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LA BOURDONNAIS L'UNIVERS. LA BOURDONNAIS

senté assez exactement par l'arrondissement de Bayonne , et comprend la langue de terre bornée au couchant par la mer de Gascogne , au levant par la basse Navarre, au sud par l'Adour, au midi par les Pyrénées. Le Labourd (en latin Lapurdensis tractus, et en basque La/rô«r-Z)wy,c'est-à-dire, solitude) était souvent dévasté par les Cantabres, avant l'arrivée des Romains, qui, pour arrêter ces dévastations , construisirent sur la rive gauche de l'Adour une forteresse qu'ils appelèrent Lapurdum , du nom basque du pays. Ce nom fut, vers 1141, changé en celui de Baïa - ona , ou Bayonne, c'est-à-dire, de Bonne baie.

Le Labourd s'étendait primitivement jusqu'à Saint-Sébastien, dans la province de Guipuzcoa; mais les Espagnols s'emparèrent de toute la contrée située par rapport à nous au delà de la Bidassoa. Depuis le milieu du douzième siècle jusqu'au milieu du quinzième, le Labourd, ainsi que toute la Guienne, appartint à l'Angleterre. Les villes et bourgs de ce

Says sont Bayonne ( capitale ) , Saintean-de-Luz, Siboure , Ustaritz , Hasparren, Urt, Bidache et Guiche.

La Bourdonnais (Bertrand - François M allé de) , né en 1699, à Saint- Malo, avait à peine 10 ans quand il débuta dans la carrière maritime par un voyage dans les mers du Sud.

Embaraue dès 1713, en qualité d'enseigne de vaisseau, il passa plusieurs années à parcourir les mers du Nord et à visiter les Échelles du Levant, et entra à son retour au service de la Compagnie des Indes, qui lui donna d'abord le titre de second lieutenant, pour l'élever bientôt au rang de premier lieutenant, puis de second capitaine. En 1724 , il prit une part active à la conquête de Mahé, et, acceptant ensuite les offres du viceroi de Goa, il entra au service du Portugal, et prit le commandement d'une expédition projetée contre Mombaze :

mais deux ans après, les tracasseries et les intrigues de ses ennemis le contraignirent a revenir dans sa patrie , où il se maria en 1733.

L'année suivante, les ministres et les directeurs de la Compagnie le nommèrent directeur génétal des îles de France et de Bourbon. Parvenu à sa destination en 1735 , il trouva l'île de

France , le chef-lieu de son gouvernement, dans un état complet de détresse et d'anarchie. Cependant, en moins de cinq ans, il en fit la colonie la plus florissante et la plus précieuse, comme station, de tout l'Océan. (Voyez Ile de France.)! " 1740, il repassa en France. Nommé presque aussitôt commandant d'une division qu'on envoyait dans l'Inde, il mit à la voile en 1741, n'ayant que 1,200 marins et 500 soldats , et, à peine débarqué à Pondichéry, il alla taire lever à la caste malabare des Naïrs le siège de Mahé. De retour dans les îles de son gouvernement, il vit éclater la guerre de 1743, et fut obligé de préparer une division pour secourir Dupleix, son rival, menacé alors dans Pondichéry par une escadre anglaise. Après de grands obstacles , sa division fut prête en 1746, et il marcha à la rencontre des Anglais , qui évitèrent l'abordage, et lui firent essuyer des pertes considérables. Descendu un moment à Pondichéry, la Bourdonnais eut avec Dupleix les plus vifs démêlés, et n'en lit pas avec moins d'activité ses dispositions pour le siège de Madras, qu'il força de capituler, sans que son triomphe lui eût coûté un homme (*). Indigné des lenteurs par lesquelles son rival cherchait à entraver toutes ses opérations, il installa le gouverneur de Madras qui lui avait été envoyé de Pondichéry, et retourna comme simple particulier a l'île de France, dont le gouverneur, nommé par Dupleix, exigea de lui des comptes.

