FRANGE P1TT0BE8QU& — ARDËCH
du pays» Leur masse est maintenant réduite à 39,G16 hectare». Les essences dominâmes sont le pin, le sapin et le betre. — Les plantes indigènes qui croissent dans le déparlement forment environ 900 espèces. On y trouve un grand nombre de plantes aromatiques qui ont des propriétés utiles pour la médecine et pour les arts. Le département renferme beaucoup d'arbres frui
marronniers , qui fournissent les excellents marrons dits de Lyon, — La vigne prospère sur les bords du Rhône, et donne, suivant la différence des expositions et des sols , des vins de qualités très diverses.
Règne minéral. — Les substances minérales sont très variées dans le département. — On y trouve du granit, du schistes des marbres et des pierres calcaires ; du grès , du gypse , des basaltes , des laves et des pouzzolanes. — - Il y existe un grand nombre de mines de houille. — Le Rhône, l'Ardeche et TErieux y charrient des paillettes d'or. On en rencontre dans les scories de la mine d'antimoine de Malbosc. — L'Argentière possède des mines d'argent dont l'exploitation n'a été abandonnée que depuis la découverte de l'Amérique. — Des indices de mine de cuivre se montrent près de Saint-Laurent-les-Bains.— Des mines de plomb existent aux environs de Tournon. — L'antimoine de Malbosc est exploité. ~— Enfin la Voulte possède, à peu de distance du Rhône , une mine de fer très riche.
Eaux minérales. — Le département possède un grand ■ombre de sources thermales , et deux établissements fréquentés d'eaux minérales, à Saint Laurent et à Vais. Ces dernières sont froides et contiennent de l'acide carbonique, du bi-carbonate de soude, du sel marin et de l'oxide de fer ; on les administre seulement en boisson. — Les eaux de Saint-Laurent , dont la chaleur est de 42° à 43° R. , sont employées avec succès dans le traitement de la paralysie et des affections rhumatismales, et peuvent se prendre en bains, en douches et en boissons.
Le Yivarsis renferme un grand nombre de curiosité» naturelles; ce sont des cratères d'anciens volcans, des colonnades basaltiques, des grottes, des cascades, etc. Nous allons les faire connaître à nos lecteurs , et afin de mieux y réussir, nous emprunterons quelqnes passages (indiqués par des guillemets) à la description intéressante et pittoresque qu'en s faite M. Froseard , ministre à Privas, an* quel nous devons d'utiles renseignement» sur le département de l'Ardeche.
Grotts d* Yalmut. — La grotte de Vallon est une des pins remarquables. — Elle est ornée de stalactites curieuses qui affectent les formes les plus étranges.» Sa profondeur est d'environ une lieue; elle perce de part en part la chatne de roc qui sépare le bourg du Vallon dn bassin du pomt à' Are, et débouche en face du pont , sur le flanc d'un roeber escarpé et impraticable. — Dn ente dn bourg , on 7 pénètre par un étroit et rapide couloir , à «revers lequel il faut te glisser à plat rentre, et par où Ton arrive à là salle qui sert de vestibule aux autres. « Des milliers d'iu»ectes , dit Giraud- Soûl* vie , ont choisi cette salle pour leur demeure d'auto m De et d'hiver; on sait que plusieurs espèces d'animaux cherchent, pendant les frimas, les lieux souterrains, afin d'y junir de la chaleur bénigue de la terre. Nous y vîmes des ebauve-souris engourdies, suspendues par leurs petites griffes , et nos guides nous avertirent de prendre garde aux serpenta qui s'y réfugient en foule pour y passer l'hiver. Il est à remarquer que tons ces animaux restent le plus qui leur est possible près de là porte de la caverne ; on ne les trouve jamais à des profondeurs totalement privées de lumière. » Ce vestibule conduit à des voûtes spacieuses et longues galeries dont la décoration fantastique et brillante est d'une richesse que nos descriptions seraient impuissantes à reproduire.
Lee antres grottes dn Vivarais, digne» d'être visitée*, sont, outre celles dont nous allons parler , les grotte* de Mercuer , de Vogué , de Cbatimeyras , de Virac , de Vaguas , de Bourg-Saiut- Andcol et de Viviers.
