CE. GRÉGOIRE
dans le sein du comité d'instruction publique, et il prit une part éminente aux utiles créations de ce comité. Il fut l'un des fondateurs de l'Institut national , du Conservatoire des arts et métiers et du Bureau des longitudes. Outre ses rapports sur la composition de livres élémentaires, l'organisation de bibliothèques publiques dans les départements , la propagation de la langue nationale et la destruction des patois provinciaux, d'autres propositions présentées par lui à l'Assemblée, et conçues dans le même esprit, eurent pour objet : l'usage de la langue française dans les inscriptions des monuments publics; un système général de dénominations pour les places, rues, quais, etc., dans toutes les communes de la république; l'établissement de jardins botaniques et celui de fermes modèles; l'admission d'Olivier de Serres , l'auteur du Théâtre d'agriculture y aux honneurs du Panthéon. « Plus que personne, dit M. Carnot, il contribua à prévenir la destruction des monuments d'art , et qualifia le premier ce genre de crime du nom de vandalisme. » Il protégea de tout son crédit les savants, les hommes de lettres et les artistes, pour lesquels il obtint de l'Assemblée une subvention de cent mille écus, qui fut portée dans la suite à huit cent mille francs. Il proposa au comité d'instruction publique un arrêté tendant à organiser, par l'intermédiaire des agents diplomatiques, l'association des savants et des écrivains de tous les pays, idée favorite qu'il reprit et développa encore à d'autres époques de sa vie. L'éducation publique trouva surtout en lui un infatigable propagateur. Toutefois, il crut devoir combattre le projet de Lepellrtier Saint- Fargeau, qui brisait trop à son avis les liens de famille. Il demanda et obtint (24 juillet 1793) la suppression de la prime accordée pour la traite des nègres. Élu membre de la commission coloniale, sans se laisser intimider par les menaces dont il fut l'objet, il réclama instamment l'entière abolition de l'esclavage, qui fut en effet décrétée le 4 février 1794. La scène scandaleuse des abjurations (7 novembre 1793) fut pour • lui une occasioti solennelle de manifester de nouveau la fermeté de son ca-