‹ France pittoresqueChapitre 70 sur 102 · HAUTES-ALPES · texte numérisé non relu

HAUTES-ALPES

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pendant le jour. — La vallée île Queyras manque de bois. Pcn- | dant l'hiver lea poêle» ne sont chauffée qu'arec de la bouse de Tache sécbée au soleil et conservée pour cet usage. — Le» habitants ne font du pain que deux foi* par an , et sont souvent obligés de se servir de haches ou d'énormes couteaux pour le couper. Leurs seules ressources locales sont l'éducation, le commerce des be»tftaux et la fabrication d'un fromage qui est très recherché d«ms les communes environ oao te». — Pendant cinq mois de Tannée , la terre étant couverte de plusieurs pieds de neige, on ne peut pas enterrer les morts ; on suspend alors les cadavres dans les greniers , où le froid les glace et les conserve Îusqn'a l'époque où il devient possible de leur rendre les honneurs unebres. — • Nous avons dit que les habitants de Queyras sont instruits; en effet, il y a dans chaque commnno un ou plusieurs instituteurs salariés par la commune . qni vont donner des leçons dan» les familles , passant huit jours dans chaque maison , et nourris par les familles qui les emploient : ces pédagogues se rendent aux foires, où ceux qui en ont besoin traitent avec eux. Leur profession est indiquée par des plumes à écrire qu'ils portent an chapean et dont le nombre indique l'étendue de leur science : nue plume annonce qu'ils enseignent à lire et a écrire ; deux , qu'il» savent le latin ; trois , qu'ils peuvent montrer l'arithmétique , etc ; il est rare d'en rencontrer qui en aient plus de trois Les enfants sont sons leur surveillance immédiate ; mais, l'heure des leçons écoulée, ces instituteurs jede viennent des espèces de domestiques qu'on emploie à tons les travaux. , n :u

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Les costumes des Hautes-Alpes diffèrent trop peu de ceux des Basses- Alpes , pour que nous croyions devoir en présenter une description particulière. — Nous nous bornerons à mentionner la chaussure d'hiver en usage dans plusieurs localités. — A Briançou, et partout où les glaces sont épaisses, les habitants portent des crampons fines aux talons de leurs souliers. — Quand la neige cet abondante, on se sert, pour voyager dans les vallées et même

r>ur traverser les rues de certaines villes , de raquettes pareilles celles des Lapons ; ce sont de larges plateaux en bois de forme ovale et plus grands que le pied, garnis en dessus de traverses en corde ou eu osier, qui servent à les fixer au coude-pied , et d'agrafes en fer qui s'accrochent au soulier et servent à le retenir.

On compte divers dialectes dans le patois des Hautes -Alpes , oui est nn mélange assez bizarre de celte , de grec , de latin , d'Italien , d'espagnol et de français. Pour en donuer une idée , nous citerons ce couplet d'un Noël, composé, en 1806, par M. Farnaud. (Cent nn berger qui parle) :

Un li pouerte un chapou, L'un de nous lui porte un

Et l'aoutre un bouen mouton , chapon, et l'autre un mouton ,

L'aoutre nu veou l'autre un veau gras et beau ; un

Grase et beou. antre des recuites avec un boa

L'aoutre l'y porte un serase, fromage gras ; un autre un pain

Embe un bouen froumage grase, de fariue bien tamisée.

L'aoutre un pa

Primp passa.

WOnS BIOCAAVHIQUXSs

Parmi les hommes distingués qni a ppartiennent au département, on remarque : Auger de Balben, grand maître de Malthe au XIIe siècle ; Pierre de Bruts, fameux hérésiarqne du même siècle ; le troubadour Albert, de Gap; A trahis, an rien député qui fut pendant plusieurs années président d'Age de la Chambre : Jacques Aymar, paysan du Queyras, qui le premier, au xvir siècle , se servit de la baguette divinatoire pour chercher les sources , les trésors , les mines ; pour découvrir les voleurs , etc. — Un aveugle contemporain , Braard , mathématicien distingué ; un autre mathématicien du, xviie siècle, Ct >ude Comixrs , qui mourut aux Qui«xe- finçC ; l'historien Fauti» Desodoards ; *le diplomate d'Hautxrive ; le fameux connétable LtsmoorÈRSs ; le savnnt Jean Morkl, ami d'Erasme; le cardinal de Teneur ; sa sœur mademoiselle de Tsif cm , qni dosum l • nuisance au célèbre d'Alembert ; le docteur Villars, habile naturaliste , correspondant de l'iustitnt; Faure atné , auteur de la Siatist que de /* rrondisêemeut de Brianço*; BirtMlemy Chaix, connu par divers écrits sur le départemeut des Hautes-Alpes ; Roland, membre de l'assemblée Constituante, savant et littérateur; le général Bourcet qui, dans le siècle dernier, fit un excellent traité militaire sur les frontières Alpestres de la France; et enfin plusieurs généraux contemporains, Albert, Fax riv, Guieux, immortalisé par sa belle défense à Salo,VALLtxRla-Peyrouee, Rostollart, Aw rHoiifE-sAiirT-JosEPH , etc. TOPOGRAPHIE.

Le département des Hantes-Alpes est nu département frontière, région du sud-est , formé de partie du Haut-Dauphiné et de la Provence. Il a pour limites , au nord, le département de l'Isère et la Savoie qni le borne aussi à l'est ; au sud , le département des Casses-Aines f et à l'ouest , ceux de la Drôme et de l'Isère. — Il

tire son nom de sa position sur les Alpes françaises, dont les pins hautes sommités se trouvent dans son territoire. — Sa superficie est de 545.29 ) arpents métriques, suivant M. Bottin, et de 550/100» suivant M. La doucette.

MojrTAGHES. — Nous consacrons, p. 158, nn article spécial aux Alpes françaises.— Les chaînes secondaires qoi sillonnent le département suivent à peu près la direction des torrents qni coulent à leur base. Leur hauteur diminue généralement en descendant du ' nord au midi. Quelques-unes sont primitives et composées de roches grauitiques, qnartxeuses, feldspathiques , micacées, cor» néennes, etc. — Mais la plupart sont de calcaire secondaire , d'une formation très ancienne. — Le sol est généralement argileux ou calcaire dans les vallées et sur les pentes ; souvent aussi le bas des vallées est formé de cailloux recouverts d'une terre alluvionnaire que le travail et l'industrie ont, à l'aide de digues, forcé les torrents- à déposer sur ce fond aride.

Vallées — Les bassins formés par les principales rivières» comprennent 65 vallées Le bussiu de U Dura* e en contient 27; , outre celle du GaU ou de Queyras, qui se subdivise elle-même en 1 1 vallées secondaires. Le bassin du Butch réunit 15 vallées ; celui de V dignes se ramifie en 5 vallées , et enfin celui du Orne en 7 vallées. Toutes ces vallées reçoivent leurs noms des torrents qni les arrosent on des montagnes qni les avoisinent.

Lacs. — La Motte tremblante. — Le département renferme quelques lacs peu importants. — On cite le /«« du Mmd», dont In surface ne gèle jamais, quoiqu'il ait à peine 45 mètres de circuit; . il produit un volnme d'eau considérable , c'est plutôt un gouffre qu'un lac ; — le l* * Trouble, ainsi nommé , à cause de l'état habituel de ses eaux ; le lan de Ltstio, où le, Goil prend sa source ; et enfin le lae de PeUeautier (c'est nn marais), à la superficie. duquel se balance la Motte tremblante, qui était classée autrefois parmi les merveilles du Danphiné, et que forme une masse de tourbe ronde, d'environ 10 pieds de dismètre et d'épaUseur ; elle tient an fond par des racines et reçoit facilement nn monvemement circulaire , mais elle ne va jamais an- delà d'un tour sans revenir sur elle-même. Rivières. — Les rivières principales sont la Durance, le Drac, le Buech , l'Aignes et le Gnil. — La Durance , dont le cours , dans le dé|>artement , est d'environ 132,000 m , a sa source an pied da mont Juan (contre-fort dn Genèvre) , à 2,200 mètres au-dessus du niveau de la mer. Cette rivière, ainsi que tontes celles des Hautes- Aloes, cause de grands ravages dans la vallée qu'elle parcourt et envahit fréquemment les terres qui avoisinent aou lit. On évalue à I l,^9b\000 m. carrés, le terrain qu'elle enlève à l'agriculture dans les Hautes-Alpes, et que des travaux Lien dirigés pourraient reprendre.— Cette qusntité est encore plus considérable dans les départements voisins. Elle s'élève a 20,591,000 m. carrés , dans les Basses- Alpes, et à i31,«3*),000 m. dans Vaucluse etlesB -dn-Rliône. — Le total des terres qui pourra ie ut être rendues à la culture est de I7U,95J,000 m. carrés, ou 17,095 hect. 5'.) ares.— Le Drac, affluent de l'Isère, a un cours de *5,<H30 m.; sa pente est rapide, son lit profond et encaissé; il existe, pour cette rivière, d'anciens projets de canalisation. — Dans l'état actuel des choses, aucun des cours d'eau du département n'est navigable. La Durance seule est flottable.

Canaux d'irrigation. — Le département possède nn grand, nombre de canaux pour l'arrosement des terres et des prairies.

Routes. — Le département, traversé par 4 routes royales, possède 19 routes départementales.

1CÉTÉOB.OZ.OOIE.

Climat. — La température est très variable ; quoique l'état du ciel soit superbe et l'air généralement pur. — Les hivers sont longs et rigoureux ; la neige séjpurne jusqu'à sept ou huit mois dans certaines vallées ; l'été y e>t marqué par des chaleurs excessives et de fréquents orages.— On a calculé qu'il tombe annuellement 18 pouces d'eau. — L'automne est la suison la plus agréable.

Vents. — Les vents dominants sont le vent du nord, vulgairement appelé t*i*e ; le vent d'ouest (**** «"*' ou mistrat) , celui dn sud (o'itt Je »*/■), et celui de Veit(lo*b«r /). Le vent du nord , quand il sonfle avec modération, est très favorable à la végétation, mais sa violence cause de fréquents ravages. Le veut d'ouest amène les orages, et le vent du sud les pluies; le vent d*es»t, qui sonfle violeraineut depuis janvier jusqu'en mars , fait beaucoup de tort aux jeunes plantes (1).

Maladies. — Les affections pnlmoniqnes , catarrhales et cutanées , sont assez communes. Les habitants de quelques vallées sont sujets aux fièvres intermittentes, notamment ceux deChorges et de Ribiers. D'autres out des goitres qni se compliquent quel quêtait avec l'idiotisme; néanmoins le nombre des crétins proprement dit est peu considérable.

(0 * l'occasion «le eu vent, V Annuaire des Hautes- Alpes rapporte un fait curieux: * Entre S«int-Etienne et Ssint-D'dier , existe une caverne dont l'entrée est fort étroite , et où coule une fontaine qui guérit, dit -on , de la gravelle. I orsque le vent d'est s souffle avec violence , un brait sourd , qui augmente graduellement , sa Tait entendre , et une heuw après jaillit de la cavrrue an fleuve d>su qui dura deux, trois , quatre ou cinq jours , suivant la durée et la lorce du venl! m

TuratLEMEirr na Tir «à.- Quelques secousses de tremblement d*> turre se sont fisit sentir , en 1800 et en I8îd , sur la ligne de Gap à Briançon.

muxot&m * A*im*tiE.

