VUE PASTORALE
Montagvks pastorales. — Les montagnes pastorales sont une des principales richesses des Basses-Alpes. Des pelouses verdoyantes et fleuries y couvrent les flancs et les sommets des montagnes jusqu'à 3,000 mètres d'élévation an-dessns du niveau de la mer, et forment d'excellente pâturages. Les brebis , qui chaque printemps y arrivent, exténuées par la fatigue et la faim , y reprennent en peu de jours un embonpoint remarquable. «11 n'est ; dit M Henry, rien de beau comme l'aspect de ces montagnes au commencement de l'été. Du milieu d'un fourrage épais» et qui arrive jusqu'au poitrail des chevaux , on voit s'élever deo fleurs de tontes les espèces , dont les couleurs variées reesortent de la manière la plus brillante sur cette riche pelouse , et dont les parfums réunis embaument l'air, à une distance considérable. De rochers qui s'élèvent çà et là dans ces prairies , jaillissent des sources fraîches, Jimpié>s et parcs, dont les eaux forment le*
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torreos qui sillonnent la vallée. D'an coté de ces immenses prairies , où tont respire le bonheur et en présente l'image , on voit des milliers de brebis savourer ces gras pâturages; tandis qu'à l'autre extrémité , on aperçoit des troupes de chamois qui viennent en bondissant y prendre aussi leur pâture, et qui, prompts comme réclair, disparaissent aussitôt qu'on parait vouloir les approcher. Quelquefois de jeunes faons , dont la mère s'est réfugiée dans les rochers , viennent en la cherchant se mêler ans troupeaux de chèvre*.»
Mourons traushumabts. — Le terrain destiné aux pâturages est divisé en un certain nombre de portions, dont l'étendue est déterminée par le nombre des animaux qui doivent y paître. Ces pâturages sont des propriétés particulières ou communales. On les loue à raison de f fr. à 1 fr. 25 c. par tête de bestiaux pour les quatre mois que dure la belle saison. Il vient annuellement dans les Basses-Alpes 400,000 moutons transhumants, qui appartiennent principalement au département du Var et des Bouches-du- Rhône Ces moutons y acquièrent un goût exquis et U qualité de leur laine s'y améliore. Ih restent et couchent toujours en plein air, à l'exception du jour de la toute. On les parque dans une enceinte formée de claies assez forte* et assez élevées pour que les loups ne puissent pas les franchir; et tous les deux jours, on change de place , afin que le fumier soit également réparti et que l'herbe puisse se renouveler. — Depuis quelques années on a construit à Colmars, à la Sestrière et au lac d'Allos, de vastes cabanes pour abriter les troupeaux pendant les orages.
Vie et moeuxs ds berger». — Les bergers ne quittent jamais leurs troupeaux. Nuit et jour ils les surveillent avec leurs chiens pour les garantir des loups nombreux dans les montagnes. Une petite cabane en joncs , facile à transporter, est dressée dans un des coins du parc , et c'est là qu'ils bravent patiemment toutes les intempéries, enveloppés seulement de leur cape , vaste manteau d'étoffe- grossière, surmonté d'un capuchon pour abriter la tête, et ayant une poche ou panetière pour renfermer le$ provisions. — L'ordre qui a été suivi pendant la route s'observe dans la montagne. (Voyez Bouches -Ju- Rhô**, p. 228.) Le baille ou bajlë t chef du grand troupeau , habite une cabane centrale d'où il continue de tout diriger, assisté des mêmes adjointe qui l'ont secondé dans le voyage. Les femmes , les enfants et les vieillards, pères de bergers et anciens bergers eux-mêmes, ont pour demeure une espèce de chaumière placée au centre du terrain destiné à chaque troupeau et composée de deux pièces; l'une sert à contenir les bagages , les ustensiles de ménage, les provisions et la paille , lit commun à toute la famille; l'autre est une étable, où l'on renferme les ânes et les bestiaux malades ; auprès de cette rustique habitation se trouve ordinairement une source ou un puits destiné à fournir l'eau nécessaire aux hommes et aux bestiaux. Les occupations des femmes consistent a faire, deux fois par jour, pour les bergers, la soupe qui est composée d'un mélange d'huile» d'eau, de pain et de sel. — Un peu de tard, un morceau de viande r quelques Jegumes assaisonnés avec de la graisse sont pour ces hommes sobres un régal extraordinaire. Souvent leur nourriture habituelle ne se compose que de pain et de lait. — Les femmes font aussi des fromages et vont les vendre , ainsi que le lait , toutes les semaines dans les villes ou villages les plus voisins et où elles achètent les provisions dont elles ont besoin. — Les voyages sont le* seules relations des bergers avec le reste de la société. « Cependant , dit M.Villeneuve de Bargemont , cette vie pastorale qui nous parait si singulière a pour eux tant de charmes , qu'il est infiniment rare de la leur voir abandonner. Ils vivent dans leurs solitudes sans jamais regretter les fertiles contrées qu'ils .traversent périodiquement denx fois l'année, et sans porter envie aux agréments que trouvent les habitants des villes dans leurs réunions ; leur famille absorbe toutes leurs sensations ; leur existence civile et politique est tout entière liée à celle de leurs troupeaux, et leur unique fortone s'y trouve égMlement attachée; car elle consiste ordinairement en un certain nombre de brebis qu'ils ont en propriété , et qui est proportionné à la force du troupeau. Communément, ils possèdent une brebis sur trente, et do pins, les chèvres qui accompagnent lès bestiaux. — Us jouissent généralement d'une bonne santé ; les inflammations de poitrine sont les seules maladies auxquelles ils soient sujets. Ils s'occupent à mire des jarretières ou des cordons de laine dont les couleurs sont mélangées avec assez de goût. Ils se récréent en jouant , sur de petites flûtes à six trous , quelques airs monotones et rustiques — Quoique rostres et grossiers , ils ne manquent pas d'une certaine intelligence : ils se font une espèce d'astrouoinie , à l'aide de laquelle ils connaissent les heures et prédisent le temps ; ils tiennent fortement à leurs intérêts ; mais cela ne les empêche pas d'être d'une probité sévère. Les hommes se marient jeunes et ne cherchent jamais une compagne d'une classe différente de la leur. L'autorité paternelle a conservé sur eux toute sa vigueur ; et comme la longévité des vieillards et la précocité des mariages rendent les familles extrêmement nombreuses , les grands-pères et les pères forment une espèce de magistrature , dont les volontés et les décisions sont toujours respectées.»
amuow mutzqvs et ABBmnsnLàvtTS.
Politique. — Le département nomme 2 députés. Il est divisé en 2 arrondissements électoraux, dont les ch.-lieux sont : Digne et Sisteron. — Le nombre des électeurs est de 431. ÀDMriusTRATrvK. — Le chef-lieu de la préfecture «st Digne. Le département se divise en 5 sous-prét. on arrond. commun.
Digne 9 cantons, 88 communes» 51,91 6 habit.
Barcelonnette. . . 4 20 18,788
Castellane 6 48 28,101
Forcalquier. ... 6 52 85,849
Sisteron S 52 26,248
Total. ... 80 cantons, 280 communes, 165,896n*bit.
Sertie» du Trésor public. — 1 receveur général et 1 paveur (résidant à Digne), 4 receveurs particuliers, 5 percepteurs d'arrond.
Contribution* directes.— 1 directeur (à Digne) et 1 inspecteur.
Domaines et Enregistrement. — 1 directeur (à Digne ), 2 inspecteurs , 2 vérificateurs.
Hypothèques. — 5 conservateurs dans les chefs-lieux d'arrondissements communaux.
Douanes. — 1 directeur (a Digne).
Contributions indirectes. — 1 directeur (à Digne), 1 directeur d'arrondissement, 5 receveurs entreposeurs.
Forêts, — Le départem. fait partie de la 28# oonserv. forestière.
Pants-ol*cha*ssées. — Le département fait partie de la 6# in*? pection, dont le chef-lieu est Avignon. — H y a 1 ingénieur en chef en résidence à Digne.
Mûtes. — Le département fait partie du 14e arrondissement et de la 4# division , dont le chef-lieu est Sain t-É tien ne.
Haras— Le département , "pour les courses de chevaux , dépend du 8e arrondissement de concours , dont le chef-lieu est AuriUac.
Militaire. —Le département fait partie de la 8* division mi» litaire , dont le quartier général est à Marseille.— Il y a à Digne: 1 maréchal de camp commandant là subdivision ; 1 sous-intendant militaire.. — Le dépôt de recrutement est à Digne. -— Le déparie* ment renferme 4 places de guerre : Sisteron et citadelle , fort Saint-Vincent , Colmars et fort, Entrevaux et château.— La compagnie de gendarmerie départementale fait partie de la 18* légion , dont le chef-lieu est Grenoble.
Judiciaire. — Les tribunaux sont du ressort de la Cour royale d'Aix. — Il y a dans le département 5 tribunaux de 1** instance : à Digne, Barcelonnette, Castellane, Forcalquier, Sisteron, et un tribunal de commerce , à Manosque.
Religieuse. — Culte catholique. — Le département forme le diocèse d'un évéché érigé dans le v« siècle , suffragant de l'archevêché d'Aix , et dont le siège est à Digne. — U y a dans le département , à Digne : un séminaire diocésain qui compte 60 élèves ; — à Forcalquier, une école secondaire ecclésiastique. — Le départ^ renferme 1 cure de lr* classe, 81 de 2e, 285 succursales , et 41 vicariats.— U existe dans le département (à Digne , Manosque et Sisteron ) 8 congrégations religieuses de femmes consacrées à l'instruction gratuite des filles pauvres.
Universitaire. — Le département est compris dans le ressort de l'Académie d'Aix. .
