TUAS!, BOURGS, CHATEAUX, ETC
MÉziinas, ville forte sur la Meuse /ch.-l. de préf. , à 58 1. fiî TT-E. (Distance légale de Paris, on paie 29 postes 3j4,. Pop. 3,759 hab. — Cette ville , située snr le penchant d'une colline , à rithsme d'nne presqu'île formée par la Meuse, qui la traverse deux fuit « est entourée de fortifications considérables et domiuée par une bonne citadelle. — C'était an gouvernement de place dn ci-devant Retbélois. C'est aujourd'hui une tille de guerre de 2* classe. — L'origine de Mezières remonte au ix9 r>iècle, à l'époque où, en 899. son château fut construit par un seigneur nommé Hellcbarde. On prétend que le nom de la ville , en latin Macrrie*sis, vient d'une statue du dieu Ma*rr, trouvée en creusant les fondations de ce château. — Les seigneurs de Mezières furent souvent en guerre avec les archevêques de Reims. Dès 910, l'archevêque Foulques s'empara de leur château , qui fut rendu en 911 à Cannas, fils da fondateur Hclleharde — En 989, le fried de la colhne qui domine ce château se couvrit d'habitations bâties par des réfugiés de Rethel. — En 940, uns doute à cause de la protection accordée aux réfugiés, Balthazar, comte de Rethel , vint mettre le siège devant Mezières et s'eu empara. — Mezières fut pris une troisième fois, en 977, par Adalhéron, archevêque de Reims. — C'est en 1176 que la première église, en l'honneur de saint Pierre, fut construite dans l'intérieur du château. — En 1214, la population reçut un notable accroissement par des Liégeois qui s'y réfugièrent. —Le lien étant devenu considérable, Hngues III, comte de R.etbei , lui accorda , en I 'M , le titre de ville. — Le château et l'église collégiale furent detruifs, en 1 30s, par no incendie ; mais le château fut prompteraent réparé. — On fait remonter à 1412, l'établissement de l'Hôtel-Dicu. — En 1468, un grand nombre de Liégeois vinrent encore chercher un refuge à Mezières. — Cest en J 4V9 qu'eut lieu la première fondation de l'église paroissiale; la ville ne possédait alors qu'une petite chapelle dédiée à saint Julien , an milieu du cimetière. Le vaisseau de l'église de Mezières , remarquable par l'élévation de ses voûtes intérieures et par un beau portail, ne fut achevé qu'en 1 j64> ; la construction du portail actuel n'eut lien qu'en IA86. Le clocher date de 1626.— Lors de la guerre contre Charles-Quint, en 162*. François I*r, à la suite d'un conseil de guerre tenu à Reims, allait donner l'ordre de ravager le pava pour l'affamer, et de brûler Mezières , qu'il considérait comme une place trop faible pour soutenir tin siège ; on espérait ainsi arrêter la marche de l'armée impériale , qui venait de s'emparer deM«tazon et de ravager le Luxembourg, Bayard s'opposa à l'incendie de Mezières, et offrit de défendre la
ville , en disant au Roi : « Il n'y a pas de places faibles, quand il « y'a des gens de bien pour les défeudre. » Le Roi accepta ; Bayard se jeta daus Mezières avec 9,000 hommes seulement; la ville fut aussitôt cernée sur les deux cotés de la Meuse, par 40.000 Autrichiens aux ordres dn comte de ffassjra et dn général de fiickengbein et Je siège commença. Ce fat alors que furent ternes les premières bombes dont l'histoire sntUtnira fasse mention. Pendant les sis semaines que dura le siège, on en jeta plus de .<,000 dans la place. Ce feu terrible et le genre nouveau des projectiles , n'abattirent point la résolution de la garnison qui, dans sa défense, fut bravement soutenue par les bourgeois. — Les habitants de Mezières vénèrent encore la mémoire du chevalier sans peur et sans reproche ; son éteudart , sur lequel on voit empreinte son effigie , est depuis trois siècles déposé à CbotesVde-rille, et chaque année» le 27 septembre, jour anniversaire de la levée 6a siège, «ne u*e~ cession solennelle portant ce glorieux drapeau , parcourt la ville, suivie par les autorités locales et escortée par la garde nationale.
