‹ FranceChapitre 71 sur 378 · GROS-GUILLAUME L'UNIVERS. 6ROSLKT · texte numérisé non relu

GROS-GUILLAUME L'UNIVERS. 6ROSLKT

giquesdeson pinceau; mais, pour cela, il aurait fallu être philosophe et ne pas 'être artiste. Enfin, la critique dut être satisfaite : elle avait réussi au delà de ses espérances. Le 26 juin 1835, on retira de la Seine le cadavre de Gros. Ce fut pour tous les vrais artistes une perte cruelle et vivement sentie. Mais ce ne fut pas une leçon pour la presse, qui, dès le lendemain, reprit avec aussi peu de retenue son thème habituel.

Il n'est pas besoin de faire l'éloge de Gros ni de ses tableaux, de dire la hardiesse de son dessin , la magie de sa couleur, la puissance de sa composition ; ses œuvres parlent asse'z haut, et il restera toujours comme le premier élève de David , comme le plus grand peintre d'histoire après ce maître. On ne peut qu'accepter, en parlant de lui , ce que M. Denon disait en le présentant à un prince polonais : « Prince, je vous « présente le prince de la peinture. »

Gros avait été décoré par l'empereur en 1808; en 1815 , il fut nommé membre de l'Institut; en 1816, professeur de l'école royale des beaux-arts; en 1818, chevalier "de l'ordre de Saint-Michel.

Ghos-Guillàume , célèbre histrion, contemporain de Gauthier G arguille et de Turlupin. Avant de monter sur les tréteaux de la farce à l'hôtel de Bourgogne, il se nommait Robert Guérin, et exerçait l'état de boulanger. Pour être de belle humeur, il fallait, dit Sauvai , « qu'il grenouillât ou bût chopine avec #son compère le savetier, dans quelque cabaret borgne. »

Son embonpoint extraordinaire faisait dire de lui qu'il marchait longtemps après son ventre , et son nom finit par devenir proverbial pour désigner un ventru.

On raconte comme une des singularités de cet homme, que parfois, quand il s'était avancé sur la scène , avec son virage masqué de farine et son ventre garrotté entre deux ceintures, les tortures de la gravelle et de la pierre venaient briser sa belle humeur, lui arracher des larmes de douleur , et lui faire faire des contorsions « qui divertissaient autant que s'il n'eût point senti de mal. » 11 mourut cependant âgé de 80 ans , et fut enterré à Saint- Sauveur.

Groslée, baronnie du Bugey, érigée en comté par lettres d'Emmariuel-Pni- Iibert, duc de Savoie, le 29 juin 1580, en faveur de Claude, baron de Groslée.

Groslée est aujourd'hui une commune du département de l'Ain , arrondissement de Bellay.

Gros le v (P. J.)f écrivain célèbre par la bizarrerie et l'originalité de son esprit, naquit à Troyes en 1718. Après avoir exercé dans sa ville natale la profession d'avocat , et avoir été deux ans attaché à l'administration de l'armée en Italie (1745 et 1746), il revint à Troyes, et se livra exclusivement à son goût pour l'étude. Possesseur d'un revenu de 2,400 livres (il avait abandonné la moitié de sa fortune à sa sœur) , Grosley en consacra le quart à élever des. bustes aux plus illustres de ses compatriotes. Il en avait déjà réuni cinq, qui lui avaient coûté chacun 2,000 f , savoir ceux de Pithou, de Passerat, du P. Leccinte, de Mignard et de Girardon , quand la perte d'une somme considérable l'empêcha d'aller plus loin. Il voyagea en Italie , en Angleterre et en Hollande , et mourut en 1785. On a de lui : Mémoires de l'académie des sciences , des inscriptions , belles-lettres , beaux-arts, nouvellement établie à Troues enChampagne, 1774, réimprimé plusieurs fois : c'est un recueil de facéties assez piquantes ; Supplément aux Mémoires de Camusat sur l'histoire ecclésiastique de Troyes, 1750, in- 12, livre devenu fort rare parce que l'édition a été brûlée ; Dissertation sur cette question : Si les lettres ont contribué aux progrès des moeurs , 1751 , in- 12 ; Recherches pour servir à l'histoire du droit français, 1752 , in- 12 ; Fie du P. Pithou, 'avec quelques Mémoires sur son père et ses frères , 1756, 2 vol. in- 12, ouvrage très-estimé; Éphémé rides troyennes, 1757-68, 12 vol. in-24; Nouveaux Mémoires ou observations de deux gentilshommes suédois sur i Italie et sur les Italiens , 1764, 3 vol. in-12; Londres, 1770 , 3 vol. in-12 , 1774 ; Mémoires sur les campagnes d'Italie de 1745 et de 1746, avec un journal de la campagne du maréchal de Maillebois en 1745, Amsterdam, 1777, 2 vol. in-12; t ie de Grosley, écrite en partie par lui-même,