Instruction publique. — Il y a dans le département :— 6 collège! , à Barcelonnette, à Castellane, à Digne, à Manosque, à Seyne, à Sisteron ; — une école normale primaire à Barcelonnette. — Le nombre des écoles primaires du département est de 828, qui sont fréquentées par 8,1 16 élèves, dont 6,822 garçons et 1798 filles.— Les communes privées d'écoles sont au nombie de 88,.
Sociétés savahtbs , etc. — U existe dans le département des Sociétés d'Agriculture à Digne, Castellane, Forcalquier, Sisteron et Barcelonnette.
rorinv&Tiojr.
D'après le dentier recensement officiel, elle est de 155,896 hab., et fournit annuellement à l'armée 428- jeunea soldats.
Le mouvement en 1880 a été de, • • •
Mariages 1,208
Naissances. Masculins. Féminins.
Enfanta légitimes 2,463 - 2,479 jT . -„-
- naturels 147 - 129 s.ToUI 5»218
Décess 2,154 — 2,098 Total 4,250
OAHDE tfATXOYAXE.
Le nombre des citoyens inscrits est de 81,487. Dont : 18,315 contrôle de réserve. *
18,122 contrôle de service ordinaire.
Ces derniers sont répartis ainsi qu'il suit:
17,970 infanterie.
152 artillerie.
On en compte : armés 2,962; équipés 611 ; habillés 001. 10,274 sont susceptibles d'être mobilisés.
tu
Inscrits
sables; sur 100 Individus inscrits, sur le registre matricule, $8 sont svjnini* mi service ordinaire, et 41 appartiennent à 1a réserve;. Les swsenau* de l'Eut ont délivré à la garde nationale 9,784
•t an assez grand
FRANCE PITTORESQUE. - BASSCS-ALPË3.
*, sur 1J0OO individus de la population, générale , 300 sont production des mulets ofrVèei mie ressource Mil» ans habHantf
i au registre matricule, et 66 dans ce nombre sont mobili- de la montagne.
'" -■ • — Les berborisies deMsTseille, de Lyon et des autre* vffles éfe
Daephlné et de la Provence, viennent chaque année dans les montagnes des Jaascs» Alpes , faire , en herborisant eux-mêmes, leurs provisions de simples et de plantée. — Ces montagne* font aussi visitées par les marehandi ambohn* qui font coininoioe dam tentée les parties de la Pmnee, de vulnéraire Misse et d'antres préparations bals* néoessaif es et y qu'ils revendent < dans la belle saison ,
qui viennent sur les Heu* entraire le sue de certaine* plantée on de leurs fleura. On y fabrique principalement des eaux de mélisse et de lavande* Cette dernière fleur surfont y est très abondante et d'une excellente qualité. On en fait on grand naage dan» les villes delà Provence ou du Danpbiné.
fusil», l
pisèeiale v aabaes , ete*
Le département a payé à l'Eut (1881) :
Contributions directes.
Enregistrement, timbre et domaines
Douanes et sels.
Beèesens, droits divers, Ufeau* et pendre*. .
Potw». t -
Produit des coupes de bois
Produits divers , . . . ,
Beslource* extraordinaires
igg'iu
Total 2,628,917 f Me.
tt a reçu du trésor 2,640,01 f fr. 16 c. , dans lesquels fleurent :
La dette publique et les dotations pour. . . . 645,526 f. 10 c.
Les dépenses du ministère de la justice. ... 111,819 68
de IWtruettoa publique et des cokes. 82T, 1 SI 60
du commerce et des travaux pubttet. 480,*#2 47
de la gnarre. , . 601,012 06
t la marine 10 84
finances. Shfitl 41
Frais 4e régie et de perception des impôts. . 666,180 -66 Bcmboorsem. , restitnt, , non-valeurs , primes. 08,128 18
total. , . . . i . . . 2,640r9fif.l6c.
sMMMUnaMni
43m dent sommes totales de paiements et de recettes représentâtes, à peu de variations près, le mouvement annuel des impôts et don mettes, lt département reçoit annuellement, en raison de sa punition frontière , et déduction faite dn produit des douanes , 44468 Jreuès 93 n. de plue qu'il n« paie.
2>£*X*ftX8 ntMûnMntMMTJOMM.
KUee a'élèvtnt (en 1681) à 886,280 fr. 80 e, Savoie : Dép.JLees: traitements, abonnements, ete. 64,820 f . 66 e. a7e>. uariaMest loyers, répaxatooas, enonuie-
gementa, secours, ete 261/160 16
Dans cette dernière somme figurent pour
12,200 f. » e. les prisons départementales , 67,800 f. 75 c les enfants trouvés.
Lés secours accordés par l'Etat pour grêle , incendie , épizootie , sont de 12,45») ■
Les fonds consacrés au cadastre s'élèvent à. , , 6&807 76 Les dépenses des cours et tribunaux sont de. • . 05,082 70 lits Irais dé justice avancés par l'Eut de, . . . 20,600 80
mvUSTaUB AOAICOXJE.
