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LAD A M

d'analyse à i'éeole polytechnique et membre de l'Institut. A lepoque de l'organisation de l'Université, il fut nommé professeur de mathématiques transcendantes et doyen de la faculté des sciences, et remplaça, en 1815, Mauduit au collège de France. L'ouvrage le plus remarquable de M. Lacroix est son Traité de calcul différentiel et intégral , troisième édition, 1814, 2 vol. in-8°; son Traité du calcul des probabilités, 1816, in-8°, n'est pas moins estimé; enfin l'on peut dire qu'il est peu d'ouvrages

2ui aient autant contribué au progrès es études que son Cours de mathématiques élémentaires.

Lacbosse (Jean-Baptiste-Raymond , baron de), contre-amiral, né à Meilhan (Lot-et-Garonne), en 1760, entra à dixhuit ans dans la marine royale, et fit comme simple garde la brillante campagne d'Amérique. Pendant la paix, Lacrosse fut attaché à plusieurs stations lointaines (178J-1789). Chef de division dans la malheureuse expédition d'Irlande , il livra , au retour de cette campagne, sur le vaisseau les Droits de l'homme, un combat des plus glorieux.

Nommé ensuite contre-amiral, il soutint avec sa flottille, qui fut bombardée par les Anglais, une espèce de siège dans le port de la Hogue. A l'époque où l'on s'occupa pour la première rois d'une descente en Angleterre, il reçut la place d'inspecteur général des côtes, depuis Cherbourg jusqu'à Anvers. Plus tard, lorsque l'armée navale, commandée par Rrueix, mit en mer, Lacrosse fut chargé d'aller à Madrid pour décider le cabinet espagnol à réunir ses escadres à la flotte française, il réussit dans cette mission, et fut pommé, après la paix d'Amiens, capitaine général de la Guadeloupe. Devenu, à son retour en France, préfet maritime du Havre, puis directeur général de l'armement, et commandant en second de la flottille destinée à une descente en Angleterre, il en fut nommé commandant après la mort de Brueix, et se défendit contre les attaques des Anglais, jusqu'à ce qu'il fût envoyé à Rochefort comme préfet maritime/Mis à la retraite en 1816, il mourut en 1829.

Lactorates, peuple de Lectoure, mentionné dans les auteurs postérieurs à César. La rivière de Gimone le sé-

parait du territoire des Tolosates.

Lacuée (Jean-Gérard, comte de Cessac), lieutenant général, naquit à Massas, près Agen, en 1755 ; il était au service militaire quand la révolution éclata. Élu député à l'Assemblée législative, il s'y occupa presque exclusivement de la partie militaire, et se montra l'adversaire constant des projets de Dumouriez. Sa biographie n'offre ensuite rien d'important jusqu'à l'année 1795.

Il fut nommé alors membre du Conseil des Anciens; et, après la révolution du 18 brumaire, qui le compta parmi ses partisans, il prit la défense du général Carnot alors en disgrâce. Appelé au conseil d'État, il fut nommé successivement président de la section de la guerre, ministre de la guerre par intérim, gouverneur de l'École polytechnique, directeur général des revues et de la conscription militaire, et enfin ministre en 1807. Dans ces fonctions, il déploya une fermeté rigoureuse peutêtre, mais impartiale. Après la démission du comte Dejean, il devint ministre directeur de l'administration de la guerre , et chercha à porter remède aux dilapidations de tous les genres, tentative qui lui fit autant d'ennemis cm'tf 7 avait d'hommes intéressés aux abus., Napoléon, après l'avoir assez longtemps détendu contre leurs sourdes attaques, finit par céder. Après la campagne de Russie, il lui ôta le portefeuille. Le comte de Cessac n'en resta pas moins fidèle à l'empereur jusqu'à l'abdication de Fontainebleau. Durant les cent jours, il ne sollicita aucun emploi. A partir de là, retiré des affaires, il n'a eu aucune part aux faveurs de la restauration. Il a publié : 1° le Guide des officiers particuliers en campagne, 1786, 2 vol.

in-8°; deuxième édition, 1815; 2° Art militaire, faisant partie de t Encyclopédie méthodique, 4 vol. in-4°.

Ladam (Nicaise), chroniqueur, né dans le quinzième siècle , à Béthune , remplit auprès de Charles-Quint les fonctions de roi d'armes, sous le nom de Grenade t et se retira ensuite à Arras, où il composa une chronique qui s'étend de 1488 à 1545. Cette chronique, qqi renferme des détails très-curieux, est encore inédite. Outre les deux copies manuscrites indiquées dans la

UETITIA FRANCE. LAETITIA 83o

Bibliothèque historique de la France, il en existe une autre que Dulaure possédait et qui contient de plus un grand nombre de pièces en prose et en vers.