Grottf de i/AnoKHrtERE. — Cette grotte , qui se compose de plusieurs salles' est remarquable en ce qu'elle renferme un gouffre rempli d'une ean limpide , mais immobile , et que recouvre une pellicule blanchâtre de la couleur du terrain.. Si l'on
n'y prend garde , en approchant , on risque de s'y précipiter , surtout quand les eaux sont basset, car s lors le rivage a une pente considérable. Lorsqu'on enlève cette croûte, elle se reforme naturellement au bout de quelque* jours. Ce gouffre termine la partie accessible de la grotte , et empêche de pénétrer dans d'autres salles que l'on peut apercevoir au-delà, à la lueur des flambeaux.
Goupfri de ï-a Gooxb. — Ce gouffre est situa au ©entre d*uà bassin formé de hautes collines et d'environ buis lieues de ciraosw férence; les différents ruisseaux qui se réunUsent dea*i ç* bas* sin se précipitent dans un vaste abtme creusé dans le roc , et où t après avoir formé plusieurs cascades, elles disparaissent sons terre* Elles ressortent loin de là , par un canal souterrain ^qui les revomit dans l'Ardeche.
Balmk dr Mohtbrul. — Cent une espèce de puits , formé par l'intérieur d'un ancien volcan. Il ressemble à un vaste entonnoir' profond de 480 pieds , et dont l'ouverture s 80a) pieds de dia« mètre ; on y pénètre par une déchirure faite dana la «réle de levé qui le couronne. Des sentiers difficiles et périlleux conduisent aa> fond de cet abtme et permettent de l'explorer. Le chemin est effrayant d'abord , mais bientôt tout sentiment de péril disparaît, et la vue émerveillée ne se fosse pas de contempler les tonnes étranges que l'action puissante du feu a données aux pavois du gouffre. On y remarque des murs arrangés eu étages et qui semblent l'œuvre de l'art ; dea maases basaltiques , ecmMabîee à des tours, à des clochers, à dea bastions. Mais ce qui augmente l'étonnement , c'est d'y trouver plusieurs chambres à demi ruinées et qui ont été jadis creusées dans la lave. Ces demeures souterraines , plus semblables à des repaires d'animaux qu'à des habitations humaines, ont, aux xtv* et xv* siècles, servi de retraites à de* familles malheureuses auxquelles les guerres civiles et rtligieusei ne hissaient pas d'autre asile. — Quand du fond de l'ahineé osa élève les regards vers les bords supérieurs, on découvre, sur uuu saillie de la lave. , une vieille tour , reste d'un château ruiné. Un, peu au-dessous est une excavation qui a, dit-on «servi de prison, et ou Ton prétend voir encore les anneaux destiné* à attacher les, prisonniers.
CnâuSMEK-DEs-GÉANTs. — La colonnade basaltique do Mont- Chencvari , est justement célèbre. On la nomme dans le pays , Jf Chauttfe-des-Gé nu. Elle se trouve au sommet de la montagne, à 50? mètres d'élévation , et elle en soutient le plateau supérieur. Son aspect est des plus singuliers. Qu'on se figure, rangée sur uns) pente, les uns auprès de» autres ft dea milliers de prismes unira % de diverses hauteurs .et épaisseurs , mais ayant , pour la plupart , quarante pieds d'é.évation , et dont la masse totale , recouverte de mais* es de basaltes irrégulières, occupe un espace de 600 pieds en tous sens. — De nombreuse» colonnes se sont brisées; on vo^t leurs débris entassés en désordre an bas de la pente; des fragment» de toute forme y sont placés de la manière la plus btserre. On les prendrait pour les restes d'une ville détruite. Il y a des eu* loones qui restent debout, mais qui , s'étant rompues, ne tiennent plus que faiblement à la masse générale ; le moindre ébranlement, pourrait les faire s'écrouler et les joindre a cet amas de ruines.
Chutk dk l'Ardeche. — Cette cascade remarquable est formée par une roche basaltique , qu'on nomme U Rof-Pic, et qui barre le lit de l'Ardeche. Les eaux de la rivière, grossies déjà par les nombreux ruisseaux qu'elle» ont recueillis, se précipitent d'une* élévation d'environ 120 pieds dans un profond bassin. La sure» de projectiou est telle, qu'il existe entre la roche et ai eoioanjsi d'eau qui tombe , un passage que l'on peut traverser aan* aucun danger.—- Dans les hivers rigoureux l'eau du bassin se gèle; it se forme autour de la cascade une masse de glace qui s'élève à me* sure que le froid augmente , jusqu'au haut de H roche d'où l'cru se précipite, et qui forme une espèce de manteau transparent, que* le dégel fait tomber ensuite avec fracas.