Sur une superficie de 728,508 hectares, le départ, en compte : 60,064 en forêts (l'Annuaire de 1634 n'en indique que 42,576, tontes communales). — 5,68t en vignes. — 826,000 en landes. Le revenu territorial est évalué à 7,746,000 francs. lin département renferme environ:
4600 ebevanx et mulets.
16*606 bdtee è cornée (race bovine).
220,000 moutons. — Les montagnes des Basses-Alpes nourrissent en outre un grand nombre de troupeaux transhumants.
Lee meameana de bétes à laine en fournissent chaque année en - . virées 500JDO0 sûaoframmos | savoir ; 6/100 mérinos, 10,000 métis, 645,000 indigènes.
Le produit annuel do sel est d'environ , •Xa eéréaiea et parmeetières. 1,800,900 hectolitres.
En avoines. ......... ' 200^600 id.
Envias 140,000 id. , dont 20,000 h.
de lr€ qualité , provenant des vignobles des mées.
L'agriculture ainsi que l'industrie des Basses-Alpes sont loin d'avoir acquis le développement don elles sont susceptibles j il y existe néanmoins deux établissements ruraux aascs remarquables pour snrtir de modèles ; relui de M. Terris , à Peyruis . et de M. Gravier, à GHoux.— Le naya fait une récolte considérable d'àmandes et de fruits qui , léchés on confits , donnent lieu à un grand commerce.— Il produit de ITiuile d'olive qui se vend comme huile d'Aix , du 'miel et de la cire. — L'éducation des abeilles a toujours été une des occupations productives des agriculteurs. Depuis peu d'années , celle àé$ vers à soie s'est propagée et commence a donner des résultats très avantageux. — Les races de bétes à laines y ont été améliorées. — L'élève des bestiaux et la
xmvËiwmxm coi
Un mouvement de progrès et une louable arthrite commentent à se faire sentir dans le département. Les rentes s'améliorent; lea oommnnieamjns avec la Basse-Provence et le Languedoc , de* viennent de jour en jour £lus faciles. Un pont a été récemment construit sur la Durance , a Cuiteaa-Arnoux. Des sefvieer de diligence sont organisés sur les routes de Marseille et «f Avignon à Digne. Cette ville a d'antres toitures qui communiquent aven Sisteron , M anosque et Seyne. On comprendra de quelle utilité seront ces communications nouvelles , en ebngeant qu'il y a vingt ans on ne voyageait qu'à cheval et qu'il fallait trois jours peur aller de Digne à Marseille ; le trajet n'est que de 80 lieues. Lift* dustrie naissante ne s'étend guère encore au-delà des besoin» locaux ; elle s'appuie , comme cela est naturel , sur les produits du pays. — Digne Fournit au commerce de la cire , des peaux de dm* vreaux, de la coutellerie commune; des fruits secs et confits , et principalement des pruneaux et pistules ; Moustiers i des manu* factures de faïence et des papeteries. — 8aint-Martfat4ès<9evdér possède nue scierie hydraulique de bois. — On fabrique , à Ries. , des cordes, et à Saint-André, des draps communs. On s'occupe , à Forcalqoier, de la fabrication des cadis, de la filature de la soie, de la chapellerie et de la poterie j Manosque renferme des fabriques de cadis , de fil ose lie et de toiles , des filatures de soie , de* tanneries , des eorroifirs, des moulins à huile, des distilleries d'eau • de*vie , etc. — Il y à à 8ervoules, près de Oisteron, une filature hydraulique de coton. — On exploite une mine de plomb à Saint -Geniet-de-Dromou , et on recueille, aux environs d'Entre vaux , de l'alun naturel. — Le département renferme plusieurs fabriques de bonnets grecs dits gasquets. — On vient d établir, à Barcelonnette , près de 200 métiers de soie ; on fabrique aussi , dans cette ville , des cadis et de la petite draperie.
Avec une industrie aussi restreinte, il n'y a pas Heu de s'étonner si le département n'a obtenu aucune mention aux expositions des produits de iindustrie de 1827 et de 1884.
Doua***.— La direction de Digne a 3 bureaux principaux, dont 2 seulement sont situés dans le département.
Les bureaux du département ont produit en 1681 ; j
Douanes et timbre.
Barcelonnette. 16,228 frêne*.
Entrevaux. 16,064
Produit total des douanes.
52,2ô+ francs.
Foin**. — Le nombre des foires du département est de 188.— Elles se tiennent dans 46 communes , dont 27 ekesVsieun , et durant pour la plupart 2 à 8 jours , remplissent 144 journée*.
Le* /•in» aeéties, au nombre de 84 , occupent 86 journées»
214 oommunes sont privées de foires.
Le* article* de commerce «ont de* beau» et de* beatiana «Intente espèce , de* Ane* et de* mulet*; des grain* , de* •mande* et de* fruit» ; de* cuir* , de* toile* commune* et du chanvre j de grée drap*. — On vend de la faienoe aux foire* de MenjetieT, et des> truffe* è celle* de Bien,
Recherches sur la Géographie ancien** et les Antiquités dm départ, des Basses-Alpes, jiar D. f. M. Heury ; in-8. Forçai auier, !6l8.