RnOfra AirfWAiw— Les chèvre* des Hante»- Alpes ont, sous tours longs poils , an duvet qui « de l'analogie avec eelui dés chèvres de cachemire, elles se croisent avec le chamois. — Parmi le» bétes fauves on sauvages, on remarque, L'ours, le loup, le loup-cerf ier on lynx , etc. La ebssse da chamois et celle des marmottes oecnpent nfi certain nombre de chasseur*. — Le gibier de tonte espèce est très abondant ; on y trouve des lièvre» blancs et des perdrix blanches, le faisan et le coq de bruyère -Les oiseaux de proie sont nombreux- , le grand aigle est le plus redoutable — Les vipères sont assez multipliées dans la vallée de Monesticr poar y attirer un grand nombre de marchands piéroontais qoi leur font la chasse eu automne et vont les vendre à Turin on à Oènes. — Les lacs produisent dé fort belles truites

Rio** viftéi-AL. — Les pâturages forment, dans les Alpes, suivant l'élévation à laqneHe Us se trouvent, trois loues distinctes, oè les pUliités ne sont plus les mêmes": celle de l'hiver, celle du printemps et de l'automne, et celle de Vêlé. Pies basse succèdent aussi trois différentes zones forestières : celle des sapins , celle des hêtres et des chênes. La même montagne est ainsi couverte simultanément de Végétant de la I apnnie, de l'Italie et de l'Espagne. — La aooe végétale la plus élevée commence au-dessous de la limite des neiges , a environ fc,550 mètres. On y remarque principalement les *a*tfr>ges , les etertè i*s , les gestions et les ckHia*tkèm«t. Plus bas seulement croissent et fleurissent les rbodendrons. La zone èes sapin s Commence à 2,010 mètres, elle s'élève plus baut même quand l'exposition est favorable. Les derniers sapins du Vko cbêtlfs et rabougris , il est vrai, se trouvent à 2,550, à la limite des neiges éternelles, à 45* de latitude, on voit dans la région des sapins, des bouleaux et quelques érables. — La zone des hêtres commence à environ l,'i«0 mètres? le sapin rouge, le cerisier, le pommier et le poirier, s'y montrent à 1,4<K) mètres; le prunier I 1,3 0 m , et le noyer il »,*W m. (dans certaines localités des Hautes- Alpes, il donne de* noix encore à 1,000 m ). Eu fin , la zone des chênes commence à 900 m. ; celle des vignes , qni finit an bord des laes et des rivières , ne s'élève pas plus haut que 505 mètre*.

ItEGirfc minéral. — L'or, l'argent, le cuivre, le fer et le plomb, figurent parmi les richesses métalliques du département. Ou y exploite du cristal de niche, du marbre, de l'albâtre, dn por-

5 livre , du granit , de la syéuite. de la varlolite, de la plombagine, u talc, de la craie , des pierres lithographiques, de l'ardoise, de l'autlihicite et de la houille — Une des mine» d'anthracite en a produit l,è 0,' flftlu». en 18 tf.— On trouve, dans la vallée de Molines, des roches feldspatiqnes décomposée» à l'état de pethuzé-kaoliu

E >*s mimer nés. — Le département renferme diverses sou r ces d'eau thermales, gazeuses et ferrugineuses, au Monestier. an plan de Pha*y, a Saint- Pierre. Les eaux fer^llgiflen^es de Sainf-Pierre ont été tffées long-temiis comme ht septième merveille du Daupbiné; on les tiommait la fontaine v/neu<». — Il existe des sources efelftircnses à Saint-Bonnet et à Treslcléonx.

£omx tal-'es. — Ou connaît plusieurs sources d'eau* Salées que l'administration a fait combler.

vtiaJMt atmes, chatiaux* etc.

Gap, ch.-I. de préfect. , à 106 1. S.-O , distance légale de Paris. Ou paie 80 postes l|t. Pop. 7,21» habit. — Gap fut une ville celtique du nom de Vap, .c'était la capitale des Trieorii. Les Romains, vaiuqueurs de ce peuple, la nommèrent ^"ff'nrum. Les Bourguignon» et les Francs qui possédèrent la ville après eux, substituèrent uu G nu V comme il» ont fait dans f^nseouii '(Gascogne), r"nsti*e<* (Gastinc) , Wtth bans (Guillaume). Gap convertie au christianisme sous Domitieu, devint ville épiscopale an ive siècle. Grégoire, un de ses évéques, obtint, en I0.'»8 , de l'empereur Frédéric, le titre de prince et divers autres privilèges, qu'il transmit a ses successeurs. En H8I, l'évéque Ci'illaume prit le titre de seigu'eur et comte de Gap , mais il f ■ t obligé de partager les droits et les privilèges de la suzeraineté avec le Dauphin. Cette division de droi's ur naître parmi Ie> habitants deux factions, de priucij>e* semblables à ceux des Guelfes et des Gibelin». L'une voulait favoriser le pouvoir épiscopal, l'autre celui des Dauphins; la masse des habitants s'efforçait vainement de se soustraire à cette double tyrannie. Il s'ensuivit de nombreuses querelles et de» luttes sérieuses. Les évêques de Gap furent dépouillés rjar François Ier de leur titre de prince , mais il conservèrent long-temps après celui de comte. — La ville fut prise, reprise, incendiée par divers peuples barbares; à ces désastres se joignirent ceux causés par le» ioceudiea , la peste et les tremblements d« terre. Les guerres de religion commencèrent nno non* ▼elle série de calamité* La ville avait embra*sé le parti de la Ligue, et chassé les huguenots de ses murs ; pour la punir, Lesdiguières en étant redevenu maître, fit massacrer une partie de la

population. Plu» tard, il fixa sa résidence I Ôap, et afin de tew> la ville en subjectioa , il rétiblït la forteresse que les Sârraslùâ avaient construit* sur la haufrdr de PHytnore. -^ Des temfts pluf calmes et nuê industrie active rétablirent m prospérité de là ville et portèrent à 1*4,000 habitants sa pofmlàfidu, qui fut diminuée de plus des deux tiers j»r les pestes d> t030 , p|r lé sâé dé la ville, en 1092, et surfont par m révocation de fédlC dé Nantes. Une maladie contagieuse y fit encore de grands ravagés en 1744. — Gap est situé à 700 m. an-déssut dé la mer, dans* un vaste bassin qui partit avoir été on lac h une époque trèé reculée; de hautes montagnes l'environnent et forment dé* grt> dins d'autant plus Ipres et plus stériles qulls sont plus élevés* les coteaux Inférieurs entourent d'une végétation vigoureuse éf productive la ville placée a la jonctiou, des routes qui mèneut d'Espagne en Italie par lé col da Genèvré, *C de Parts a Marseille par Grenoble. Elle est arrosée par le» ruisseau! de la Luye et U Bouoe, quelquefois Impétueux, souvent trop faibles pour léi besoins de la population. Parmi ses édifices public*, on remarqué la Ortkédrnle , église antique, propre et bien ornée, qui renferme le mausolée dé Lesdlgnières. Ce monument est etttonré dé beaux bâs-rellef* en albâtre représentant les principales actions de ce terrible batailleur; il est surmonté de la statue du connétable qui est représenté armé de pied en cap , couché sur lé doté et appnvê sur le coude; ce beau monument a été apporté du château Lesdignières à Gap en 1708. Le Palais-dé-Ju»ticé , rBolelde- Ville, la Préfecture el la Caserne tout de grands édifices dignes de leur destination. Les bâtiments de Vamriem S 4 m. mat rt renferment le collège, les salles de la Société d'émulation, te, Musée d'Histoire naturelle et quelques autres collections. — • La ville possède un petit théâtre. On a construit en 1u"<$ une belle citerne pouvant contenir 2().t>0U hect. d'eau et destinée i alimenter . les pompes en cas d'incendie.

Briakcon, sur la droite du Clairet , ch.-t. ôVarr. , à 22 l. et 1)1 N.-E. de '(Jap. Pop. ?,9.W iiab. — Bnançon a de tout temps étj uue place forte et un point militaire dont les Romain» ont connu l'importance. — I ors de la chute de l'empire d'occident, les Briançonuais se constituèrent en républioue, et protégés par leur situation, réussirent à défendre leur indépendance. Le gouvernement de la ville et de son territoire étant tombé anX mains d'une faction despotique, la ville, fatiguée de discordes civiles , résolut de se donner uu maître et se soumit aux dauphins dn Viaaqa|s. Briauçoo est situé sur la ueute d'un ma melon, au pied dn col du Gcnevre . à la jonction de la Guisanne et du Clairet , le» denv sources supérieures de la Donnée qui commence a recevoir en nom à leur confluent , au débouché du Val-des-Féea et du «léfilé de Ser^ières, enfin , au haut d'une vallée' très praticable et gui communique du Piémout au midi de la France. — Ou a tiré tout le parti possible de cette position remarquable pour la défense du pays. La ville e»t entourée d'une triple enceinte de mur* et de sept forts dont les feux se croitscut. — Le haut dn mameloa) est couronne jw»r une vieille forteresse, maiutei>ant m réparation et qu'on nomme le /«<* vieux. Plusieurs redoutes et lunettes battent la route d'Italie, mais c'est sur le versant opposa du Clairet que s'élèvent les principales fortifications; elles communiquent avec la ville par un pont tf une merveilleuse hardiesse , jeté hur le gouffre horrible au fond duquel mugit le tarrrftt. Ce pont -construit en 1734» offre une arche superbe •)« 40 us. d'ouverture, et cWvée de 06 m. au-dessus sW l'abîme. <•* Une excellente routé monte ea sigxég du pont aux farta : ils comme* * niqneut entre eux par des routrs aussi belles et par de* galerie» souterraines, le plus graod des forts porte le nom da /**"/#*•«*« Hts~Trvi*-Tetes parce qu'il cjuroone un mamelon a trtfile sommités De niveau avec le» 7> t$ Té es , est le / rt />#«/ h* situé pl«'s rrTm la frontière. A 100 m. an-dessus , et vers la Duranoe s'élève In farttieste d* Ro* feuillet , celle du itomjom îiOn. plus hant| enfin, la lu*«le du Pon-d-Jnitr domine toutes ces fortifications. Vue de la vallée de la Dura née, la ville a un aspect très pittoresque f elle forme un amphithéâtre dont la na»e est déeorée de verdure et le premier étage de vastes bâtimeuta. La caserne se mit rama** qner par sa grandeur et sa propreté. — L'église s'élève sur nu* terrasse au bord de la ville ; c'est une jolie construction dn stvte italien, doqt le plan e»t régulier et la façade à dena ordre» de pilas* très, couronnée de deux joli» clochers — Brianeon n'a qu'une ferlis) rue très rapide et où viennent aboutir presque toute* les antratt elle traverse la ville du baut en Immjuu ruisseau d'eau vive y cosfhs et y entretient la propreté. — An milieu de cette run est non place carré* qui sert de /.lace d'Armés et de marché. Le renié 4m la ville est triste et sale; les environs sont très pittoresque* et présentent des spectacles remplis de grandeur et de majesté ; chaque saison revêt les moutagnes d'une décoration nouvelle, leurs neiges , leurs glaces , leUrs horribles crêtes contrastent avec le bassin riant et verdoyaut de la Dorance. — Ea face de la ville s'élève la belle montagne du Poire te, au sommet de laquelle est une petite chapelle nommée Xotre- amr d'* Neiges , située* à près de 2,000 m. d'élévation. Le* */ Imfemet dont les premières croupes portent les forts de Briançon et dont la cime, couverte

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dfll téfcrtt d*Mé fedohW MMetftfir* fit ttl 4, rtlèté I 4,W M. , tut aussi une station facilement aeéètslblfri ft&ruWltè*, et éPrit le paoorama environnant m montra vaste a* pl«îa et grandeur ; de là) « In mua* du Pejvoux se développe avantageusement ans rencards, ain%i que tuai Le F<iuJUt-Fé9$ , qu'arrose le Clairet | cette ▼allée est la pins haut* et la piaf sauvage. Elle plonge entre deux remparts de monts glacés dout l'un forme la frontière, — - A leur jonction s'élève U menaça te Aig*M*- Soi « ou de /V*ar fht, du nom d'au des villages de u yallAe — * La roi ./« G**è*r* est roui» dp spectateur : ce paseage célèbre est très accessible. Quelques érodita veulent qu'Anutbal J ait franchi les Alpes. Q«oi qu'il •» toit, ton point culminant à l'endroit d'où le héros carthaginois pet enle «percevoir l'Italie, s'élère nn obélisque dressé eo l'honneur dn béro* frauçais qui franchit ans») U barrière des Alun*. — Lot inscriptions eu langue mneaise, latine, espagnole et italienne qui décoraient ce monument vont y erre replacées (I aï ').