Pour d'Arc— La curiosité naturelle la plus remarqua*** peut* être de France, est le pomt d'Jrt. Ce pont s'élève sur l'ArdscJae • un point où deux montagnes encaissent la rivière. Il est formé par un banc de marbre gri>Atrc épais d'environ 40 pieds , qui coupe transversalement la rivière et domine les eaux presque à -la hauteur de 200 uied». L'arche qui, à travers cette masse , ouvre nn passage à l'Ardeche, est aussi merveilleuse par sa symétrie que par sa hardiesse ; elle a environ ISO pieds d'où» verture et 90 pieds d'élévation. En admirant sa grandeur es) sa majesté, on a ]>eiae s croire qu'elle soit le résultat d'aux simple jeu de la nature. 11 est certain cependant qne jamais La, pensée humaine n'aurait conçu l'exécution d'un ouvrage aussi grandiose. On ne peut pas supposer qu'il ait été pratiqué par l'action des eaux de l'Ardeche cherchant à s'ouvrhr un passage. Anciennement cette rivière M) passait pas sons ce pont , elle baignait le pied d'une des mont ignés qui en forment la base % et s'écoulait par une profonde vaHée dans laquelle elfe sujette encore quand elle déborda. On doit donc admirer eu cbef-d'unsera) de la nature , sans chercher à deviner quelle a pu être sou oriejtna. -~ Il est placé d'ailleurs dans un site presque introuvable et d*X
FRANCE PHTORISQUE. ~ ARDÈCHK
\ eanuu, *~ Oa ne pan* j arrive* que pat d'après tt nuage» éti/en ; cependant plusieurs Jainillee ont fixé leur demeure au* le terrain qui s'étend eatre l'extrémité du pont, sot la riva aauebe, et la ahulae semi-circulaire dci rochers qui l'environnent ; là, oodbu séparées do reste do monde, elles cultivent de* champ* suantd» , de riants jardins , des verger» abondants en fruits; elles •al transformé ea une charmante oasis va site sauvage et ep appa* •nuée inhabitable. — - Quelque» auteur» prétendent que, du temps de» Romains, et depuis lors jusqu'au xru* siècle, Me pont d'Are serrait de passage pour aller des Ce» en ne* dans le Virarais. — Sa) effet, U n'y a point d'autre passage praticable dans les eaviaansa? l'^rdèobe y coule partout dans des précipices. — Il est ' certain que ce pont était défendu par un fort que Loais XIII fit déaiJha». Ce roi il aussi ceoper one eorniebe étroite, située an •été méridien»!» et sur laquelle les neus à pied pouvaient passer ao £ î», Les ehevriers ont depuis établi une planche sur les deux arête» delà oorniehe coupée, et ils y passent avec leurs troupeau. «-Mi Yoiney a remarqué en Syrie, sur la rivière du Lait, à Narbet«Leben, un pont naturel a peu près pareil an pout d'Arc. — D'après M. Prossard, la manière la pins commode et la plus sure peur jeuif de l'imposant spectacle qu'il présente, « c'est, lorsqu'il y a assex d'eau sur le» table* de l'Ardèehe, de prendre au moulin prè» du bao de Vallon , un bateau pour descendre la rivière. *— Hent6t las eaux, se resserrent entre des rochers taillé» ■ juc ; l'aspect dq pays, jusqu'ici paisible, devieut bientôt menaçant; encore quelque» coups de rames, etlVin arrive devant ce pont, un des puas beau* monuments de la nature. — Oa le dépasse en l'admi* fan», CI Von se trouve environné de rochers hardiment découpé* et ocrurouaé» ça et là par d'antique» forêts. C'est naejtalle solitade que cette retraite *. le silence n'y est interrompu que par le croassement de» corneilles ou pat le tintement des clochettes des troupeau a , qui traversent la cote irrégulière et dangereuse du pont d'Are. Dons un point de ce passage , le rocher offre une itérasse cachée sous les broussailles. La nécessité rend iagéoieux i If berger s'étend sur les troncs d'arbres, et un à un tes moutons passent «a chancelant sur ce pont virant. »