Vojéte dans la vallée de Barcelonnette {départ, des BasseS'Atpes)t par C ae Villeneuve Bargemont; in-8. Agen, 18f5.
Lettres sur la vallée de Barcelonnette , par Tremont - Garnier ; in-8. Digne , 1822.
Annuaire du département des Bossas-Alpes peur t&4; in-ffl. Digne , 1884.
A. HUGO
On semwr* «**D*XLOÎÏr èatuw, »*kc «*fe*teM,roteriU*s*.l**aas, il.
Pan*. — Imprimerie et Fonderie de Rfoifou* et Comp , rue de» Fraiic*-Bouxgeoi*tot-Mielm1> 8.
Département des Hautes-Alpes.
^. P?ïf,ad*t fowffioe fjreeque, les Caturigrs, dont OrfirfT^w (Chorus) était la capitale, les Brigiani qui paient Bfignnfium (Brîançon) pour chef-lieu, et un peuple cTorifline ce tique^ les Jhco>ii, dont lâché était /V #HC(tm (Gap), occupaient, avant l'invasion romaine, le territoire des Hautes- Alpes.— Leur histoire se confond •y** «elle des Allobroéje* , jusque la victoire que Fa- »wt~Mattuus remaria sur ce peuple belliqueux. - Les tiaturifres, fes Brijjiani et lesTricorii se retirèrent •lors dans leurs montagnes. — César affirme que leur Pays île tut pas. réduit eu provinoe romaine ; mais que le vainqueur devitH leur pajron, et qu'ils restèrent les «tornade rahius. - Ces peuples «'opposèrent avec opi- ■»*|re»«*u P««*PrT« «lu conquérant des Gaules, lorsa^fl traversa te mont Genévre pour arrêter l'entreprise «Wfs ffetvétiens • il lui fallut sept jours pour se rendre fOcrffum i Exiles) au pays des Àllobroffes. - Àupuste comprit ces peuptes dans la Gaule Narbonnaise, mais sans en otee 1% souveraineté au roi Cottius qui a donné wnnfwaa la obaloedee monts don» les Haute. Alpes •am parti*.— Après la non de Cottius . l'Empereur regardant cette «outrée comme la clef de l'Italie, se la rjserva en la séparant de fa Gaule narbonnaise. — Sous Hpnorius, elle fut comprise dans les Alpes maritimes. — A la décadence de l'Empire, le pays des OUurigrs prit le nonj d'Smfcrunais ; celui des Mrgimi, le nom de Uriaofojioa» , et ta territoire des Trwetii s'appela CapençaU. - VRmtrumms passa des Romains aux Viaigoths,
301 le cédèrent aux 'Francs, et fut nnt aux royaume de ourgaffne et «T Arles. Les comtes de Forcafquier en furent (es seigneurs jusqu'en 1020 que l'empereur Conrad H le céda à l'archevêque d'Embrun. t'Em- Wtoata, après diverses croisades* devint une propriété des princes du Dauphiné par le mariage de Béatrix de Sabran avec Guy-André , dauphin du Viennois. — Le Mrnmfonnaiê fit long- temps partie du marquisat de 3u*e-t il s'étendait des denx côtés des Alpes entre les «eu* royaumes de Bourgogne et d'Iialie. Les habitants, de ce pays montagneux surent conserver leur indépendance même dans les temps féodaux. Lors de leur *•»»>«• an t>e»p*4»é, ils stipulèrent , en reconnaissant l'autorité dea Dauphios, que leurs lois et leurs eoutuib«s seraient intégralement maintenues. Ils jouissaient encore 4e leurs privilèges à la révolution de 1789 : ils y «énoncèrent alors pour être gouvernés par les mêmes lots <|«» la reste de U France. — Le Gaptnfais avait été restai as» royaume de Provence, dont il partagea les vi- CfesHudes.
l>e* antiquités druidiques sont peu importantes. On remarque la Pierre debout du plateau de Guillestre, que s'oo «mnsidère comme un ancien autel celtique.
Lee monuments romains sont multipliés. — La découverte la plus remarquable qu'on ail faite est celle de l'antique cité de Mons-Sateucus , noo loin de la Bâtie- Moet-Saleon. On ignore la cause de la destruction de cette ville, qui a été importante. La grande quantité de «barbons trouvés dans les fouilles qui y ont été faites, fait, croire que ee fut un incendie. - Les fondations xles bâtiments se montrent à deux pieds au-dessous «fte soi. — On y retrouve les traces d'édifices nom- T. k— -20.