Lk GÀ4TK» sur la rive droite de la Romanche* eJi.-L de eant., à 9 |. de Briauoou. Pop. l."Wo uab. — Ce bourg est situé vers le débouché supérieur du défilé de U Romanche sur un mamelon, isolé des montagnes voisin' s par deox ravins, et au pied dnquel

Sisse U ronte de Brianf.m à Grenoble. Le profond défilé de la odianebe, on la Gravé est comme ensevelie, est fermé en face dn bonrg |iar nue chaîné sémi-t'irrulaire de roeè éoupés à (île; c'est te premier étage d'tth Je» Contre-forts du Pelvoux; un glacier qui en descend borde d'une crête de glace la rimé de cette chaîne , et présente an bonrg un speotaeie toujours menaçant. — Li marche d> on glacier net progressive ; sa b.ise , |sonssén par le poids des glaces supérieures, manque sauvent d'Appui et se brise* avne tin omit effroyable* en avalanche* dont U ob'ite encombre le Ht de b Romanche et remplit le défilé d'au nuage 4e particules neigeuses et glacées. Cet affreux nassage est partout flanqué d'énormes rocher* à prc dont ta arête* et les fissnrfes n'offrent oûe des glaces et des neigé*. Des éboutements ont, en pluaieri ri endroits, encore, bré le fond du déttlé d'un chaos de roches groupées dé la manière la pltls blxnrfe; c'est entre ces roclieft, dont quelques-uns ont 40 pieds d* hauteur, que la roto'e est frayée et que serpente la Romanche —s* Vers lé milieu du défila dn remarque une belle Cascade, dont une de* chutes tombe perpendiculairement de plus de • • pied*. Une Attiré éaséade , dont la mas«é e>t Considérable , et qui tombe dans fine espèce de baver de qu'elle s'est creusée, existe près de Ho tirs» de la Qrave, iu"(icfit village de la Frau.

MoifuTittft, »dr la Onisaune. Ht -l. dfc ë.mt. , a I l ff.-ti. de Briaaton. Pof>. 3.MM hab.— .Uobe*tlér est le chef-lieu dé (a vallée delà Gtf)*anne< ddnt il occupe lé centre; U s'élève sur plusieurs maméloni et se fait reinarq»ef «M loin par la flèche élancée de son clocher Lebotifgêst bied blH, agréable, èdtourê de riantes

rttirté*, mais Min élévatidd est tollé ejue ta végétation des arbres feuillage a ri n net y ces**1 ; quelques migres ta'.fll* avbislflcht encore la ville. Uti peu plus haut, tes mélèzes et les sapins verdoient seuls entée les rochers. Les Jrlacler* du Pelvoux couvrent les" cimes qui r«voWltfeqt. || »Vu détache souvent d'^irorrfics fragments (fui viennent en bondissant avec uu bruit affreux >>e briser an fottd de lit *Alèè A Une dcntl-lletie au-dessus dit Moneatlèr, dans nne gorge latérale, en face du village de <*.«i*/, on voit deicgodre 1C gf:irb* dtf trténie ililib dont lé tittiM urtpérleui» cnmthcne* sur lé ftVulimet «émédti Pèlvbnt .— Ce glacier «ufierbe plongé dans le défilé; m pente est trè« rapide, et dan 4 quelques endroits présente une hauteur presque* perpebdlenlâlré de >JH <> pieds.

Hoaeir/È ofr I.àWtahêt. — An pied d'une des hantes fnonfnpnc* qirt séparent le département des Hautes- Alpes de éelùi dé l'Isère s'élève un hospice établi autrefois par la sage prévtiyance de l'adwlnHr'afldn pHiir offrir il il «ail» aux vojatfeurs que la faim , le ftnld, lea toeigea,les avalanches' et r<Jb»corité> duos les mauvais tem|M e*|kf iraient k périt» s.ltf* secours. — D-^ peréhes tilacées de dlstadeé eh di»biifcé indiquent U mrite o|»il y roudnlt; une cloché, qtti sonne pendant la tiult et daq.s le jour même duand il néîge , sert a y fameuef cctU qui poivraient s'égar'er. Aon loin dn Lautarét se tfou¥e uù ghiclef >tttid à 4/HK) mètres d'élévation.

Que.?**», sttf la rivé droite dn (rtlll , a * 1 S.-ft. de Briançon. flop.^*» biiB. - C'est en face de ce bourg, nommé Husm >'IV* Philt -, qné s'élèté le ^d^rth 4- Queft* s, asftis ad milieu dé la vallée sur un rocher £igu et csearpé, fendn par tine phifoudé et sinueuse ère- Tasse ira serpente le Oui!, snf lequel deux pouls hardis ont été jetés L4 crété étroite du rdé pé laissé d'espace que pour qdelnues, bâtiméuts destinés ant éaseroea , aut magasins et au logement du commandant; ces bâtiments enclosent nne petite cour où se tfeave un pnita très profood et toujours abondant. — D'ut? coté du château s'ouvre nue hideuse gorge où mugit un torrent; de l'autre se dressent d'apre» falaUes ; I ensemble, dn site a un aspect sauvage et grandiose. La vallée de Quejrrus n'a da <à<;bonche andesaoua dn château qua les bitrnblas g---J<* et ta <*//»# *#, fia» net immense, gonffre redoutable qua parconrent dans les déchirement* de* falaise* la ronte et la rivière: au des-oj* dh château la ▼allée sYdfonce entre des m>mts hauts et glacés ; elle se cou rbe ▼ers le sud, monte rapidement à travers mille anfractn usités dn terrain , tt se termine , sur les flancs dn Vbo , au milieu des gla-

ciers et des pics inaccessibles —t* éommu nidation antre U ratlén de Queyras et Brlinçon eat établie par deux cols très élevés, couverts pendant huit m ris de l'année d'à Je épaisse couche de neige, et dont l'hivéé lé passage éit pêrlltem; ce sont /e roi Jn tt*j"t et it cul d'iuarl; ib terminent U vallée d'Ar vieux, qui débouche dans celle do Guil, à un qrtart de lieue au-dessotis de Qneyraa. Ë»n*uir, sttr la rive droite de la Duraoce, cli.-l. d'arrond. v à 7 1. Itï E. dé Gap. Po|v 3,'ld2 hab. — fcmbrun fut nué deé principales tilles de C-itnriges, ils la nommèrent £l>r>Ju*um. Elle devint, sous lei Romains, un poste militaire que sa situation rendit très Important. Néron accorda â la ville les privilèges des colonies latines, et Galba, ceux des cités alliées des Romains. Adrien, ayant formé une nouvelle division des Gaule» en quatorte

Erovinces, donua à Ettibruu le titre de métropole des Alpes- ( a ri finies. L' Empereur Conrad (t accorda à ses archevéquef des droits régaliens et Celui de battre monnaie. ->> La forte position d'Ëtnbriin a souvent exposé cette ville à de grancU de* ■as're*. Elle fdt saccagée tour à tonr paf les Vandales , le* l|uus et les Salons, fin 0J8 , tes Maures s'en emparèrent . la pillèreqt , l'incendièrent et éh exterminèrent la population, felle fut encore pillée et incendiée , eh Ij?.?, par les grandes Bandes, puis raq<?

Sonnée par Lesdignières. — fcn 1 9 ï, le duc de Savoie U dévasta; e nouveau. — Ëôibrud est situé comme Mont-t)ahphin , snr un ptateab de poudingue ou cailloux roulés, agglutiués par un ciment calcaire ; cette ptace **t entourée de remparts , de bastions et d'un fossé assez profond. Elle est défendue, du cAté de là Dnrance, par un rocher que son escarp ment rend! ipacceshible ; elte peut contenir 4 bataillons et 100 chevaux. — Autrefois en. première ligne t elle ne doit plus être regardée que comme une ptace d'entrepôt depuis la construction du Mont-Dauphin: elle est d'ailleurs dominée par les montagnes environnantes. — Vu de fa ▼allée, Embrun a un aspect imposant. La roc snr lequel 'A est situé offre dé beaux bâtiments, des terrains bien plantés. Il tut couronné de plusieurs édifices, et surtout de fa grosse tour et de la cathédrale dodt la flèche douane toute la ville. Mais l'intérieur ne répond point â cette apparence graudjone; la ville » quoique assez bien bâtie, est fort irrrégulièreiaent percée; «es, rues sont sales, sombres, tortueuses. La seule qui ait nne largeur convenable e»t celle une suit la grande route, mais elle fiVst pas moins tortueuse que les autres. — La place Saint-Pierre, an milieu dé la ville, est carrée et jolie. — La cathédrale est un grand fi superbe édifice de style gothique; sa façade était ornée 4e deux clochers à hautes flèches, dout une seule subsiste encore. Le palais archiépiscopal , qui en est voi.tiu , répoudait â la nplendrur de l'églbe. Prèa de U s'élève la o«è hr*nr, qui servit Iqnfl-temp» dp prison En l&0J,et par les soin» an respectable M de Lidourette, dont l'administration comme préfet a lai -se dan» le nay> d'honorables souvenirs , l'aucien collège et séminaire des jésuites a été transformé en uue maison centrale de détention, la première qui ait été établie en France. — Le rocher, du cité o*e la Durauce, est bordé d'une esplanade plantée d'arômes et pi" ni de parapets ; c'esj uue promenud Chohgis,c' Les Romains i

turines. Il n'en re*te que quelques dfhris. Le pitrtail de 1 église est orne de has-rclief > tirés d'un temple de Diane. Des fragment» de colonnes, des restes de remparts y d aneieuues portés en pierre, maintenant enclavées dans de» constructions plus modernes, attestent que des siècles nombreux , des guerres, le> Barlpres. le fanatisme et la féodalité ont pesé sur cette antique cité maintenant transformée en uue clictive petite vijle. Elle est située sur la grande route d'Italie, dans la vallée de la Veuce , a dU tance à peu près égale de Gap et d'Embrun. Elle possède de jolies constructions. On remarqué, dans le cimetière de la paroisse, un bloc de marbre dui porte une croix. Des ins<*riptioiis autirpies attestent que ce piédestal était autrefois celui d'une statue de Néron, te signe de U religion des chrétien)*, que cet Empereur voulait exterminer , h ainsi remplace la représentation du monstre couronne, que l'inscription nommé encore/?* ur t »u^utt* tt tout puisian' /

MoifT-dAUPMiir , «n confluent du Guil et de la Ûnrance, à 5 ^ d'Embrun. Pop. 5tKi bab — Mont- Dauphin est une ville forte presque inexpugnable. Elle est située entre la Dnrance et le Guil, sur un mamelon qui commande les vallées inférieure et supérieure de la bumuce, celle du G"il et celle du Kioiibel. — Cette ptace , dont les fortification» ont été commencées, en lo\)4, par Va u ban, peut contenir 10 babillons. Elle et entourée d'une ceinture d*é> norme» murailles sur la crête des falaUes des drux rivières , et dé bastions du côié de la montague. Elle est formée de deux rueà en croix , bien bâtie, mais fort trUte. — La garnison y est plus nombreuse que (a population tédentaire. — («enceinte du Mont- Dauphin renferme de grandes places, des jardins, des esplanades pbmtés de (>eanx ormes et des terrains vagues. — Les casernes et le» casemates sont spacieuses. — On y voit de beaux greniers couverts par une charpente a la Philibert Deloruie, et où les troupes peuvent manœuvrer et faire l'exercice dans les mauvais tem|i*. La pont haut* est décorée d'un grand pavillon où loge une partie dn

nade agréable d'un l'ori jouit de perspectives variées, « , ch.l. de cant. , â b 1. Ijï d'Embrun. IW ï,^'0 bab, us avaient décoré de divers édifice» Je clief-lien des Ca*

FRANGE PITTORESQUE. — HAUTES-ALPES

l'état-major de la place. — L'église , commencée sur on plan beau et vaste , est restée à demi construite. Mont-Dauphin , comme ville, est au séjour insipide, pénible même, surtout pendant l'hiver qui y est long et rigoureux, mais le» amateurs de beaux sites y jouissent de vue» admirables sur le» quatre vallées environnantes.