La. vallée d* la Volahi. — « A Tais , on qnhte l'Ardèehe pour suivre une de ses branches appelée la Volane. C'est ici que commencé la région des Volcans. On en décourre les premières tracés au pont de Bridoa, que l'on atteint -sur une chaussée de prismes basaltiques. Plus loin', d'élégantes cascades scintillent Cuire lee colonnes du même genre , et dont les couleurs rembrunies contrastent singulièrement arec ht blancheur des eaux. Une végétation féconde rient souvent cacher ces formes bizarres , et couronner ces édifices si réguliers , qui semblent être plutôt l'ouvrage de l'homme que l'effet du caprice de la nature De temps ea temps ces coulées volcaniques sont interrompues par des prousontolree granitiques ; alors la scèue prend un caractère plus Majestueux encore. A mesure qu'on avance , ou s'élève dans de» vurVéea resserrées ; le torrent mugit au fond des précipices ; d'éaorotes châtaigniers couvrent les sommités; des chemins hardiment creusés tantôt serpentent contre le flanc de la montagne , tantôt serrent tes eaux du torrent, tantôt franchissent l'abîme sur des pont» rustiques. — Le village d'Autraignes termine cette belle vaHée. — Là , elle se divise en trois raflons de l'aspect le plus riche et U) plus majestueux. Antraigucs les domine; ses maisons et sa tour pittoresque s'étendent sur un mont élevé, dont les eaux 4V trois torrents ont profondément miné la base; de tous côtés la vue est bornée par des forêts de châtaigniers , surmontées de pies sourcilleux. Çà et là des colonnades de basalte à demi cachées •ou 4 te lierre des cavernes creusées dans leurs flancs , en ceintres réfcuhers , des chutes d'eau tumultueuses , des ponts hardis diversifient cette retraite , triste séjour des neiges pendant l'hiver, mais ravissante, qaaud eHc est animée par la teinte chaude de juillet , et fécondée par sa douce température. » »
Idts ftocHtas de Rooms — Les environs de Ruoms , petite ville ceinte de murs et fort laide , à 3 !. de l'Argentière , présentent des accidents naturels extraordinaire». Le sol est formé d'épaisses couches de roc calcaire et demi-voJcauisé, dont la profondeur semble énorme eu plusieurs endroits , et qui sont sillonnées oTuue influité de crevasses occosionées sans doute par la dessiccation primitive. L'effet de cette dessiccation a été de donner aux rochers des formes étranges, etc. Ce sont des cubes d'une régularité parfaite, des arceaux , des aiguilles, etc. — De nombreuses carêmes, M plupart inexplorées, s'ouvrent dans ces rochers, au milieu desquels l'Ardèehe s'est frayé nu passage. Les bords de la rivière sont beaucoup plus surprenants encore que les rochers de Ruoms ; lorsqu'on les contemple , on a peine a en croire ses yeux : la rtvière est encaissée de chaque côté dans des bancs de roc doat la pente est d'environ 4* degrés ; ces bancs présentent des gradin» admirablement réguliers, et ressemblent à d'immenses escaliers qui suivent le» sinuosités de la rivière et s'élèvent du bord de l'eau Jusque presque an sommet de la fit taise , dont la crête est ?d'u
î'uu mur perpendiculaire. Cette disposition singulière et eyuMtrique se retrouve sur les rives du V c»l*o o , petite rivière profoademeut cneaiseée*, qui se jette daas l'Ardèehe, à aae lieue au*
dessus de fttomt. C'est même à ee edaf tfelt que la» rtee» dei deux rivières offrent le spectacle le plut merveilleux. » H
La Cour* d'A f sac. — « On nomme aiasi un volcan très remarquable par la forme de son cratère , ou l'on arrive ea escaladant des pentes taatôt herbeuses , tantôt couvertes d'une lave d'un beau rouge. U est vaste et profond Au centre du gouffre on aperçoit une cabane ombragée par de beaux groupes de châtitW gniers. Du côté du nord, la paroi du voies» a fléchi sous le poids des laves ; elle s'est éboulée de manière à offrir une immense brèche par laquelle les matières ignées se sont répandues dan» là vallée d'Antralgnes, et y ont étalé un luxe de basaltes qui eu font nu des lieux les plus remarquables delà contrée. Le tour de M corn*?, formée par une crête escarpée , offre un observatoire qui domine les montagnes du midi. Au nord , le Mezenc, le Gcrbier-de-Joncs et les autres monts de U Hante-Loire, s'élèvent et se perdent dans les nues. Aux alentours ^l'observateur peut reconnaître des era* tères d'anciens volcans , ici convertis en champs fertiles, là encore empreints de» teintes et de» marques de l'incendie et de U dé* vastation. »
