SD PB
lu vue découvre à Peut la cour» du Rhône , qui te prolonge jusqu'à lWixou , à travers de vastes plaise» ; le court de l'Itère, jusqu'à Roman*., et la chaîne centrale det Alpet , à l'ouest , tont le» montagnea tecondairet du Lyonnais et da Vivsxais. — La sitoation et l'aspect de la ville tont agréables ; son port , le meilleur da département, ett trè» commode et bien entretenu ; planeur» grande» routes la traversent et s'y croUeut ; sur celle de Pari» à Anube» , à la rire opposée du Rhône , se trouve le bourg de Tain , avec lequel Tournou communique par un beau pont suspendu avec de» chaînes de fil de fer. Ce pont , le premier entrepris en France, sur une grande échelle, joint la solidité à l'élégance. Un autre pont suspendu se trouve près de Toumon , à 1 embouchure du Doux.— A une demi-lieue de la rille , on remarque le» ruines d'nu pont antique , connu sous le nom de Pont^dc-Ctsnr.
Avnobtay, au confinent de la Cance et de la Deaume, ch.-l. de cent* à 7 1. N.-O. de Tournou. Pop. 8,000 hab. — Cette Tille , la plus grande et la plus florissante du département, tire, dit-on, son origine et [son nom de» magasins de blé {Ammm ) qu'y avaient formés le» Romain». — Les anciens auteurs la nomment Annomeum et Anm—utcum. — Elle avait autrefois le titre de marquisat et appartenait à la maison de Rohan-Soubiae. — Elle eut beaucoup à souffrir pendant les guerres civiles du xvxa siècle, et fut plusieurs fois ruinée, mais l'industrie active et l'esprit inventif de ses habitant» ont toujours promptement réparé ses désastres. — Sa position est agréable et pittoresque , ses maisons et ses dépendances occupent plusieurs coteaux et le» vallon» qui les séparent. — Cette disposition naturelle empêche qu'on puisse saisir d'un coup d'œil l'ensemble d" Annonay, qui , vu de différents points, se présente toujours aux yeux sous un nouvel aspect. — La ville proprement dite s'élève sur l'angle formé par les deux rivières ; ses faubourgs occupent les rives opposées. Elle ett bâtie et percée avec irrégularité; aucun de Ses édifices n'est monumental, mais les établissements d'utilité publique y sont d'une architecture convenable , bien tenus et bien distribué». Le» maisons particulière» sont aussi généralement propre» et bien bâties. La ville , ainsi que se» environs , renferme un grand nombre de manufactures et d'usines auxquelles elle doit sa prospérité. Elle possède une vaste pépinière , propriété particulière; et des promenade» publique» agréable». — On remarque , sur une de ses places , un obélisque élevé en l'honneur du célèbre Montgolfier.
Saixt-Pxxat, sur la rive gauche du Mialan et près du Rhône , ch.-l. de cant, à S I. tf2 de Tournou. Pop. 2, Ml hab. Cette petite ville mérite plus d'être renommée pour les bons vins qu'on récolte dans se» environs que pour les constructions qu'elle renferme. — Elle est située dans une gorge, an pied des Cévennes , et près de la vallée du Rhône , dont elle est séparée par un haut rocher parallèle au fleuve , et que couronnent les ruines du château de Crussol. Saint-Peray est traversé par la grande route de Valence qui y forme une rue large, mais peu propre et mal alignée. On y remarque néanmoins plusieurs maison» d'asses bel aspect. A quelque distante de la ville , te trouve l'ancien château de Beauregard, qui a servi de prison d'Etat et de maison de réclusion.— Le château de Crussol est l'ancien manoir des ducs de Crussol , tige des ducs d'Usés. Ses ruines, appelées les Comu-dt-Crussol , dominent le cours du Rhône et les campagnes de la Drôme.
BITZ8IOM BOUTIQUE ET ADMJKIBTm%JL*TYX.
Politique. — Le département nomme 4 députés. Il est divisé en 4 arrondissements électoraux , dont les chefs-lieux sont : Priva» , Toumon , Annonay, l'Argentière.
■ Le nombre des électeur» est de 810.
Adm nrisTEATivs. — Le ch.-l. de la préfect. est Privas. Le département te divise en 8 sous-préfect. ou arrond. <
Priva» 10 cant., 102 comm, 107,000
L'Argentière. 10 109 108,478
Tournou 11 124 199,500
Total ;..;.. 31 cant, 898 comm., 840,784 habit.
Jtariee dm trésor unifia, — 1 receveur général et 1 payeur (résidant à Privas) , 9 recev. particulier», 8 percepteur» d arrondi»».
Cowtrismtimu directs*. — . 1 directeur (a Priva») et 1 inspecteur.
ikmafnêi it EnregUtrtmcnu— 1 directeur (à Priva» ) , 9 inspecteurs, 9 vérificateur».