AI.PSS TTLANÇAJMXB»

Le nom des Alpes éveille l'imagination et présente à Ja pensée limage de beautés naturelles, de sites grandioses, d'horreurs sublimes, de magnificences sauvages et d'imposants spectacles de tout genre. — Un désigne sou» ce nom, en géographie, un groupe de chaînes montagneuses dont Je nœud principal est eu Suisse, et qui se prolonge, d'un côté jusqu'à la Méditerranée, à la naissance des Apennin», et de l'autre, dans le Monte-Negro, jusque snr les côtes de l'Adriatique. — Le point culminant des Alpe» est élevé de 4,8 0 mètres au-dessus du niveau de la mer ; leur développement est d'environ 4< 0 lieues ; la largeur de leurs chaînes de 25 à 60, et la superficie qu'elles occupent , d'environ 15,000 lieues géographiques. — De la chaîne principale parteut des ramificatipns étendues et des chaînes secondaires qui, d'un côté, rouvrent une partie de la France, de l'Allemagne et de la Hongrie, et de l'autre, l'Italie, la Grèce et la Turquie. — On suppose que le nom des Alpes vient du mot celtique <*lb (blanc), titre que la blancheur de leurs sommets, couverts de neiges perpétuelles, peut leur avoir mérité. — Les Alpes ont été divisées, par les anciens, eu plusieurs chaînes dont les dénominations se sont conservées jusqu'à nos jours; les A pet-M*riti*k*st Cot tiennes , Gr< is ou Gierqutt (Savoyardes), Heleét que* (Suisses), Rhéliquts (Tyroliennes), rforiques , Cas h ques et Juliennes. Nous n'avons à nous occuper iri que des Alpes-Françaises, qui coni-

Srennent une parlie des Alpes-Maritimes et les versants occientaux des Alpes-Cottiennes; ce sout de dignes rivales des Alpes- Suisse», Tyrolien u es ou Savoyarde»; elles forment le principal système orographique do la Frauce, de même que la chaîne totale des Alpes est le plus important des systèmes eur^^ns. — Le territoire qu'elles occupent est parfaitement défini; il est circonscrit par le cours du Rhonc , depuis son entrée en France jusqu'à son embouchure dans la Méditerranée; par le littoral de cette mer, jusqu'à la frontière italienne, et enfin par cette frontière, que marque le cours du Var, la chaîne des Alpes-Cot? tiennes, et le cours du Goicrs jusqu'à son confluent avec le Rhône : Flsèie seul interrompt cette ligne de démarcation naturelle; la vallée où il coule est la seule qui coupe notre frontière alpestre. •—Les Alpes-Françaises occupent donc, avec leurs ramifications, sept départements : celui de V/si • , compris entre la frontière et le Rhône ; ceux des H iutes-Jlj es , des bisses- A ipes et du fort du côté de la frontière ; des Bou hes-lu-Rhàm* de Panel*** et de la Drét* , du côté du Rhône. Leur ncute incline généralement de Test à l'ouest; elles s'élèvent graduellement du Rhône à la frontière, la direction de leurs branches principales, qui vont du Bord au sud , est dessinée par le cours de l'Isère et par celui de la Dnrance ; mais cette symétrie est altérée par la vaste élévation de plusieurs groupes intérieurs, et parles directions capricieuses de quelques chaînes secondaires. La plupart des sommets culminants sont sur la frontière même, où ils semblent placés comme des géants défenseurs de uotre territoire : ce sont le superbe pic du Viso , le cône tronqué du Grnèvre, la noire aiguille de Pieu- Tache, et la cime glacée de la Bararde. Mais les plus formidables et les pins majestueuses masses des Alpes-Françaises existent daus l'intérieur du pays, entre Grenoble et Briançon , et séparent le bassin de la Dnrance de celui de l'Isère* La se montre, dressant daus les nuages sa tète inaccessible , le roi de nos monts, le superbe Pelvoux , que les plut hauts sommets des Alpes-Suisses surpaient a peine en hauteur. Le Pelvoux domine un large chaos de pics effroyables, d'immenses placier» , de champs de neige, de précipice» inabordable*» où les tempêtes proméuent souvent leurs fureurs, où les avalanches rebondissantes roulent et mêlent leur fracas anx éclats de la foudre — Au sud du l'elvoux, et a quelques lieues de distance, un mont rival, VO' «a , soulevé ses cimes blanchies dont les crêtes secondaire» s'embranchent avec celles du Pelvoux. — De ce» deux points élevés partent de» chaînes qui courent dans toute» les directions ; la plus haute se dirige ▼ers le nord pour se joindre aux Alpes de la Savoie et du Piémont; elle ne s'abaisse qu'an <-<>' d* la Grave, où hr Dura n ce prend sa source au milieu de* glaciers. — Deux autres chaînes embrassent le bas*in du Drac, et Tune d'elle*, au midi de l'autre, se gonfle pour former le dôme AtYO'iou et les cimes nuageuses du T'usiiire qui, par nue pente graduelle, vont mourir auprès du Rhôue. Uu long et très haut contre-fort descend do Viso et étend ses uombreu*>'s ramifications entre le Guil , la Dnrance et l'Ubaje. — Ou donne le nom de Basses- Alpes aux montagnes situées au sud de celles que nou» venons de décrire ; mais ces Alpes basses ont encore de nombreux sommets toujours couverts de neige , et qui sout plus élevés que ceux des Cévennes — La chaîne des M m agns-ùl nchet, la plus étendue des Basses- Alpes, A son point culminant à la Siche^c-Jklar.aud^

Nous allons indiquer, d'après MM. Villars, Héricart de Thury, Jeanson , Guérin y SchucjLburg et Donsseau, la hauteur en mètre*, des principaux sites des Alpes-Françaises.

Hauteur des pumeipale* momtoguêt.

Le Pelwoms (I) 4,147 La mont deVJrgentièr*. 1,175

Id. (2) 4,900 Le mont Ikabertoa. . . . 3,117

Id. (S) 4,350 La Ro hr-Brm 8,100

Le mont Vuo 4/2 19 Le pic de Bel Indoue. . . 3,100

Le Roe-U-la-Niir*. . . . 4,914 . Le mont Aubeigeom. . . . 3,037

Le mont Oit» 4,214 La Bararda 3,000

La montagne de Mauri*. 4,0U4 La Ro-ht-Gnnico 5,9*0

Les Tro s-£tlio*i de la La Ckabiins 2,954

Grave 3,888 VObiou 2,827

Le &«/«<•« de la Grave. . 3,800 VJurouxe 2,795

Le mont Genève 8,592 La Cknlaneh* 2,750

Le Glarier-d'Ambi». . . . 3,372 Le TaHU/er. 2,700

Le Ck,,liol- -FimtU ... 8,821 V O-en-Triiee, 2,080

VAiguille-Notre de Neu-' La Pointe- S- Poutine. . . 2,544

vache 8,200 Le mont des Sept- Eaux. . 2,550

Hauteur des cols.

Col du Saix (vallée de la Col tVhoari. 2,435

Sevraisse) 8,341 Col du G enivre. 2,000

Col de Loagmt (m. Viso) 3.195 Col de la Grave 1,9 J0

Col de Risiolas (id.). . . 3,045 Gorges de U Cha fêlas. . . 1,140

Col des HuTet 2,540

Hauteur das culture*.

Le* derniers sapins du On récolte du seigle à (4) 2,094

Viso sont à. ..... . 2,550 Les noyers prospèrent en-

On cultive en jardin à. . 2,200 core à 1,000

Hauteur das lieux habités.

Gap 760 Châtean de Queyrae. . . 1,450

Chorges 915 Bourg du Mooestier. . . . 1,515

Embrun 930 Village de Maurin. . . . 1,902

Guillestre. 1,(U0 Saint-Véran 2,060

Cbiteauroux 1,044 Bonrg du Geuèvre. . . . 2,074

Bourg de Vallonise. . . . 1*235 Fort de llnfernet 2,400

Briançon 1,308*

Le lieu le moins élevé du département des Hautes* Alpes audessus du niveau de la mer, est le bourg de Ri U ers , dont la hauteur est de 05ii mètres. Le lieu le plus élevé , habité par une population sédentaire, est le bourg de Genèvre, à 2,(74 mètres de hauteur. Le fort de llnfernet ne reçoit qu'une garnison temporaire. On évalue à 1,100 m. la hauteur moyenne du département. Afin de mettre nos lecteurs à même d'apprécier la grandeur des Alpes-Françaises, nou» leur rappellerons que le Mewt-lseiam (point culminant des Alpes-Grecques; n'a que 4,045 mètres; que les montagnes les plus élevées des Alpes-Helvétiques ont au plus : le Mont-Blanc, 4,810 m ;le Mont-Ros^ 1,7 3b ; le fis fer Aava, 4,302; la Ju'g-rrau ,4,180; que YOnler (sommet culminant des Alpea- Tyrolieones) , n'en a que 8,918; que le GrowG octmer (dans les Alpes-Noriques) , n'en compte que 3,894 ; la Jkfatwolata (dans les Alpes-Carnique»;, 3,508; et enfin le mont Tergtaa (dans les Alpes- Juliennes), Ht tl I.

Si l'on veut maintenant comparer la hauteur des cols, on trouve que celui du (ié nt (dans les Alpes-Suisses;, n'a que 8,420 mètres ; relui du mont Ceteiu , 3,410; le awut Sain - berna rd, 2,491 ; le petit Soiut-Bema.d, 2,192; le Sun-Gothard, 2,075; le moût Cé*U* 2,000; le Smplon, 2,0t. 5 et le Sjdugeu, 1,92b. — L'hospice du Saint- Gotha rd est à 2,075 mètres et la poste du montCénia à 1,900 m. d'élévation.

