LA CHARGE L'UNIVERS. LA CHATAIGNERAIE
L'exil de la Chalotais cessa sous Louis XVI. Il fut rendu à ses fonctions en 1775, et mourut en 1785.
On a de lui outre les mémoires dont nous avons parlé : Essai d'éducation nationale, 1763 ; Compte rendu des constitutions des jésuites, 1761-1762, in-4° et in- 12 ; Mémoire sur les dispenses de mariage, 1768. Il y eut en 1826 un procès assez singulier à l'occasion de la Chalotais. Sa famille porta une plainte en diffamation contre le gérant du journal l'Étoile, qui avait imprimé sur l'ancien procureur général au parlement de Bretagne des assertions hasardeuses.
Mais V Étoile fut acquittée , et la partie civile condamnée aux dépens.
La. Chambre (Marin Cureau de), né au Mans vers Pan 1594, membre de l'Académie française et de celle des sciences , médecin ordinaire du roi , fut un des prédécesseurs de Lavater dans la science phvsiognomonique. On sait que Louis XIV le consultait souvent pour le choix des personnes. On cite ses Caractères des passions, 4 vol.
in-4° ; son Art de connaître les hommes, Amsterdam, 1660-1666, in-12; la Correspondance secrète avec Louis XIV, mentionnée dans le tome IV des Pièces intéressantes de M. de la Place ; sa Connaissance des bâtes, in-4°, etc.
Ce savant mourut en 1669.
La Chapelle (Jean de) , membre de l'Académie française , né à Bourges en 1655 , mort à Paris en 1723, a laissé uelqoes tragédies insérées au tome X u Théâtre-Français ; les Amours de Catulle et de Tibulle, romans; Lettre d'un Suisse à un Français , où l'on voit les véritables intérêts des princes et des nations de l'Europe qui sont en guerre, etc., Bâle (Paris), 1703-171 1.
La Charce (Philis de) , était «Ile de Pierre II de la Tour-du-Pin, marquis de la Charce , lieutenant général des armées du roi. Les Piémontais ayant, en 1692, pénétré dans le Dauphiné, Philis fit armer les paysans , et , en l'absence de son père , elle se mit à leur tête et les repoussa, tandis que sa mère et sa sœur encourageaient les gens de la plaine, et faisaient couper les câbles des bateaux qui traversaient la Durance , pour empêcher les ennemis de s'en emparer.
Pour ce fait d'armes , Louis XIV lui
donna une pension, comme à un brave militaire, dit Voltaire, et son épée, ses pistolets, et le blason de ses armes, furent déposés, par faveur spéciale, dans le trésor de Saint-Denis.
Mademoiselle de la Charce fut l'intime amie de madame Deshoulières , qui lui a adressé plusieurs morceaux de poésie, et notamment une charmante pièce portant le titre d'Épitre chagrine. On a publié , sous le titre de Mémoires de mademoiselle de la Charce, un roman assez intçrereant mais complètement mensonger^
La Chassagne (Ignace-Vincent Guillot de), né à Besançon au commencement du dix-huitième siècle , auteur de Y Histoire du chevalier de l'Étoile, contenant l'histoire secrète et galante île mademoiselle de M.... avec M. du 1 740 ; des Amours traversés , histoires intéressantes , dans lesquelles la vertu ne brille pas moins que la galanterie, et de plusiéurs autres romans, qu'un style pur et le respect des mœurs, seules qualités qui les distinguent, n'ont pu préserver de l'oubli.
