‹ France pittoresqueChapitre 101 sur 102 · OURIOUTÉS MAT1TAE&US · texte numérisé non relu

OURIOUTÉS MAT1TAE&US

Le département du Donbs présente un grand nombre de curiosités naturelles, telles que grottes f sources, cascades, glacières, etc. Nous allons tâcher de faite connaître les plus remarquables.

Grottes d'Ossellbs. — Ces grottes sont les plus célèbres de la Franche-Comté et méritent cette célébrité par leur étendue et leur

Srofondeur. Elles sont situées à 5 lieues de Besançon , dans le anc d'une colline peu élevée, sur le territoire de la commune de Roset-Flnans , et forment une suite de salles qui s'étendent à au moins 800 mètres dans l'intérieur de la colline, et qui contiennent des stalactites et des stalagmites des formes les plus varices et les plus fantastiques. — Ces grottes sont connues depuis longtemps , et depuis long-temps fréquentées. Un intendant de la province (Tonlongeon) y donna, en 1763, une fétn brillante. On voit encore la salle qu'il avait fait décorer à cet effet, et que l'éclat des stalactites scintillantes à la lumière des bougies devait rendre d'un aspect fort riche. — On y montre aussi une petite •aile avec une sorte de tribune , où l'on prétend que l'on a dit la pendant la révolution, — Les salles sont généralement

grandes et élevées , tantôt à parois lisses et brillantes , tantôt ornées de stalactites et de stalagmites qui affectent toutes les formes» mais principalement la forme cylindrique. -Quelques-unes des colonnes sont si belles que l'intendant Toulongeon avait songé a les employer à l'ornement de son château. Ce projet eut i cernent d'exécution , car on en tailla quelques-unes qui voiturées à l'aide d'un chariot jusque dans la salle d'entrée la petitesse de l'ouverture extérieure empêcha qu'os put les i extraire. — La masse de ces stalactites , quelle que soit leur gro seur, est transparente. Quelques-unes sont creuses , et , quand on les frappe , résonnent comme un instrument. — Une de» premières salles porte le nom de Salle des chauvee-souris , à cause dm grand nombre de ces animaux qui y ont leurs nids. — Les communications entre les salles, quoiqu'on certains endroits resserrée* par des blocs de pétrifications, sont généralement faciles. Taules les salles se suivent et forment une seule galerie : on ne leur connaît aucune ramification. — Aux trois quarts à peu près de leur profondeur totale , elles sont traversées par un ruisseau profondément encaissé , qui barrait autrefois complètement le passage f cf. sur lequel Toulongeou a fait construire, en 1763, nu pont eu pierres. — Aujourd'hui on peut arriver jusqu'à la dernière salle, que termine un précipice rempli d'eau , et où se trouve une profonde excavation dont le sol et la pente sont recouverte d'au sable fin de nature calcaire. — En 1826, et seulement dans h partie qui se trouve entre le pont et l'entrée, on a découvert se» une croûte peu épaisse de stalagmites une couche de terreau qui renferme une grande quantité d'ossements fossiles, parmi lesquels dominent les ossements de l'hyène et de l'ours des cavernes. Cette découverte fait supposer qu'il devait exister autrefois des issues uni se sont bouchées depuis , car l'entrée actuelle des grottes est beaucoup trop petite pour donner passage à des animaux de cette taHe. — Outre le ruisseau dont nous avons parlé, et qui, continuant sa» cours souterrain , va se jeter dans le Doubs à peu de distance de l'entrée des grottes d'Osselles, on y trouve encore une foutaise d'eau vive très bonne à boire. — Parmi les formes singulières eut présentent les stalactites , on remarque un beau n'dmsm drmmé , des colonnades presque régulières, des troncs de palmiers, un séjmiae, un jeu d'orgues , etc.

La GnA»DK-IUuME. — Il existe sur le territoire de Lods,sa fond d'un petit vallon , une fort belle grotte d'un abord fadfe. Elle s'ouvre au centre d'un rocher de 20 pieds de haut, dont W sommet est couronné de vignes. Les habitants la nonuuenf h Grande Baume. Son entrée a 15 pieds de hauteur et 90 de largeur; on arrive d'abord dans une première salle parfaitement éelaàée, de 65 pieds de profondeur , et dont le fond s'abaisse de mrsu a ne plus présenter qu'une ouverture pareille à la bouche d'un tour. Cette salle est ornée de belles stalactites , d'aspects Taries et £iatastiques. A droite, on remarque une figure de forme huuusnt. placée dans un siège surmonté d'un dôme de stalactites décoré de guirlandes. La' voûte entière est garnie de stalactites, d'us ad effet. A gauche , on trouve une masse de stalagmites «roi représentent assez exactement un lit garni de ses rideaux. Les J^lfr» ■>■ l'ont nommé le lit de Saneti Croustilleri. — L'ouverture ds fond conduit à une seconde salle décorée aussi de stalactites et de stalagmites. On y remarque trois statues élevées sur une sorte de piédestal , représentant, avec des formes peu arrêtées , trois fesmes voilées et tenant des enfants dans leurs bras. Cette salle a environ 100 pieds de profondeur.