Glaciers. — Les Hantes- Alpes-Françaises renferment de nom» breux glaciers dont l'épaisseur et l'étendue augmentent chaque année. U s'en forme de temps en temps de nouveaux ; ils occupent le passage qui menait de Vallonise a la Berarde en Oyaans , et le chemin qui allait de Saint Christophe au Casset. Leurs masses de neiges perpétuelles , et d'une épaisseur d'au moins 100 mètres, sont circonscrites entre la vallée de la Grave an nord, la Vallonise au midi , le Val-Codemard au snd-ouest , et l'Oysan» (Isère) , au couchant; des pics d'une élévation de 100 à 3 41 mètres, brunis par le granit micacé et les lichens qui les recouvrent se dressent au milieu de leurs glaces étemelles. C'est du point élevé Qu'elles occupent que parteut les trois branches principes de» Hautes- Alpes. Les glacier» princi|iaux de» Hautes-Alpes sont ceux du Pelvoux, de la Grave, du Lautaret, du Casset et des Arriaea.

(i) D'après Huot, dans VBaejrthpédte pittoresque, exctUeat reeacil fait avec taleot et conscient».

(s) D'après la Stutistiqme de Proche! et Chanhrire , doot Ws auteurs étaient S port** Je recueillir des observations exacte».

■ 3) D'après 4 DooMeaa, jeuiMet actif voyageur qnl a visité* les Alpes françai«es en iM3x , et qui nous a i-ouimuniqué le résultat de se» obarrvallum.

(4) *i è cette hauteur le «rigle n'est p«s en epi au m«is d'août , et qa*M survienne des neiges pour le couvrir, «a le laisse passer un hiver tonales neiges, qui arrêtent la végétation i elle reprend l'snuee suivante, et le seigle mûri est moissonne en juillet.

Béa

ilCXOBATIOVS.

- Lé population active des Alpes-Françaises émigré en partie tous ta* «as , et va chercher an dehors de» moyens d'existence que le •pava lui refuse. L'absence des emigrants dnre environ sept mois. Le départ a lien dans le» premiers jours d'ocfobre , et le retour <dans lea premiers jours de juin. Ils passent la mauvaise saison éteigne* de lenrs montagnes. La plupart des emigrants des Basane-Alpes dont le nombre, suivant les bouues ou mauvaise» «noies, s'élève de l,4tM à 2,*U0) vont dans la Basse- Provence , ou lea nommes ea louent, comme journaliers, pour les travaux agricoles, et où les femmes et les enfant» les plus grands cueillent les olives et filent du chanvre ou de la laine. — Dans 1rs Hantes-Alpes le nombre des emigrants est plus considérable, et Ha poussent leurs émigrations plus loin ; 4,000 environ s'expatrient périodiquement (l). Onx qui, dans les Hante» et Basses- Alpes, font le» plus longs pèlerinages montrent la lanterne magi que, accompagnés ordinairement d un enfant qui porte dan» une caisse une marmotte vivante, dressée à danser au son delà vielle; on exercent des métiers variés : les uns se fout marchands colporteurs, et se forment une petite pacotille d'almanacbs, d'aignilles, de rubaus, etc.; d'autres ramonent les cheminées, on font le métier de commissionnaire» et de décrottenrs. - Dans le cours de lenrs voyages, le* habitants des Alpes-Françaises aa montrent généralement intelligents, patients, laborieux, économes ; ils vivent avec frugalité et sont d'une fidélité à toute épreuve. On a calculé qu'à son retour dans le pays , chaque individu rapportait, terme moyen, environ 2u0 francs de bénéfice. — On évalue à un cinquième le nombre des individus qui se fixent hors de leur patrie , après l'avoir quittée annuellement pendant une période d'environ 10 aus (2).

DimiOV VOUTIQUS » AOBsTJDriSTaaVAVIFS.

Politique. — Le département nomme 2 députés. 11 est divisé en 2 arrondissements électoraux, dont les chefs-lieux sont Embrun et Gap. — Le nombre des électeurs est de 300.

AoutnianATiva. - Le cb.-l. de la préfect. est Gap.

Le département se divise en 8 sona-préfect. ou arrond. corom.

Gip 14 cant., 126 comm., 68,638 habit.

Briançon. 6 29 29,036

Embrun 6 36 30,8*8

Total. 24 cant, 191 comm., 129,102 habit.

Servie* du trésor publie. — 1 receveur général et 1 payeur (résidant à Gap), 2 recev. particuliers, 3 percepteurs d'arroodiss

Contrihmtio*» directes. 1 directeur .à Gap) et I inspecteur

Domaines et Enregistrement. — 1 directeur ( à Gap , , 1 inspecteur^ vérificateurs.

Hypothèques. ~ 8 conservateurs dans les chefs-lieux d'arrondisseaacnts communaux.

4 ontributions iudirtcut. — 1 directeur ( à Gap ) , 1 directeur d'arrondissement.

Forêt». La départ fait partie de la 14e conservât forestière.

Pomft ut chaussées. — Le département fait partie de la 6* inspection, dont le chef-L est Avignon.— Il y a 1 ingénieur en chef an résidence à Gap.

(i) D'après M. Ladouceite , ancien préfet des Hautes- Aines, il s'éleva , en 1*07 et 180V , i 4,3 19 dont ta moitié du Brianconnais et le tiers du G»peii< caia. Criaient 1 705 instituteurs, i»* colporteurs. 5oi prlgneurs de ch»Qvre »4& herser». 469 charretier* de frrire on terrassiers. »56 marchands de fromages. »8 im-gissirr» . 83 charcutier*. 4o4 aiguiseurs, s5 voiturirr», 6 porteurs île marmottes 469 exerçant diverses professions, tels que tisserand», cordonniers , tailleurs, m^rdunds de parasols, teinturiers, ouvrier*. ea savon , tondeurs de laine. — Ils ont rapporte chez ru» , dans ch-icune de ces années, plus de 900,000 fr. — Une partie de» instituteurs se rend dans la Provence, le Gomiat-Venaissin et le Lanfu<doc, l'autre daua le Bas-Danphine et le Lyonnais II ru est de même pour les cultivateurs, bergers, peîgneurs de chanvre ; uiégis»irrs , charcutier», trrr«ssiers, homme» occupe» » des professions diverses.— Le principal en repdt des marchands de fromages est à Avignon , les vnituners vont presque tous eu Provence acheter «les vins, qui as eomomment d-ms i'«rrotidi»sement de Briançon 11 y en a qui fout des expéditions de nurchindibes sur l'Italie et sur Paris. — Les colnor leurs , euwiuleur» , porteurs de marmottes . parcourent tout riuiericar de la Fr.ince. — liens le nombre 4.3*9 ci-«Vs»us , M. Ladu .cet»« n'a pas cru devoir comprend re les geii» qui vont acheter des uiuletous en Poitou, de peiiit chevaux eu Lorraine , de» bœuf» en Savoie; et cru» qui trafiquant, surtout au printemps, de foire en foire, sur le» bêles a lahie.

(a) m Ou senlimrnt religieux ( dit M. l^dooeette ) attachait las emigrants a la juaisou de leurs pères ; la Révolution y a porté atteinte. La crainte de la conscription a engagé plusieurs familles à dépayser dé bonite heure leurs enfants II serait i cruiudre que la vue de contrées plus heureuses . et le peuchaot aux passions, aux vices, ne décidassent beaucoup de voyageurs à né plua rentier Avant 1789 , uu sixième des emigrants du Brianconnais et du ■eui-Kmaruoats . composé de ceux qui avaient de» benenVes un p-u considérables , continuait sa profession 00 industrie des» les lieux où il gagnait le plus» après avoir porte la bulle , on avait un cheval , ensuite une petite boutique , enfin quelquefois un gros magasin — Il en est qui , A Lmonrne, Barcelouue , Cadix , etc. , oui fait des fortunes importantes — Néanmoins , le plus grand nombre , lorsqu'il avait pu économiser 20 A 3«»,ooo frauc» , acheiait une propriété daus ses montagnes, s'y mariait et y naissait en paix aa carrière, »

Mines.— Le dép fait partie du 14e arrond et de la 4* divia. , dont le cb.-l. est Saint-Etienne.

riants. — Le département, pour les courses.de chevaux, dépend du 9* arrond de concours , dont le chef ►lieu est Aurillac.

Militaire. — Le département fait partie de la 7* division militaire , dont le quartier général est à Lyon. — Il y a à Gap : 1 ma» récital de camp commandant la subdivision; 2 sou s-îu tendants militaires , a Gap , Briançon.— Le dépôt de recrutement est à Gap,

— Le département renferme 5 places de guerre : Briaiiçou-ville, Fort-des-Téres et dépendances, Qneyra», Mont-Dauphin, Embrun.

— La compagnie de gendarmerie départementale lait partir de la 18e légion, d«*pt le chef-lieu est à Grenoble. — Il existe a Embrun une direction d'artillerie et une direction du génie.

Judiciaire. — Lea tribunaux sont du ressort de la cour royale de Grenoble —Il y a dans le département .1 tribunaux de >r* instance, à Gap (2 chambre*) , Briançon , F. m brun , qui font l'office de tribunaux de commerce. — il existe à Embrun une Maison ces» trait dé détention. •

Religixlse. — Culte eatholiqu*. — Le département forme le diocèse d'un évéché érigé dans le vi* siècle, stiffragaut de l'archevêché d'Aix , et dont le siège est à Gap. - Il y a «la us le département,—a Gap :un séminaire diocésain qui compte 63 élèves; —à Embrun : une école secondaire ecclésiastique. — Le département renferme 2 cures de lrt classe, 24 de 2e, lot) succursales et 21 vicariats.

Culu protestant. — Les réformés du département ou ta Orpierra une église consistoriale, divisée eu 2 sections, desservies par deux pasteurs, résidant a Orpierre et a Arvieux — Il y a en outre des temples ou maisons pour le service divin , I Molines , Clauzane, la Baume, Saiut-Veran, Fressinières , Saint-Laurent, Tara et au hameau du Chaxelet. — Le département renferme uue société biblique . une société des missions évaugéiiques, et une société des traités religieux.

UNivansiTAïas. — Le département est compris dans le ressort de rUniveraité de Nîmes.— 11 y a dans le département— 3 collèges : à Briançon , à Embrun , à Gap.

instruction publique. — Le nombre des écoles primaires du département est de 218, qui sont fréquentées par 1 2,510 élèves, dont 7,784 garçons et 4,776 filles. — Les communes privées d'écoles sont au nombre de 85.

SociftTfifl savautxx, etc.— 11 existe à Gap une Soc. d' Agriculture.

POPUItATIOM.

D'après le dernier recensement officiel, elle est de 129,102 h et fournit annuellement à l'armée 32i' jeûnes soldats.

Le mouvement en 1830 a été de,

Usages t,0f I

Va»** * es. Masculins. Féminins. '-

■^-.Sr Toi - "•? f™ 4>,M

Décès -. 1,861 — 1,987 Total S\7W

OAm&Z VATIOVAU.

La nombxe des citoyens inscrits est de 27,252, • Dont: 6, • 1 i contrôle de réserve. .

. 2J,1.41 contrôle de service" ordinaire. Cet derniers sont répartis ainsi qu'il suit : 2l,7aO infanterie.

31 cavalerie.

273 artillerie. <

67 sapeurs-pompiers On en compte : armé», 4,8*4; équipés, 611 ; habillés, 1,466.

8,261 sont susceptibles d'être mobilisés. Ainsi, sur 1,000 individus de la population générale, 210 sont inscrits an registre matricule, et 64 dans ce noiubre sont mobilisables; sur MM) individus ioscajts sur le registre matricule, 77 sont soumis an service ordinaire, et 28 appartiennent à la réserve» Les arsenaux de l'État ont délivré a la garde nationale 8,910 fusil», 297 mousquetons, 8 canons, et un .assez, grand nombre de pistolets , de sabres, etc.