La Châteigneraie (François de Vivonne , seigneur de) , né en 1520 , fils puîné d'André de Vivonne, grand sénéchal du Poitou, parut avec distinction à la cour de François I*r. S' étant brouillé avec Gui de Clîabot , seigneur de Jarnac, à l'occasion de quelques propos indiscrets, il demanda au roi la permission de se battre à outrance pour venger son insulte ; mais il n'éprouva que des refus, tant que vécut François I'r. Il obtint enfin cette permission sous Henri II. Le combat eut lieu en champ clos dans le parc de Saint-Germain en Lave , en présence du roi , du connétable "de Montmorency et de plusieurs autres seigneurs , lé 18 juillet 1547. La Châteigneraie , quoique célèbre par sa force et son adresse prodigieuses, reçut une blessure très-dangereuse au jarret , et tomba par terre. Sa vie était à la discrétion de Jarnac. Le roi , à la prière du vainqueur , permit qu'on portât la Châteigneraie dans sa tente pour le panser ; mais la honte de sa défaite le jeta dans un tel désespoir , qu'il en mourut trois jours après. Il avait à peine 28 ans. Le coup de Jarnac a passé depuis en proverbe , pour signi-
fier une ruse, un retour imprévu de l'en- dent, mort en 1630 , suivit le parti de
nemi. Ce combat en champ clos est, du la ligue, et se soumit à Henri IV en
reste, le dernier qui se soit vu en France, même temps que son père. Il eut la sur-
Le regret qu'eut Henri de la mort de la vivance du gouvernement du Berry , et
Châteigneraie, son favori , lui Ot jurer obtint en 1616, en échange de son gou-
qu'il n'en permettrait plus. vernement, qu'il avait cédé au prince de
La Chat he, ancienne et illustre mai- Condé, une somme d'argent et ie bâton
son du Berry, dont les principaux mem- de maréchal de France, dignité qu'il n'a-
bres furent : vait méritée, d'ailleurs, par aucune ex-
Pierre de la Châtre, élu archevê- pédition militaire, que de Bourges en 1141, par l'influence Edme , comte de la Châtre, né d'Innocent II, qui porta ainsi atteinte vers la fin du seizième siècle, fut nomaux droits du roi de France , et faillit mé colonel général des Suisses et Griallumer une seconde guerre des investi- sons en 1643, se distingua à la bataille tures. Le nouvel archevêque, chassé de Nortlingen , où il fut blessé et fait de Bourges, se plaignit au pape, qui ex- prisonnier, et mourut à Philipsbourg en communia Louis VII. Saint Bernard es- 1645, des suites de sa blessure. On a de saya vainement d'assoupir l'affaire ; la lui des Mémoires qui renferment des déquerelle ne cessa qu'à l'élection du nou- tails assez curieux sur la lin du règne veau pape, qui leva l'excommunication, de Louis XIII , et se terminent aux Quant à Pierre de la Châtre , il garda le derniers mois de Tannée 1643. siège de Bourges, et mourut dans cette Claude-Louis , duc de la Châtre , ville en 1171. On a de lui quelques Let- né à Paris en 1745 , entra fort jeune très adressées à Louis VII et à l'abbé au service. A l'époque de la révolu- Suger. On les trouve dans le tome IV du tion , il était grand bailli d'épée du recueil d'André Duchesne. Berry, après avoir successivement passé
Claude, baron de la Châtre, ma- par les grades inférieurs. Il fut en-
réchal de France , né en 1526, fut élevé voyé par la noblesse du Berry aux
comme page dans la maison du conné- états généraux , où il vota constam-
table Anne de Montmorency , assista au ment avec le côté droit. Il signa les pro-
siégedeThionville en 1558, à la bataille testations des 12 et 15 septembre 1791
de Dreux en 1561 , et fit les fonctions de contre les opérations de l'Assemblée na-
colonel général de l'infanterie dans la tionale. Ayant émigré la même année
campagne de Piémont, en 1567, sous le avec le comte de Provence, il fit la cam-
duc de Nevers. pagne de 1792 dans l'armée des princes.
Devenu gouverneur de la ville de Bour- En 1793, il leva un régiment connu d'âges et commandant dans le Berry, il as- bord sous son nom , puis sous celui de siégea vainement, à plusieurs reprises, Royal- É migrant , avec lequel il fit parla ville de Sancerre , dont les habitants, tic de l'expédition de Quiberon. Penaprès avoir donné l'exemple de la résis- dant plusieurs années , il remplit les tance la plus opiniâtre, ne se rendirent fonctions d'agent de Louis XVIII auqu'au bout de 19 mois d'un second siège près de la cour de Londres. Après la converti en blocus. (Voyez Sancerre restauration, en 1814, il resta près de [siège de]). S'étant ensuite jeté dans le la même cour en qualité d'ambassadeur parti des Guises et de la ligue, il refusa de France , et fut nommé lieutenant géde reconnaître Henri IV jusqu'à 1594, néral le 22 juin de cette année, et pair et ne se soumit qu'aux conditions de de France, le 17 août 1815. De retour conserver le gouvernement du Berry, de en France, en avril 1816, il fut nommé l'Orléanais, de recevoir une gratification l'un des premiers gentilshommes de la de 900,000 livres , et d'être confirme chambre du roi , ministre d'État, memdans la dignité de maréchal de France , bre de son conseil privé, et créé duc qu'il avait obtenue du duc de Mayenne par ordonnance du 31 août 1817. pendant la guerre civile. Il mourut en La Chaussée (Pierre-Claude Nivelle 1614. On lui doit plusieurs relations de), membre de l'Académie française, historiques. . né à Paris en 1692 , fut le créateur du
Louis de la Châtre , fils du précé- drame moderne. Il s'était fait connaître