LACROIX DU MAINE L'UNIVERS
LACROIX
trop souvent des diatribes sans intelligence et sans justice, plutôt que des histoires véritables. Ses principaux ouvrages sont : 1° Précis historique de la révolution française , savoir : Assemblée législative , 1801; Convention nationale, 1803; Directoire exécutif, 1806; 2° Histoire de France pendant le dix-huitième siècle, 1808; 3° Histoire de la révolution française , 1821- 1827, 8 vol. in -8° : cet ouvrage a paru aussi sous le titre d'Histoire de France pendant le dix -huitième siècle, et il en forme les" tomes VII à XIX ; 4° Histoire de France pendant les guerres de religion, 181-1-1810; 5° Considérations sur la cause des Grecs, 1825, in-8°; 6° Tableau historique de la Grèce 2 depuis la fondation de ses divers Etats jusquà nos jours; T Testament politique, 1840.
Lacroix de Constant (Ch. de), né en 1754, à Givry en Champagne, fut élu en 1792 député du département de ]a Marne à la Convention nationale, qui lui confia successivement diverses missions dans les départements. Il se montra, après le 9 thermidor, l'un des plus fougueux réacteurs; mais il reprit , en 1795, son rigorisme républicain; s'opposa à la restitution des biens aux parents de ceux qui avaient été condamnés par le tribunal révolutionnaire, et se livra à de violentes attaques contre le clergé catholique. Il fut ensuite appelé successivement au Conseil des Anciens et au ministère des affaires étrangères, où son incapacité se fit d'autant plus remarquer, qu'il eut Talleyrand pour successeur. Nommé h l'ambassade de Hollande, il seconda dans ce pays la révolution démocratique de 1798 ; prit une part active à celle du 18 brumaire, et fut récompensé par les consuls, de sa coopération à cet événement , par la
Ïlace de préfet des Bouches-du-Rhône.
1 passa ensuite à la préfecture de la Gironde, et mourut à Bordeaux en 1805.
Lachoix du Maine (Franc. Grudé, sieur de), en latin Crucimanùs, bibliographe célèbre, 'né au Mans, en 1552, conçut le plan d'un catalogue universel, où seraient indiqués les ouvrages écrits dans toutes les langues. Peu secondé dans son projet par les savants, il n'v renonça cependant point , et, après d'im-
menses travaux préparatoires, il vint à Paris(1582), sollicita inutilement l'assistance du gouvernement pour l'entreprise à laquelle il avait déjà consacré tant de fatigues et une portion de sa fortune, et enfin lit paraître, en 1584, le premier volume de sa Bibliothèque française, in-fol., dédiée au roi. Cet ouvrage, qui dans le temps fut très-utile, et dont les curieux font encore beaucoup de cas, est tout ce qui nous reste de ce laborieux bibliographe. Il fut lâchement assassiné à Tours en 1592, par des fanatiques qui le soupçonnaient de professer la réforme. La Bibliothèque de Lacroix du Maine et le Dictionnaire de Duverdier ont été réimprimés avec des remarques de la Monnoye, Bouhier et Falconet, Paris, 1772, 6 vol. in-4°.
Lacroix (Ferdinand-Victor-Eugène de), né à Charenton Saint-Maurice, "près de Paris, le 7 floréal an vi, entra dans l'atelier de M. Guérin , où ses progrès furent rapides, dit-on; pour parler plus juste, il faudrait dire que, tourmenté par l'envie de produire , M. de Lacroix crut bientôt en savoirassez,etque,ne pouvant marcher sur les traces des anciens maîtres, il tenta de créer une nouvelle école; ou plutôt , se traînant à la suite de la nouvelleécole littéraire, il voulutcomme elle soutenir que jusqu'alors on Savait pas été dans le vrai, qu'on ne s'était pas astreint assez à la représentation de la nature. C'est là du moins ce que disent ses proneurs. Selon eux, M. Lacroix veut rétablir dans les arts les droits de la nature réelle et vivante. C'est là une phrase sonore qui, au fond, ne signifie rien , si ce n'est qu'on veut détourner l'art de son véritable but, de sa voie naturelle. Ce n'est pas ici le lieu d'entamer une discussion ; mais nous croyons
au'on n'aura jamais raison dans les arts, 'adopter un drapeau qui porte pour épigraphe la phrase quasi-sacramentelle des novateurs : Le laid, c'est le beau.
