GRUYER
nommé baron le 4 mai 1813. En 1814, dès le mois d'avril, ayant offert ses services au roi, il reçut le commandement de Paris, avec celui du département de la Seine, fut chargé de l'arrestation du général Excelmans, et en récompense, fut créé comte et chevalier de Saint- Louis. Le 13 mars 1815, le duc de Feltre lui confia le secrétariat de la guerre. Après la journée de Waterloo, il fut envoyé à Soissons en qualité de commissaire, puis il commanda le département. Rapporteur dans le procès de Ney, il traita la question de la compétence du conseil de guerre avec une impartialité qui le fit disgracier. Toutefois, on se contenta de l'éloigner de Paris. En 1823, le comte Grunuïer fut nommé lieutenant général.
Gbuyer (Antoine , baron), maréchal de camp, né en 1774, à Saint-Germain (Haute-Saône). Il fut nommé par ses compatriotes capitaine au 6e bataillon de volontaires de son département , fit les premières campagnes de la révolution , fut blessé à Fleurus , et se distingua surtout à l'armée d'Italie.
Blessé à Austerlitz, il obtint la croix d'officier de la Lésion d'honneur. Il était depuis 1806 lieutenant -coionel des chasseurs de la garde impériale, avait fait la campagne de Prusse et celle de Pologne, lorsque, en 1808, élevé au grade de colonel et attaché comme aide de camp au prince Borghèse, il suivit à Turin le beau-frère de l'empereur. Le 6 octobre 1813, le baron Gruyer, promu au grade de général de brigade , eut deux chevaux tués sous lui en s'emparant, après un combat de quatre heures, du village d'Interbroch, près de Teenlitz. Il occupait encore ce poste quand la retraite des 4*, 7" et 1 Ie corps de la grande armée le plaça dans la situation la plus critique. L'ennemi, fort de quarante mille hommes, vint se placer entre lui et les trois corps français; néanmoins, conservant le plus grand sang-froid, il se mit en retraite, et quoique attaqué et mitraillé par l'artillerie ennemie, il refusa de se rendre, marcha en carré, s'arrétant de cent pas en cent pas afin de repousser six mille cavaliers qui le harcelaient sans cesse. Cernés de toutes parts, ses quatre mille braves n'avaient plus de munitions, et
étaient sur le point de se rendre, lorsque le général, qui avait eu trois chevaux tués sous lui, saisit un drapeau, ramena, par une courte allocution, le courage de sa troupe,gui, la baïonnette en avant, parvint à se taire un passage. Pendant cette affaire, regardée comme Tune des plus glorieuses de la campagne, Gruyer avait perdu dix-huit cents hommes et soixante-trois officiers, tués, blessés ou faits prisonniers. Blessé le 18 septembre, à Leipzig, cet officier général se rendit à Lure pour donner des soins à sa santé. Lorsque les armées étrangères qui avaient envahi le territoire français s'emparèrent de cette ville, le général, refusant l'asile que lui offraient ses compatriotes , vint aussitôt à Paris et accepta, à peine convalescent, le commandement d'une brigade, à la tête de Inquelle il narut à Monlmirail, Château- Thierry, Champ-Aubert et Montereau.
Le 22 février 1814, il fut chargé d'attaquer Mery-sur-Seine qu'occupait l'armée de Siïésie, parvint à pénétrer dans la ville après une vive fusillade et un combat meurtrier, qui dura depuis sept heures du matin jusqu'à cinq heures du soir, et chassa l'ennemi du quartier situé sur la rive gauche. Le général Gruyer voulut profiter d'une victoire si chèrement achetée. Les Russes avaient lâchement incendié la malheureuse ville ; il s'empressa de faire jeter dans la rivière les poutres enflammées du pont auquel l'ennemi, dans sa retraite, avait également mis le feu , et se disposait à passer la rivière sur celles qu'on avait pu conserver, lorsque l'empereur arrivant à Mery le fit demander et lui dit : « Général , vous appréciez les cir- .< constances, elles sont difficiles, elles « méritent bien les beaux efforts que « vous venez de faire ici, et vous en « êtes déjà récompensé par la bonne « besogne que vous avez faite. » Le brave Gruyer poursuivit aussitôt 1' ennemi dans l'autre partie de la ville, où le combat recommença avec la même fureur. Un coup de fusil parti d'une croisée atteignit l'intrépide général. Il n'en ordonna pas moins la charge en criant à ses soldats : « En avant ! l'empereur « m'a charjpé de vous dire que vous avez o fait de la bonne besogne; camarades, « achevez votre ouvrage. » Le baron