Grottes et cavernes.— Outre les grottes d'OsselUs et la 4 Baume, le département renferme un grand nombre de { rieuses ; on cite celles5 de Chêne ce?. — La grotte de Mououer a servi de retraite aux habitants du canton pendant les gmni* du xvie siècle, et il y a quelques années que de faux-nsoaaaveurfl y avaient établi un atelier qui fut découvert. — La grotte et itrmounot sert d'église succursale an village de ce nom , et rappelle ces cryptes antiques où les premiers chrétiens célébraient lus mystères de la religion. Elle est située au bord du Doubs, J— le flanc d'un rocher, et ne reçoit les rayons du soleil que pur un es» carpement perpendiculaire an lit de la rivière. — La grotte euu le Château-de-la- Roche perce horizontalement un rocher coupé à pic. C'est à l'entrée de cette grotte que les comtes de la Roche avaient construit un château qui fut détruit pendant les guerres du xrie siècle, et dont on voit encore les ruines. —Dans b commune de Mon tan don (canton de Saint-Hippolyte) , on trouve une caverne vaste et profonde , nommée le Fondreau. C'est une < vation naturelle dans un rocher de plus de 80 pieds d'est Les habitants de Montandon s'y réfugièrent pendant les ^ du xvie siècle. On y voit encore les vestiges d'nn moulin à bras qu'ils y avaient établi pendant ces temps de calamités. Hais ce qui prouve d'une manière incontestable que ce lieu a servi de i ■*■ ,r*~ en temps de guerre , c'est que plusieurs familles de Mon conservent des actes datés et écrits au Fondreau.— Près du i de-Mars de Besançon , se trouve une grotte assea spacieuse, ou Saint-Félix, évêque de Besançon, se retira, dit -on, pour vivre dans la solitude, désespérant de ramener son clergé aux anciennes pratiques , et où il mourut en odeur de sainteté.

Gouffres. — Les fissures, les gouffres et les cavités communiquant avec des conduits souterrains, sont communs dans le département. Alternativement, ils absorbent et ils vomissent les eaux. Le Puits~de-la- Brème, près d'Ornans, dans les grandes pluies, aux époques où les rivières débordent , se remplit d'une eau limoneuse qui s'élève du fond de l'abîme , s'élance en bouillonnant perpendiculairement à plusieurs pieds de hauteur, se répand au dehors et inonde le fond du vallon. — On trouve dans le vallon de Sancey un autre gouffre nommé le Puits-Fenoz , qui inonde également les environs , mais par une antre cause. Sofa ouverture présente un carré long de 8 pieds sur 6 de large : c'est dans cette gueule étroite que viennent s'engloutir les ruisseaux du Dard , de Yoye et de la Baume ; suffisante l'été , elle cesse de l'être s'il arrive des pluies considérables, ou si la fonte des neiges est subite; alors le canal souterrain s'engorge, les eaux s'élèvent et, s* épanchant au dehors, inondent le vallon et la partie basse des villages d'Orve et de Cbazot, quelquefois jusqu'à la hauteur des premiers étages. Glacière* hatdreli.es. — 11 existe dans le département , plusieurs grottes qui contiennent des glaces permanentes ; la pins importante, celle de la Grâce-Dieu, territoire de Chaux-lcs-Passavant , est digne d'être visitée par les voyageurs.