1787, in -8°. On a publié depuis ses Œuvres inédites , 1812, 3 vol. in-8°, parmi lesquelles on remarque son testament. Grosley était associé de l'Académie des inscriptions et belles-lettres , à laquelle U avait envoyé plusieurs mémoires. « Mais entraîné, dit M. Dacier, par l'originalité de son esprit, il confondait sans cesse les genres , mêlait le ai au sérieux, le grave au badin, le no-

nuties, errait au gré de son imagina tion , arrivait où il pouvait et quand il pouvait ; quelquefois n'arrivait nulle part, et paraissait souvent ne s'être proposé d'autre but que de s'amuser sur la route ; de sorte qu'aucune de ses compositions , moitié erudites , moitié plaisantes, n'a pu trouver place dans nos mémoires. »

Gross-Aspebn (combats de). Après avoir reçu la capitulation devienne, Napoléon flt passer ses troupes sur la rive gauche du Danube. Dans la mati-

D'autres régiments autrichiens pénétrèrent jusqu'à l'église et s'en emparèrent; les 4e et 46e de ligne, secondés, par un régiment badois, reprirent ce

{>oste , en furent chassés de nouveau , 'attaquèrent encore, et finirent par en demeurer maîtres. Ces deux combats de Gross-Aspern ne sont que des épisodes de la grande bataille d'EssIing.

Gboss-Barckri, (combat de). En

e au burlesque , insistait sur des mi- novembre 1806, le V corps de la grande

armée française d'Allemagne (Mortier) marcha sur le Hanovre, où se trouvaient de redoutables débris des troupes battues à Iéna et à Auerstaedt : 9 à 10,000 Prussiens occupaient un camp retranché sous les murs de Hameln.

Deux colonnes françaises durent agir contre cette ville. Jérôme, qui commandait cette division , forma une avant-garde composée du 20* régiment de ligne français, d'un détachement de sa garde royale à cheval , du 2e régiment de chasseurs hollandais, et de deux née du 21 mai 1809, sa gauche se trou- pièces d'artillerie légère. Cette troupe, vait appuyée au villagede Gross-Aspern, commandée parDebroc, major général son centre à celui d'EssIing, et sa droite au service de Hollande , rencontra au à un petit bois qui s'avance jusqu'au village de Gross-Barckel un fort détafleuve. L'archiduc Charles s'applaudis- chement ennemi. Les Prussiens, bientôt sait de voir les ennemis se mettre à dos rompus et culbutés, quoique secourus le Danube, qui est au printemps fort par deux nouveaux bataillons , furent sujet à des débordements. Vers quatre poursuivis jusque sous les glacis de Haheures du soir, lorsque les Français fu- meln. Les détenseurs de cette place, rent bien établis dans cette position, en découragés, capitulèrent le 20. effet peu favorable, il jugea que c'était Gboss-Beeren (bataille de). Bernale moment d'en venir aux mains. Ses dotte , investi d'un commandement en troupes, formées sur cinq colonnes, dé- chef dans l'armée ennemie , en 1813 , bouchèrent dans la plaine , et bientôt avait déployé 90,000 hommes en avant l'action s'engagea par une vigoureuse de Berlin. Oudinot, qui avait en vain es-

attaque sur notre aile gauche, dont Masséna avait le commandement. La défense ne fut pas moins opiniâtre que l'attaque; trois fois les Autrichiens, bien supérieurs en nombre , tentèrent d'emporter le village, trois fois ils furent repoussés. Enfin, à la nuit tom-

sayé de les entamer par le flanc , les trouva, le 23 août, rangés de Potsdam à Blankenfeld. Il ordonna l'attaque.

Bertrand marcha avec le 4e corps sur ce dernier point, Reynier, avec le 7e, sur Gross - Beeren , village à 3 milles au sud de Berlin. Le 12e corps, commandé

bante , le général ennemi Hiller dut re- par Guilleminot , se dirigea sur Pots-

noncer à son entreprise.

Le lendemain , deux des cinq colonnes autrichiennes, celles de Hiller et Bellegarde , attaquèrent de nouveau Gross-Aspern. Un régiment ennemi parvint à s'établir dans les premières maisons du village ; mais le 24* de ligne l'en eut bientôt chassé à la baïonnette.

dam par Ahrensdorf. Les deux premières positions furent enlevées ; mais pour arriver à la troisième, les troupes françaises avaient à faire un long détour avant d'aborder la droite ennemie.