La Cratère de Aaiht-Laobr. — Tous les volcans du Vivsrai» ne sont pas entièrement étefuts; quelques-uns continuent à manifester leur origine ignée par des exhalaisons méphitiques qui remplacent leurs anciens torrents de lave et de fumée. Tel est lé volcan de Salnt-Lager : son cratère rassemble à un cirque gigantesque, dont le podium extérieur est formé de roc» granitiques coupés perpendiculairement. Quelques parties de ce bassin tout cultivées; dans d'autres on remarque des pièces d'eau minérales» les unes froides , les autres thermales; le centre du cratère, Ta tf* «en ne bouche a feu, maintenant fermée par ses propres produits, offre plusieurs creux qui exhalent , à travers ses aubstauces poreuses , des vapeurs empestées plus ou moins abondantes ; le fond de ces creux ea est rempli lorsque le vent est calme; leur tntea* site est telle alors qu'elles suffoqueraient tout être qui les respirerait. — Elles ne s'élèveut jamais néanmoins a plus de % pieds au-dessus du sol. — Le danger est moins grand lorsque le vent balaie ces exhalaisons , et leur effet cesse entièrement lorsque des brouillards aqueux saturent l'atmosphère d'humidité ; tandis bue la pluie tombe , et peu de temps encore après qu'elle a cessé. €ea vapeurs produisent d'ailleurs, sur les végétaux et sur les animaux, un effet également funeste. — Les végétaux se fanent et se des* sèchent en peu de temps ; les animaux y meurent promptement. Un chat , fort et vigoureux , placé dans la vapeur méphitique f y expira en deux minutes ; un chien eut le même sort. On trouve souvent, dans les creux de Saint-Lager, des oiseaux, des serpens et des reptiles asphyxiés*. — La grotu dé Njtrac , située aesii dans l'Ardèehe , est une rivale de la célèbre Grotlo~det-CàHe ; earnuie le cratère de Saint-Lager, elle est d'autant pins dangereuse que le temps est plus sec et plus calme.
, BOtratM» OKATIAUX, SVO»
Privas, sur POnvèze, ch.-l. de préf., à lot 1. frt, S.-S.-K. dé; Paris, et à f* 1. O. du Rhône. Pop 4,341 bab. — Cette vitré passe pour être très ancienne j elle fut autrefois fortifiée. Pendant nos guerres de religion du xvit* siècle, elle devint la retraite des calvinihtes des environs. Louis XIII In i- même en fit le siège, Ctt 1629 ; après une résistance de quinte jours , la ville lut prise d'à»* saut , pillée et incendiée. — Une partie des habitants fut passée au fil de l'épée. Les fortifications furent rasées. — Cette vllré avait peu a peu réparé ses pertes et oublié «es désastres , lorsque, en 1790, elle fut choisie pour chef-lieu du département , à cause de sa situation pins centrale que celle d'Annonay, la seule ville de l'Ardèehe , plus considérable que Privas. Depuis lors elle s'est em* hellie. Ce n'est encore ni une grande nt une belle ville ; elle mau* qoe à la fois de régularité dans les constructions et de symétrie dans l'ensemble : ses anciennes maisons sont d'une architecture grossière et plus ou moins triste; maie ses bâtiments modernes ont un aspect agréable; ses rues sont propres , bien entretenues ; plu*1 sieur» ont reçu quelque alignement.— -Les environ» de Privas sont d'ailleurs agréables; ils offrent des points de vue fort intéressant». — L'hôtel de la préfecture, le palais de justice et le temple protestant sont les plus beaux édifices de la ville. Le bâtiment dea prisoas est remarquable par sa situation et sa dbtributiett. Le Charap-de-Mars est une promenade nouvelle Privas possède une bibliothèque publique contenant 9,000 volume».