Saut du Doues. — En sortant du lac de Chaillexon , vaste et magnifique réservoir, qui sépare le département de la principauté de Neufchâtel, le Doubs poursuit son cours à travers des défilés étroits , entourés de rocs escarpés qui , se resserrant à leur extrémité septentrionale , ne laissent plus d'autre issue qu'une ouverture dé trente pieds de largeur, par où la rivière s élance et se précipite perpendiculairement de 82 pieds de hauteur , avec un bruit imposant décuplé par les échos , dans un abîme profond que la sonde n'a pu eucore mesurer.— Pour jouir complètement de la vue de cette belle cascade , il faut , par un jour clair et serein , se placer an-dessous de la chute d'eau , lorsque le soleil descend vers l'horizon , alors le spectacle est embelli par les vives couleurs des arcs-en-ciel qui se meuvent et se croisent au milieu des vapeurs humides qui baignent les rochers ; le i bruit solennel de la cataracte, l'aspect des rocs noircis , la blanche

écume qui jaillit sur leurs parois , les teintes multipliées de la lumière solaire décomposée , toute une pluie de diamants , de topaze , d'émeraudes , de saphirs et de rubis , laissent au spectateur une impression ineffaçable , que les descriptions les plus animées sont impuissantes à produire. — Les bassins que forme le Doubs au-dessus de cette cascade , furent long-temps embellis par une I fête annuelle, où se resserraient les liens d'amitié qui unissent le

, peuple Franc-Comtois au peuple Suisse : cette fête n'a plus lieu.

, Cascades. — Si le saut du Doubs est, par le volume de ses eaux ,

L la cascade la plus remarquable du département , ce n'est pas la

. plus élevée. Parmi le grand nombre de chutes d'eau qui existent

; dans les cantons de la montagne , on cite les oaseades de Sjrratu ,

, dans le vallon pittoresque d'Ornans , et dont la hauteur et les

, pentes totales sont de plus de 560 pieds. Les deux chutes

, principales ont plus de 150 pieds de hauteur. — Un ruisseau

dans le vallon de Migette devient dans le* grandes crues un torrent impétueux , et se précipite de 870 pieds de hauteur , dans un gouffre dit le Puits •Billard B qui communique par un canal souterrain avec la source du Lison. — Enfin, près d'Etcrnoz on voit une cascade formée par un ruisseau assez considérable pour faire tourner un moulin , et qui se précipite de 120 pieds de haut.

Source du Dessoubre. — Cette source jaillit d'un antre profond situé à 506 mètres (1,563 pieds 9 pouces) au-dessus du niveau de la mer. Les eaux s'élancent avec impétuosité , par sept issues (dont quelques-unes poussent des jets ascendants) , d'un magnifique rocher, et forment de belles cascades. L'industrie s'est emparée de ce site sévère : des usines disposées en amphithéâtre sent établies sur les plans supérieurs des cascades ; on y ▼oit aussi les débris d'un antique monastère , et quelques maisons isolées qui animent le paysage.

Source de la Loue. — Un rocher, dont la hauteur est de plus de 820 pieds , s'élève verticalement au fond d'un vallon agreste et sombre ; à 80 pieds de sa base s'ouvre un antre d'où jaillit avec impétuosité une belle nappe d'eau en forme de cascade. C'est la source de la Loue , rivière considérable à sa naissance , et qui fait aussitôt mouvoir des usines. La grotte d'où elle sort a plus de 180 pieds d'ouverture , sur 90 pieds de hauteur.

Pont Sarrazin. — Parmi les conformations singulières des rochers calcaires, on remarque l'arcade naturelle du pont Sarrasin, située près de Vaudoncourt , canton de Blamont ; elle offre , sur une petite échelle , une image du célèbre pont du Diable.

Sources jaillissantes de Clérox. — Près du pont de Clcron, sur le territoire de Scey, on voit une source considérable, d'une nature peu ordinaire. D'une fente de rocher presque horizontale, l'eau s'élance en plusieurs jets , qui montent jusqu'à 9 pieds de hauteur. Il y a six jets principaux , et un grand nombre de moindres; tons réunis, ils forment un ruisseau considérable, dont les eaux très froides en été paraissent chaudes en hiver. Cette source produite par un cours d'eau souterrain , qui descend des

montagnes et vient jaillir à la surface du sol , donne une idée du principe sur lequel repose le système des puits artésiens.

Fontaine ronde. — C'est une source intermittente , située dans l'arrondissement de Ponlarlier, au bout d'un pré marécageux ,' resserré entre deux collines calcaires. — Elle existe dans deux bassius , de forme à peu près circulaire , dont l'un , plus élevé que le second , a environ 7 pieds de long , sur 6 pieds de large. Le fond de ces bassins est de sable et de petits cailloux , colorés en rouge par l'oxide de fer. L'intermittence dure de 6 à 7 minutes. TOLLES, BOVTBOS, CHATXAUX, ETC.