IMPOTS ST jù«v*t'i"rlKs»

Le département a payé* ,1'JÊtat (en 1831) :

Contributions directes' . . 1,068,300 f. 88 a.

Enregistrement, timbre et domaines 404,028 25

Douanes et sels 47,007 03

Boissons, droits divers, tabacs et poudres. . . 427,» 40 08

Postes f &M49 «

Produit des coupes de bois 17,l(>7 77

Produits divers 13,411 37

Ressources extraordinaires 185,193 60

Total 2,307,162 f 81e.

IL a reçu mi Trésor 4640,628 1. 79 c., dans lesqtoeU figurent :

Le dette publique et les dotations potir. «ose» du m

Les déuepse» du ministère de 1* justice 79,929 68

de l'instruction publique et des culte*. 320,2*8

du commerce et de* travaux public*. . ^t8,504

Se U guerre, .-,... VWWQ

deUinariue <..,,,,.. 123

de* finance* , 61,541

Les frais de régie et de perception des impots. . 401 ,5*8

Sè#bour»ein. , restfcut. ? non valeur» et prime*. 7 1 ,65$

Total 4,549,023 £ 79 e

Ce* dm sommes totales de paiements et de recettes représentée*, è peu de variations près, le mouvement anpuel des mqiots et de* recettes, le département, en raison de &a position frontière et «]ea planas de guerre qu'il renferme , reçoit annuellement , déametion faite do produit des douane*, 8,3*0, tt>9 fr. 4 cent, de usas quïk ae «fie. — Cette somme dépasse de plu» de 369,06X1 fr. Us 8/6 de sou revenu territorial.

PiFSm*8 PCPAETEM7VTALE8.

f?!es s'élèvent (en »*3.) a 3*1, 39 f t>6 c. 8f voik : i/€p./ù*t : traitement», abonnements, etc. ^00,ft8J f. §5 e.

Itén. u*ri*t>U*ï lover», encourpg., aevour», etc. pan* cette dernière »oi|ime figurent pour

21, 95 f 50 c |e» prison» départementale* , 47,<NNi f » c. le» enfant» trouvés Le* secours accordé» par l'État nour grgje, incendie, épitootie^etc., sont de 88,540 •

Le* fonds consacre» au cadastre «'élèvent à. . . . Zr\\23 '9

Les dépendes de» cours et tribunaux sont de. . . . 70,1)8 20

Les frais 4e justice avance* par l'État de 18.194 07

«WDvsnus asmicom»

8ue «ne superficie de 5 6, «01 hectare», te départ, en compte : 122JBQ0 mis en culture. — &2,8UU prés et pâturages. — 7i,9I5 fcmm é^iu «igné*. — 96n\990 lande», rockers «térMes , etc. mm t8g800 eanx et torrents.

Le revenu territorial est évalué à 5,184,000 fVeues

Le département runferme eurirou : 4000 chevaux et mulets. — JaVttO ânes, — M\-*« béees à aura*» rare biutne). - 1*000 cbnsraa, -m lt\880 mares *r- 14 v"1 mouton», Les mouton» transhumants s'élèvent a un nombre à peu pues égal.

Lm troupeau* 4e Jfétf* g feu*)* eu fauriù»*ent chaque innée environ 3o0,il0G hil., »av. : 10,000 niérin , 0/MMI métis, H3<',0(J0 indig.

Le produit anuuel du sol est dVnviron : en céréales, parmenti#m «■fO*ec*,to^<1»k*^.litre» ~ En vém, 7*,M* id. — La clarette de Eaelec et le* vin* ronge* de la Duronc* sont estimés.

Les bonnes méthode» agricole* font peu de progrès, foute de capital* et ooq pas faute d'intelligence et de travail. — L'esprit laborieux d'un pa ys e»t *ulu*au*tneat prouvé, quand un de» principaux «do|ini»lrateurs peut citer le fait taira n t. — ■ J'ai en , lors démon voyage au Mont-Genèvre, dit-il, des /#«<***«**/«** aeee Jet émti , ttvtngut la charrue. J'en témoignai mon étonueroent, on me répondit : « Cette femme est peut être, non pas la femme du propriétaire du cinrrap , mais celle de son voisin qui ta Imi a prêtée > a condition qu'il lui ferait ferrer le» souliers, et qon son tour il lui prêterait la sien ne pour inèomewr on f+rUr dm /■ »<>r »— Héa il* moin» la ferme enpérimeotaie de Gap a été utile au pays. — l.e seigle occupe le premier rang parmi |ea céréale» cultivée» dans le paya. — On y fait depui» long- temps du pain de pomme» de terre. Le

Sain de seigle ne »e lait guère qu'une fois h*e» les eus, et se garde e quinae a dix huit mois. Il e»t cuit deua fois, re»»enible a du bi émit et se coupe a coup de anche. — Le* prairies |»astorales sont twellaneta ri parfaitement arrosée*. — Les race* d'animaux domestiques s'améliorent aV jour eu jour par le croisement avec de bonne» septaas -s Le* fromages et le beurre du Brisneooneis anteatimé* — En pas» produit beaucoup de châtaignes et de noix; le» léemme* et lm sro>t« sont excellents. On rite les navets de Crenuon. — La pseme de noiaucon renferme nn nyauj dont on peut antruare une hniàe agréable. — Les pin* fourm^ent de la térében thànes lm asésèar» de la au nu*.— Le» graiaa soncausai un objet de commerce. — On cultive en jardin» jusqu'à 2,ji*9 mètre» au-dea- *ns du niveau de la mex. Pc U uue grande diver»ité dans les exportions , dans b force et U durée de la végétation. On peut compter, par IU0 mètre» do hauteur, cinq jours de différence

Ertir l'époque de* semailles et pour la maturité des grains. A Rier» (bot m.), on moutonne , tendit qu'a Suint-"/ éran (9,0^4 m.) le seigle, dégagé de la neige , commence * peine à végéter.

Gaanteas DASonoànci.— Ledé|»artemeot renfermait, avant la révolution , phiûcurs grenier» d'abondance, établissement public* dont le principal objet était de Tenir, dans les années de disette, au secours des malheureux. Quelques-uns ont été rétablis sous l'empire et d'autre» »ou» la re»taurafion. 4 es grenicm font des pet* au* cultivateurs géués, au^x père» de famille peu ai»és

et chargés dVnfants qui manquent de semences ou de denrées nécessaires à leur subkUtaaee : les prêts ont lieu snr gage» on sur caution.— Etablis dVborô par de» offrande» généreuse», lm tond* 4e* grenier» »e sont accrus pur des legs eu grain* CMu en InvoaT des pauvres,. L'intérêt ru oa.ture que paient les débMeum »m à maintenir Jeqr n»er^e , à couvrir Ira dépf n*ea de loyer et de aaa> nu ttptiun ; Tintéiét des prêt» e»t variabjei il se monte du 88? an 10e 4e 1* mesure» .mjant répoqqe ^e Tannée on le* frmbnpam. menu sont faits. U »erail à de»irer que 4e» établissement* pe*e*l«, 4out i( ne srnit pas 4iificUet avec quelque* ntodifraMion** de faire de% caisses cTépargne» en f*ffVVf pour les mql pliassent daus le reste 4« U Fmnen,

oeiofE&ciAxje.

L'industrie «.'occpne priqcipalenjent 4e saM»f#4re le* brsein ls> canx. Les serge* et |c» ca4û>* drap* romm,uu*. In laine filée èle main , le» toile», la bonneterie. U cnspellerif et I» ganterie oeru» peut uu certain uoiubre d'ouvpe^ ^ Qu esiinrie anauel|in«ent daqs le» ^épar'ciuent» vuisiu» é\ \ ,()(* frafic» d# laiue non on* vrée. - (a prlleprie g qi<rlqMr imptiftau*-* i on rpvoif « Lyon des peaux 4c lièvre», de lapins, de renard*, fie fquiqea et de blaireaux U n'existe que deux tannerie»; mais on compte pin* sieurs m,rgi>»rric4. - L industrie nicta|lurgique met en nt«»pvemsnt H martiuet» H y a uue ancrie près dr inau^tp«n-ûepui* nsanV

3ii es auuéts uu assex grau4 nombre de oulec*-* se »ont établies au* le i»*)», où il r»t a dé*irer qn.ç l'umgf 4m couverture* ta cbapme <Jippara»**f. La (puft ctiqft 4e» meu^aW* 4e ue>rr a ne liiciivitê Un di»,tipgve U serrurerie de M- 0MW-1, 4« Ue» t-II. Cbm. piel , cl4mi»te % Briquco* , fabrique de* c^aypes indigènes assaa bqp* ^vcç le fer c*r|iu.ré de 1* mine du (:|w4«nnef. nrOa smt de» bijoux de cristal de roohe et de yjrioJitr U existe à Yslleed* Loubière une carrière de pierre ollaire. avec laquelle on fahfHïUf de» crayon» pour Tusage de» écoles dVnbeignement mutuel.— Le département fournit a la Provence du bot» de sspin, de» pelle» et des manches de bêefae en hêtre, de la boft»ft*tlerie , ete II existe s Gap, depui* Î64 , on four en rente chauffé au charbon de terre et qui pourrai* cuire en 24 heures *UWu avi de peut.

OéooMYt.nsss iHDTJ»T*r stras. — Le département des Vantes- Alpes n'a obtenu aucune distinction à lYx|>osition des produits de l'industrie de 15 4 — A celle de ^27, il avait été accordé ntpz nxNTioirs oonosABLLs , Pune a M. Bord (de 6ap), pour aitnttt ii< ttnurtrUi l'autre à la mai»on centrale d'Embme, pour fabrication de r*p*t de **rg<> et de toties; — et niux citatiohs. l'une s M. Jean-Antoine Meyer (de Oap), pour trottinn au crochet sur mousseline, et IVtutre à H. Jean-Baptiste Cnarbonnei (de Lassalie), pour rxmmttvi* en laine et cuirt à* tain».

Douanes. — Le bureau deBriançon dépend 4e la sfre^tien de Grenoble. U a pr»4uit. en itt3l , 47^7 franc».

Foi ai*. — Le nombre des foires du dénaeteiaail ma de tam. Elle» H» tiennent danf *4 conw*utea;. dont 3$ imeMsetin et du* rant pour la plupart 2 à 3 jours, remplissent 232 joumssav

Le* Jwr*i **4H<** an nombre 4* 42, périment t.* Journées.

|07 commune* sont privée» 4e foires.

Le* article* de commerce *q«t U» clie?eun, mule* et mnmtef les bestiaux de toute espèce ; le blé l'avoine , lm sugnmut aoeei In lin et le chantre; la laine et bu étoiles gattsièro» en lainage, ete.

