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L'UNIVERS. LACOUR DE BALLEROY

par suite des fatigues qu'il y éprouva.

La Condamwe (Charles-Marie) , né à Paris en 1701 , membre de l'Académie des sciences et de l'Académie française, parcourut, sur la Méditerranée , les côtes de l'Afrique et de l'Asie , et fut choisi, en 1736, avec Godin et Bouguer, pour aller au Pérou déterminer la figure de la terre. Il mourut à Paris en 1774; ses principaux ouvrages sont : Relation abrégée d'un voyage fait dans l'intérieur de l'Amérique méridionale, Paris, 1745, in-8°; traduite en anglais et en hollandais, 1747, in-8°; la Figure de la terre déterminée par les observations de MM. de la Condamine et Bouguer, Paris, 1749 , in-4°; Histoire des pyramides de Quito , Paris. 1751 , in-4°; divers Mémoires sur l'inoculatiân, recueillis en deux volumes in-12, etc.

Lacoste (Élie) exerçait la médecine à Montagnac , département de la Dordogne, lorsqu'il tut élu, en septembre 1791, députe à l'Assemblée législative.

Il se fit peu remarquer dans cette assemblée, et parut plutôt observer les événements qui précédèrent le 10 août, qu'y prendre une part directe. Réélu à la Convention, il alla siéger avec la Montagne, et vota la mort de Louis XVI, sans appel ni sursis. Quelgue temps après, il fut envoyé, en qualité de commissaire, aux armées du Rhin et de la Moselle, et devint, à son retour, membre du comité de sûreté générale. Il rédigea, le 14 juin (26 prairial), le rapport sur la conspiration du baron de Batz ( voyez ce mot ) , contribua

fmissamment au 9 thermidor, et ce fut ui qui, alors, demanda l'arrestation de Robespierre, Saint-Just, Couthon et Le Bas.

Mais la réaction ne tarda pas à l'atteindre lui-même, et il fit de vains efforts pour l'arrêter: dénoncé, le 9 prairial, comme ayant participé à l'insurrection des premiers jours de ce mois , il fut incarcéré, et ne recouvra la liberté que par suite de l'amnistie publiée lors de la mise en activité de la constitution de l'an in. Il s'éloigna alors des affaires publiques , reprit l'exercice de son ancienne profession , et mourut, dans son pays, en 1803.

Lacoub, peintre et professeur de des-

sin de Bordeaux , naquit dans cette vHle en 1746; suivit les leçons de Vien, puis se rendit à Rome pour terminer ses études. Nommé , à son retour, professeur à l'académie de dessin de Bordeaux , il donna une nouvelle impulsion aux études, et en étendit considérablement le cercle. Comme peintre, il ne se borna pas à la peinture de l'histoire, il exécuta aussi des paysages , des marines , des tableaux de genre ; cependant le tableau qui passe pour son chefd'œuvre est un tableau d'histoire :

Saint Paulin , archevêque de Bordeaux, accueillant dans son palais une foule de malheureux persécutés.

Ce tableau est resté à la ville de Bordeaux , qui , du reste, possède presque tous les ouvrages de cet artiste. Lacour est mort dans cette ville, le 28 janvier 1814, emportant les regrets de ses élèves, dont il était le père plutôt que le maître , et qu'il aidait souvent de sa bourse autant que de ses conseils.

Lacour de Balleeoy (Charles-Auguste, comte de), lieutenant général, né le 25 février 1721, était, à dix-sept ans , enseigne au régiment d'infanterie de Chartres , et, à vingt, lieutenant-colonel du même corps. Il fit la campagne de Flandre en 1742 , assista à la bataille de Dettingen , fut blessé , et alla néanmoins combattre, l'année suivante, sur les bords du Rhin. Il assista à la plupart des actions qui signalèrent cette guerre; prit part aux sièges de Menin, d'Ypres et de Fumes ; concourut à la bataille de Fontenoy, au siège de Courtrav, à ceux de Dender monde etd'Ath, et à la prise de Bruxelles. Il passa ensuite dans le régiment d'Orsa, et combattit avec ce corps à la journée de Raucoux, où il fut de nouveau blessé.