— En 1552, Henri II et Catherine de Médicis visitèrent Mezières.— En 1 565, le palais des Tournelles fqui n'existe pins), y fut bâti par Gouzagoe de Mantoue. -La ville rut pavée en 1567.- Le mariage de Charles IX avec Elisabeth d' An/riche y fut célébré en 1570.— L'érection de la citadelle snr son emplacement actuel rmnnnte a 1590. On détruisit pour l'édifier le faubourg de Beruneneenrt. I* peste fit, en 1638, de grands ravages ; il mourut 1,100 personnes,-*- La reconstruction de l'Hôtel-de-Ville date de 1732, celle de rHô tel- Dieu de 1746. — Ce fut en 1750 qu'on y fonda l'école rovale dn génie. — Trois siècles environ après l'héroïque défense de Mé» zières, par Bayard, cette ville eut a soutenir un nouveau siège.
— En f6i5, après la bataille de Waterloo, les Prussiens , les Hessois et les WnTONnbergeots réunis, cernèrent la nbsse lé tt jnin , et la sommèrent de se rendre ; snr le reins des babiSants et de la garnison , les préparatifs de siège commencèrent; l'artillerie, servie par les canonniers bourgeois nidés de quelques artilleur» de l'année, détruisit long-temps les batteries ennemies à mesure qu'on les établissait. I es alliés bombardèrent la ville. L'attaque et la défense soutenues de part et d'autre avec o|iSniâtreté . durèrent 41 jours, et se terminèrent par une convention honorable pour la garnison ; l'ennemi avait perdu environ nyOfr homme* pendant ce siège. —Ce feten témoignage de, la satisfaction poar le belle conduite des habitants, que i-oai* XVlll donne pour draneen à la garde nationale de cette ville, l'étendard même de Bayard, dont il a été question pins haut. — Mezières est une ville petite et généralement mal bâtie. Les seuls édifices publics qu'on y remarque sont l'Eglise paroissiale , la Préfecture et l'Hôtel - Dieu. On y trouve une bibliothèque pnbliqne , riche de 4,©**J volumes.
GnAfti.CTii.Le , sar la rive gauche de ta Menée , ou.-L de cent., A If 4 de 1. N. de Mezières. Pop. 7,77* h.— Cette jolie ville, se trefois place forte v n'est séparée de Mezières que par une belle rbaosjc* bordée d'arbres. — • a fondation de Gharlr ville est toute nouvelle. Le 6 mai lb<)5 , Charles Conzagne , duc de Revers et de Mantone, en posa la première pierre el lui donua son nom. La ville fut bâtie régulièrement et fortifiée plutôt, néanmoins disent les auteurs du temps , pour l'ornement que pour en faire une place de dé* feu se Les ducs de Nevere et de Mantone exoerçatent , dans cette ville et snr set dépendances, tons sea-dreits de souveraineté, lâs y svaient en outre un conseil souverain pour rendre le justice ( ce fut pour tenir cette nouvelle ville en respect que Louis XIII nlf en i639, élever sur le Mont-Olympe, un château fortifié, détruit en 1689 , lorsque le gouvernement de Cbarlevillc fut réuni à celui de Mezières. Ferdinand-t hurles de Gonzagne étant mort sans enfants, en 160* , la,êonveraineté de Charleville passa par succesaiwa s Anne de Bavière , veuve de Meuri- Jules de Bourbon , prit oe de « onde, qui la transmit à ses enfants. Le» prince» de Coodé ont consens jusqu'en 178 ', le tjirc de seigneur de Clurlrvillc. Les sWtiunstinne de cette place, jugées inutiles par Louis XIV , furent détruites en 1686 et 1687 , et cette destruction devint pour la ville la cause d'un plus grand a ce roi» sera en t et d'une grande prospérité. Elle avait déjà été favorisée par rétablissement d'une manufacture d'armes à feu , fondée en 1660 , et qui vient d'être mpf trintée. Elle possède en outre ua port commode sur la Menée» qui , lorsque le canal des Ardenoes sera trrmiué , aurai ue« eomsnn nient ion peu dispendieuse avec Paria, par la Seine, l'Oise et l'Aisne , et contribuera encore au développement d'un commerce déjà très actif. Les rues de Charleville sont propres , larges et bien alignées; les maisons à peu près d'nne égale hauteur , tontes cou» vertes d'ardoises , généralement régulières , ont no aspect d'as* sancê et de gsité agréable à voir. 11 y a quatre mes principales où tontes les autres viennent aboutir et qui se coupent s angles droits. Au centre de la ville primitive se trouve une belle place publique entourée d'aride* et décorée d'nne sofieibe fontaine De cette place dite iJucale, on voyait autrefois les qnatre perses de la viUe. Caarlcvilie possède au hôpital , un collège eonjninnai v une salle de spectacle , un cabinet d'histoire naturelle et d'ants* quitéa, et une bibliothèque publique riche de XijntiO volasses, — Parmi les agréables promenades des environs, on ressarsjae celles des Allées et de la route de Flandre et du Petit-Bois , silo* sur les
FRANCK PnTORESQDE. — ARDFJSWKS.