BlBWpoiMTWoV

Diwripie* ***§*• •**• ** nfÊ-Aipts, pue fnmand, eecréralm général du départ. ; in- 8. Gap , an vif — ihV«< ir* ta> ta ttû>utîq*b dm d/p, du fautes- Alj>*t , par Bonnaire , prélet i in -8. {Jap, «a kl*

— Swifty* > « d'i. in H' a n-Jipt*, par Boneaire ; m**:, Pasis, . au «. (C'mt le apéme ouvrage v»e le précédent.) —r Jmm*m*4 m*A. mr tmifmrm et dm* Arti , rédimi par de» snembrm de la afoteété dVJmn» la tien des Ifautes-Alpes | in-n. Gap , t9t*J à lell 1. — dntmotrt oVr Hamtet - /itpet (par Faruaud}, de 18 2 à 18O6. — A*mmairt ies Hamt*t-4'V<h «»U Lettres à ErastC; Gap, I80f et W8, -«• P%t*m m >gr >a ê dm dty. u** H^tej^i^i, par Héricart ô> Tbnrn» tnrt, Paris, -r- Ht*!***** dt 4tVët«'-.<*,*>« « per Penche* et Inauaairoi in-4. Paria, 180». — E*pm4dm» améU**»**,** in/#*w/»«i#a . *pm>§ ê# vin dam rét*nomt* wftê aVr Bomti-Aips ,' psr FarMtfd ; ha -8. Gap ,1811 . — Tvpogr ohie , ki*t. mat. , eT*-. t tt stoiïstff f d* la $, m&. j,i//* <ù Biil «ftaj par /. F. M- Barthélémy Chaix; |u-îi. Taris, 1816-

— TopogrjJïi* , t itt. | *«■«<"* , m g €i A a.*Aiq m lit, et ép*H. 4*ê

H *f*4iï**, par Ladoneettei io-tf. I^aria. la^O et l«Wl^mns. «W

comans é^onm-fi* a* da ém j,ngt,fu*. dis irrig+***t éam Uê thm*e$» Alptt, par Famsnd \ in-8. Pari», 189t.— e*«i aerA. r^mjtrthia phjttqu* .1 médicale de i h mpsami (Haut es -A Inès), par /. lficoias| in-8, Montpellier, I8)«. — Almamch u«# Hoiref-4 p*u de 1009 4 1«22. — M<m«q** wr«l* •* i*<*UAU*<H* 4* ref^*)i#^A***mmi# par Faune aîné; in«8. Gap, 1823.

r A. HIK;tX

fJaj»aiantat s MLiOffi. aMmar. a»^«4» la anaiw . raa ém ffUI»*^-flMSS»r. ri

fft Cnmp.» me des Frtncs-Botu-geols-Saint-amîcliei, (,

Département de FArdèche.

(Ct-fcmnt Ditwratô.)

À l'époque delà conquête romaine, les Helvîens étaient les habitants du territoire oui forme aujourd'hui le département de l'Ardèche, et qui •eut les empereurs fut compris d'abord dans là Gaule Narbonnaise, puis dans la Viennoise. Alliés des conquérants , ils concoururent à l'expédition contre Vercingélorix, et pour prix de leurs services et de leur fidélité, ils obtinrent du sénat romain le droit de continuer à se régir par leurs anciennes lois et par des chefs élus par eux. — A U chute de V Empire , leur pays fut successivement ravagé par les Vandales, les Alains, les Ootbs et les Germains. Leur cité principale ,Alba Auguste, fut détruite par les barbares vers Tan 4Q5 de l'ère vulgaire. — Viviers devint vers 430. la capitale del'Helvie, qui ne tarda pas à prendre le nom de Vivarais. — Lorsque les Francs et les Bourguignons s'emparèrent de la Gaule, le Vivarais fil partie du premier royaume de Bourgogne. Plus tard, celte province fut en partie annexée à la Provence , et enfin en 924 elle passa dans le domaine des comtes de Toulouse. — Au xiue siècle . elle devint le théâtre de cette guerre terrible , plutôt politique que religieuse, qui fut faite aux Albigeois; lutte sanglante où le Nord de la France encore féroce et sauvage attaqua, en quelque sorte oorps à corps, le Midi chevaleresque et policé. La force brutale l'emporta. — Les comtes de Toulouse ne possédaient nue la partie méridionale du Vivarais sur la rive droitede l'Erieux ; la parlieseptentriônate avait continué , sous les comtes particuliers du Viennois et du Valentinois, à dépendre du royaume de Bourgogne. — Philippe-le-Hardi

{»rofiu de l'abaissement de la maison de Tououte,pour lui enlever en 1271, ses possessions dans le Vivarais» Philippe-le-Bel ,en 1308, réunit à la couronne la partie septentrionale de la province. — - Au xvifl siècle les guerres de religion firent éprouver de nouveaux désastres au pays. Les habitants avaient embrassé les opinions des protestants avec la même ardeur qu'ils avaient montrée en soutenant celles des Vaudois. — Les Tilles principales étaient peuplées de calvinistes

2 ni refusaient de reconnaître l'autorité royale, n 1629, Louis Xlll vint en personne pour ré* primer ht révolte. — Sous Louis XIV ce malheureux pays eut encore à subir les dragonades. — La révolution de l'édit de Nantes porta un coup long- temps fatal à son industrie et à ses fabriques. — Depuis cette époque l'histoire du Vivarais se confond avec celle du Languedoc dont il était devenu uûe dépendance , dès le commencement du xv* siècle»

Bittre pu Vivarais. Les Etats particuliers du Vitarais eurent une origine antérieure à l'établisse

ment des États-Généraux du Languedoc.-— Par un motif qui tient sans doute aux opinions dominantes à l'époque de leur organisation primitive, le clergé n'y avait point de représentants. — Deux ordres seulement les composaient, la noblesse et le tiers-état. — L'évèque de Viviers pouvait y entrer comme baron , mais il n'y avait aucun droit de séance en sa qualité d'évêque. — L'ordre de la noblesse y était représenté par deux barons diocésains et par les douze barons qui assistaient alternativement et par tour aux États- Généraux du Languedoc. — Les douze baron oies du Vivarais étaient , en 1 789 , celles de Grussol , de Montlaur, de Lavoulte , de Tournon, de l'Argentière, de Boulogne, de Joyeuse, de Chalençon et Latourette, de Saint - Remèze , d'Annonay, de Vogué et d'Aubenas. — Les deux baronnies diocésaines étaient celles de Pradelles et de Lagorce. — Les barons n'assistaient pas toujours en personne aux États , mais chacun d'eux y était représenté par un bailli. — Le baron de tour, c'est-à-dire celui qui avait assisté dans l'année aux États -Généraux du Languedoc, présidait les États du Vivarais. — : Gomme seigneur de Viviers, l'évèque envoyait son bailli aux États, celui-ci , qui était ordinairement un des vicaires- Séuéraux , y prenait rang et séance avant les baillis es barons.— Treize consul* ou députés des villes et communautés composaient le tiers-état.-*- il n'y avait rien de fixe pour le lieu de réunion de l'Assemblée ; le baron président ou son bailli subrogé la convoquait où bon lui semblait, et, même dans sa propre maison : — Le sénéchal du Vivarais ou son lieutenant et le premier consul de Vivier* avaient entrée aux Etats en qualité de commissaires-ordinaires.

Aucun monument historique ne eonstate l'époque de l'union des Etats particuliers du Vivarais aux Etats-Généraux du Languedoc par l'envoi des députés. Celte union, d'abord accidentelle et dépendante de circonstances majeures, ne devint annuelle et régulière que lorsque Charles VU eut donné aux Etats-Généraux la forme stable, qu'ils n'avaient pas avant son règne.

ANTXQVTTÉMm

Les montagnes de l'Ardèche présentent sur leurs points les plus élevés des monuments druidiques : ce «ont des peulvans,des dolminsetdeslogans ou pierres branlantes.- On attribue à l'époque celUque un monument existant sur les bords de ta Tourne, non loin du bourg de Saint-Andéol , c'est un rocher enchâssé dans d'autres rochers plus petits, et dont la disposition, par couches parallèles analogues à celles du terrain environnant, laisse douter si leur réunion est l'ouvrage de la main des hommes ou un accident naturel. — La face extérieure du rocher principal, qui a environ

FRANCE PITTORESQUE. — ARDÈCHË.

6 pieds de hauteur et 10 de largeur, présente une sculpture informe et tellement dégradée', que les savants qui l'ont examinée ne savent pas ce qu'elle représente. Les uns ont cru y voir une Diane chasseresse poursuivant un cerf qu'arrêtent des chiens courants; d'autres, et nous partageons leur opinion, y ont reconnu un de ces monuments du culte de Mithra , qui paraissent avoir été communs dans les Gaules, et ont vu, dans cette sculpture, la représentation d'un homme vigoureux tenant un taureau par les cornes, et l'abattant à ses pieds. À un des angles du rocher, se trouve sculpté un soleil entouré de rayons.

Les Romains possédèrent certainement de grands établissements dans le pays des Helviens; ils eurent des magasins militaires à Annonay. Jlba Jugusta, capitale du pays , devait être ornée sans doute de beaux monuments; on a trouvé dans la commune d'Aps, qui s'est élevé sur ses ruines , des pavés en mosaïque , des tronçons de colonnes, des restes d'aquéduc, ainsi qu'un grand nombre de médailles et d'ustensiles en bronze et en terre , qui malheureusement ont été dispersés. Les maisons du village sont construites avec les débris de l'ancienne ville. On reconnaît dans leurs murailles des fragmens de sculptures et des pierres tumulaires revêtues d'inscriptions latines ; ainsi on lit autour d'un buste en demi-relief enchâssé dans un mur, le nom de Lucretius; quelques auteurs ont prétendu que Helvia, mère de Cicéron, était originaire a Alba Augtista, — Nous parlons plus loin des bains qui ont été découverts à Desaignes , et de l'ancien monument qui s'y trouvait. — L'église de Champagne, dans le canton de Serrières, a été édifiée avec les débris d'un temple qui existait sur la montagne du Châtelet , où l'on a trouvé aussi un grand nombre de médailles et d'objets antiques.

Le département renferme des églises gothiques , on y voit aussi les ruines de plusieurs chateaux-forts du moyen-âge.

M CBUBS BT OA&ACTZAK.

Les habitants de l'Ardèche sont intelligents et laborieux, sobres et robustes; très attachés à leurs foyers, ils manifestent une répugnance insurmontable pour coûtes les professions qui peuvent les en éloigner , et spécialement pour l'eut militaire ; jamais les jeunes soldats appelés à l'activité n'abandonnent sans de vifs regrets le toit paternel ; et le département renferme toujours un grand nombre d'insoumis. — Néanmoins , dès que ces jeunes soldats ont rejoint leurs drapeaux, ils se montrent braves dans les combats, patients dans les fatigues, soumis à la discipline, obéissants et dévoués envers leurs chefs. Les bataillons de l'Ardèche se sont fréquemment distingués pendant les guerres de la révolution.

L'instruction commence à pénétrer parmi la population ouvrière des villes, dont les mœurs deviennent de jour en jour plus douces et plus sociables. — Il est à désirer qu'elle se répande avec le même succès, jusque dans les nameaux les plus reculés des montagnes ; car, dans cette haute région , l'âpreté du climat et la solitude constante donnent de la grossièreté et de la rudesse aux mœurs des montagnards. Les haines y sont vivaces, et les rixes les*plus légères deviennent souvent de sanglantes querelles , pour peu que les adversaires soient légèrement influencés par le vin.

Néanmoins , malgré cette sauvagerie , enracinée par de vieilles habitudes , le caractère du montagnard est bon et franc. Ses mœurs sont pures et sévères : le pouvoir paternel y conserve toute son autorité. La femme montre dans toutes les occasions une grande soumission à son mari. lies liens de famille y sont chéris et respectés. Le montagnard a le défaut de se laisser facilement entraîner à l'ivrognerie , mais sa vie ordinaire est frugale et réglée; il est sobre naturellement; malgré la stricte économie qui lui est commandée par sa position peu aisée, il exerce l'hospitalité avec un véritable aban-

don. Quelques préjugés, restes des malheureuses traditions du moyen-âge, ou plutôt des dissensions civiles qui ont désolé le pays , existent bien encore parmi la population des montagnes , mais les paysans sont religieux sans être trop intolérants. Les protestants et les catholiques y vivent en assez bonne intelligence. ^* — fcAWOAO».