Cette droite ne les attendit point; elle se porta au secours du centre, et tombant sur le flanc gauche des Saxons,

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elle leur enleva Gross-Beeren. Cependant Guilleminot, au bruit du canon, quitta la direction qui lui était assignée,

Jour renforcer Reynier , qu'il rétablit ans Gross-Beeren.

La nuit suspendit ce combat indécis, où les nôtres avaient déployé une valeur admirable. Le 7e corps avait perdu 1,500 hommes. On avait reconnu la force des alliés , il n'était guère possible d'espérer de leur passer sur le ventre et d'atteindre Berlin ; le lendemain on battit en retraite.

Une colonne en fer, haute de 18 pieds , a été élevée à Gross-Beeren , en mémoire de cette journée qui sauva la capitale de la Prusse. De plus, on célèbre tous les ans un service divin sur le champ de bataille.

Grod (Jean) , né en 1731 au Calaisis , entra dans la compagnie de Jésus, et se retira à Amsterdam lors de la suppression de cette célèbre société ; puis revint deux fois en France, s'expatria pendant la révolutiou , et passa en Angleterre, où il mourut en 1803. On a de lui, outre plusieurs livres de piété, des traductions de quelques ouvrages de Platon , que les travaux semblables publiés depuis n'ont pas fait oublier. Ce sont: la République , Paris, 1762; Amsterdam , 1763, 2 vol. in- 12; les Lois, Amsterdam, 1769, 2 vol. in-8° et in-12; enfin divers Dialogues , Amsterdam , 1770, 2 vol. in-8° et in-12. Il avait publié, la même année, une édition corrigée et enrichie de remarques , de la traduction du premier Alcibiade, par Tannegui Lefèvre.

Grouais ou GROix(île de) , dans le Morbihan, à près de 12 kilom. de Lorient. Ogée, dans son Dictionnaire de la Bretagne (Nantes, 1779), raconte sur cette localité (*) un événement qui mérite d'être conservé.

« Grouais, dit-il, a dû être sujette aux mêmes révolutions de guerre que le

(*) L'île de Grouais, qu'on appelle improprement aussi Groix, tire son nom du mot Groah, druidesse, fée. Un collège de prêtresses gauloises y résidait de même que des druides se réunissaient dans l'île de Sen ( mot qui signiâe vieillard ) , sur la côte du Finistère.

On trouve à Grouais des monuments celtiques.

ERS. «ROUAIS

reste de la Bretagne; elle fut brûlée par les vaisseaux anglais en 1663 et le 15 juillet 1696. Elle allait être exposée au même sort en 1703, lorsque le curé trompa les ennemis par un stratagème ingénieux. Il lit paraître dans la partie la plus élevée de l'île, qui se présente en pente vers le large de la mer , les femmes et les filles montées sur des chevaux, en rang avec les hommes ; et comme on manquait de chevaux , on monta sur des breufs et sur des vaches. Ces femmes avaient des perruques d'une herbe frisée et noire, fort commune sur le rivage, appelée goémon; des bâtons, placés sur leurs épaules, leur servaient de mousquets. Tout cela joint à leur corset rouge et à des bonnets d'homme de même couleur , qu'elles avaient mis sur leurs têtes, fit une telle illusion, que l'amiral Roock , commandant de la flotte anglaise et de 7,000 hommes de troupes de débarquement qui avaient , quelques jours auparavant , mis pied à terre à Belle-Isle , n'osa faire avancer ses chaloupes , quoiqu'elles fussent déjà en mer. Il prit tout ce qu'il voyait en bataille pour des dragons de troupes réglées. Ce trait d'histoire, tiré du livre de M. de la Sauvagère, et qu'on peut confirmer par de bonnes preuves, change tous les récits du P. Daniel et des autres historiens, qui disent que les ennemis furent repoussés par la résistance des troupes et de la milice, ftous donnerons pour preuves principales, les lettres écrites par M. de Pontchartrain.

Les voici :

A Versailles, le 3o janvier 1704.

« J'ai reçu la lettre que vous m'avez « écrite le 12 de ce mois. Vous trouve- « rez ci-joint le brevet de la pension de « 500 livres que le roi vous a accordée « sur l'évéché d'Agen. J'ai été bien aise « de vous attirer cette marque de la sa- « tisfaction que S. M. a eue du zèle que « vous avez fait paraître pour son ser- « vice , la dernière fois que les Anglais « sont venus à Drouais. Signé Pont-

« CHARTRAII*. »

Au même curé.