bords de la Meuse» et dont la plantation remonte à l'année 176é5, Un bec qui existait sur la Meuse, de Charlcvjlle eu Petit-Bois , a été remplace, en 1&3 j,par «m beau pont suspendu, en fil de fer, axsex solide, pour donner passe aux chariots fortement chargée, et Bcjne au a traîna d'artillerie.
Mostbxxisx, ch.-L de cent. , à 4 1. N. de Mérières. Pop. 1,060 hab. — Ce bourg , agréablement situé aar la rire gauche de la Meuse, à une petite distanrc au-dessous du confluent de le Senior, renferme plusieurs grands établissements industriels. 11 se trouve dans une des parties les plus pittoresques du département. Le pays d'Arienne est montagneux, froid, mal b*i»é9asse* aride, mais In grande vallée de la Meuse, et les nombreuses Tallées secondaires oui en dépendent, ont un aspect bien différent. La fret* cheur des eaux y entretient a ne végétation vigoureuse et verdorante , des arbres d'une hauteur et d'une force dont «ont privés les grêles bouleaux, et les chênes languieseuts du reste dn paya, couronnent ces vallées, et décorent leurs pentes. — Les rives du fleuve, qui s'est creusé un lit étroit et profond entre des rochers et de liantes montagnes , août animées par les habitations d'une population active et industrieuse. — £o descendant la Meuse de Monthemé à Kevin, les plus charmant* points de vue, les paysages les plus variés , se succèdent et se développent Ici s'é* tendent de vertes prairies égayées par le» travaux dés faneurs ; la, dans un vallon Agreste , on vuit poindre le clocher de quelque ancienne abbaye, et à côté le haut ofeéusane de briques au-dessus duquel oodoie en noir panache de fuuiee annonçant au loin tpte l'ancien asile de la prière et du repos est devenu celui de l'industrie et du travail; aux fabriques *e mèjeut les. maisons de campagne blanches an milieu de repaisse verdure; après ces gorges où flamboient la nuit les Ibarnaises ardentes des verreries, vient le vallon resserré et rapide que parcourt , comme nn filet d'argent, un ruisseau dont les cascades muitipbées donnent la rie à des usines , et font tourner des moulins. Pois tont à coup se dresse nn sombre rocher, nue haute montagne qui rewerre se fleuve profond dans une gorge étroite où «les échus répètent Le bruit des voix, celui desaviruns, celui des chevaux qui trottent en traînant quelque barque chargée de belles ardoises de Fuway, ou des cuivres de ftipelle ; ou Fou entend le son aigu des clochettes deê chèvres suspendues à quelques cents pieds plus haut eux flancs de la montagne a pie , et / dévorant quelques rares buissons.