Le patois des habitants de l'Ardèche est un dialecte de cet ancien idiome languedocien qui fut long-temps la langue nationale du midi de la France ; il renferme un grand nombre de mots dérivés du latin , et il a conservé en outre une foule de termes provenant de la langue gallique, et qui ont résisté au néologisme introduit par la conquête romaine dans cette langue primitive des anciens peuples du pays.

Avant la Révolution , on parlait généralement patois dans les villes comme dans les campagnes. L'usage de la langue fançaise s'est depuis répandu rapidement parmi toutes les classes. On ne parle plus patois que dans les campagnes ; néanmoins les habitants des villes ont conserve dans la prononciation du français l'accentuation et les inflexions méridionales.

^e département de l'Ardèche compte/parmi les hommes auxquels il a donné naissance, un grand nombre de personnages distingués ; nous nous bornerons à citer : le comte Abrial , pair de France., jurisconsulte habile , ministre de la justice sous l'empereur Napoléon; le cardinal de Bernis, littérateur agréable du xviii* siècle, homme de goût, plus connu comme poêle que comme diplomate; l'abbé Barrijel, auteur de nombreux ouvrages sur et contre la Révolution, notamment de V Histoire du Clergé et des Mémoires pour servir à t Histoire dm Jacobinisme; l'honorable Boi&sy-d'Anglas, député aux États-Qénéraux , à la Convention , sénateur , pair de France, etc., orateur consciencieux, écrivain distingué, un des hommes de cœur qui ont traversé, purs, les plus grandes crises révolutionnaires; le savant Court-de-Gebelin, auteur du Monde primitif; le poëte Victoria Fabre, souvent rival heureux de Millevoye, et dont la jeunesse avait donné de si belles espérances qu'une maladie cruelle l'a empêché de réaliser. Ses premiers essais néanmoins, suffisent à sa renommée; son frère Jmgmste Fabre , homme de conscience et de talent , auteur de laCalêdonie, poëme épique; l'astronome Flaggerooes, savant , modeste et instruit, excellent observateur, correspondant de l'Institut ; le conventionnel Gleizil , qui a eu le courage d'attaquer à la tribune de la Convention Marat et les massacreurs de septembre ; le marquis dé La Fare, poëte aimable du xvn* siècle, ami et rival de Chaulieu , auteur de Mémoires historiques sur le règne de Louis XIV; le général de Losne , qui se distingua -en Italie et en Espagne pendant les guerres de la Ré vol ut ion et de l'Empire; les frères Monneron, députés à l'Assemblée nationale, qui firent fabriquer ces médailles monétaires auxquelles leur nom est resté ; les deux frères Montcolfier (Joseph et Etienne), à jamais célèbres par l'invention des aérostats, et par celle du bélier hydraulique; le brave général Rampon, immortalisé par son héroïque défense de la redoute de Montelegino; les frères Seguin, industriels distingués, qui, les premiers, ont doté la France des ponts suspendus et des chemins de fer; l'illustre agronome Olivier de Serres, auteur du Théâtre d agriculture , et le premier propagateur au xvie siècle de la culture du mûrier en France ; son frère, l'historien, Jean de Serres, auteur de divers ouvrages curieux , qui fut historiographe de Henri IV; le marquis de Sorville, officier royaliste distingué, mort sur l'échafaud pendant la Révolution , et auquel plusieurs critiques s'obstinent a attribuer les poésies de ClûtiUe m Sorville son aïeule au xy* siècle , dont les vers sont remplis de grâce et de sensibilité ; le fameux^oardinal de Todrnon, premier ministre de François l*r, perse-

FRAIS < E l'ITTOKK.HQrR

ûiwsr pur Jfttnin

ùmvè-pitr lagmliemw et Marnée* , Mue J** Tuy^r* j . j* .

FIL4HCR PITTORESQUE

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f /fss'rss ,/ ',.*<///, ///fs/Sy,'//,^*- . . ./'s^ij.ty *S. /s,y/?r

fbànce Pittoresque. — ardëghe.

cuteur des protestants, mais homme d'État habile et administrateur désintéressé ; etc., etc.

Le département de l'Ardèche est un département médéterraney région du sud-est. — 11 est formé de l'ancien Vivarais. — Set limites sont : au nord , les départements de la Loire et du Rhône; à Test, le Rhône , fleuve qui le sépare des départements de liséré et de la Drame; au sud, le département du Gard; et a l'ouest, ceux de la Lozère et de la Haute-Loire. — 11 tire son nom de la principale rivière qui coule sur son territoire. — Sa superficie, d'après YJnnuaire Statistique publié en 1830, est d'environ 550,004 arpens métriques; M. Bottin, dans YJlmanackdu Commerce, ne lui en accorde que 548,423.

Sol. — Le sol est montagneux et naturellement, fertile, sa nature est assez variée, et offre un mélange de basaltes, de laves et de terres sablonneuses, recouvert d'une faible couche d'humus, dont l'épaisseur varie de 2 à 6 pouces. Le départ., à l'exception de la lisière étroite et généralement fertile qui règne le lonç du Rhône , ne renferme pas de plaines larges même d'une lieue.

Montagnes. — Les montagnes de PArdèche sont des ramifications de la longue chaîne des Cévennes. Elles forment dans le département un vaste amphithéâtre dont les degrés vont en s'abaissant du côté du Rhône. La chaîne principale qui sépare les bassins de l'Ardèche et de PErieux est désignée sous le nom de montagnes du Coiron; le groupe situé au nord du département est nommé montagnes des Boutières, et celui du sud, montagnes de Tanargue. — Le point culminant de toutes ces hauteurs est le Afezenc, élevé de 1,774 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le Gerèier-de-Joncs n'a que 1 ,562 mètres, et le plateau de Tanargue que 1,528. — La source de l'Ardèche sort de terre, à 1,428 mètres d'élévation, et celle de la Loire à 1,420 mètres.— Parmi les lieux habités, les plus élevés du département, on cite la Tour de Loubaresse ( 1 ,242 m . ) ; le château de Devenet ( 1 , 1 75 m.); le village de Mczilhac ( 1,152 m ); et la place de Saint* Bonnet-U-Froid (1,110 m. ). — Les montagnes sont calcaires au bord du Rhône, granitiques et volcaniques dans l'ouest du département.

Rrvix&BS. — L'Ardèche, le Doux et PErieux sont les rivières principales qui coulent dans le département.' -— L'Ardèche et PErieux y ont tout leur cours. — Le Doux a sa source dans la Haute-Loire. — L'Àrdèche est la seule qui soit navigable sur une petite partie de son cours (8,000 m.) ; elle commence à être flottable à Aube- Bas, et porte bateaux à S t-Martin-d'Ardéche. — La Loire et l'Allier ont leurs sources dans le département. La Loire au pied de la montagne appelée le Gerbier*de-Joncst dans la cour d'une ferme appelée Loire.

Lacs, Étangs , etc. — Le département renferme quel-

2ues étangs et un petit nombre de lacs. Le plus consiérable est le lac dissarlès , qui parait occuper le cratère d'un ancien volcan , et dont la circonférence est d'environ 1,500 mètres. Il existe dans quelaues cavernes des gouffres remplis d'eau dont on prétend n'avoir jamais pu trouver le fond.

Routes. — Le département est traversé par 8 routes royales de 3e classe, d'une longueur ensemble de 473,688 mètres , et par 21 routes départementales déjà classée» , et dont la longueur doit être de 667,253 m. — Une petite partie seulement des routes départementales est praticable pour les voitures (celles-là ont une largeur de 3 à 6 m.). Elles sont toutes très irrégulièrement tracées , sur le penchant des montagnes , et elles offrent des pentes très rapides. — La majeure partie des transports se fait à dos de mulets.

Le département est sujet à de nombreuses variations atmosphériques, à cause des montagnes qui le sillonnent et des vents plus ou moins violents qui en suivent la direction et s'engouffrent dana les vallées. La tempéra-

ture est très chaude dans la vallée du. Rhône , douce dans les vallons du nord , et très Apre dans la partie montagneuse, que couvre long-temps une neige épaisse et où l'hiver dure six mois. Dans l'arrondissement de Privas , la chaleur moyenne des étés est de 22 à 23 degrés Réaumur. Le thermomètre descend l'hiver entre 7° à 8° ; en 1801 il a atteint 13°. — D'après les observations recueillies pendant 52 ans, par Flaugergues , il tombe à Viviers , année moyenne , 33 pouces 11 lignes d'eau. Le nombre des jours pluvieux a été de 102. — Les observateurs du département attribuent aux défrichements une grande influence sur les changements que la température a éprouvés depuis un demi<*siécle. M. de Laroque , ancien sous-préfet de Tournon , dit que l'olivier était autrefois cultivé avec succès clans cet arrondissement , et y prospérait même sur des plateaux élevés de 600 mètres au-dessus du niveau (lu Rhône. H affirme aussi qu'un grand nombre de montagnes dont les sommités étaient couronnées de bois de haute futaie , avaient leurs flancs garnis de vignobles. * Ces vignobles, dit-il, ont disparu complètement, et il serait inutile de chercher à rétablir la culture de la vigne sur ces pentes où la zone déboisée n'a plus un calorique assez abondant , et où les printemps et les étés sont devenus trop irréguliers. » M. Joyeux , médecin distinguée, a fait des observations analogues sur les arrondissements de Privas et de l'Argentière.

Vents. — Il est difficile d'établir quels peuvent être les vents régnants , dans un département où les vallées divergent autant que dans celui de l'Ardèche. On a remarqué seulement que les vents glacés du nord et du nord-ouest , qui soufflent avec violence en avril et mai, causent de grands dommages à toutes les cultures.

Maladies. — Les affections cutanées et rhumatismales sont les plus communes. On attribue les maladies dartreuses à l'humidité et à la malpropreté des habitations des montagnards. Depuis quelques années , la phthisie pulmonaire aiguë fait de grands progrès dans le département , on la considère aussi comme un résultat dea déboisements.

Règne animal. — Des forêts couvraient autrefois le pays et recelaient une grande quantité de bétes fauves, qui ont disparu avec les bois qui leur servaient de retraite. On n'y trouve plus aujourd'hui que des loups , des renards , des blaireaux-, des belettes et quelques civettes. — On rencontre aussi , mais très rarement , sur les bords du Rhône ou à l'embouchure des rivières qui s'y jettent , des castors , des loutres et des tortues. — Les animaux domestiques , les mêmes que ceux des départements voisins , sont en général d'une espèce chétive. La chair des moutons nourris dans les montagnes est d'un goût exquis, mais leur laine est

Î grossière. — Le gibier à poil ne se compose que . de ièvres et de lapins, mais le gibier ailé est abondant dans la saison. — Les perdrix rouges des montagnes sont très estimées ; on en expédiait autrefois beaucoup pour Paris , sous le nom de bartavelles du Vivarais. — Les oiseaux qui fréquentent le département sont au nombre d'environ 230 espèces, dont 120 de passage et 30 rares. — Les rivières et les eaux vives sont très poissonneuses. Les ruisseaux fournissent de belles écrevisses. — On pèche des esturgeons dans le Rhône.

— Parmi les reptiles, on remarque la vipère , le serpent à collier, la couleuvre verte et jaune, l'orvet et la salamandre terrestre. — Les insectes, très multipliés, sont suivant les localités les insectes du nord et ceux du midi. L'éducation des abeilles et celle des vers a soie (surtout) occupent un rang important dans l'industrie agricole.

Règne végétal. — Les anciennes forêts du Vivarais étaient peuplées de chênes, de hêtres, de pins, de sapins, de frênes, d'érables, de bouleaux, d'aulnes, etc.

— Elles oouvraient presque toute la partie occidentale

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