breux. — Le plus vaste parait avoir renfermé un palais public, un temple et un forum, ses débris occupent une superficie de 300 pieds de long sur 60 de largo. Ail!e«r«, en reconnaît les vestiges d'une grande usine, lestent*, les bassins, les cuves en maçonnerie, les logements des chefs et des ouvriers, les magasins , etc. Plusieurs rues aboutissent à la grande place et au temple. Ce temple était orné de colonnes d'ordre dorique d'environ 3P pieds de hauteur. L'autel existait encore au milieu * on trouva à coté un couteau de sacrificateur, et on rs> connut le canal qui servait à l'écoulement du sang des victimes. Le temple renfermait aussi plusieurs ex-voto, des cippes , des inscriptions, des débris de statues et de bas-reliefs en albâtre et en marbre, des fragments de porphyre et de granit, des figurines de bronze et un beau groupe en marbre blanc représentant Ykemmtttr* mssauê ttu tout eau, emblème de ce culte de Jtiithra, ai répandu dans les Gaules. M. Ladooeette, aux soins duquel on doit la majeure partie des découvertes faîtes à Mons-Saleucus, croit que cette ville était pour les Bomains un lieu central de fabrication et de dépôt. Il a reconnu la voie antique qui y conduisait ; les mura qui renfermaient la ville, un grand nombre de maison* avec des boutiques, plusieurs édifices d'une architecture recherchée , ^ des fragments de mosaïque, des restes de* peintures à fresque, des vases en bronze, en verre et en terre, d'une forme gracieuse, enrichis des dessins d'une grande élégance, des amphores, des urnes funèbres, des tombeaux, des ustensiles de toute nature, des instruments d'agriculture ou de métiers, des armes, des instruments religieux, des objets de toilette, de bain et de bureau ; enfin environ 700 médailles d'or, d'argent ou de bronze de divers empereurs. — M on s-Sateucus paraît être une espèce de Pompeïa , trop peu connue jusqu'à présent, et où il y aurait encore de curieuses antiquités à découvrir.
Le département renferme d'autres antiquités romaines dont nous parlerons à l'article des villes qui les posée* dent. Il y existe dans les montagnes de fortes murailles destinées à fermer les vallées, et dont la construction qui temonte au vic siècle est attribuée aux Lombard*. Au moyen-âge, de nombreux châteaux-forts , mainr tenant en ruines, s'élevaient dans le pays. On cite le château de Tallard sur la Durante, où l'en comptait autant de tours qu'il y a de mois dans l'année, autant de portes qu'il y a de semaines, et autant de fenêtres qu'il y a de jours.
€AAAOTiaUf MtBTJRS, M*.
Les habitants des Hantes Alpes sont bons , actifs et laborieux '; patients dans les travaux , durs à la fatigue. L'A prêté du climat les rend grossiers et rudes; néanmoins ils ont de l'intelligence, de l'esprit et le goût de l'étude, leur vie sévère les Hispo&e à là charité; nous citons plu» loin, page MA , quelques-uns de leur* usages qui prouvent comment ils savent pratiquer cette vertu et combien leur naturel e»t bon. Malgré leurs émigrations annuelles, ils ont, pour leur pays, beaucoup d'attachement, ce qui leur rend le service militaire pénible, quoique d'ailleurs ils soient hardis et courageux. Leurs mœurs sout austères et pure». Une fille qui a fait une faute trouve difficilement à se marier. Autrefois l'inconduite y était même totalement inconnue; mais les voyages multipliés ont fini par «Itérer cette sévérité primitive.— L'habitant des montagnes e«»t admit et prévoyant; il entend bien se» intérêts» on l'accuse même d'être rusé et de ]»ousser parfois l'économie jusqu'à l'avarice ; néanmoins il est compatissant pour les malheureux,
charitable pour les pauvres, et prévenant pour les étranger», envers lesquels il exerce l'hospitalité aussi généreusement que sa position le lui permet. — La sobriété lui est naturelle ; sa nourriture est peu recherchée ; mais on lui reproche d'être un pen porté à l'ivrognerie.— Les montagnards des Alpes sont naturellement religieux; mais leur piété est mêlée d'un grand nombre de croyances superstitieuses: ils attribuent tons les phénomènes atmosphériques aux sorciers, croient aux lutins et aux farfadets, et il n'y a pas encore long-temps que, dans certaines communes, lorsque le temps était mauvais, on forçait le curé à l'exorciser.
Depuis une vingtaine d'années , les mœurs ont beaucoup perdu de leur originalité ancienne , mais les habitants sont devenus plus sociables et plus policés ; l'instruction qu'ils reçoivent dès leur plus tendre enfance, jointe à leur intelligence naturelle, les rend 'aptes à toutes les carrières.
Vogues. — Les fêtes patronales sont nommées vogues dans les .Hantes- Alpes.- C'est dans les communes de la vallée de Cbampsanr que ces vaguas ont conservé la physionomie la plus originale.— Ou plante un mai dsns le champ destiné à la danse ; on élit un directeur de la fête, qui, sous le titre à%aùbét est le régulateur des plaisirs et le maître de» cérémonies. Une canne, des rubans et de la poudre sur les cheveux , tels sont les insignes de sa dignité.