Besançon, sur le Doubs, ch.-l. de départ., à 99 1. S.-E. de. Paris. Pop. 29,167 hab. — Cette cité célèbre de l'ancienne Gaule» fut fondée 400 ans avant l'ère chrétienne , et acquit bientôt un* grande importance. 56 ans avant J.-C , César y entra , non eu? conquérant , mais appelé par les chefs de Li cité , pour repousser les barbares qui menaçaient la Séquanie d'un envahissement total* — Vesuntio , ainsi se nommait alors Besançon , était déjà la métropole de la province Séquanaise. — César en fit sa place d'arme»* — Depuis son origine, cette ville est restée la capitale de la contrée> dont elle fuit partie. — Son époque de plus grande splendeur fut sous Aurélien. — Sous le règne de Julien , la ville fut saccagée» par les Germains. — Les hordes d'Attila lui furent pins fatale*, encore ; ce dernier désastre renversa presque tous ses édifices romains. — Les Bourguignons, qui s'en emparèrent ensuite* la reconstruisirent. — L'histoire a consigné plusieurs époques glorieuses pour Besançon. — En 406 , sa résistance contre le* Vandales, en 418, contre les Germains; en 451, contre les Hun*} en 1288, contre les Allemands; en 1885, contre les Bourguignons* en 1862 et 1864, contre les Anglais, en 1375 , contre l'armée protestante, etc., etc. — En 1814, Besançon résista aux troupes, alliées qui l'assiégèrent vainement. — Long-temps ville libre et impériale , Besançon tomba au pouvoir de l'Espagne , mais conti« nua de se gouverner en république. — Louis XIV s'étant empara, de la Franche-Comté en 1674 , abolit cette forme de gouverne^ ment. — Les fortifications de Besançon étaient déjà considéra» blés , elles furent alors augmentées, et l'ont été encore depuis. —► La situation de cette ville est forte autant que pittoresque. Le coûts, sinueux du Doubs enclôt une presqu'île, qui présente la forme) d'une fiole; la ville couvre cet espace et s'étend au-delà de la courbe de la rivière; cette dernière partie est le faubourg d'Arène» couvert par de gros bastions, et s'élevant sur une pente douce; la, ville proprement dite est en plaine. Le col de la presqu'île est un, ' roc élevé de 130 mètres au-dessus de la rivière qui baigne ses e*-i carpements latéraux: très rapide du côté de la ville, il est séparé) de la colline contiguë par un profond ravin ; ce roc porte la cita* délie. Sa position rend cette forteresse inabordable à rennesû s> 1 art a néanmoins puissamment contribué à sa défense ; elle est ceinte de murs énormes et de tranchées excavées dan* le roc; on, n'y entre que par des ponts - levis ; elle renferme plusieurs cours , divers bâtiments, et des voûtes profondes qui servent de cachots. L'aspect en est plein de sévérité : il inspire une> sorte de terreur. — Les travaux qu'on y fit sous Louis XIV furent si dispendieux , que ce roi demandait si les murs de la cita-, délie de Besançon étaient d'or. — Elle est dominée par des hauteurs, mais celles-ci sont également fortifiées; les deux plu* voisines portent deux forts capables d'une longue résistance; l'un de ces forts est considérable : il est à peine terminé et achève de. rendre Besançon inexpugnable. — L'enceinte bastionnée qui entoure; la ville est forte; elle est bordée par la rivière et par de profond* fossés. — Besançon est très peuplée pour son étendue, elle offre peu, de rues larges, peu de places spacieuses ; c'est moins une ville de luxa, qu'une place- forte. Elle est néanmoins bien bâtie et généralement bien percée ; mais la plupart de ses rues sont tristes , et se* constructions ont une sévérité, une uniformité de style qui leur donne une grande monotonie. — La ville et le quartier d'Arènes commu» niquent ensemble par un pont de fondation romaine, mais dont la construction primitive a été fort altérée; il est haut, étroit, fort laid et bâti de pierres grossières. Le quartier d'Arènes est très populeux et presque entièrement habité par des vignerons* V église Cathédrale , dédiée à Saint-Jean, est un grand vaisseau* de fondation fort ancienne, reconstruit dans le xie siècle, pat; l'archevêque Hugues Ier, et de style qui participe du gothique et du sarrasin. A chaque extrémité de la nef, est un beau choeur, et de riches autels. En face du siège de l'archevêque, on voit la buste en marbre blanc de Pie VI; une belle Résurrection de Caria, Vanloo se fait remarquer dans la chapelle du saint Suaire, parmi d'autres bons tableaux. Une chapelle voisine offre un saint Sébastien, l'un des chefs-d'œuvre de ira Bartoloméo. La Mort d'Amamie et de Saphir*, par il Piombino , orne une autre chapelle ; ces chapelles sont petites, sur un seul côté de la nef, mais fort jolies et toutes de styles différents : deux beaux anges en marbre blanc décorent le mattre-autel , construit en marbres italiens rares, et que couvre un superbe baldaquin. L'église a trois nefs , divisées par des colonnes ovales, bizarres mais élégantes; les vitraux, sont peints; les fenêtres, fort petites, ne laissent pénétrer dan*