SiCJiY-i.'laaAYx , sur la Vaux, ch.-L de canr., à 6 1. O. de Me* sières. Pop* IjAl hab. — Cette petite ville doit son origine à une ancienne âbbsye de bénédictins, f «vidée en 1134 par saiot Bernard, et qui fut enrichie par les libéralités des comtes de Champagne. Il en reste quelques bâtiments qui depuis la révolution ont ité appliqués à des usages industriels. Parmi les seigneurs qui contribuèrent à accroître les richesses de ce monastère, ou en cite on qui passa on singulier contrat avec le fondateur. Le seigneur de CluUiUon donna par acre authentique a l'abbaye de Sigoy un vases terrain en échange duquel saint Bernard lui promit autant d'arpents dans le ciei qu'd en donnott sur la terre. Le contrat original existait encore an milieu dn siècle denuer dent lechactrier de J'ab* baye de Sîgujr,
ExTiut,, aw l'Aisne, eh,-L d'arrond., à 12 1(1 $*-Q. de Mézière*. Pep. à\à&ï hab, ■«— Cette ville ancienne doit son origine à un fort («««//«*. JUteetem), construit par le» Romains, pour garder le passage de l'Aisne. On y voit encore les ruine* d'une grosse tour très élevée qui a dû eu faire partie. •— AetJiel était autrefois la ennitaie d'une des sept couttés-pairies de la Champagne, Eu liai , ce comté fol érigé en duché par Henri M , en fttveur d'un des dues de tfever* et de Manhmc. Acquis pins tard par le cardinal Maxarin , il devint , en 1663 , une doché-pairie dont le premier titulaire fut Charles de Porte « duc de la MeiUeraye, qui épeuae Hertensc Menciui, nièce ex héritière du cardinal. — Bethei était nue place fortifiée et qui fut pUuieurs fais prise' et reprise. — Les Espagnols «'en emparèrent en 1650 ; mais elle fut reprise la sneme année par l'armée française, sons les ordres dn maréchal du Plessit~Pra»lin. — Turenue, qui était alors dans le parti de la Fronde, ayant appris l'investissement de le place, /était Lise, arec tons les Allemand», les Lorrains et les Français qu'il avait po rassembler an nombre de «,«00 nommes , de se mettre en marche oeur «n taire lever le siège, mais déjà les Espagnols avaient eueodenué la ville. U voulut se inuirer ; le maréchal do Plestia-Prnsiia le joignit entre les villages de Smid* et de Sam*** *«'>**• et lui liera bataille arec des fitree» bien supérieures.— Le vicomte de Torenne fut vaincu, cette défaite perfa «a coup sensible nu parti des Irnudeurs, — Les Espagnols, conduits par le prince de Coodé, s'emparèrent de Aethel en loo4. Mais peu de mois après, T«reeoe, aidé du maréchal La Férié , la leur reprit après quatre fours d'attaque. — Cette ville ne possède aucun monument remarquable. EU* « déjà beaucoup gagné à l'ouverture du canal des Ardenoce, et s'embellit peu à peu.
CusTexu-PoBxu&a , sur la rive droite de«'Ai*ae, ch.-l.decani., è 2 1 l{10 de Aethel. Pop i,*67 hab. -^ Cette ancienne ville eet située eu pied duo eecien château qui lui a donné son nom (écrira* Porcieaum «a Porcinctum) et qui a été bâti- sur un rocher
dont elle n'eu séparée que parla rivière. — Ce n'était autreiote qu'une simple seigneurie qui relevait du comté de $ainie-Meno* faould. — h> oui de Chiteau-Porciea le vendit, en 1306, à Thibault, comte de Uumpegoe. — Cette seigneurie" passa , avec U Champagne , au pouvoir de Philippe-) evjkl, qui l'érigra en conté » en faveur de Gaucher de Cliaiillon , connétable de France , dent U reçut en échange U terre de ChâtiUwH*r*Mv*9m Jean de Chatillon céda le comté de Chaicau-Porcieu , en 1 J&5 , g Louisde France, due d'Orléans, d"ut le fils aiué, nommé duc d'Orléans, le vendit à Antoine de Croujr, weur de &eery, povr payer sa rançon. — En 166M, Charles IX y joignit plusieurs terres et l'érigea en principauté en faveur de t-harles de Creey.— De cette maison, la priucipauté de Giatean-Porcien. passa, en J60ë,deaa celle de Gonxague* de Mantoue , et fut acquise f en IGoe*, par le duc de Maxarin. Cbateao-Porciee a son tenu plusieurs siège»; les Espagnols s'en rendirent maîtres en Iboû ;elle fut reprise la même année par lee Français. — .eVéoccnpée de nouveau par les Espagnols, en 1642, les Français la leur enlevèrent l'année suivante. — Cette ville ne possède aucune construction digne de remarque} on y voit quelques constructions particulières d'esses bon font.
Rocaox, pièce. forte et eh, -h d'arr, ,à 7 L U? #.-0. de Me* xières. Pop, XfiTi hab. — Cette ville de guerre, située sur un des plateaux les plus élevés dn département, eu à 391 mètre* au-dessus du niveau de la mer C'était un des eonrerajenanots de place dn ci-devant Jiçthélois; die est assez bien /orties*, lia ierterejsnt restaurée à plusieurs reprises « doit son origine à François 1er qui la fit construire afin de protéger le Champagne contre les Pays* Bas. — Ce fnt dans Je plaine de Roeroi , à droite de la route de ' Flandres , que, le 19 mai H>43, fut livrée, par le due d'finghein , depuis prince de Coudé, cette bataille célèbre on furent détruits les derniers restée de le rm-iûMtaM* iefeeierit esp*gm*U, — Rocrjoi est une ville esse» propre, et qui tend tons les jours à seaséliorcT. On y voit une église dont le portail est assaa remaf quahlt, et une place eVermeê esses spacieuse.
