GRISONS
dit; la moralité et la farce. Le style est plein d'une crudité naïve et souvent indécente , mais il a beaucoup de netteté et d'énergie. Gringoire avait lui-même joué le rôle de Mère sotte, et, depuis ce temps, il porta et se donna toujours ce surnom, comme le poète Jehan Bouehet se déguisait sous le nom de Traverseur des voies périlleuses , et François Habert, sous celui du Banni de Liesse.
Gringoire continua de composer des pièces bouffonnes, sotties et moralités, et d'autres poésies qui sont presque entièrement politiques , et dirigées surtout contre la cour de Rome et contre les vices du siècle. Il fut fait héraut d'armes du duc de Lorraine , et prit alors le nom de Vaudemont , d'un fief dont il devint propriétaire. Il traduisit en français, pour l'usage de la duchesse de Lorraine, les Heures de Notre-Dame.
Mais, comme on le lit dans les registres du parlement , la permission de faire imprimer cette traduction à Paris lui fut refusée, le 28 août 1525, par la cour du parlement et par la Sorbonne , qui interdit expressément toute traduction des livres saints. Il vivait encore en 1544, et avait alors plus de 60 ans. Mais on ne peut préciser ni le lieu, ni l'époque de sa mort; on croit cependant qu'il finit ses jours vers 1547 ou 1548. La Biographie universelle des frères Michaud donne une liste complète de ses ouvrages, qui sont fort rares et fort précieux parce qu'ils retracent fidèlement les mœurs du commencement du seizième siècle. Nous citerons particulièrement :
la Chasse du cerf des cerfs , satire violente contre le pape Jules II (servus servorum Dei) ; V Entreprise de Venise, apologie de la ligue de Cambrai ; le Château du Labour, rimé , Paris, in-8° , 1500 ; le Château d'amour, ib., 1500, in 8°, etc.; les /Ibus du monde , ib-, 1504, in-8°; t Espoir de paix et y sont déclarés plusieurs gesies et faits d'aucuns papes de Rome, 1510, in-16, rare ; le Jeu du prince des sots et de Mère sotte, joué aux halles de Paris, le mardi gras , en 1511, in-8w, goth.; les Fantaisies de Mère sotte , etc., 1516, in-4° ; les Menus propos de Mère sotte, etc., ib., 1521, in-8°; les Fantaisies du monde qui règne , ib., 1532 , in-16» etc. . • . • >
Gbingonneuh (Jacquemin), peintre du quatorzième siècle, sur lequel on a très-peu de renseignements. H. Lenoir lui attribue un tableau représentant Juvénal des Ursins, et qu'il regarde comme la plus ancienne production de l'école française. Grigonneur est cité dans le compte présenté en 1392 par le trésorier Charles Poupart , pour avoir fourni au roi Charles VI « trois jeux de cartes « à or et à diverses couleurs de plusieurs « devises. » Le P. Ménestrier a inféré de là que Gringonneur était l'inventeur des cartes à jouer; mais nous avons démontré ailleurs la fausseté de cette opinion (*).
Gbippon ou Gbifon, fils de Charles Martel et de Sonnichilde, concubine enlevée dans une expédition outre-Rhin, se voyant exclu du partage des États de son père, chercha à former un parti pour faire valoir ses droits; mais il tomba entre les mains de Carloman et de Pépin, ses frères, et fut enfermé dans une prison, d'où Pépin le retira quand il se vit trop fort pour rien craindre du jeune captif. Toutefois, il ne lui donna pas un coin de terre dans l'empire. Ambitieux et remuant, Grippon s'enfuit en Saxe avec un grand nombre de leudes francs , et y leva une armée. Pépin ayant marché contre lui , il courut en Bavière chercher des défenseurs plus résolus, une retraite plus sdre. Il y forma contre son frère une ligue formidable, et Pépin, forcé de lui faire des concessions, lui donna vers 750 douze comtés sur les confins de la Bretagne, entre la Seine et la Loire.
Mais Grippon, se défiant de Pépin, se rendit auprès de Vaifre, duc d'Aquitaine. Beaucoup de leudes s'étaient de nouveau joints a lui. La guerre semblait imminente entre Pépin et les Aquitains, lorsque Grippon, toujours aventureux, résolut de passer en Lombard ie, où une grande querelle allait éclater avec les Francs. Il fut attaqué au passage des Alpes par deux comtes avec leurs troupes, et périt dans la mêlée (752).
G ht sons (guerres des). — En 1512, après les revers des Français en Italie, les comtés de la Valteline, de Bormio et de Chiaveona , avaient été démembrés
(*) Voyes CUktm a jqvmmu