Aubkïias . près de la rive droite de l'Ardèehe , ch.-l. de caut. f à 6 1. Ijî S-O. de Privas. Pop. 4,769 bab. — Cette ville est U plus agréablement située du département; elle couronne une riante et verdoyante colline , d'une pente fort douce, ver» l'ouest,, très rapide vers Test et le nord. Ce côté, que baigne l'Ardèehe , est bordé d'esplanades ombragée» d'en la vue peut s'étendre an loin sur le cours de la rivière, sur le» fa bise» vulcanisées qui bordent la rive opposée, sur divers étages de montagnes couvert» de taillis et de forêts, et au-delà desqnefs s'clèvc tes hautes et fièrea cimes du Coirtm. La ville elle-même présente, vue d'une certaine distance, un tableau fort pittoresque. EHe s'élève sur une masse de- verdure que couronnent la flèche élancée de sort égtisO
île , le dôme arrondi de réalise collégiale et les tourelle»
! lliôtel-de- ville, ancien et vaste château qui a soutenu plnsienrs sièges et qui a appartenu aux maisons d'Ornano et d'Harcourt» Les débris d'une enceinto flanquée de tours, ceignent encore Aubenas. L'intérieur de la tille ne répond pas à ce que promet son aspect extérieur. Elle est percée de rues tortueuses , étroites et «aies ; la plupart de ses maisons , bien qu'assez spacieuses , sont irrégulièrcâ , sombres et malpropres ; les places sont petites et sans décoration. Une rue seule fait exception à tout le reste , c'est celle que parcourt la grande route ; elle est large , propre et bordée d'édifices passables. La ville manque d'eau vive. Les églises d'Aubenas sont propres , spacieuses et très bien décorées.
Saiict-Etiehum-de-Booloh*, canton d'Aubenas, à 8 1. de Privas. Pop. 900 bab. — Cette commune tire son nom d'un ancien château féodal, siège d'une des douze baron oies du Virarais , et dont les vastes ruines couvrent le sommet d'un coteau ••carpe et à demi couvert d'arbres et de broussailles. On y remarque les débris du donjon et de deux tours isolées. L'aspect de ces ruines imposantes est des plus pittoresques.
Bourg-Saiht- A* deol , sur la rive droite du Rhône , ch.-l. de eant* à 12 1. S.-E. de Privas. Pop. 4,368 bab. — Cette petite ville date du xi* siècle; elle doit son nom à un saint qui prêcha le christianisme et souffrit le martyr, dans le Yivarais, l'an 108. A cette époque reculée , un monastère fut^élevé sur le lieu de son supplice , et une ville se forma autour du monastère. — Bourg» Saint- Andeol renferme quelques beaux bâtiments ; se* rues sont propres et bien entretenues. Un quai borne le Rhône, qu'on y passe sur un pont suspendu, en fil de fer, d'une construction élégante.
Dxjaigkxs, sur le Doux , à 11 1. If . de Privas. Pop. 8,400 bab.
— Ce lieu renferme diverses antiquités. On y voyait les ruines d'un monument , connu sous le nom de Ttmpl*-d*-Di*n* , et que Boissy-d'Anglas , croit être un des .deux temples élevés par Qnintns Fabius Maximus , à l'occasion de sa victoire sur Bituitus , chef des ArvtrtU (Auvergnats). — On y a découvert , il y a quelques années, des eaux minérales et les débris d'un établissement de bains d'origine romaine.
RocHEMAuaa, sur la rive droite dn Rhône, ch.-l. de cant., à 5 l. Ii2 S.-E. de Privas. Pop. 1,854 bab. — "Roche ma are est située à l uue des extrémités de la chaîne oui , se détachant du Mezenc , traverse' le département dans la direction du S.-E. , et fient finir au bord du Rhône. La ville est dans une position agréable, ses environs présentent de nombreuses traces de vulcanisation. On y remarque d'énormes masses de basaltes prismatiques. Une de ces masses , de cent mètres d'élévation et de l'aspect le plus étrange, porte , sur son sommet, les ruines de l'ancien château de Rocbemaore , dont les fortifications étaient taillées dans le basalte noire de la montagne. — Du haut de ces ruines , la vue domine un vaste et superbe panorama offrant nne singulière variété de plaines , de collines et de montagnes.