Fumlsy, sur le rire gauche de le Meuse , eh,-!» de cent, , n 4 1. 1]4 N.-E. de EocroL Pop. 2,*21 hab. — Cette ville, aiteée entre la Meuse et la frontière , n'est aujourd'hui rcjnarqeablc que par son industrie et par l'expleitetien des oiines d'erdoises qui passent pour les meiMeores et lee plus eehdee 4e France, — £11* se trouve dans une contrée montageense au milieu de la feret dot Ardennes , et dépendait antrefois da diocèse de liège. L'électeur de Trêves y possédait des bois considérables, Fumay, Herin, Fe> pin et Moatignjr formaient eneorr, dane le siècle dernier, un pays neutre et indépendant, qui ne fut réuni A U France qu'en 1774).
Ci vit, sur U Meuse, chu4. de caot,, à ltf 1. P.-E» de Boeroi, Pop, 4,120 hab. — Cette ville qui possède un port de transit aesen important sur le Meute et qei est traversée par ce neuve, ferme une seule commune composée du G**ud-Gi*et on *7<>w SaiMi- Bilair* , du sort CheH—*t (sur la rire ganehe), et du P*tit~Gi*+ (sur la rive droite). -~ Giret cet «ne place ieHe; elle est pertacée par U Meuse en deux villes distinctes qui sont régulièrement bâtir*, offrent des maisons d'aspect egréxbje, des mes dneites et bien percées; on y trouve des places publiques et de belles oa» sernes qui , sous l'Empire, aerrirent de dépôt pour les prisonniers Anglais, Givet possède ea outre une biMmtueqee riche de *,Uuu> volumes. — On remarque duos ces environs, sur la rive droite de la Meuse, le château scfni^otlùque qui s'élève peès de U eeesmune de Vireux-Walfteroed* et le village de Yiree»-Moihein eA végète nn tilleul séculaire renun^ueble par ses diea* neton*. -- C'est aussi dans le canton de Givet epe se trouvent eur le» bords du fleuve les haute rochers qu'on noeame les tMmt* 4s Mm*—, énormes messes «aillées à pie* dont le jnejejft est coejronnd de verdure , et qni paraissent menacer par une chute iejeaineeee de combler le lit de la rivière. La gorge triste et sombre que forment les Oamet d* /Htm** e près d'un qeert de lieue de longnenr.-
HiM«see, village à 9 1. «T. E. de ftoeroi, et è 1 L de Cèvet. Pop. 2od hab. —Cette petite eoaansnne n'est remarquable ^qne par les raines duo ancien et mee^iifique ebajenu situé sur une oulline voisine et qui a été incendié en U$*, - La ebjpeUe dp ne château passait pour une des pwa jelies dn pays.
ShDAM, sur la rive droite de U Meeee , ville forte et ek^L dTerrond,à fi 1. E.-S.-E. de Mexières. Pop. 4 Mol hab — Cette rdle est d'origine très ancienne^ce ne lut pendent pleisienrs siècles qu'un château -fort dont s'empara Ch#rle»4e-Chae>e, qui le garde jusqu'en Mk% époque on Louis de Germanie en prit possession.^. Le cl4te«u avec ses dépendanees appartint eneniteemx archevêques de Reims. — Un d'eux le céda an roi de France en échange de Cormiey. — Dans les xiae et x<v* s^èeief . les seigoastrs de Josée acquirent ce domains, qui nrrs«e per mariages et cessions eu nanti sives dans la maison de La Marck, dont sormt ce guerrier beemV lent, intrépide et cruel, m célèbre dane le *vrii* siècle, par sou surnom degraeJ&mglierJ» dre^em: Un deeespetinvfila, JUbert de La Merck, insinua pour ton héritière «a «mur unique» < herlotte, à laquelle Henri IV fit épouser Sente de La Tour d' Auvergne, vicomte de Turenne. Le meriefc eut non en ie0l« Henri IV se rendit à Sedan pour y assister. — Le fils do Charlotte , Ere-
déric - Maurice de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, frère atué du célèbre maréchal de Turenne, échangea avec Louis XIV La principauté de Sedan et le dnché de Bouillon pour les comtés-pairie* d*Albret et de Château-Thierry, les comtés d'Auvergne et d'Evreux, etc. — Sedan1 était en 1789 la capitale de l'ancienne principauté de Sedan ; elle est regardée aujourd'hui comme une des places importantes de la frontière septentrionale de la France. Cest une ville très irrcgutière , bâtie sur un terrain inégal, et divisée par cela même en plusieurs* parties. Elle est environnée de prairies et de cultures, entourée de fortifications et de fossés dont une partie est baignée par les eaux de la Meuse. — Le cbâteaufort, placé au S -E. de la ville, se distingue par sa position élevée. An centre se trouvait le pavillon où Tu renne est né, et qui a été démoli pendant la révolution. Une pierre noire adossée à une tour porte cette inscription : l H naquit Tune/ut*, /# 11 stptembro 16 11.