Fort de sa probité , le vainqueur de Madras mit toute son administration à découvert, et reçut l'ordre de ramener en France 6 vaisseaux presque sans équipage, à travers les flottes anglaises qui couvraient toutes les mers. De la Martinique, où il avait conduit sa faible division, il s'embarqua pour laFrance sur un navire hollandais , fut pris et mené en Angleterre, où du moins il eut à se

(*) Voltaire montre dans le passage suivant de quel œil il voyait les accusations intentées contre la Bourdonnais : « N'auriez-vous « point le factum de la Bourdonnais? .... en- « voyez-le-moi. J'ai grande envie de voir com- « ment il se peut faire qu'on n'ait pas pendu « la Bourdonnais pour avoir fait la conquête « de Madras. »

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louer des ennemis qu'il avait partout combattus. Quand i) voulut revenir dans sa patrie, un des directeurs de la Compagnie anglaise offrit sa fortune entière pour le cautionner. A peine arrivé à Paris, en 1748, il fut mis à la Bastille, une commission fut nommée pour examiner sa conduite, ses papiers furent enlevés, et l'on alla même jusqu'à rompre le cachet de son testament , qu'il avait déposé chez un notaire. Il languit trois ans et demi en prison, sans plumes, sans encre, sans papier, privé enfin de tous les moyens de composer sa défense. Bernardin de Saint-Pierre a fait connaître, dans la préface de Paul et Virginie, avec quelle patience il parvint à se créer les moyens de se justifier, avec un sou usé pour canif, un rameau de buis pour plume, un mouchoir pour papier, etc. La commission reçut ce mémoire d'une nouvelle espèce, et permit en 1750 au prisonnier de communiquer avec un conseil. Le juçement délinitif, prononcé l'année suivante, proclama l'innocence de la Bourdonnais, et le rendit à sa famille et à la liberté ; mais sa fortune , qui se montait à 2,600,000 livres, et qu'il avait acquise par la voie légitime des opérations commerciales, était pillée et dispersée; et sa santé, minée par le chagrin et la maladie, ne lui laissait ni la force ni le courage de poursuivre ses spoliateurs; H mourut dans l'indigence en 1755, après trois ans d'une pénible agonie. En 1774, le gouvernement fit une pension de 2,400 livres à sa veuve, et les habitants de l'île de France une de 3,000 à sa fille , faible dédommagement pour tant de maux.

v Labourdonnaie (François -Régis , comte de), naquit à Angers ên 1767. Attaché à l'ancien régime par sa naissance et par son éducation, il émigra à Coblentz en 1792, et prit du service à l'armée de Condé. Après la désorganisation de cette armée, il rentra en France pour se réunir aux chouans, et plus tard aux Vendéens. Lors de la pacification de l'Ouest, il fut de ceux qui se rallièrent au gouvernement consulaire. Membre, sous ce gouvernement, du conseil général de Maine-et-Loire, puis maire d'Angers, il fut proposé, en 1807, pour candidat au Corps législatif ; et, lorsque les désas-

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très de la campagne de Russie vinrent réveiller ses espérances monarchiques, toutes ses pensées et tous ses efforts se tournèrent de ce côté.

Proscrit durant les cent jours, il vint, lors de la seconde restauration, siéger à la chambre de 1815 , et se montra l'un des membres les plus exagérés, les plus ardents et les plus' hostiles au ministère, de cette majorité ultra-royaliste, dont l'idéal avoué était la reconstruction pleine et entière de l'ancien régime. Son nom s'attacha aux propositions les plus violentes qu'ait suggérées dans ce temps la première ivresse de la réaction. Il suffit ici de rappeler ce fameux projet de catégories dont il fut l'auteur , catégories qui eussent frappé de mort ou de déportation, a peu près tout ce que la France comptait de nobles et dévoués serviteurs. Ces violences le firent surnommer le jacobin blanc, et qualifier par M. Decazes de l'épithète de tigre à froid.

Dans la chambre de 1816, dont il fit également partie, il devint le chef, et, comme le nommait spirituellement la Minerve , XAjax de cette extrême droite qui, dans son zèle réactionnaire, faisait au gouvernement royal, à son sens trop modéré, une opposition plus violente que la gauche même.

En 1823, M. de Labourdonnaie joua le principal rôle dans l'exclusion de Manuel, qui eut lieu durant cette session. Ce fut lui qui demanda cette exclusion, et ce fut sur son rapport qu'elle fut prononcée.

M. de Labourdonnaie fut réélu en 1827, et reprenant son ancienne place à la tête de 1 opposition ultra-royaliste, que l'on pourrait nommer avec plus de justesse opposition aristocratique, il contribua au renversement du ministère Villèle. En 1829, il entra dans le ministère Polignac comme ministre de l'intérieur. Mais soit que l'âge l'eût éclairé et tempéré, soit, comme l'insinue M. de Chateaubriand, que l'énergie de son caractère ne répondît point à la véhémence de ses discours , soit enGn , ainsi que lui-même le dit, que, jouant 'sa tête , U voulût tenir les cartes , il recula devant le coup d'État de 1830. «D'une vaste capacité, dit M. de Chateaubriand, mais un peu faible de caractère , comme les

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