« Il est ordonné aux maîtres des bao teaux de l'île de Grouais et de la terre « ferme voisine, qui passeront en cette « île d'autres gens que ceux qui en sont, « de les mener , au défaut d'officier

GROUCHY FRANCE. CIIOUCHY

« commandant , ou de l'amirauté , au « sieur Uzel, curé de cetle île, pour les « examiner et lui rendre compte des « affaires gui les font passer en cette « île , à peine de désobéissance.

« Fait à Versailles, le 26 mars 1704.

► Signé LOUIS , et plus bas : Phelipeaux. »

A Versailles, I* r 3 janvier 1706.

« J'ai reçu la lettre que vous m'avez « écrite le 21 du mois passé; j'ai rendu • compte au roi de ce que vous m'avez « marqué sur la défense de l'île de « Grouais. S. M. est fort satisfaite de « votre bonne volonté pour son service. « Elle se remet à vous , quand' vous « n'aurez point d'ordres de ceux qui « commandent dans le pays , de dispo- « ser de l'artillerie et des gens de cette « île comme vous le jugerez à pro- « pos, etc. Signé Pontchartraïn. »

n La pension de 500 livres fut continuée au successeur de ce bon curé , et il y a tout lieu de croire qu'on lui permit aussi de se servir du canon du roi contre les ennemis de l'État, et d'interroger les étrangers. »

Grouchy (Emmanuel , comte de), maréchal et pair de France , naquit à Paris en 1766, d'une famille noble. Il servait avec le grade de capitaine dans une compagnie des gardes du corps lorsqueéclata la révolution de 1789: il se prononça vivement en faveur des nouveaux

I)rincipes. et fut nommécolonel decavaerie. Après la campagne de 1793, il devint générai de brigade, commanda la cavalerie de l'armée des Alpes, et coopéra à la conquête de la Savoie. Envoyé dans la Vendée, il s'y faisait remarquer par son zèle et par son courage, lorsque le décret de la Convention, qui excluait les nobles de tout commandement militaire, le renvoya dans ses foyers pour huit mois. Au bout de ce temps, il reçut (11 juin 1795) le brevet de général d'e division. Chef d'état-major de l'armée de l'Ouest , il seconda Hoche dans ses opérations, et concourut à la victoire de Quiberon. Après avoir successivement fait partie de l'armée du Nord en 1796 et 1797, et commandé en second l'expédition d'Irlande, Grouchy fut envoyé, en 1798, à l'armée d'Italie , sous les ordres de Joubert, avec la mission de s'assurer

du Piémont, et de déterminer le roi à l'abdication. En récompense de son succès diplomatique, le Directoire lui conlia le commandement en chef et l'organisation du Piémont.

Moreau ayant été envoyé en Italie pour y réparer les fautes de Schérer, Grouchy le rejoignit avec les troupes dont il pouvait disposer, et le seconda uissamment. Il se distingua aux cornats de Valence et de San-Juliano; battit Bellegarde, qu'il culbuta dans la Bormida, et dirigea, à la bataille de Novi , les brillantes charges exécutées par notre aile gauche : il v reçut quatre blessures graves, et fut fait prisonnier sur le champ de bataille. Echangé après un an de captivité, il rentra en France, et reçut presque immédiatement le commandement d'une division de l'armée de réserve; pénétra dans le pays des Grisons, s'empara de Coire, et força les Autrichiens à se retirer. 1

Nous le retrouvons en 1800 à l'armée du Rhin, s'illustrant à Hohenlinden.

Pendant la campagne de Prusse de 1807, Grouchy commanda un corps de cavalerie ; se fit particulièrement remarquer à la prise de Lubeck, à Landsberg, à Eylau et à Friedland. Cette dernière victoire lui valut le grand cordon de la Légion d'honneur.

Au commencement de 1808, il fut nommé gouverneur de Madrid, et déploya une grande énergie lors de l'insurrection du 2 mai. Un an après, à pareil jour, il se trouvait au passage de l'Isonzo, y battait la cavalerie ennemie; il s'emparait le surlendemain de la ville d'Udine, et investissait la province de Styrie. De là. il pénétra en Hongrie avec Eugène, et contribua au gain de la bataille de Raab. Dans les premiers jours de juillet, il franchit le Danube et vint combattre à Wagram.

Après cette mémorable campagne, Grouchy fut nommé commandeur de la couronne de fer, colonel général des chasseurs et grand officier de l'empire.

L'empereur le chargea du commandement de l'un des trois corps de cavalerie de la grande armée de Russie, puis le mit à la tête de Vescadron sac?'é ; mais il refusa de lui confier un corps d'infanterie pendant la campagne de 1813, de sorte que Grouchy renvoya au mi-

G ROtTC H Y L'UNIVERS.

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