— On voit sur la place de Tn renne, à Sedan, une belle statue en bronze de cet illustre guerrier, par le sculpteur Edme Gois. — On montre encore au village de Bazeilles, près de Sedan, dans le château dit de Tnrenne, la chambre où Turenne fut allaité. La droite dn château est une allée d'arbres que ce grand capitaine a dit-on lui-même plantés. — Sedan est nue ville bien bâtie, ses rues •ont généralement larges et propres, ses maisons construites en pierres, et couvertes en ardoises; elle possède plusieurs places publiques, quelques beaux édifices, une jolie salle de spectacle, une bibliothèque , plusieurs promenades agréables , et de belles fontaines ; malheureusement les eaux de ces fontaines sont froides , pesantes et de mauvaise qualité; elles contribuent beaucoup aux maladies goitreuses qui affectent une partie des "habitant*. — Les établissements militaires de Sedan sont nombreux et importants. Sedan renferme trois casernes, dont deux sont situées aux deux extrémités de la ville, et l'autre au cbâteau-fort. La plus belle et la plus spacieuse est la caserne de cavalerie , placée au IV. -O. de la ville, sur ta rive gauche de la. Meuse et sur le canal de la navigation. Au pied du château-fort sont situés de vastes édifices où se trouvent les magasins, les écuries, le logement du commandant de la place , ceux des officiers de génie et des employés de la place. An nord de la ville, et non loin de l'hôpital militaire, est placée la manutention, où on fabrique le pain nécessaire à la garnison. L'hôpital militaire, bâti au nord de la ville sur des remparts élevés d'environ 115 p. au-dessus du niveau de la Meuse, domine la ville de toutes parts. Ce point, très bien fortifié, est le plus important de la place. On y arrive par un chemin tournant, d'une pente assez rapide. L'hôpital possède d'assez vastes jardins, et peut contenir 600 malades.—- L'arsenal de Sedan renfermait autrefois nne magnifique galet ie d'armures antiques, parmi lesquelles on remarquait celle de Godefroy de Bouillon , premier roi de Jérusalem. La plupart de ces armures se trouvent aujourd'hui à Paris, au Musée d'artillerie, dont elles sont un des principaux ornements.
Car ton ah, sur le Chiers, ch.-l. de cant., et à 5 1. S.-E. de Sedan. Pop. 1,882 bab. — Cette petite ville est située sur la frontière de l'ancienne principauté de Sedan ; elle se nommait anciennement Ivoi , et faisait partie dn Luxembourg français. Elle fut prise en 1482 , par le roi Henri II , qui la rendit cinq ans après. — La ville devait être démantelée et fut au contraire encore fortifiée. -— Le maréchal de Cbâtillon s'en rendit maître en 1862 , en fit raser les murailles et une partie des maisons. Louis XIV donna Ivoi et ses dépendantes an comte de Soissons , de la maison de Savoie, et l'érigé* en duché-pairie sous le nom de Carignan. — Le traité de Ryswick, en 1608, confirma la possession de cette ville à la' France. Cette terre passa de la maison des comtes de Soissons dans celle des Penthièvre, qui l'acheta en 1751. — La ville de Carignan n'est presque composée que d'une seule rue assez large et extrêmement longue. On y voit quelques belles constructions.
Dovcbe*y, sur la rive droite de la Meuse, à 1 1. O. de Sedan. Pop. 1,687 bab. — Cette petite ville fort ancienne avait été fortifiée ♦ et possédait an pont sur la Mense , qui était nu passage important. Louis XIV la fit fermer de murailles et de demi-bastions; nais en 1676 , son pont fut démoli , et on rasa ses fortifications modernes. Un pont de bois y a été construit dans le siècle dernier.