Nommé brigadier l'année suivante , il fit des prodiges de valeur à Lawfeld, se distingua sous les murs de Berg-op- Zoom, et commanda le bataillon qui donna le premier assaut. Il déploya la même intrépidité devant Maestncht , en 1748, et au camp de Richemont, en 1755. Il prit, en 1757, le commandement des évêchés de Tréguier, Quimper, Léon et Saint-Brieux , fut fait maréchal de camp l'année suivante, et remplaça, à diverses reprises , le duc d'Aiguillôn qui commandait la province. Nommé,

sur ces entrefaites, inspecteur général de logique, métaphysique et morale,

d'infanterie, il passa plusieurs années dans l'Encyclopédie méthodique, en Bretagne ; puis, se trouva au combat Charles - Joseph Lacretelle , son

de Saiut-Cast, qui lui valut le grade de frère, naquit à Metz en 1763, et débuta

lieutenant général des armées du roi. dans la carrière des lettres , comme ré-

Déja sur le retour de l'âge, lorsque la dacteur du Journal des Débatsde VAs-

révolution éclata , il ne put cependant semblée constituante; il montra dès

échappera l'animad version dont sa caste lors les qualités qui le distinguent , l'é-

était l'objet. Traduit devant le tribunal légance du style et la netteté. Rédacteur

révolutionnaire, il fut condamné à mort, du Précurseur, au 13 vendémiaire, il se

et exécuté le 26 mars 1794. déclara contre la Convention , et fut du

Lacretelle (Pierre-Louis), né à nombre des proscrits. Une nouvelle

Metz en 1751, embrassa la carrière du proscription l'ayant atteint lors de la

barreau ; mais, jurisconsulte philosophe révolution du 18 fructidor, il passa deux

et littérateur plutôt qu'avocat, il devint ans à la Force et au Temple, l'un des rédacteurs du Grand Répertoire Nommé, en 1801 , membre du bureau

de jurisprudence et du Mercure. Son delà presse, M. Lacretelle dirigea, sous

discours sur le préjugé des peines inj a- l'Empire, le Publiciste, qui fut sup-

mantes, couronné à Metz en 1784, lui primé en 1810. L'auteur, en dédom-

fit une grande réputation. Lié , dès 1 780, magemént , fut nommé professeur d'his-

avec les célébrités de l'époque , et parti- toire à la faculté des lettres. Il remplis-

culièrement avec Malesherbes, il fut, en sait d'ailleurs les fonctions de censeur

1787, appelé à faire partie d'une com- dramatique; et, en 1813 , il remplaça

mission chargée de préparer les réfor- Esménard à l'Académie française. Kn

mes de la législation pénale. Élu député 1814, il se rallia des premiers aux Bour-

suppléant à la Constituante, membre bons ; cependant, en 1815, après un pè-

de la Législative, il fit partie du club lerinage en Belgique, il vint reprendre

des feuillants, dont il professa constam- sa chaire sous les auspices du gouver-

ment les principes. A partir du 10 août, nement impérial. Il continua, à la se-

il vécut dans la retraite jusqu'au 9 ther- conde restauration , de montrer aux

midor. Il fut l'un des jurés de la haute Bourbons le même dévouement , et

cour nationale sous la constitution de trouva auprès d'eux la même faveur,

l'an m , membre du Corps législatif en Toutefois, le dévouement dont il faisait

1801 , et, en 1802,de l'Institut, où il rem- profession à leur égard n'alla point jus-

plaça la Harpe. Adversaire, dès 1801, du qu'au sacrifice entier de son indépen-

gouvernement consulaire, et ensuite du aance; et, dans une occasion grave,

gouvernement impérial, il eut ensuite le lors de la fameuse loi proposée en 1827,

tortd'applaudiràdesreversquinepou- sur la police de la presse, il s'éleva, au

vaient frapper l'empereur sans frapper sein de l'Académie, contre cette loi fu-

la France ou même coup. Sous la restau- neste, et provoqua, en faveur de la

ration, il fit partie de l'opposition cons- presse menacée, une adresse au roi. La

titutionnelle, et devint, en 1817, l'un restauration se vengea en lui enlevant

des rédacteurs delà Minerve. En 1820, ses fonctions de censeur dramatique, ayant voulu éluder les dispositions de Comme historien , M. Lacretelle se

la loi de censure, il fut condamné à un recommande plus par une certaine ha-

mois de prison; mais, en raison de son bileté d'arrangement et l'élégance du

âge et de sa mauvaise santé, la peine style, que par la profondeur. Napoléon

lui fut remise. Il mourut en 1824. Ses a porte sur lui un jugement sévère,

œuvres, dont il se disposait, au moment mais qui touche à la vérité. « Beau-

de sa mort, à donner une édition com- coup de phrases, dit- il dans le Mémo-

{)lète, se composent surtout d'opuscules rial, et peu de couleur ; point de ré-

ittéraires et politiques qu'il serait trop sultats; il est académique , et nullement

long d'énumérer. Nous citerons seule- historien. » Acteur, ou , du moins, spec-

ment Charles- Artaud- Malherbe ( pseu- tateur trop personnellement intéressé

donyme de d'Alembert), roman tliéâtral. dans le drame de la révolution , les ré-

Lacretelle est l'auteur des dictionnaires cits qu'il a faits de cette époque sont

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