ait

a'dfttse tfe'na jour ntystérieux, qui ajoute à la majesté de l'édifice. La Tille poèaède trou antre* églises remarquables. — Vnèpitnl Scint-Jutques est an superbe établissement dont , sous tous les rapports, Besançon peut se glorifier. Un serrurier de Besançon en a èiselé ia grille d'entrée , qui est très belle. Cet hôpital est Teste , propre, sain et bien administré i il contient 500 lits, distribués «(ans des salles qu'orne une multitude de rases remplis de fleurs. Un jardin d'un coté., de l'autre, un petit parc et un potager entourent l'hôpital. — • Utiéiêl J* la Préfecture ocoupe le bâtiment de l'ancienne intendance, édifice remarquable par ses grandes dimensidils, ctfmhie par là noblesse de son style.— Le Collège royal, élevé paf la ville, en 1997, est un bel édifice bien approprié à son «sage i il peut recevoir 200 élèves.— Le Palais de justice, où siégeait jadis le parlement, Offre une façade remarquable par son arehïtftetufe. — L'ancien tlétel Graneelle fut construit dans le xtve siècle, tfatlê cardinal de ce nom : c'est un édifice spacieux et Imposant, dont la façade I trois ordres d'architecture; il est contlgu â on préau semblable â ceux des cloître* - Le Thëd're est un bâtiment Isolé et de celle apparence, son frontispice est formé de six «Ofbnnes doriques; l'intérieur de la salle est spacieux, bien dcénfe, d'une forme' circulaire, mais la construction en est vicieuse, él les règles dé l'aconstiqite y sont mal observéei. — U Arsenal «et considérable et digne d'attentldn. — VHôtel-de-Fille est un Meleti et grand édifice, mais noir, sale et fort laid; sa façade forme) Sans U décorer, tin des côtés delà place Saint-Pierre, âittst nointnéé à cause d'une église qui fait face à l'hôtel-de-ville. Cette place est carrée, propre et jolie, mai* petite.— Ia grande Cutèrke se cbmpbse de pluùeur* corps de bâtiments fort propres* formant lés trois côtés d'une vaste cour. — La Bibliothèque fmtotfuè renferme 50,000 volumes et nombre de manuscrits préeleei. Le bâtiment est moderne et de bon style: U contient aussi le Mutte-Péris, ainsi appelé, du nom d'an architecte qui eh a fait présent è Va ville natale. Ce musée se compose d'objets antltfttes, de tableaux, de livres et d'objets rares. — Le Mutée ehitiMrt kéfÉritle est encore peu nombreux; mais il s'âcerott rtpldèraerit. ~- Le Muié*.d'aniiâuiteV offre une grande quantité d'objets romains M du moyen âge, dont la plupart proviennent éé fouilles q^ui oht été faites dans la ville, à différentes époques. Dé tant de monument* romains qui ornèreUt l'antique Visuntlo , H n'en existé plu* qu'un, appelé la* Porte.lfotr*, et est situé au pied de là cathédrale à laquelle il sert comme de portique. Ce fut «a Ê/é*éi-Mot*f>he de grondes dimensions et de beau style; on ignoré I qui II était dédié t on croit cependant que ce fut à un de* bienfaiteur* de là ville , Àurélleh , ou Crispus , fils de Constantin, qui affectionna Èesançoh, y' passa une partie de sa jeunesse, et ti'én partit que pour triompher des Germains. Après la mort éé Ce bérb», victime de la passion dédaignée d'une belle-mère. Besançon prît son nom, et *e nomma pendant quelque temps CrispépélU. L'arc»dc-triumpht», bicri qu'cuclaté et très ruiné, conservé éntfore tin lit de majesté digne du peuple-roi. — La promenade ChémèH, le Champ-de-M4rs romain, état fort agréable; mai* elle éété détruite en partie, depuis quelques années, pour faire place à de nouvelles fortifications. Besancon manque de promenades intérieures, Hiais *cs environs sont beaux et pittoresques; les éttinpigaei iont Hautes et fécondes. La vallée du Doubs offre des points dé vue enchanteurs.

