut élu, en 1822, membre de la chambre des députés, où il siégea sur les bancs de la gauche. Le ministère trouva en lui un adversaire redoutable, surtout lorsqu'il s'agit de la guerre d'Espagne, question qu'il traita avec la supériorité de vues que devait lui donner la parfaite connaissance qu'il avait acquise des localités.

Il fut nommé, le 30 juillet 1830, préfet provisoire du département de la Seine, et contribua, de toute l'influence que lui donnait cette position, à l'établissement de la nouvelle monarchie.

Il devint depuis aide de camp du roi, et fut élu questeur de la chambre des députés, fonctions dont il se démit, pour se retirer entièrement des affaires , en 1841.11 est mort en 1842. Il était, depuis 1813, membre delà 3e classe de l'Institut (Académie des inscriptions et belleslettres), et depuis 1832, membre de l'Académie des sciences morales et politiques. Son fils lui a succédé dans la première de ces deux Académies.

Deux frères de M. Alexandre de Laborde, connus sous les noms de Labobde- BouTEBViLLEet Labordb-Mabcuainvilliers, firent partie de l'expédition de la Pérouse , et périrent à l'extrémité de la Californie, dans un endroit de la côte connu sous le nom de la Baie des Français. Ils s'étaient lancés sur une chaloupe pour porter du secours à plusieurs de leurs compagnons exposés à toute la violence des brisants; ils furent emportés par une lante au moment où, près d'atteindre leurs infortunés camarades, ils leur jetaient des cordes pour les remorquer.

Laboubd (le). Ce petit pays de Tancienne France forme l'une des trois provinces de la langue basque qui nous appartiennent. Il est aujourd'hui repré-

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