LAGRENÉE FRANCK. ' LA GUETTE
férents ouvrages qu'il exécuta à cette époque le firent connaître à l'étranger. L'impératrice de Russie l'appela à Saint- Pétersbourg, et le nomma directeur de l'Académie de cette ville. Après quelques années de séjour en Russie, Lagrenée revint en France en 1781 , et fut nommé directeur de l'Académie de Rome. Ce fut là qu'il composa son ouvrage le plus important : la Veuve d'un Indien. A son retour de Rome, le roi lui accorda une pension de 2,400 fr., qui lui fut bientôt enlevée par la révolution. En 1804, Bonaparte le nomma membre de la Légion d'honneur. Il était déjà professeur à l'école spéciale des beauxarts et conservateur honoraire du Musée; il occupait encore ces places lorsqu'il mourut, le 17 juin 1805, dans sa 81e année.
Lagrenée a été surnommé par ses contemporains VAlbane français. En effet, les qualités qui distinguaient son pinceau étaient la fraîcjieur du coloris, la grâce et le moelleux des contours ; mais l'exagération de ces qualités elles-mêmes a fait justement reprocher à quelques-uns de ses ouvrages la mollesse et la manière. En outre , le génie de l'invention paraît avoir été nul chez lui. Aussi ses grands ouvrages sontils aujourd'hui sans valeur; il n'y a que quelques-uns de ses petits tableaux de chevalet qui soient recherchés par les amateurs. On trouve un assez grand nombre de ses productions en Russie et en Angleterre. Les tableaux qu'il a faits en France pour le roi sont aux Gobelins et à Versailles ; le reste est disséminé dans les collections particulières.
Les plus connus sont : Alexandre consolant la famille de Darius ; le Sacrifice de Pollœène ; la Mort du dauphin; ta Chaste Suzanne ; les Grâces lutinées par les Amours ; Cérès enseignant V agriculture ; le Désespoir d'Armide; SaraetAgar. Plusieurs de ces ouvrages ont été reproduits par la gravure.
Jean- Jacques Lagrenée, dit le Jeune, élève et frère du précédent, le suivit en Russie, et fut à son retour admis à l'Académie de peinture et nommé professeur. Ses peintures et ses dessins sont encore recherchés par les amateurs. Cet artiste était passionné pour les ouvrages des anciens, et, dans
toutes les productions de son pinceau ,
on sent les efforts qu'il faisait pour imiter l'art antique. Il avait découvert un procédé à l'aide duquel on pouvait faire sur marbre , en incrustations , toutes sortes de dessins, d'une manière presque indestructible; il donna en outre ses soins à la peinture sur verre et sur émail, et ses études en ce genre lui permirent de reproduire avec beaucoup de succès les peintures des vases étrusques et des arabesques. Il fut attaché pendant quelque temps à la manufacture de Sèvres; et son amour pour l'antique, l'étude particulière qu'il en avait faite, influèrent heureusement sur les produits de cet établissement ; dans les ornements et dans la forme même des vases , on sentit la main d'un maître habile. Lagrenée a exposé plusieurs ouvrages qui ont obtenu du succès. Nous citerons entre autres une table en marbre blanc, représentant Napoléon couronné par la victoire , exposée au salon de 1804. Cet artiste mourut à Paris le 13 février 1841 , à peu près au même âge que son frère.
La Gueslk (Jacques de) , procureur général au parlement de Paris , mort en 1612, à l'âge de 55 ans, après avoir fait partie du conseil de Henri III et de Henri IV. On a de lui un recueil de Remontrances , ii) -4°; une Lettré sur l'assassinat de Henri lit (à la suite du Journal de TKstoile, édition de Lenglet Dufresnov) ; un Traité sur le comté de Saint- Pot; une Relation curieuse du procès fait au maréchal de Biron (dans le 1er volume des Lettres de Canaye) , etc.
La Guette ( Gérard ) , surintendant des finances sous le règne de Philippe le Long, au commencement du quatorzième siècle , était né vers la fin du treizième siècle, à Clermont en Auvergne. Il surmonta à force de sou-
Plesse et d'intrigues les obstacles que obscurité de sa naissance opposait à son élévation , devint le favori de Philippe V, se rendit odieux au peuple, en conseillant l'établissement de nouveaux impôts, fut accusé de concussions à l'a* vénement de Charles IV, et mourut à la question en 1322. On croit cependant que sa mémoire fut réhabilitée (voyez Y Origine de Clermont , par Savaron).