GRIMOALD L'UNIVERS. GRIMOARD
constamment attaché par une vraie amitié, fut celui de la duchesse de Saxe-Gotha , et de sept autres princes et princesses. Cette correspondance littéraire, philosophique et critique, qu'il fournissait deux fois par mois à ses augustes abonnés,. est son ouvrage le plus important et le plus estimable.
C'est un tableau assez complet de la littérature française, depuis 1753 jusqu'à 1790. On y trouve des contradictions , des défauts de goût , mais aussi beaucoupd'espritetd'originalité.Grimm a écrit encore des articles insérés dans l'Encyclopédie, et divers opuscules, parmi lesquels on cite une brochure piquante, intitulée: le Petit prophète, qu'il composa pour défendre la musique italienne , lors de l'arrivée des Boujfons à Paris.
En 1776, le duc de Saxe-Gotha l'accrédita comme envoyé à la cour de France. Ces nouvelles fonctions ne l'empêchèrent pas de cultiver les lettres.
En 1789, il se retira à Gotha. L'impératrice Catherine, qui l'avait nommé baron, le fit, en 1795, ministre plénipotentiaire de Russie près des États du cercle de basse Saxe. Il remplit cet emploi jusqu'à ce qu'une maladie grave, où il perdit un œil, le força de renoncer aux affaires et de revenir à Gotha , où il mourut à l'âge de 85 ans, Je 19 décembre 1807.
Voici les titres exacts de ses principaux ouvrages : Lettres à F auteur du Mercure, sur la littérature allemande; le Petit prophète de Bohemischbroda, 1773; du poème lyrique, article inséré dans V Encyclopédie ; Lettres à Frédéric, roi de Prusse; Correspondance littéraire, philosophique , critique , adressée à un souverain d\4llemaqne, par Grimm et Diderot, Paris, 181*2, 1813, 16 vol. in-8°.
Grimoald, fils de Pépin le Vieux, succéda à son père , en 642 , dans la charge de maire du palais de Sigebert, roi d' Australie, après avoir fait assassiner Otton , gouverneur ou plutôt nourricier du roi, qui lui disputait cette place. L'armée et les leudes l'avaient soutenu dans son entreprise, et il continua le rôle de son père, celui de protecteur de tous les leudes opprimés et indociles. A cette époque , le duc de
Thuringe refusa de reconnaître plus longtemps l'autorité des rois enfants et des maires du palais. Grimoald, mal secondé, fut réduit à conclure avec le rebelle une paix honteuse. Bientôt, d'ailleurs, des soins plus graves l'occupèrent. Faisant paraître un prétendu testament de Sigebert, qui mourut vers 650 , testament par lequel le roi défunt adoptait pour fils et héritier , le fils de Grimoald lui-même , il conçut le projet audacieux de réunir la royauté nominale des descendants de Mérovée et la royauté réelle des maires et de donner la couronne à son lils. En conséquence , il relégua dans un monastère d'Irlande ou d'Écosse le jeune Uagobert , fils du
(irince, et proclama son propre fils sous e nom de Childebert. Mais bientôt les Austrasiens révoltés forcèrent Grimoald et son fils à prendre la fuite : tous deux furent livrés à Clovi.s II en 656. Dagobert, que l'on croyait mort, reparut en Austrasie, et régna quelques années sur une faible partie de son royaume. — Un autre Gbimoald , le plus jeune des fils de Pépin le Gros ou d'Héristal, fut, par son père, institué duc de Reims et de Sens, et maire du palais deNeustrie, en 695. C'était, nous dit le continuateur de Frédégaire, un homme d'une douceur, d'une bonté et d'une dévotion extrêmes, et les Francs, qui le chérissaient , concoururent à son élection.
Son père le désigna aussi comme successeur de son frère Drogon , dans la dignité de duc des Bourgu -nons, et lui fit épouser Theudclin le , fille de Radbode , duc des Frisons. Mais le lils de Pépin et d'Alpaïde , Charles (Martel), souffrait impatiemment d'être tenu a l'écart : aussi le soupçonna-t-on violemment lorsque Grimoald, en 714, fut assassiné par un nommé Rangaire.
Théobald son fils, à peine âgé de 6 ans, fut nommé maire du palais de Dagobert III, qui n'en avait que 12.