ViixKirxt; vk-de-Bkrg , ch -1. de cent, à • L 1]2 S. de Privas. Pop. 2,649 bab. — Cette petite ville était, avant la Révolution , le siège des principaux établissements judiciaires du Yivarais. — Au xtxiê siècle, l'emplacement qu'elle occupe aujourd'hui, était couvert de forêts ; il n'y existait qu'un petit fort flanqué de quatre tours , où les bernardins de l'abbaye de Mazan , seigneurs du lieu , se retiraient lorsqu'ils étaient menacés par les courses des seigneurs féodanx. —Ces moines étaient possesseurs d'un domaine nommé B*rg, à cause de sa position sur une montagne. Ils proposèrent à saint Louis de fonder une ville sur leur territoire , auprès de leur fort , d'y établir nne juridiction royale , et de partager avec enx les droits et les revenus de la seigneurie et de la justice. Saint-Louis donna son assentiment à ce projet , dont l'exécution eut lieu sous le règne de Philippe-le-Hardi , son fils.
— En 1 884, l'acte de partage fut signé entre l'abbé de Mazan et le représentant du Roi. — Deux pierres furent posées en signe de fondation , dans un lien appelé le Péri*r-d'IU*. — Villeneuvede-Berg fut donc , dès sa fondation , une ville royale et indépendante des états du Languedoc et du Yivarais. — En 1648 , Louis XIV* jk établit nne cour présidiale. Elle devint plus tard le •iége d'une maîtrise des eaux et forêts, et, en 1780, son bailliage fut érigé en sénéchaussée. — La ville, traversée par la grande route , est propre et passablement bâtie. On voit sur la place pu blique un obélisque élevé à la mémoire d'Olivier de Serres.
Vivnaa, sur la rive droite du Rhône, ch.-l. de cant., à 9 1. S.-E. de Privas. Pop. 2,586 bab. Cette ville épiscopale , autrefois la capitale du Yivarais , est située sur le bord dn Rhône , au pied d'un rocher calcaire dont le sommet est occupé par la cathédrale. En 430, ce n'était encore qu'un bourg avec un château. La destruction par les Germains , de l'antique (Jlka Jmgustm) capitale des H el riens, fut l'origine de son accroissement. Anxonius y transféra le siège épiscopal, et pendant quelque temps les premiers évéques de Viviers furent désignés sous le titre de BpùcJpi Albtmstt ; mais le nom de la ville ne tarda pas à prévaloir, et le pays des Uel viens reçut le nom de Yivarais. Viviers fut longtemps une ville triste et mal bâtie ; ses rues étroites et sales en rendaient le séjour malsain. L'évéque faisait alors sa résidence
habituelle à Bonrg-Saint-Andeol ; mais depuis un siècle In ville s'est embellie et aérée. Un de ses évéques (Villeneuve, baron de l'Argentière) y fit construire, à ses frais , en 1788, nn évéché qui est aujourd'hui un des plus beaux de la France, par sa position* ses bâtiments et ses jardins. Il vendit sa baronnie pour faire face k la dépense. — La cathédrale est un ancien édifice dont le chomr et le cloître sont des monuments de l'architecture gothique. La nef est moderne. Le séminaire, commencé dans le siècle dernier, est un vaste et bel édifice. — On voit aussi, à Viviers, un observatoire qui a loog-temps appartenu à l'astronome Flaugerguee, et quo les observations de ce savant ont rendu célèbre. — Apa , petit village aux environs de Viviers, est bâti sur l'emplacement de l'ancienne Alba.