Ladres, Ladreries. Voyez Lépreux.

L^îtitia (Marie Ramolino) naquit à Ajaccio, le 25 août 1750, d'une ancienne famille italienne. A seize ans, elle épousa Charles Bonaparte, et en eut treize enfants, dont huit seulement survécurent.

(Voyez Bonaparte [famille].)

Femme d'une beauté remarquable, madame Bonaparte était de plus douée d'une énergie singulière et d'un courage n toute épreuve; chaude patriote corse, épouse dévouée , plus d'une fois , pendant la guerre de la Corse contre les Génois, elle suivit à cheval son mari et Paoli dans leurs excursions militaires.

Elle était alors enceinte de Napoléon; ce qui ne l'empêcha pas de braver les privations, les fatigues et les dangers d'une guerre de partisans.

Devenue veuve à l'âs»e de trente ans, et chargée d'une nombreuse famille , dont l'aîné, Joseph, n'avait que quatorze ans, elle sut habilement diriger l'éducation de ses huit enfants, et gérer sa fortune, qui consistait, à la manière corse , en vignes et en troupeaux. Elle suivit invariablement la ligne politique qu'avait embrassée son mari, et resta attachée au parti français, malgré les supplications réitérées de Paoli, son ancien ami, et les dangers qui la menaçaient dans sa fortune et celle de ses enfants. Deux fois ses propriétés furent dévastées par la guerre civile, deux fois elle répara ces désastres, et fit dire à Paoli, qui la sollicitait toujours de déserter la cause française : Je ne connais pas deux lois : ' je ne connais que la loi de £ honneur et du devoir.

En 1793, le retour de son fils Napoléon en Corse l'affermit encore dans son attachement au parti français, mais attira en même temps sur elle toute l'explosion de la haine du parti anglais et aristocratique. Une dernière attaque des révoltés contre ses propriétés la força à fuir avec ses filles. Elle erra quelque temps sur la côte, se dérobant aux recherches du parti anglais, et finit par s'embarquer pour la France. Arrivée à Marseille sans ressource aucune,

elle fut réduite à une existence plus que modeste. La misère qu'elle vit alors de près frappa son imagination; et si le souvenir qu'elle en conserva la préserva plus tard de l'enivrement d'une brillante fortune, il lui donna aussi le défaut de l'avarice, qui, à dater de cette époque, vint faire ombre à ses nobles qualités.

Après le 18 brumaire, madame Bonaparte fut appelée à Paris par Napoléon, qui, devenu empereur, lui donna le titre de Madame-mère , et, par une belle pensée, voulut que la mère du chef de l'Etat devînt supérieure des sœurs de charité, et protectrice de tous les établissements de bienfaisance de l'empire. Madame Bonaparte s'acquitta avec zèle et conscience de ces hautes fonctions; si elle n'ajouta guère de ses propres moyens pécuniaires à la bienfaisance publique et impériale, sa sévérité et sa justice devinrent du moins une autre sorte de bienfaisance, qui, tout en faisant plus d'honneur à son esprit et a son caractère qu'à la sensibilité de son cœur, n'en fut pas moins d'un effet général.

Le dissentiment qui éclata entre Napoléon et Lucien, et se termina par une désunion complète, troubla un instant la bonne harmonie qui existait entre l'empereur et sa mère. Madame Bonaparte soutenait résolument Lucien contre son frère, et n'épargnait pas à celui-ci ses remontrances maternelles. L'empereur, impatienté, s'écria un jour : Madame, vous me préférez votre fils Lucien. — Je préfère et je soutiendrai toujours le moins heureux, réponditelle avec dignité.

Dédaignant les intrigues de la cour et ne s'y mêlant jamais, Madame-mère vécut tranquille et retirée dans son hôtel du faubourg Saint-Germain, tant que dura le règne impérial. En 1814, les événements la forcèrent à sortir de France. Elle se rendit d'abord à Rome, puis alla rejoindre l'empereur à l'île d'Elbe. Elle y resta durant tout l'exil de son fils. Elle seule et Drouot furent mis par lui dans la confidence de ses projets de descente en France; et telle était l'opinion qu'il avait de son caractère, qu il lui demanda conseil en cette grande circonstance. Laissez-moi un instant être mère, lui dit-elle; ensuite je vous

IJETITIA L'UNIVERS. LitTlTIA

répondrai; et après avoir rédéchi : Eh bien, oui, vous avez raison, partez!

ojouta-t-elle; et, à l'instant même, elle mit toute sa fortune à sa disposition pour faciliter son entreprise.