— Le jour de la fête et de grand matin , l' Abbé, accompagné de quelques amis et du ménétrier, se rend dans chaque maison où il y a de* filles à marier ; avec la permission des parents il les invite à venir a la danse; chacune d'elles accepte en attachant un ruban à la canne qu'il porte. Après avoir fini sa tournée, il se rend au lieu du bal , où de joyenj.es acclamations saluent son arrivée. C'est lui qui fait commencer la musique, règle les places ,. dé oigne les dansenrs. 11 a un pouvoir dictatorial ; toute la jeunesse de sa commune est prête , lorsqu'il lève sa canne, à se précipiter contre les étrangers téméraires qui refuseraient d'exécuter ses volontés
— Malheureusement ces sortes de querelles sou» assez fréquentes, et son vent le lien du bal se chance en une arène sanglante.
Le Baocbuber.— C'e*t une espèce de danse pyrrhiqnc , qui s'est conservée au Pont-de-Cervières . hameau dépendant de Briançon. Les danseurs, au nombre de neuf, onze ou treize, sont armés d'épées courtes et sans pointes , comme celles des Allobroges. Us décrivent en dansant douze figures exécutées avec une gravité et une lenteur bien différentes des mouvements précipités de la pyrrhique grecque.
La retour du soleil. — Il existe , dans la commune de Guillaume- Pérousc , un .village nommé les Aqdrieux , dont les habitants sont privés pendant cent jours de la vue du soleil, (Ce village n'est pas le seul , le Villars d'Arène est dans le même cas.)
— Le soleil reparaît le 10 février; ce jour est marqué par une fête singulière. Dès l'aube , quatre bergers l'annoncent au son des fifres et des trompettes; chacun des habitons prépare une omelette; le plus âgé, qui a ce jour le titre de vénérable , les réunit tous sur la place où, leur plat d'omelette à la main, ils forment une chaîne, et exécutent autour de lui une farandole ; ensuite , précédés des bergers qui continuent à jouer de leurs instrumenta, tous se rendent en cortège sur un pont de pierre situé à l'entrée du village. Là, chacun dépose son omelette sur les parapets du pont, et se rend dans un pré voisin, où les farandoles recommencent jusqu'au moment où arrivent dans la prairie les premiers rayons du soleil: alors les danses cessent, chacun reprend son omelette et l'offre à l'astre du jour. Le Vémérablt , tête nue , tient la sienne haussée entre ses deux mains. — Dès que la clarté du soleil a brillé sur tout le village , ou retourne en cortège sur la place, on reconduit le vénérable chez lui, et chacun rentre dans aa maison ponr y manger l'dnielette en famille. La fête se continue, dure le reste du jour et se prolonge même dans la nuit.
— Mariaors.— Lorsqu'un jeune homme recherche une fille en mariage, il' se préseu te chez les parens avec un entremetteur, qu'on nomme, près de Gap, ttammaivudê (chat de maraude). S'il est bien reçu , il y revient huit jours après, et pendant que l'entremetteur cause avec les parents des conditions du coutrat, il fait la cour à la fille. Dans la. soirée on mange une bouillie; la quantité de fromage râpé que la jeune fille met sur le potage qu'elle sert au jeune homme indique le degré d'estime qu'elle a pour lui; dau» le cas où elle vent repou<*er sa demande, elle glisse dans la poche du g»hrat quelques grains d'avoine. Si celuici persiste, alors, pour reconduire définitivement, elle tourne vers lui le bout non allumé d'un tis*m.
Lorsqu'une jeune fille se marie hors de son village, les garçons
Srennent les armes, vont au cabaret, et obligeut le futur à payer la epcn.se. Quand le mari emmène sa femme, il trouve à l'entrée de chaque village, où il doit passer, les jeunes gens de ce village qui offrent aux deux époux un verre de liqueur qu'ils doivent boire, et des noix confites qu'eux seuls doivent manger Quelquefois ces jeunes gens essaient d'enlever l'épouse afin d'obtenir une rancou du roarL ce qui donne lieu à des rixes sérieuses. Souvent ils s'e'in-
Krent de la poule oruée de rubans que Ton porte au haut d'un ton en tête du cortège. Dons ce cas il u'y a pas de rançon, Ica vainqueurs se contentent de manger la poule, ejx ]>uv;ii)t,cn chantant et en se moquant des vaincus.
Cérémonies funèbres. — Voici quelques-uns des usages qui y sont relatif».— En certaines localités, quand on enveloppe le* morts d'un linceul , à Chautcmerle, à Pu y -Saint- Pierre, etc. , on ne les renferme pa» dans une bière, on se borne à déposer le cadavre au fond de la fosse. — Dans la vallée de Queyras et à la Grave, ne pouvant ouvrir la terre pendant l'hiver, on suspend les morts daus les greniers où sur les toits, jusqu'au printemps. —A Arvieux, la femme veuve ne laisse jamais en t cirer son mari sans l'avoir tendrement embrassé — A Rêmollon , à Theus. à E*piuas*e, lors d'Un enterrement , chacun des assistants reçoit de la famille un morceau d'étoffe — Partout les cérémonies futèbre* sont suivies d'un repas où viennent les parents, les voisins et les amis; on n'y sert jamais de viande, mais seulement du rix et dn pain de boulanger qu'on appelle du po*l>i o. — Dans quelques communes on porte une outre pleine de vin au cimetière , et an retour, la maison du défunt devient le théâtre d'une espèce de bacchanale, où les sanglote et les lamentations se mêlent aux cris de ceux qui s'enivrent. — A l'Argentière, après l'inhumation, les tables sont dressées autour dn cimetière ; celle du curé et de la famille sur la fosse même. Le dîner fini, le plus proche parent prend son verre, chacun l'imite et répète avec lui : A la sente du paufit mort.