MjrptkètfÊtt. — $ conservateur» dans le» chefs-lieux d'arrondis»
Cêtr&mtimt UsdirccUs. — 1 directeur (à Privas), 1 directeur d'arrondissement, 8 receveurs entreposeurs.
ForéU. — Le départ, fait partie de la 29* conservât, forestière,
PottU et okmuttéu. — Le département fait partie de la 0* inspection, dont le chef-L est Avignon.— Il y a 1 ingénieur en chef en résidence à Priva».
JrTw**.— Le dép. fait partie du 10* arrond. et de la 6* divi». , dont le ch-4. est à Montpellier.
Asrev..— > Le dénartement fait partie , pour le» courses de chevaux du 0* arrond, de concours , dont le ehef ~lieu est Aurillac,
Militai*». — Le département mit partie de la 9* division militaire , dont le quartier général ett à Montpellier.— Il y a à Priva» : 1 maréchal de camp commandant la subdivision; 1 sous-intendant militaire. — Le dépôt de recrutement est à Privas. — La compa-
5 nie de gendarmerie départementale fait partie de la 18e légion, ont le chef-lieu est à Nîmes.
JcroiciAimn. — Les tribunaux sont du ressort de la cour royale de Nîmes. — Il y a dan» le département 8 tribunaux de 1" instance , à Priva» , l'Argentière , Tournou , et 9 tribunaux de commerce à Annonay et Aubena».
Rxuoixoax. — Culte «émette**. — Le département forme le diocèse d'un évéché érigé dans le ine siècle, suffragaat de l'archevêché d'Avignon , et dont le siège est à Vivien. — Il y a dan» le département, — à Vivier» : un séminaire diocésain qui compte 110 élève» ;— à Bourg-Saint- Andeol : une école secondaire ecclésiastique ; — à Vernoux : une école secondaire ecclésiastique. — Le département renferme 1 cure de 1** classe , 84 de 2*, 980 succursales et 101 vicariats.— 11 y existe 4 congrégations religieuse» de femmes , consacrée» principalement a l'éducation des filles.
Culte proteste*. — Les réformé» du département ont 5 église» consistoriale» : — la lre à Lamastre, divisée en 4 sections, desservie» par 4 pasteur», résidant à Lamastre, Desaigne, Sainte- Agrève, Annonay;— la 9e à Saint-Pierre-Ville, divisée en 4 sections , desservies par 4 pasteurs , rendant à Saint-Pierre-Ville , Gluras, Saint-Christoh et Vais; — la 8e à Privas, divisée en 4 sections, desservies par 4 pasteurs, résidant à Priva», Chaumerac, Vallon et Lewans ; — la 4* à Vernoux , divisée en 8 sections , desservie» par 8 nasteurs , résidant à Vernoux, Chalancon et Dubac ; — et la •• a la Voulte , divisée en 3 sections , desservies par 3 pasteurs , résidant à la Vonlte-par-Saint-Peray, à la Voulte et à Meyer. — Le département renferme en outre des sociétés bibliques, des sociétés des missions érangéliques , des sociétés de» traité» religieux et 7 école» protestante».
Uk rvxRsiTAïai. — Le département est compris dan» le ressort de l'Université de Nîmes.
Instruction publiant.— Il y a dans le département i — à Tournou, un collège royal de 8* classe , qui compte 189 élèves ;—un collège à Aubena». — une école normale primaire à Privas. — Le nombre des écoles primaires du département est de 818 , qui sont fréquentées par le\j041 élève», dont 9,888 garçon» et 8,188 fille». — Les communes privée» d'école» sont au nombre de 99.
Société» savawti», etc.— Il existe des Soc. d* Agriculture à Privas, à l'Argentière et à Toumon , et une Sec, du Statistique à Annonay.
aTOarirLAVXOM.
D'après le dernier recensement officiel , elle est de 840,784 h. , et fournit annuellement à l'armée 909 jeunes soldats.
Le mouvement en 1889 a été de ,
Moriages 9^57
Nmissames, Masculin». Féminin».
Enfant» légitime». 6794 — 5,824 1 m% mmM
- naturel... 141 - 100 j TotaL 11,855
Dans ce nombre 8 centenaires.
Le nombre de» citoyen» inscrit» est de 05,018 , %
Dont 98,488 contrôle de réserve.
49,197 contrôle de service ordinaire.
Ce» derniers sont répartis ainsi qu'il suit : 41,954 infanterie.
58 artillerie.
190 sapeurs-pompier».
On en compte : armés, 0,21 2 ; équipés , 1,782 ; babillé» , 4,799, 90,057 sont susceptibles d'être mobilisés. Ainsi, sur 1000 individus de la population générale, 190 sont inscrit» au registre matricule, et 58 dans ce nombre sont mobilisables; et sur 100 individus inscrits sur le registre matricule, 04 sont soumis au service ordin., et 88 appartiennent à la réterve. Les arsenaux de l'Etat ont délivré à la garde nationale 5,890 fusils, 100 mousquetons, 9 canon» , et un estes grand nombre de pistolets , sabre», etc.