QucftCt* , strr la Lobe, ch.-l. de cant„ a 5 l. de Besancon. Pop. Bel hab. — Petite ville ancienne , située dans une vallée* agréable et fertile; elle fut jadis fortifiée et pins considérable qu'à présent; thaïs elle à été plusieurs fois prise d'assaut et ravagée par des incendies. — Il reste quelque* vestiges de ses hauts murs d'eneeiute, de leurs tours et de* trois portes d'entrée, ainsi que d'un Château-fort où naquit Guy de Bourgogne , qui fut élu pape en 1119, ions le nom de Caliite 11.

BAtmt-LES-DArtÈs. près du Doubs, ch.-t. d'arr., à 7 1. 1|2 H.-Ë. dé Besançon. £op; 2,467 hab. — Le nom de cette ville lui vient d'une fcnâenne et célèbre abbaye de Bénédictines, fondée vers lé Ve siècle, et qui fut protégée par les rois de Bourgogne, dont l'un , Saint-Gdntraa , y fut enterré. Charlemague et Louis-le-Débonnairë prodiguèrent les richesses a cette abbaye. Plusieurs foi» ravagée, elle fut enfin détruite à la révolution. LÎi ville elle-même i été Souvent ruinée dans nos guerres civiles. C'est maintenant «né de no* jolie* petites villes, elle est située dans un bassin verdoyant, formé de collines parsemées de vignobles. — Le Doubs coule au bord de ce bassin, dans un lit profond et encaissé par d'âpre* rochers. L'église paroissiale est grande et belle ; le chœur en Ht bien décoré. Son nouveau clocher, carré, a 50 mètres d'élévation. L'hooital est uri édifice spacieux et bien distribué. La tille est bien bâtie, contient nombre de jolies constructions, la plupart neuves, et est entourée de promenades charmantes. .. CLftkvÂt, *Ur le Doubs, ch -1. de caot , à 8 1. de Baume-les- Dtmea. Pop. 1,007 hab. — Clerval fnt fondé par Othon, fils dé l'empereur BurberOusse. Les* seigneur* comtois le firent fortifier; il eoiflmadda long-temps le Cours du Doubs. Il ne lui reste rien dé *eè fortifications; maii il a enrore sur le Doubs uti ancien pont ait pierre, plus solide que beau, et d'une construction remar-

quable pour l'époque où il fut bâti. Le bourg est propre et contient quelques jolies maisons, mais il est percé fort irrégulièrement. MoirTBKLiAfcD, sur l'Allan et la Lnzinc, ch.-l. d'arr., i 90 I. H.-E. de Besançon. Pop. 4,767 bab. — C'était autrefois un comté qui appartint l'on g- temps .lut duc* de Bourgogne. En 1419, il passa à une des branches de la maison de Wurtemberg. La ville était alors peu importante.— En 1530, elle embrassa la réformation, s'accrut d'un grand nombre de protestants et s'enrichit de leur industrie. Son commerce , favorisé par la protection du souverain, et par une position favorable entre l'Alsace , la Franthe-G»mté et la Suisse , hii procura une importance et une prospérité qui décrut lorsque la ville devint française. Elle était entourée de fortes murailles que Louis XlV fit raser en 167t. — Montbcbard, situé dans une position avantageuse, mai* bâti sur un terrain très bas, est exposé à de* inondations fréquente*. Il est dominé par un vieux château, jadis résidence des comtes et autour duquel est un parc spacieux. — Où remarque dan* là ville le bâtiment des Halles, sur la place du marché, Vttâtel-dr*rtlU, la Biwiiotk/fme publique, riche de 10.000 volume*, et Végîlte de Saint- Martin, dont le plafond; de 26 mètres de longueur sur 16 mètres de largeur, n'est soutenu par aucune colonne.