Usages divers. — Dans l'arrondissement de Briançon , où le pauvre même a horreur de la. mendicité, où durant tont le xvui9 siècle, il n'y. a pas eu un seul attentat à la vie des hommes, les veuves et les orphelins ont le droit de faire faucher leurs prairies trois jours avant tous les autres ; Us ne doivent que la nourriture aux ouvriers qu'ils emploient pour leurs travaux ' champêtres. Dans le ess où ils ont à réparer ou à reconstruire leurs maisons, les autres habitante /ont gratuitement le transport dés matériaux nécessaires.» Dans l'arrond. d'Embrun , si un père d* famille privé de ses enfants , est empêché par une maladie de faire lui-même sa récolte , le maire et le curé annoncent sa position. Le dimanche après les offices, tous les habitante du village , hommes , femmes, enfants, vont faire la moisson ponr lui, rapportent ses pailles et ses grains , et les mettent à l'abri dans son grenier. Les bons curés applaudissent à ces travaux qui sont, disent ils, «?er> 'tpitt.
Si une vache ou un mouton s'estropie dans un pâturage , I* perte ne tombe pas sur le propriétaire seul, elle est répartie entre tous les habitants. K 'est-ce pa»» la une véritable assurance mutuelle?
Dans le Devolny, canton si sauvage, que le juge-de-paix a dit à M. La doucette , n'y avoir entendu le rossignol qu'une seule fois en 43 ans , quand les familles se composent d'orphelins , les garçons laissent a leurs saurs le patrimoine paternel, afin qu'elles puissent trouver un mari, et vont ailleurs chercher fortune.
Voici une espèce de caisse d'épargnes appropriée à un pays où les troupeaux sont une richesse, où l'on manque d'argent et ou les petit» placements de fonds sont impossibles. — Dèê qu'un enfant a un an , on achète pour lui une agnelle qu'on place à moitié chez un fermier ; cette agnelle devient brebis , a des agneaux. — On vend le* mâles et on garde les femelles. — En faisant la même chose tous les aus , le capital se double chaoue année, et à seize ans, l'enfant se trouve devenu propriétaire dim troupeau qui pent lui servir de dot.
Vallée de Queyras.— La vallée de Queyras renferme cinq communes dout la population réunie s'élève à environ 8jW 0 habitants» et qui forment entre elles une espèce de petite république dont les maires sont les chefs naturels : ceux-ci jouissent d'une autorité presque sans bornes. Us repartissent l*s iinpot» sans contrôle , taxent à volonté, d'après le rôle des contributions, les chefs de famille, qui paient au percepteur, exactement et sans réclamations, la somme fixée. — Ils jugent souverainement les que* relies, terminent les contestation.-* particulières, et prononcent des sentences suxquelles les habitants de la «allée se soumettent avec coufiauce, préférant l'équité paternelle de leurs maires à la justice coûteuse des tribunaux. - Les hommes émigrent toujours pendant l'hiver, et vont passer huit mois soit dans les provinces méridionales de la France,. soit en Espagne.— -Généralement probes, fidèles à leurs engagements, ils entendent bien 1rs ftf* f aires et sont pins instruits qu'on ne le supposerait, car quelquesuns savent le latin. — Ils se u arient rarement hors de leur vallée. — Pendant leur émigration ils accommodent leur costume sui* vaut le pays où ils se trouvent; mais, rentrés chez eux, ils reprennent leur vêtement national , qui se compose d'uu habit carré et large , d'un long gilet , d'une culotte dont les'gen* ux sont recouvert 5 par les bas. Ils portent de grands chapeaux rabattus, et les cheveux longs et flottants. — Les femmes ont un costume fort simple; c'est, un corps et un jupon qui tiennent ensemble; elles s'enveloppent la tète d'un bonnet que recouvre un mouchoir carré posé en ta>*hoH — Quoique grandes et fortement constituées, elles ont, pour la plnpart, d'énormes goitre». Elles se marient très jeunes et sont très fécondes.- Les familles sont nombreuses; tons les individus qui les composent, sans distinction d'âge ni de sexe , dorment pêle-mêle dans les étables a vache, sur une couche grossière garnie de draps de lajne qui ne sont jamais lavés , et f dout on ne prend d'antre soin que de les exposer au grand air