Nous ne voulons pas dire néanmoins que M. de Lacroix n'ait aucune qualité; il faut, au contraire, reconnaître en lui une grande énergie de pinceau, et l'on ne peut que regretter qu'il s'attache à suivre une voie où s'égare et se perd son talent. Dès 1822, M. de Lacroix exposa un tableau représentant le Dante avec Virgile visitant les enfers. A cette
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époque, il était bien jeune encore; c était un beau début pour un artiste qui avait devant lui de longues années d'études; mais si on l'accueillit avec faveur , ce fut à la condition seulement que le travail viendrait corriger les défauts de la jeunesse et de l'inexpérience. M. de Lacroix ne paraît pas l'avoir compris ainsi; car il est loin d'avoir fait des progrès. En 1824 , il exposa des scènes du massacre de Chio, auxquelles on reprocha avec justice de la confusion et une couleur bizarre; cependant, à cette exposition, il obtint une médaille d'encouragement. En 1827, on vit au salon le Christ au jardin des Olives; en 1830, un jeune tigre jouant avec sa mère; et en 1840, une bataille de Tolbiac, commandée pour le musée de Versailles. C'est un fait remarquable , que plus l'œuvre d'un artiste est faible, plus ses amis , plus ses admirateurs-nés la vantent et l'exaltent. Les amis de M. de Lacroix firent un grand éloge de cette bataille; mais le public n'y put voirqu'un tableau exécuté sans ordre, sans perspective, d'une couleur grisâtre et monotone, affectant enfin tout l'aspect de ces anciennes tapisseries, où les personnages et les accessoires sont, pour ainsi dire, entés les uns sur les autres, au lieu de se développer sur des plans distincts. Il faut le dire , d'ailleurs , outre cette confusion si grande , qu'au premier
n d'oeil il était impossible de rien nguer, l'examen faisait reconnaître, dans ce tableau , des fautes de dessin réellement inexcusables et d'une discordance incroyable.
Au salon de l'année suivante, on vitde M. de Lacroix une prise de Constantinople par Baudouin. Soit que l'artiste eût été sensible aux reproches de l'année pré* cédente , soit seulement qu'il eût suivi son inspiration, il avait choisi cette fois non plus le péle-méle d'une bataille , mais le moment où , déjà vainqueurs, Baudouin et quelques chevaliers se promènent dans l'intérieur de la ville conquise, et promettent aux vaincus suppliants une généreuse miséricorde.
Mais cette fois encore, les défauts de M. Lacroix étouffaient les quelques beaux détails qu'on pouvait trouver dans son tableau: même erreur de perspective, même teinte violacée et mono-
tone, en dehors de toute espèce de vérité; et, par-dessus tout, dans l'expression, dans la pose de ses principaux personnages, une gêne, une maladresse, parfois même une trivialité repoussante.
M. de Lacroix n'a rien exposé au salon de 1842.
Quoi qu'il en soit du jugement du public , M. de Lacroix n'en reste pas moins, aux yeux de ses partisans, un peintre supérieur. « C'est lui, disent-ils, « qui doit tirer l'école française des li- « mites étroites et serviles , des sente tiers usés au milieu desquels se traîne « toute la génération des artistes nés de « David. » Pour nous, nous ne pensons pas que M. de Lacroix atteigne jamais son but , qu'il parvienne à éclipser Da- . vid, et à imprimer une nouvelle direction à la peinture. Jusqu'à présent, il n'a point pour lui la voix publique , et, dans l'intérêt des arts, nous ne pouvons que souhaiter qu'il en soit toujours ainsi.
Lacroix (J. P. de), conventionnel, connu sous le nom de Lacroix d'Eureet-Loir, naquit à Pont-Audemer en 1754. Il exerçait à A net la profession d'avocat, lorsque la révolution de 1789 vint l'arracher à ses travaux de jurisconsulte pour le lancer dans l'arène politique. Nommé d'abord procureur général svndic du département d'Eure-et- Loir, il fut élu en 1791 député de ce département à. l'Assemblée législative.