Moozok , sur la rire droite de la Meuse , à 8 l. S. de Sedan. Pop. 2,820 hab. — Cette ville , qu'habite aujourd'hui une population active et industrieuse , était autrefois la capitale d'une châtellenie qui a appartenu aux archevéqnes de Reims. Un d'eux l'échangea , en 18/9 , pour la ville de Vesli-sur- Aisne.— La situation de Mouxon et ses fortifications l'avaient rendu une place importante qui fat plusieurs fois prise et reprise. — L'armée de Charles- Quint s'en empara en 1620; elle fut encore prise, en 1680 , par les Espagnols , qui la gardèrent trots ans ; mais les maréchaux de Turenne et de La Ferté la leur reprirent en 1668. Les fortifications de Mouxon lurent détruites en 1671. — La châtetlenie de de Mouxon était fort étendue et enclavait autrefois dans von territoire l'abbaye de Saint-Hubert, qui est aujourd'hui comprise dans le duché du Luxembourg. Cette abbaye , fondée par les rois de France, dans le vm€ siècle, posséda long-temps, sous leur protection , on territoire indépendant. En reconnaissance , et jus-
qu'à la Révolution de 1789, l'abbé de Saint -Hubert envoyait an Roi , tous les ans , au mois de juillet , six ckitnt do ckouo courons , tt six oittamx do proie pour U vol. L'usage voulait que ees chiens , ces oiseaux et les deux chasseurs«qui les conduisaient, fussent introduits dans l'appartement du Roi , par l'introducteur des ambassadeurs et par le grand-mattre des cérémonies ; le Roi acceptait les chiens et les oiseaux , faisait donner une gratification aux deux chasseurs , et leur remettait cent écus pour être distribués en aumônes , aux pauvres de la ville de Saint-Hubert , dépendant de l'abbaye.
Vouziers , sur la rive gauche de l'Aisne, cb.-l. d'arrond. , à 12 1. 1 r2S. de Mézières. Pop. 2,008 bab. — Cette petite ville, qui ne parait pas avoir joué un rôle historique à l'époque où d'antres villes du département , qui lui sont aujourd'hui inférieures en richesse et en population , étaient le théâtre d'événements remarquables , n'a acquis de l'importance que depuis qn'eUe est devenue le chef-lieu d'un arrondissement. Eue renferme une population active et industrieuse qui s'occupe avec zèle de toutes les améliorations dont la localité est susceptible. La ville est propre , aises bien b&tie. Comme Mézières, Retbel , Attigny, elle est éclairée par les réverbères Bordier Marcel. — Vouziers a été, en 1792, a l'époque de l'invasion des Prussiens, un point stratégique assez intéressant. U s'est livré , dans ses environs , un combat où un chef * ennemi de distinction, le prince de Ligne , fut tué ; mais qui obligea Dumouriez à lever le camp de Grandpré. — Cest en quittant Vouziers qu'eut lien , dans l'armée française, cette paniqne fameuse où 10/00 hommes «-'enfuirent devant 1,200 hussards prussiens , et qui jeta momentanément l'alarme dans toute la Franee. Des fuyards pénétrèrent alors jusqu'à 40 lieues dans l'intérieur , avec une incroyable rapidité. L'effet moral que leur fuite produisit aurait eu de graves résultats, si heureusement la victoire de Valmy n'avait répare tout le mal.