Dès que Napoléon eut quitté l'île d'Elbe, le roi de INaples, Joachim Murât, craignant que sa belle-mère ne fût prise comme otage, envoya le vaisseau le Joachim la chercher pour la transporter à Napîes. Elle consentit à s'y rendre pour lui porter le pardon de l'empereur; et malgré la rancune qu'elle lui conserva toujours de sa défection, et plus encore à sa fille Caroline, qu'elle accusait de n'avoir pas su l'empêcher, elle resta à Naples jusqu'à la chute de son gendre. Forcée alors de fuir, elle se retira à Rome, espérant retourner bientôt en France; mais les désastres de Waterloo étant survenus, elle fixa pour toujours sa demeure dans cette ville.

Lorsque l'empereur eut été trans-

fiorté à Sainte-Hélène, elle sollicita ongtemps la permission d'aller le rejoindre; ses démarches furent sans succès. Elle offrit alors toute sa fortune pour améliorer le sort du prisonnier, déclarant vouloir se réduire à la vie la plus modeste: cette proposition ne fut pas plus acceptée que la première; et ce fut seulement en secret que Madamemère put faire passer à l'empereur quelques secours.

Depuis la chute de l'empire, madame Bonaparte vécut dans la plus stricte retraite, ne recevant que ses enfants, et quelques Français ou quelques Italiens.

La vie délétèredu grand monde n'avait point usé en elle les sentiments vrais et vifs : elle ne comprenait rien à ce sentiment que l'on appelle absence de préjugés nationaux, et qui ne cache jamais que l'énervement du sentiment national ; aussi les étrangers étaient-ils exclus de sa présence. Les Anglais surtout étaient les objets de sa haine constante; elle ne les appelait que les ennemis de la France et les bourreaux de son fils. Jamais elle n'en reçut aucun, et elle se cachait même soigneusement à leurs regards, pour l'ordinaire si indiscrètement curieux. Elle répétait souvent : «Quand j'ai « vu mon fils envoyé à Sainte-Hélène, où «je savais bien que les Anglais me le « tueraient, je me suis dit : Toi, la mère

« drt cet homme, il n'y a plus de phisirs « pour toi; ton fils est malheureux, tu « seras désormais triste et retirée. » Et elle tint parole : jamais un son de joie ne sortit de sa demeure; on ne rit pas chez la mère de l'empereur, disaitelle quand la moindre gaieté s'annonçait autour d'elle. L'empereur d'Autriche étant allé à Rome, avait envoyé un aide de camp complimenter la reine d'Êtrurie, sa parente. L'aide de camp se trompa de palais, et arriva chez madame Bonaparte. Elle était occupée à filer. L'envoyé, s'approchant, lui dit:

L'empereur,* mon maître... Madame Bonaparte se leva fièrement, l'interrompit, et, lui montrant la porte, s'écria : Allez dire à l'empereur, votre maitre, que madame Bonaparte n'a rien à savoir de lui.

Madame Laetitia survécut vingt et un ans à la chute de son fils; elle vit mourir successivement Murât, Élisa, Napoléon, Pauline, Catherine, quatre de ses petits-fils: Paul,filsdeLucien; Napoléon, fils de Louis; le duc de Reichstadt; Frédéric, fils d' Élisa; et cependant, son courage ne se démentit pas. Le malheur la trouva comme l'avait trouvée la prospérité, toujours au-dessus de la fortune. L'âge et les infirmités ne furent pas plus puissants; son corps dépérissait, mais son âme restait toujours forte et fière. En 1829, elle fit une chute qui lui brisa le col du fémur; des lors, elle resta confinée sur une chaise longue et privée d'exercice. Elle n'en continua pas moins à diriger sa fortune, et même les

Rlus petits détails de sa maison, maleureusementavec une parcimonie que l'âge ne fit qu'augmenter, mais qui pourtant ne l'empêcha pas de rétablir plus d'une fois les finances en désordre de ses fils Lucien et Jérôme. Elle mourut à Rome en février 1836. Son désir d'être transportée en Corse n'a jusqu'à présent pas été accompli.

Madame-mère a peu marqué dans l'histoire du règne de son fils ; cependant une étude attentive et détaillée de sa vie semble démontrer que Napoléon n'avait pas puisé dans son sein seulement son existence; mais encore sa grandeur d'âme; et que si Paoli vit en lui, alors qu'il n'avait que vingt ans, un homme de Vlutarque, c'est qu'aussi

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