Il se fit alors affilier au club des Jacobins, et fit partie de la fraction de cette société que l'on désigna sous le nom de parti orléaniste. « Voyant dans le ca- . binet des Tuileries le fôyer de toutes les intrigues contre-révolutionnaires, il accusa le monarque lui-même, à la séance du h février 1792, de provoquer tous les désordres qui affligeaient la France, en s'obstinant à refuser sa sanction aux décrets de l'Assemblée nationale contre les prêtres perturbateurs, et fit appeler incontinent le ministre de l'intérieur à la barre. A l'époque du 20 juin , il monta plusieurs fois à la tribune, et sembla vouloir réclamer les vengeances de la loi contre les auteurs des troubles qui avaient signalé cette journée. Ce fut, en effet, sur sa motion que le maire et la municipalité de Paris furent mandés à la barre pour rendre compte des événe-
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ments dont la capitale était le théâtre ; ce qui ne l'empêcha pas , quelques jours après, de faire réintégrer Pétion dans ses fonctions, et de se déclarer ainsi contre l'administration départementale qui avait prononcé la suspension de ce magistrat.
« La Fayette le compta au nombre de ses plus violents accusateurs, après sa fameuse lettre à l'Assemblée législative, ainsi que les ministres et la plupart des chefs de l'armée, sur lesquels il s'efforçait de faire planer des soupçons de perfidie. Il fut un des principaux auxiliaires de Danton dans la journée du 10 août; demanda vivement et obtint la formation d'une cour martiale pour juger les prisonniers faits sur la cour, et montra tant de véhémence et d'exaltation, que la majorité, poussée elle-même à l'irritation par les événements, crut devoir lui tenir compte de son ardeur révolutionnaire, en l'appelant, le 19 du même mois, aux fonctions de président. Lacroix termina sa mission à l'Assemblée législative par la motion de déporter les prêtres insermentés à la Guiane.
« Cependant les électeurs de son département, dominés, comme ceux du reste de la France, par les circonstances difficiles qui ne permettaient plus d'espérer le triomphe de la révolution par des vpies pacifiques, quand elle était attaquée avec fureur au dedans et au dehors; les électeurs d'Eure-et-Loir, disons-nous, entourèrent une seconde fois de leurs suffrages l'homme dont le caractère violent et les opinions démocratiques leur promettaient un représentant tel que semblait l'exiger la lutte terrible où la France se trouvait jetée par les excitations et les menaces de l'étranger, autant que par les complots et les résistances de l'intérieur. Lacroix répondit à l'attente de ses commettants en allant siéger à la Convention sur les bancs les plus élevés de la Montagne. Ses liaisons avec Danton, alors tout-puissant, le firent désigner plusieurs lois pour des missions importantes, qu'il ne remplit par toujours avec l'intégrité d'un vrai républicain. Il était en Belgique, auprès de Dumouriez, lorsque commença le procès de Louis XVI , ce qui l'empêcha de
voter dans les premières délibérations relatives à la culpabilité du monarque; mais son retour à Paris ayant eu lieu avant la condamnation définitive de ce prince, il s'empressa d'y prendre part et de voter la mort sans sursis.
« La Convention le chargea bientôt après d'une nouvelle mission pour les frontières du Nord, qu'il parcourut avec son ami Danton. C'était le moment de nos premières conquêtes dans les Pays-Bas. Les deux représentants furent soupçonnés, à leur retour, d'avoir abusé des pouvoirs extraordinaires dont ils étaient investis, pour s'enrichir aux dépens de l'armée et des églises. On savait que Danton regardait la fortune comme une des premières considérations du crédit et de la considération politique, et qu'il ne voyait pas de plus sur moyen d'affermir la révolution, que de faire passer les richesses dans les mains des révolutionnaires. Ce système, qu'il ne prenait nullement la peine de dissimuler, attira dans son parti tous les hommes cupides, et l'immoralité, plus que le sentiment d'une nécessité politique, ayant ainsi formé l'entourage du Mirabeau de la populace, il perdit bientôt sa popularité, malgré ses antécédents et sa réputation démagogique (*). »
Mais avant de déchoir dans l'opinion des masses, et de tomber sous les coups des jacobins, les cordeliers exercèrent une grande influence dans la Convention et dans les clubs. Danton et Lacroix furent nommés membres du comité de salut public, et contribuèrent puissamment à la proscription des girondins. Quelques jours avant, le.,31 mai , ces derniers essayèrent en vain de neutraliser les attaques de Lacroix, en rappelant les imputations dont il avait été l'objet à son retour de la Belgique; la Montagne, dont les rangs s'étaient éclaircis par suite du départ de nombreux commissaires envoyés dans les départements et aux armées, et qui avait besoin des dantonistes pour obtenir la majorité, le défendit contre les accusations du côté droit, et l'assemblée accepta sa justification. Mais si cette démonstration des orateurs
(*) Biographie universelle et portative des contemporains, art. Ljicaoïx.
