‹ FranceChapitre 61 sur 378 · CE. GRÉTRY · texte numérisé non relu

CE. GRÉTRY

Ce fut à la fin de mars 1759 , à l'âge de dix-huit ans, et sous la conduite d'un vieux contrebandier qui lui servit de guide fidèle, que Grétry s'exposa , et à pied , sur la route longue et pénible, de Liège à Rome. Il y avait alors dans cette ville un collège fondé exclusivement pour les Liégeois , qui pouvaient y entrer jusqu'à trente ans, y séjourner pendant cinq ans, et y étudier les sciences ou les arts. Grétry, à peine admis dans ce collège, étonna ses maîtres par son avidité à chercher toutes les occasions , tous les moyens de s'instruire.

Il allait tous les jours entendre de la musique dans les églises, pour faire choix entre trois compositeurs les plus renommés. Casali ayant plus de grâce et d'amabilité, Grétry le préféra, et recommença, pour la troisième fois, l'étude des premiers éléments de la composition. Ses progrès furent brillants et rapides. Après deux années d'étude, Casali jugea qu'il pouvait se passer de leçons , et l'exhorta à travailler luimême. C'est à ce conseil qu'on dut , après plusieurs essais infructueux, le t'indemiatrici (les Vendangeuses), opéra bouffon représenté à Rome en 1763, avec le plus brillant succès.

A la même époque , une partition de Rose et Colas, que lui montra le secrétaire de la légation de France à Rome, lui fit connaître le genre qu'il était appelé à traiter. Il s'éprit de passion pour l'opéra comique français, et résolut de quitter Rome pour venir à Paris. Depuis longtemps il était rappelé à Liège par ses parents. Pour toute réponse , il envoya au concours le Conjitebor tibi , Domine, etc. Il obtint la place de maître de chapelle à Liège ; mais il n'y alla pas, et n'entendit jamais son Confitebor. Il quitta Rome le 1er janvier 1767.

Grétry ne possédait pour toute fortune qu'une modique pension qu'il recevait d'un grand amateur de flûte, avec lequel il avait pris à Rome l'engagement de lui composer des concertos.

Arrivé à Genève, il fut contraint, pour gagner de quoi continuer son voyage , de donner des leçons de chant. Il y fit représenter, en 1767, Isabelle et Gertrude, opéra dont il avait refait la musique, et fut admis auprès de Voltaire ,

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