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LAFFEMAS

maréchal de camp en juin 1814, pair de France en 1815 , ministre plénipotentiaire à Copenhague en 1817 , puis , en 1819, ambassadeur à la cour de Russie, M. de la Ferronnavs assista, en 1822, au congrès de Vérone, où il sut se fortifier contre l'Autriche de la bienveillance que lui portait la Russie. Il remplissait encore ses fonctions d'ambassadeur à St- Pétersbourg , lorsqu'il fut appelé , en 1828 , à faire partie du ministère Martignac , où le portefeuille des affaires étrangères lui fut confié. Il tint honorablement ce portefeuille, que sa santé l'obligea de quitter en 1829. A la révolution de juillet, M. de la Ferronnavs s'est retire de la chambre des pairs, afin de garder son premier serment, et depuis lors il a vécu dans la retraite.

La Ferté. Voyez Sennetebbe.

La Feuillade (François, vicomte d'Aubusson, duc de Roannais et de), prétendait faire remonter sa famille jusqu'au huitième siècle; vanité ridicule qui faisait dire à Louis XIV : « Pourvu « que la Feuillade m'accorde d'être aussi « bon gentilhomme que lui , c'est tout « ce que je lui demande. » Né vers 1628, il arriva a la cour pauvre et sans appui; mais, habile courtisan, il fit bientôt une brillante fortune. Extrêmement brave d'ailleurs, il se distingua à la bataille de Réthel , où il fut blessé ; à l'attaque des lignes d'Arras , et au siège de Landrecies. Passionné pour la guerre, et ne pouvant rester en repos, il alla, après la paix des Pyrénées, prendre du service dans l'armée de Montécuculi. Il revint en France en 1667, et épousa la sœur du duc de Roannais, dont il prit le titre en achetant le duché. II commanda , en 1668, l'expédition de Candie, ramena

Voulant, en 1684, donner à Louis XIV un éclatant témoignage de sa reconnaissance, il acheta le magnifique hôtel de Senneterre , le fit abattre pour former une place ( la place des notoires), au milieu de laquelle il éleva, à ses frais, une statue du souverain en bronze doré , avec cette inscription :

yiro immortali. A côté de la figure du roi était celle de la Victoire, qui le couronnait de lauriers; le piédestal, orné, de quatre bas-reliefs, était accompagné de quatre esclaves enchaînés, et de proportion colossale. Ce monument a été détruit en 1793; les esclaves ont été transportés aux Invalides, où ils se voient encore aujourd'hui.

Le maréchal de la Feuillade fut nommé, en 1681, gouverneur du Dauphiné, en remplacement du duc de Lesdiguières. Il mourut en 1791.

Laffemas (Barthélémy de) , valet de chambre de Henri IV, et contrôleur général du commerce de France, né en 1545 à Beausemblant en Dauphiné, mort à Paris vers 1612, publia (de 1598 à 1610) seize ouvrages, dont le but est d'indiquer les sources de prospérité de la France, les abus du gouvernement, et les moyens d'améliorer l'agriculture et le commerce. Nous citerons seulement:

les Trésors et richesses pour mettre l'État en splendeur, Paris, 1598, in-8°; Remontrances sur Vabus des charlatans, pipeurs et enchanteurs , ibid. , 1601, in-8o ; Preuve du plant et profit des meurt ers pour les paroisses de la généralité de Paris, Orléans , Tours , etc., ibid., 1603; Lettres et exemples de la feue royne mère comme elle fai~ soit travailler aux manufactures, etc., avec la preuve certaine de faire les

le quart des gentilshommes qu'il y avait soyes en ce royaume > etc. (*) ; 1 Histoire

conduits , et fut, à son retour, nommé du commerce de France, enrichie des

colonel des gardes françaises; Louis plus notables de l'antiquité et du trafic

XIV lui remit de ses propres mains la des pays étrangers , Paris, 1606, in-12.

pertuisane; la Feuillade ut ensuite les Son fils, Isaac de Laffemas, né en

campagnes de Flandre en 1672, 1673 , 1589, d'abord avocat au parlement, en-

1674; il prit Salins, Besançon et Dole, suite maîtredes requêtes, conseiller d'Ê-

et fut nommé maréchal de France en tat et lieutenant civil (1638), a passé à la

1675. postérité sous le poids d'une exécration

Il commanda, en 1676, l'armée de

Flandre en l'absence du duc d'Orléans, (*) cette pièce, inconnue aux bibliogra-

et remplaça, en 1678, le duc de Vivonne phes, a été insérée dans les Arch. cur. de

dans le commandement de l'armée na- l'hist. de France, t. IX de la première série,

vale et dans la vice-royauté de Sicile, p. ia3 et suiv.