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de la Gironde fut alors sans résultat contre le proconsul qu'ils avaient signalé comme dilapidateur et comme complice de Dumouriez, elle ne fut pas également sans effet sur l'âme de Lacroix, qui passa de la haine à la rage contre ses dénonciateurs. Après avoir vivement plaidé la cause de Danton, de Robespierre et de Marat dans la séance du 27 mai, il coopéra au coup d'État du 31 , aux proscriptions du 2 juin, et fit décréter, à la séance de ce jour, la formation d'une armée révolutionnaire composée de six mille hommes.
Après la chute des girondins, les montagnards jacobins reprirent l'ancienne accusation de Lasource et de ses amis contre Lacroix , dont la condamnation devait entraîner celle de son protecteur. On parla de nouveau des spoliations commises en Belgi-
3ue; on cita même les révélations 'un affolé de Dumouriez, Miaczenski, lequel, disait-on, avait désigné ce députe comme intéressé dans une fabrique de faux assignats, et comme ayant pris part à la conspiration du général transfuge. Mais Lacroix prononça son apologie à la séance du 28 janvier 1794, et mit tant d'adresse dans son discours, qu'il fut encore couronné d'un plein succès. Il profita de son absolution pour rentrer en grâce auprès des philosophes et des démocrates, en faisant une motion à la fois philanthropique et révolutionnaire. Il demanda et fit proclamer d'enthousiasme la liberté des nègres, après avoir fait observer à la Convention qu'elle ne devait pas se déshonorer par une discussion prolongée sur cette matière.
Cependant le moment arrivait où les Dantonistes devaient rendre compte de la voie funeste où ils cherchaient à entraîner la révolution. Lacroix dut d'autant plus partager la disgrâce de ses amis, que ses propres torts allaient devenir l'un des principaux griefs de l'accusation. Arrêté, en effet, le 31 mars 1794, il fut condamné à mort et exécuté le 5 avril suivant.
« Sa taille, sa figure et la beauté de son organe , le servirent mieux que ses talents' à la tribune de la Convention.
Il y parut un jour (9 mars 1793) pour injurier les journalistes, et demander
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que les députés cessassent d'écrire dans les feuilles publiques. Il est bon de rappeler aujourd'hui quels étaient, parmi , les révolutionnaires, les ennemis de la liberté de la presse, et de retracer la haine que les diiapidateurs de la fortune
[>ublique manifestèrent toujours pour j a publicité et les organes de l'opinion. } «Je vois avec peine, s'écria Lacroix, « que des citoyens qui sont envoyés ici « pour faire de bonnes lois, pouf s'oc- « cuper des intérêts du peuple, s'amu- « sent à faire des journaux, a gangrener « l'esprit des départements, à critiquer « avec amertume les opinions de la Con- « vention, qui ne sont pas les leurs. Je « vois deux caractères dans Gorsas, celui «de représentant de la nation, que le « peuple honore, et celui de journaliste, « que le peuple méprise... Je demande « qu'il soit tenu d'opter entre le métier « de folliculaire et la qualité de repré- « sentant du peuple. » Les journalistes ont été honorés depuis du mépris d'autres hommes, dont le royalisme n'était pas moins entaché que le républicanisme du spoliateur et du concussionnaire Lacroix : tant la perversité, sous quelque régime qu'elle ait à céler ses forfaits et à cacher sa laideur, repousse soigneusement la lumière, et calomnie les écrivains qui se chargent de la répandre (*). »
Lacroix (Louis- Antoine-Nicolle de), né à Paris , en 1704 , mort dans cette ville en 1760, est connu par sa Géographie moderne y Paris, 1747, in-12, ouvrage élémentaire qui, pendant plus de cinquante ans, a servi de base à l'enseignement de cette science dans nos collèges.
Lacroix (Sylvestre-François), né à Paris en 1765," professa les 'mathématiques, successivement, à l'école des gardes de la marine à Rochefort; à l'école militaire à Paris, et à l'école d'artillerie de Besançon. Il fut nommé, en 1 793, examinateur des aspirants et des élèves du corps d'artillerie, et Monge se l'adjoignit, en 1795, pour professer la géométrie descriptive à la première école normale. Il devint ensuite professeur de mathématiques à l'école centrale d*s Quatre-Nations, et, en 1799, professeur
(*) Ouvrage cité.