Giumoard ( Philippe-Henri , comte de), général et littérateur, né à Verdun, vers le milieu du dix-huitième siècle , d'une ancienne famille qui donna à l'Église le pape Urbain V (*). Grimoard
(*) Cette maison, représentée encore avec éclat à la cour de Louis XIII , par le marquis de Combalet,ueveu ducounétable deLuyncs,
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possédait des connaissances très -étendues en politique , ce qui détermina Louis XVI à lui confier une négociation eu Hollande. Il travaillait dans le cabinet de ce monarque , quand nos troubles civils éclatèrent. On lui doit les projets d'attaque et de défense de la campagne de 1792 : au 10 août, ce général cessa de s'occuper avec le roi d'objets diplomatiques et militaires. Ses cartons , qui renfermaient de précieux matériaux , furent alors transportés dans les bureaux du comité de salut public où Carnot les utilisa en plus d'une circonstance, et , au regret de leur perte , Grimoarddut joindre celui de ne pouvoir même s'en faire reconnaître pour l'auteur. Il est vraisemblable que si Louis XVI était resté plus longtemps sur le trône, il eût appelé au ministère le général Grimoard. Ii eût trouvé en lui un homme honnête , ferme , indépendant, mais non celui que les circonstances demandaient. La révolution , dans sa marche irrésistible, n'eût point tardé à le rejeter derrière elle. Le général Grimoard est mort en 1815. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages , dont voici les principaux : Essai théorique et pratique sur les batailles, 1775 , in-4°; Collection des lettres et mémoires de M. le maréchal de Turenne, 1782, 2 vol. in fol., ouvrage mutilé par la censure; dix exemplaires seulement portent le nom de l'auteur; les autres portent celui de Beaurin fils ; Traité sur la constitution des troupes légères, 1782, in-8° ; Recherches sur la force fie l'armée française, etc., 1806, in-8°; Tableau historique de la guerre de la révolution de France , 1808 , 3 vol.
in- 4° ; Correspondance de Dumouriez avec Pache, ministre de la guerre, etc. , Paris, 1793, in-8*. Le général Grimoard est l'éditeur de la Correspondance de Richelieu , de Bolingbroke , du baron de Viomènil , des Œuvres de Louis XIV ^ des Mémoires du maréchal du de H. de Campion, etc.
Grimod de la Reynière ( Balthazar-Laurent) , fameux gastronome , né
et marié à la nièce de Richelieu , est continuée aujourd'hui par M. le marquis du Roure. Originaire du Gévaudan, elle s'élait ensuite fixée dans le cointat d'Avignon.
en 1758, mort en 1838. Son père, fils d'un charcutier, avait acquis dans la finance une immense fortune qu'il dépensait fastueusement , et qui lui inspirait un orgueil et des prétentions ridicules. Le jeune Grimod, venu au monde laid et difforme , montra , dès sa jeunesse, un esprit indépendant, bizarre, cynique. Frappé des ridicules de ses parents, il s'en moquait, en toute occasion , avec une liberté qui faisait peu d'honneur à ses sentiments , mais qui révélaiten lui une sorte de philosophie grossière à la Diogène. Du reste , il était fort éloigné de la frugalité du philosophe cynique : il passait sa jeunesse dans les coulisses et les cafés, et étudiait exclusivement l'art de faire bonne chère. Au milieu des dissipations de cette vie sensuelle , il acheva son droit tant bien que mal , fut reçu avocat , et même se fit remarquer par quelques mémoires, dont la forme était vive et assez ingénieuse. Il mêlait à sa passion pour le plaisir un certain goût assez prononcé pour les lettres. Il prit part à la rédaction du Journal des théâtres, publia une brochure intitulée Réflexions philosophiques sur le plaisir, par un célibataire. Ces essais littéraires contribuèrent beaucoup moins à le faire connaître, qu'une farce d'assez mauvais goût, par laquelle il s'amusa à humilier les prétentions aristocratiques de son père et de sa mère.
Un jour qu'ils devaient être absents d&> leur hôtel , il invita à souper une réunion hétérogène de convives roturiers de tous les états. Le billet d'invitation, rédigé dans les termes les plus étranges, annonçait que du côté de V huile et du cochon on n'aurait rien à désirer.
Les cou vives, arrivant à l'heure dite, furent reçus par des Savoyards habillés en hérauts d'armes. Aux coins de la salle à manger se tenaient des enfants de chœur avec des encensoirs. Grimod dit aux invités que ces enfants étaient là pour les dispenser d'encenser le maître de la maison , ce que ne manquaient jamais de faire les convives de M. son père. L'ordonnance du repas répondit à cet étrange début. Tout un service fut composé de charcuterie « C'est un de mes parents qui me four- « nit ces viandes, » eut-il soin de dire à