LAFFITTE L'UNIVERS. LAFFITTE
combattit les moyens iniques et désas- seulement de toute son influence, mais treux par lesquels on voulait sortir aussi de sa fortune, d'embarras, tels qu'emprunts forcés, Persuadé , comme nous Pavons déjà cédilles hypothécaires, la banqueroute indiqué, que le duc d'Orléans était le seul même, et flt prévaloir les véritables prin- homme capable d'assurer la liberté de cipes du crédit. la France, en la sauvant de l'anarchie , Réélu, en 1817 , comme député de M. LafQtte contribua plus que personne Paris, M. Laffltte fut remplacé, en 1819, à son élévation. Le 29, il lui écrit: dans le gouvernementde la Banque, par le Plus d'hésitation; unecouronne ou un duc de Gaète. A la chambre, après s'être passe-port. Le même jour, il propose prononcé contre l'intervention en Es- un gouvernement provisoire. Cepenpagne, il se sépara de ses amis politi- dant Charles X s'effreye, et M. d'Arqués dans l'affaire de (a réduction de la gout vient annoncer te retrait des orrenteetde la création du tiers consolidé, donnances. M. Laffitte répond : // est question dans laquelle il soutint éoer- trop tard. Le 30, sur la proposition giquement M. de Villèle. Cette conduite, de M. Laffitte , et sous sa présidence, parfaitement consciencieuse de sa part, quarante-quatre députés, réunis au Palui attira de la part de l'opposition un lais-Bourbon , décernent au duc d'Orpeu de froideur et même des reproches, ïéanslalieutenancegénéraleduroyaume. dont il se défendit par une brochure Le 31, il fait rédiger par M. ïhiers une remarquable, où il exposa, avec sa lu- proclamation en sa faveur. Le même cidité ordinaire, les avantages de l'opé- jour, quatre-vingt-neuf députés, réunis ration. . . < sous sa présidence, rédigent une adresse Sauf cette dissidence partielle et mo- au duc d'Orléans, et viennent en masse mentanée, M. Laffitte ne cessa point de la présenter au Palais-Royal. Mais tout se distinguer aux premiers rangs de n'était pas fait ; le véritable pouvoir l'opposition. En 1827, après la dissolu- insurrectionnel n'était point à la chamtion de la garde nationale , il monta à bre, mais à l'hôtel de ville, avec la la tribune pour proposer de mettre les Fayette. Il fallait donc que le lieutemmistres en accusation. naût général allât recevoir à l'hôtel de La révolution de 1830 ne surprit ville le sacre populaire ; ce fut encore oint M. Laflitte. Il s'y attendait; et ML Laffitte qui le détermina à s'y prééjà, s'il faut en croire M. Pagès de senter, et qui l'y entoura de toute son inl'Ariège, préoccupé de la reconstitu- fluence. A la chambre, ce fut sous sa prétion du gouvernement, ses regards s'é- sidenceque la charte fut modifiée, et la taient tournés vers le Palais-Royal. Il couronne déférée, le 7 août, au duc signa, avec ses collègues présents à d'Orléans.
Paris, la protestation du 28 juillet; et, M. Laffitte fit partie du premier mi-
au moment où arrivait de Saint- Cloud nistère qui suivit la révolution, mais
l'ordre de l'arrêter, il se rendit aux Tui- seulement comme ministre d'Etat, sans
leries, accompagné de MM. Gérard, Lo- portefeuille. Cependant les circonstan-
beau, Casimir Périer et Mauguin, pour ces devenaient menaçantes; à l'approche
demander que le sang cessât de couler, du procès des ministres , les hommes
le retrait des ordonnances, et un minis- de la résistance durent se retirer, et
tère plus sympathique au pays. Mar- le roi , sentant le besoin de s'entou-
mont se retranchait dans robéissance rer de noms populaires , capables par
queprescritrhonneurmilitaire:«L'hon- leur ascendant sur la foule de la conte-
« neur, répond M. Laffitte, consiste à nir, appela M. Laffitte à la présidence
« ne point égorger les citoyens pour at- du conseil (3 novembre 1830). Le dan-
« tenter à la constitution , » et il me- ger passé , après la retraite de la
nace de se jeter corps et biens dans Fayette et la démission de M. Odilon-
l'insurrection , si, dans une heure, ses Barrot, M. Laffitte ne tarda pas à sen-
propositions ne sont pas acceptées, tir qu'il n'avait plus qu'à se retirer
A partir de ce moment , l'hôtel de lui-même. Cependant ses libéralités, les
M. Laffitte devint en effet le quartier pertes qu'il avait éprouvées dans les fait-
général de la révolution , qu'il aida non- lites qui suivirent la révolution, et enfin