GRUNDLER
nistre de la guerre ses lettres de commandement, et se retira dans ses propriétés; mais lorsque l'invasion menaça notre territoire , jugeant qu'il ne lui était plus permis de rester oisif, il offrit de reprendre du service. Napoléon lui laissa alors le choix du commandement de l'armée qui s'organisait en Piémont, ou de celui de la cavalerie, lui donnant cependant à entendre qu'il persistait à croire qu'à la tête de nos escadrons il servirait plus utilement son pays.
Grouchy prit donc encore le commandement des troupes à cheval. Il arrêta pendant quelques instants les ennemis dans les plaines de Colmar, leur disputa le passage des Vosges, et se porta sur Saint-Dizier, où il opéra sa jonction avec l'armée dirigée par Napoléon. Il donna de nouvelles preuves de valeur à Brienne, à la Rothière, à la prise de Troves, où il fut blessé, à Vauchamps et a Cràone : également blessé dans cette dernière affaire , il fut obligé de quitter le champ de bataille et de céder son commandement.
Pendant les cent jours, Grouchy reçut le brevet de maréchal d'empire et le commandement des 7*, 8* et 9e divisions militaires. Il eut à diriger les opérations militaires contre l'armée royale et les rassemblements du Midi.
A l'armée des Alpes, il organisa la défense des frontières. Ensuite , il alla prendre le commandement de la cavalerie de réserve de la grande armée. C'est à la tête de ce corps qu'il combattit à la journée deLigny le 16 juin 1815. Son inexplicable hésitation le 17, son opiniâtre inaction le 18(*), ont été l'objet, d'une longue polémique, dont il n'a pu faire sortir une justification satisfaisante. (Voyez Watehloo.)
A la seconde rentrée du roi , le général Grouchy, qui avait été compris dans l'ordonnance de proscription du 24 juillet, se réfugia en Amérique. En 1820, il rentra en France, conformément à l'ordonnance d'amnistie du 24 novembre 1819.
Il ne fut confirmé, ni sous la restauration ni immédiatement après la révo-
(*) «« A Waterloo , Grouchy s'est perdu. » « — J'aurais gagné cetle affaire sans rimbé- « cillilé de Grouchy. » Opinions et jugements d* Napoléon, t. I, p. 544.
hit ion de juillet 1830, dans sa dignité de maréchal. Cependant une ordonnance royale du 19 novembre 1831 la lui conféra; il fut appelé à la pairie le 11 octobre 1832.
Gboyb, seigneurie du Chastelleraudois, en Poitou. Elle fut érigée en mar- . quisat par lettres du mois de janvier 1G61, en faveur de Louis d'Aloigny.
Gbuebib, gruaria. Ce terme fort ancien, jadis usité dans notre administration, avait deux acceptions différentes. Il signifiait : 1' un droit de justice immédiate que les seigneurs hauts jus* ticiers exerçaient sur des bois dont le fonds* appartenait soit à des gens de mainmorte , soit à des particuliers ; 2° une juridiction connaissant en première instance de toutes les contestations qui pouvaient s'élever au sujet des eaux et forêts de son ressort, et des délits qui pouvaient y être commis. Les ofliciers établis pour exercer cette juridiction s'appelaient gruyers. On en distinguait de royaux et de seigneu riaux. Ce terme était d'ailleurs, suivant les temps et les lieux, synonyme de verdiers (*), forestiers, segrayers, maîtres sergents, gardes des eaux et forêts. L'appel des juges gruyers était porté devant le tribunal de la maîtrise.
Gbundlkr (Louis-Sébastien, comte), maréchal de camp, né Paris en 1774.
Lieutenant le 21 décembre 1793, successivement employé en Champagne, à Mavence, aux armées du Nord, du Danube, du Midi et d'Italie; attaché comme-chef de bataillon à l'état-major de la grande armée pendant la campagne de 1805; nommé en 1807 adjudantcommandant, et envoyé sous les murs de Stralsund, revint en France après la paix de Tilsitt, commanda le département de la Manche en 1808, et obtint d'être employé activement à l'armée d'Espagne, puis sous Anvers et dans la Hollande, lit en Russie la campagne de 1812, dans le 2e corps, et ayant combattu avec distinction, reçut à Moskou, le 10 septembre, le grade'de général de brigade. S'étant trouvé ensuite aux batailles de Lutzen et de Bautzen, il fut
(*) Du Cange dérive le mot gruerie de l'allemand griin, vert.