Portas lies* sur le Doubs* chef-lieu «Tarr., è 10 I. 6.-K. de Besancon» Pop. 4,707 bab. — Ville très ancienne et qui fut faste dés pins considérables de la |>i~de*arit Franche-Comté1; on I*af>pelait, dans le pays, la êief de ft» fronce, à cause de sa titsstkm dans le passage le plus commode < pour pénétrer de la Suisse osa France. Ce passage commença à être fréquenté Sons Auguste, et se parsema bientôt d'habitations. — Pontarlier fut Souvent agrandi et porta successivement dix noms différents : Pont eU+erieî, Pons alet, P&Htalia, etc. — La tille, jusqu'au xrv* siècle t resta divisée en deux parties , dont Pnne s'appelait Morte**, l'antre Pontarlterj cette dernière seule subsiste encore; - Elle fnt souvent ravagée par les incendies , à caose de l'emploi qu'on faisait de boit de sapin , dans la construction des bâtiments et des toitures, emploi qu'on a été enfin forcé d'abandonner.-*- La ville moderne, agréablement située nu milieu des montagnes du Jura, est régulièrement bâtie; ses rues sont propre* , bien percées et formée* de maisons élégantes.— La ville et le passage sont protégé* paf le e**V ten* de J*u± , construit sur un rocher presque inaccessible. Ce château, susceptible d'une longue défettse t est de l'apparence ht plus pittoresque.

DtVÏSIOX JOLttngtf* ** AlInttWÊl^ATIIrJt Politique. - Le département nomme 6 députés. U est divisé en 5 arrondissements électoraux, dont les chefs-lieux sont; Besançon (villi et arr.J , Baume , Saint-Hyppolite , PonUrlier. Le nombre des électeurs est de 1,01V.

Aouihistaativk. - Le ch -1. de la préfect. est Besançon. Le département sa divise en 4 sous-préfeet» on arrond. eoaanv.

Besançon 8 cant» 202 contas* 96,032 sunna,

Baume-le»-Dames. . . . 7 187 64,884

Montbéliard ...... 7 161 50,042

Pontarlier S 89 48,977

TotaL ."cant, 639 eomm , 265,535 halaU

Service du tHtor public — 1 receveur général at 1 pajesnr iraavdant à Besançon), 3 recev. particuliers, 5 percepteurs d'arrond.

Contributions directes. — 1 directeur (à fiVsançoe) et 1 intpect

Domaines et Enregistrement. — 1 directeur (à Besançon )t 2 inspecteurs , 3 vérificateurs.

Hypothèques. — 4 conservateurs dans las cnefs-liena d'arrondissements communaux.

Douanes. — 1 Directeur (à Besançon).

Contributions indirectes. — 1 directeur (à Besançon ) , 2 diimtews d'arrondissement, 4 receveurs entreposeurs.

Forets. — Le département forme la 12e conservât, forestière, dont le chef-lieu ct»t a Besançon, — 1 conserv. à Besançon; 3 inspecteurs» à Besançon, Baume et Pontarlier.

Ponts et eliaussees. — Le département fait partie de la 4* inspection, dont le ch.-l. est t>ijon. — Il y a 2 ingénieurs en chef en résidence à Besançon , dont l'un est chargé de la surveillance dn canal du Rhône au Rhin (division du Sud).

Mine*.— Le dép fait partie du 13e arroud. et de la 4e divis., dont le ch.-l. est à S. -Etienne. — 2 ingén, des mines résident à Clermont.

Loterie. — Les bénéfices de l'administration ( pour $831 comparé à 1830) présentent , sur les mises effectuées dans le département , une diminution de 33,377 fr.

Haras. — Besançon est le chef-lien du 3* arrond. de concours pour les courses de chevaux. — Il y a a Pontarlier un dépôt royal où Se trouvent 34 étalons.

Militaire — Besauçon est le quartier-général de la 6e division militaire, qui se compose des département» du Doubs, du Jura et de la Hante-Saôoe. — Cette ville e»t la résidence de 1 lieutenant général commaudant lajHvision, 1 maréchal de camp commun duut le département, 1 intendant militaire et 2 sou»-intendants. — Le département renferme 4 places de guerre: Besançon, là

FRANCE PITTORJS.SQI7K

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FRANCE PITTORESQUE. ~ DOUB8,

citadelle de Besançon , le fort-de-Joux et le Château- de-Blamont.

— Le dépôt de recrutement est à Besancon. — La compagnie de gendarmerie départementale fait partie de la ?lc légion, dont le cb.-lieu est à Besançon , et qui comprend le» compagnies départe* mentale) du Poubs, de* la Haute*Saone, du Jura rt de l'Ain. — Il y a'à Besançqn 1 direction du génie, — 1 direction d'artillerie,

— 1 école dVtrtillcrie commandée par un marécbal de camp, —

I raftiuerie 4c salpêtre, et 2 compagnies de fusiliers dp discipline. JuniciaiM. -r La cour royale de Besançon comprend dans son

ressort les tribqnau* du Doubs, du Jura et de la Haute^naone.—

II j a dans le département 4 tribunaux de V9 instance, à Besan* çon , Baume, Montbéliard et Pontarlier, et 1 tribunal de commerce « Besançon, ^r- U y a àBell*Yau*>(Besapç,on) une maison de correction et de refuge pouvant contenir 400 individus.