Le département a payé à l'État (1891) :
Contribution» directes 2,162,599 f. 70 c.
Enregistrement, timbre et domaine» l,391t880 11
Boisson», droits divers, tabacs et poudres. . . 772,108 88
Po»tea 154,810 87
Produit de» coupe» de bois v . . . . 9,295 89
Produit» divers 198,838 89
Ressource» extraordinaire». 891,009 88
' """ Total. 4,907,171 1 89 e.
FRANCE PITTORESQUE. — ÀRDENNËS.
généralement dans la maison des parents des époux, où un re'pas a été préparé; puis on va continuer a boire et à danser dans le plus voisin cabaret. Il est d'usage que les mariés ouvrent le bal , mais ils s'en échappent aussi promptement qu'ils le peuvent, ce qui n'est pas toujours facile; car, par suite d'un autre usage malicieux, on les place sous la garde de surveillants. Néanmoins, il est bien rare que le mari , en homme intelligent , ne au soit pas ménagé une retraite sure pour la nuit. — Aussitôt qu'on s'aperçoit de la disparition des époux on se met à leur recherche. — Quand on les retrouve on les ramène au bal, bon gré , mal gré. — Dans le cas contraire, les surveillants maladroits sont le lendemain placés sur une botte de paille, et au milieu des acclamations universelles , traînés dans tout le village par les mariés, leurs parents et leurs amis.— On retrouve aux fêtes locales du pays, qu'on appelle Dédicaces, quelque chose de la joie bruyante et de la grosse galte qui caractérisent les Kermesses et les Ducasses flamandes; les Ardennais ont un peu des habitudes sensuelles et grossières de leurs voisins de Belgique; mais ces habitudes sont tempérées par des appétits plus sobres et par une galanterie moins emportée. — « Il n'y a pas de bonnes fêles sana lendemain,» dit un vieux proverbe. — Dans les Ardennes ce lendemain appartient aux filles. — Le jour principal de la fête les garçons, au bal , font les invitations pour danser. Dès la veille ils vont en cérémonie dans toutes les maisons, avec une grande corbeille remplie de rubans de toutes les couleurs ; chaque personne en reçoit un nœud ,'qui flotte élégamment sur l'épaule gauche , semblable à de légères aiguillettes. Ce nœud, qu'on appelle les fouettes, est le billet d'invitalion et d'entrée , l'engagement de venir et de danser. — Le lendemain de la fête, ce sont les filles qui invitent les garçons; combinaison intelligente qui répand sur toute Ja journée (car on danse du matin au soir) une gaité aimable, gracieuse, galante, coquette, au moyen de laquelle les demoiselles récompensent d'anciens attachements, en commencent de nouveaux, entretiennent des espérances qu'elles veulent encourager, se vengent des négligences, de$ dédains de la veille, ou des propos de toute Tannée; c'est pour elles un véritable jour d'émancipation. — 11 est rare que dans une Dédicace, aux plaisirs de la danse ne se joignent pas les exercices du tir. — Les habitants des Ardennes, chasseurs déterminés, sont généralement bons tireurs et aiment à faire preuve de leur adresse. Une montre, ou quelque autre bijou en argent, est le prix du vainqueur. — On a compté de tout temps dans le pays un grand nombre de compagnies des chevaliers de l'arquebuse. L'établissement de celle de Mézières remonte à 1563.
On parle français dans toute la partie du département qui forme la vallée de l'Aisne et dans les villes du bassin de la Meuse. De ce côté, les habitants des campagnes ont un patois qui participe à la fois du wallon et du lorrain , mais ils n'en font usage qu'entre eux , dans les joies de leurs fêtes locales et lors de leurs travaux communs dans les champs ; tous les hommes comprennent et parlent le français assez pour converser avec les étrangers et les habitants des villes. — Afin de donner une idée du patois ardennais, nous citons ici quelques versets de la parabole* de l'Enfant prodigue :
Ou n'orna avo deu s'afan ; Un homme avait deux fils.
L'pc jaua di a s'per : « Ma per, Le plus jeune dit à son père :
« bayo'm c' qui do m'reveneu de - Mon père , donnei-moi ce qui
«■vos bio.» et l'pcr l*esy f gi «doit me retenir de votre bien,»
- rpar taché de s'bîn. et le père leur fit le partage de
son bien.
In po spré, l'pe jaun d'sé den Peu de jours après , le plus
s'afan , apré aboi ramacbi ton jeune de ces deux fils , ayant
ç'qu'il avo , s'a n'é allé din in amassé tout ce qu'il avait , s'en
paï étranger mou Ion , où y alla dans un pays étranger fort
guernouia ton t'hin pa de excé éloigné , où il dissi e pa t!é débauche.
guernouia ton t'hin pa dé excé éloigné , où il dissipa tout son • ■»■ «f» «tAti«M<»ii» bien en excès et en débauches.