bien méritée. Juge inique, dévoué au cardinal de Richelieu , « il passa, dit Tallemant des Reaux, pour un grand bourreau . . . Bois-Robert disoit quequand Laffemas voyoit une belle journée , il s'écrioit : «Ah ! qu'il feroit beau pendre au- « jourd'huv! » M. de Laffeinas s'est vanté plusieurs ibis de faire le procès à quiconque auroit manié l'argent du roi , et d'avoir une manière toute particulière d'interroger pour tirer les vers du nez d'un criminel. Il étoit viudicatif et ambitieux... M. d'Espeisses le définissoit ainsi : Vir bonus , strangtUandi peritus... Il faut dire aussi qu'il étoit venu en un siècle où l'on ne savoit ce que c'étoit que de faire mourir un gentilhomme, et le cardinal se servit de lui pour faire ses premiers exemples. ..Quand il lui fit exercer par commission la charge de lieutenant civil , M. de Laffemas acquit beaucoup de réputation et ôta beaucoup d'abus. La charge peut valoir vingt mille livres, il n'en tiroitquesix. Il n'avoit pas passé pour voleur dans les intendances qu'il avoit eues. Il étoit effectivement bon homme. » Pendant la fronde, il se déclara pour Mazarin. Il mourut vers 1650.

La i fi 1 1 k Jacques) naquità Bayonne, en 1767, d'une honnête famille d'artisans. Après avoir acquis, dans cette ville , les premiers éléments de la science commerciale, il vint à Paris en 1788, et entra dans la maison du banquier Perrcgaux. La rare capacité de M. Laflitte, les heureuses qualités de l'esprit et de l'âme dont il est doué, firent le reste. De simple teneur de livres, il devint l'ami et l'associé de M. Perrégaux,qui, en mourant, lui laissa sa maison de banque, et le nomma son exécuteur testamentaire.

La maison Laffitte et Cto s'éleva promptement , sous son chef habile, au degré le plus haut de la prospérité.

Digne d'ailleurs, par son caractère honorable , de sa haute fortune , M. Laffitte jouissait d'un crédit moral égal à son crédit financier. En 1809, il fut nommé régent de la Banque de France ; plus tard, juge au tribunal de commerce , et, enfin , président de la chambre du commerce , poste où il remplaça Dupont de Nemours.

Au mois d'avril 1814, sous le gou-

vernement provisoire, il fut nommé gouverneur de la Banque. En acceptant ces fonctions que les circonstances rendaient difficiles, il refusa les émoluments considérables qui y étaient attachés. Ses comptes rendus des opérations de la Banque, non moins remarquables par l'heureuse lucidité de l'expression que par la science financière, ont puissamment contribué a répandre parmi nous la connaissance des grandes lois du crédit.

Lorsque la capitale fut envahie et frappée d'une contribution de guerre, le trésor étant vide, M. Laffitte proposa une souscription nationale, remboursable , plus tard, sur l'État. Il souscrivit le premier; il souscrivit seul. Bientôt Napoléon reparut; les Bourbons durent se retirer précipitamment. Louis XVIII et le duc d'Orléans eurent besoin des services de M. Laffitte, et celui-ci s'empressa noblement de les obliger à ses risques et périls.

M. Laffitte, durant les cent jours, fit partie de la chambre des représentants. Bien qu'il n'ait pris aucune part ostensible aux délibérations , nous pouvons croire qu'il partagea le tort de l'opinion libérale , qui , dans Sa préoccupation de liberté politique, oublia trop I indépendance nationale. Quoi qu il en soit, dans les circonstances critiques qui suivirent le désastre de Waterloo, la caisse de M. Laffitte s'ouvrit généreusement pour les besoins de l'État. Deux millions étaient nécessaires pour le pavement et le licenciement de l'armée qui se retira sur la Loire; cependant le trésor était vide , et l'on parlait d'un emprunt forcé à la Banque. M. Laffitte s'y opposa, -et versa de sa propre caisse les deux millions. Au moment de quitter la France, Napoléon donna à M. Laffitte une marque de confiance qui l'honore d'autant plus, aue l'empereur n'ignorait point le peu de sympathie de M. Laffitte à l'égard de son gouvernement. Il lui remit sur parole quelques millions, débris de sa fortune.

A la seconde restauration, M. Laffitte fut membre de la chambre introuvable , et siégea sur les bancs de l'opposition. En 1816, appelé, d'après le vœu du roi, à faire partie de la commission des finances, présidée par le duc de Richelieu, il

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