Youxtx (la), cb.4. de cant, à 5 L E. de Privas. Pop. 1,980 bab. Cette ville est située sur les bords du Rhône et sur (la pente escarpée d'une colline. On y voit un vaste château qui a appartenu au duc de Venta dour, et où Louis XIII a séjourné. — La fidélité que les habitants de la Voulte montrèrent pour ce Roi , lors de la révolte du Yivarais, en 1629, leur avait acquis divers privilèges. — Avant la Révolution , leur territoire était assimilé pour les tributs royaux aux terres allodiales. Il n'était point soumis à la taille et ne payait d'autre impôt que le vingtième, auquel les biens nobles étaient seuls assujettis. — De notre temps la Youlte a acquis une grande importance par l'exploitation d'une mine de fer, dont les détails suivants, empruntés an procès* verbal de la visite officielle qui en fut faite en 1820, font connaître le gisement et la richesse. « Le gîte de fer hématite exploité à la Vonlte , existo dans un monticule calcaire , à 80 ou 40 m. de distance du sol primitif. Il se compose d'une suite de bancs alternetifs de fer hématite compacte à grains fins, tantôt d'un rouge de sang et tantôt d'un rouge terne et calcaire argileux , plus ou moins mélangé de fer. Ces bancs , parallèles aux strates du terrain, se dirigent sur4 heures, et plongent de 47° vers 10 heures. L'épaisseur comprise entre le toit et le mur est de 18 m. , sur laquelle les bancs , utilement exploitables , occupent 8 à 9 mètres. La riebesse en fer du minerai, à grains fins, est de 70 à 75 pour cent, celle du minerai schisteux, de 50 pour cent, et celle dn minerai pauvre, de 20 è 85 pour cent. Le ravin de la Youlte , qui coule à peu près de l'ouest à Test , rencontre la couche minérale , et la met à découvert sur les deux rives , à nne distance du Rhône d'environ 1,500 mètres. On suit de chaque côté du ravin la tète dn gtte sur nne longueur totale d'environ 1,000 mètres ; mais il est probable, par les indices du fer hématite et hydraté, que %l'on trouve, sur le prolongement de sa direction , que la couche règne sur une longueur de plusieurs myriamètres. » — La mine de la Youlte est exploitée à la bouille , pour la compagnie des fonderies et forgea de la Loire et de l'Isère. Il y existe 4 hanta fourneaux.
L'Aaasjrrxifti , sur In rive gauche de la Ligne, ch-i. d'arrond., à 10 lf2 S.-O. de Privas. Pop. 2,919 hab. — Cette ancienne ville doit son nom aux mines de plomb argentifère qui y étaient exploitées dans le xix* siècle. Elle est située dans une profonde vallée, sur nn rocher qui forme une espèce de promontoire baigné par les eanx de la Ligne. Cette rivière, ou plutôt ce torrent, coule dans un lit encaissé par de hautes falaises et parsemé de rochers ; sur un de ces rocs , s'élèvent les vieilles ruines d'un manoir féodal , qui composent , avec les sites d'alentonr , nn tableau imposant par son caractère sauvage. — L'Argentière est une ville mal bâtie , ses rues sont étroite* , tortueuses , sales et mal entretenues. — La
Krtie haute de la ville est néanmoins plus propre que la partie sse. Ses environs verdoyants sont aussi plus agréables. TouAicoïc , port sur la rive droite du Rhône , ch.-l. d'arrond. , â 14 1. N.-N.-E. de Privas. Pop. 8,971 hab. — La fondation de Tournon remonte à nne époque très reculée ; ce fut long-temps une place forte que défendait surtout un vaste château qui a longtemps servi de résidence aux comtes de Tournon , et dont il reste encore quelques constructions d'un aspect pittoresque. — Après la dissolution de l'empire Romain, la ville et le château de Tournon devinrent la propriété de l'église de Lyon , qui en fut dépouillé par Charles-Martel , lorsque ce prince érigea en bénéfice militaire plusieurs seigneuries ecclésiastiques, et les distribua â ses compagnons d'armes. Le clergé de Lyon se plaignit hautement de cette infraction à ses immunités. Pepin-le-Bret et Otariemagne furent sourds à ces réclamations. En 865, l'empereur Lothaire ordonna la restitution que l'archevêque de Lyon réclamait avec tant d'instance ; mais les seigneurs de Tournon refusèrent d'obéir aux ordres de l'Empereur, et leur résistance occasion» des guerres qui durèrent jusqu'au règne de Cbarles-le-SimpIe. — La ville et le territoire de Tournon ont appartenu successivement à la maison de Tournon , qui s'éteignit en 1644, aux Montmorency, aux Ventadour, et aux Roban-Soubise. — Parmi les édifices de la ville , on remarque les bâtiments du collège fondé par le cardinal de Tournon , et qui sous Louis XVI fut une école militaire tenue par les oratoriens. Ce bel établissement est occupé aujourd'hui par le collège royal. — Le château de Tournon sert maintenant de prison , il s'élève au sommet d'une montagne escarpée, an pied et sur la pente de laquelle la ville est construite. Du château,