Rbxigikuik. — Culte catholique. — Le département possède un archevêché érigé sur la sln du 2* siècle , dbnt le siège e%t à Besancon , et qui a pour suffragants les évéchés de Strasbourg , Meta, Verdun, Bellay, Saint-Dié, Nancy. —Le département forme l'arrondis*. du diocèse de Besançon. — Il y a dans le département,

— à Besançon : un séminaire diocésain qui compte 53 séminariste* internes et 208 tbéologiens externes; la' section du séminaire ponr 1* philosophie compte 05 élèves j — à Ornans ; une école secondaire ecclésiastique. — Le département renferme 3 cures de l,e classe, 14 de 2«, 355 succursales et 33 vicariats.— H y existe environ 1 30 congrégations religieuse» ponr l'éducation des enfants et le soin des pauvres dans les campagnes ; — 18 frères de la doctrine chrétienne , obex lesquels 1,050 enfants "sont élevés gratuitement (à Besançon et à Ornais) ; — 155 sœur» de charité ; — 1 14 id. de la Sainte-Famille;— 2 écoles de sourds-et-muets et de soùrdes-etra nette* (à Besançon), qui comptent 53 élèves ; — 73 hospitalières dane 12 hôpitaux, par lesquelles 10,323 pauvres et malades sont secourus , en outre 4.755 enfants" sont élevés gratuitement , et 6,040 en payant. — 11 j existe encore plusieurs autres congrégations religieuses , 3 dépôts de mendicité et 1 pensionnat tenu pat les dames do Sacré-Cœur, et qui compte 50 élèves.

Culte protestant. — L'église consistoriale de Besançon tst des- «ervie par fi pasteurs. — Le départemept renferme une société hiblique , une société des missions évangéliques , une société des traités religieux et 8 écoles protestantes.

Culte ménonite.' — Les ménonites ou anabaptistes, sont établis dans l'ancien comté de Montbéliard depuis le commencement' du xviil* siècle; ils y avaient été appelés par le souveraiu pour r diriger et améliorer la culture de ses domaines. Us forment une congrégation nombreuse. Us célèbreut leur culte daus une maison qu'ils Qpt louée à Montbéliard. Les prières s'y foqt en langue allemande; les ministres n'ont point de costume particulier; ils •portent , ainsi nue tou» les hommes , la barbe longue et les habits sans boutons ; lés femmes sont vêtues d'étoffes noires ou de couleurs foncées j les deux sexes se distinguent en général par des mœurs sévères. — La population de cette communion augmente chaque année , -quoique depuis quelque temps beaucoup «rentre eux aient émigré aux États-Unis.

Nota. La religion catholique est professée par la presque généralité des habitants du Doubs. Sur la masse, on peut évaluer le nombre des catholiques à 240,507 ; les diverses communions protestantes comptent environ 24,000 membres , les anabaptistes 560 et les israélites 468.

. UjUYER«fT4S*fi. — Le département possède une Académie de l'université, dont le chef-lieu esta Besançon, et qui comprend dan* son ressort le Doubs, le Jura et la Haute-Saûne. , Instruction publique. — 11 y a dans le département :— k Besançon , une faculté des lettres ; - une école secondaire de médecine; —un collège royal de 2e classa qui compte 247 élèves ; — et 3 collèges: à Baume, à Montbéliard, à Pontarlier — (1 école normale primaire est projetée à Besançon). — 1 école modèle primaire à Be^anç/m.

— Le nombre des écofcs primaires du département est de 530, qui sont fréquentées par 20,584 garçons et 1 4,365 filles. — Les communes privées d'écoles sont au nombre de 175.

3oc(STSs savante*, etc. — Le département possède, — à Besançon : un Lycée , une Académie rojale des Belles- Lettres, Sciences et Arts ; une Société d'Agriculture et des Arts ; un Cabinet d'Histoire naturelle ; un Musée d'Antiquités et d'Objets d'arts* — Il existe dans cette ville des Cours gratuits de mathématiques, de chimie, de physique , de musique , etc. , et une École gratuite de Dessin et de Sculpture pour 120 élèves.

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