Attigny , port sur la rive gauche de l'Aisne , ch.-l. de cant. , à 4 1. N.-O. de Vouziers. Pop. 1,162 hab.— Cette ville, très ancienne, et qui n'est pins aujourd'hui remarquable que par l'industrie de ses habitants , doit son origine à un palais que Qovis H y fit bâtir en 647.— Son histoire se rattache surtout à celle des derniers rois de la première race et de ceux de la seconde. Chilpéric (Daniel) y mourut en 727: Pépin, maire du palais, y tint , sous le règne de Childeric III , en 750 , une cour plénière , où s'agitèrent de grands intérêts. Quand , par la suite , il fat de* venu roi et chef de la seconde dynastie , avant d'aller faire la guerre à Gaifre, duc d'Aquitaine, il convoqua à Attigny, en 765, une assemblée générale de la nation. A cette assemblée, qui fnt continuée par un concile synodal, se trouvaient 27 évéques et 17 abbés , parmi lesquels on remarquait saint Rémi et saint Chrodegand , neveu du roi. — Carloman , qui régna concurremment avec Charlemagne, habita pendant plusieurs années le palais d' Attigny. — C'est à Attigny qu'en 786 le chef des farouches Saxons , Witikind , reçnt le baptême en présence de Charlemagne, son vainqueur et son parrain. — Dans le même lieu , à l'assemblée générale des Francs de 822 , Louis4e-Débonuaire se soumit à la pénitence publique que les prêtres lui imposèrent. D'antres concile» et de nouvelles assemblées eurent lieu à Attigny. — Charles-le-t hauve y reçut la députation des grands du royaume de Lorraine, chargés de le prier , après la mort de Lothaire ton neveu, de ne pas s'emparer de son royaume sans en avoir conféré avec Louis, roi de Germanie , alors en Bohême. Ce fnt à Attigny, en 870 , que le partage des états de Lothaire fut arrêté entre Cbarles-le-Chauve et les envoyés de son frère Louis-le-Germani- que. Le fameux concile de 870 y fut convoqué pour s'occuper principalement des différends qui existaient entre l'évêque de Laon, Hiocmar, et Carloman , simple diacre et abbé, mais fils du roi Charles-le-Chauve — Attigny fut souvent le séjour des rois de U 2* race : Charles-le-Simple parait s'y être beaucoup plu. Le lien était en effet agréable ; la Meuse y coule dans de belles prairies, et les coteaux voisins étaient alors couverts de forêts abondantes en gibier et dignes d'être le théâtre de grandes chasses royales. Charles - le - Simple y bâtit une église sous l'invocation de sainte Walbnrge. — Le palais d' Attigny , situé près d'une ancienne ▼oie romaine, dont les vestiges étaient visibles il y a quelques année*, était vaste et magnifique ; il avait pour dépendance» nne forteresse, un parc, des jardins , un vivier, des bains et plusieurs maisons de plaisance. Le vivier, dont on retrouve des traces facile» à reconnaître, était alimenté par le petit ruisseau de Sainte-Walburge et entourait les murailles de la forteresse. U reste encore quelques débris de ce palais qui sont voisins de l'église et du cimetière actuel. - Avant la révolution , ces édifices , dit M. Hulot, ancien curé et historien d' Attigny , conservaient au dehors des vestiges de la grandeur de leurs anciens hôtes. Ils étaient chargea d'armoiries ; les appartements intérieurs étaient très vastes , et soutenus par des poutres d'énorme grandeur. U n'y a pas plus de 26 ans qu ils étaient ornés, selon le goût gothique, d une multitude de figures d'empereurs, de rois et de reines. Quelques-uns existent encore. Les gros murs, qui n'ont pas été détroits , sont d'une épaisseur étonnante. II régnait à l'entour un cordon dn
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pierre, dont la sculpture, du meilleur goût, représentait des enfants tont éclatants d'une riche dorure , levant les deux bras pour soutenir, de distance en distance, des pampres et des festons. Le dôme, qui couronne encore aujourd'hui le milieu de la façade des bâtiments, était autrefois couvert d* armoiries maintenant défigurées; il est soutenu par une route, au frontispice de laquelle se présentent de chaque coté cinq colonnes. — Sous la voûte, à droite et à S sache , se trouvent divers enfoncements ou niches , surmontées 'un couronnement très élégant et enjolivées de fleurs et autres ornements du temps qui renfermaient probablement différentes statues depuis long- temps abattues. A son extrémité est pratiqué, à droite , en allant vers l'église , un escalier dérobé qui monte dans les appartements placés au-dessus, et par où oeut-étre les anciens habitants du palais descendaient pour se rendre à l'église de Notre-Dame. Cette église ne faisait jadis qu'un même corps aw ec l'habitation des rois et des empereurs et s'y trouvait enclavée. L'entrée du dôme était peut-être le porche d'un ancien cloître,
chhecture romaine se trouve réunie à l'architecture gothique. Une des chapelles latérales, dédiée à saint Martin, était autrefois décorée d'une statue colossale de Charlemagne. — On voit dans le sanctuaire de l'église une croisée ornée de sculptures très délicates et dont les vitraux représentent la fleur de lis des rois de France , flanquée de deux aigles impériales.— Des terres exhaussées ou des terrasses nommées le Jardin, de Reims , paraissent avoir dépendu de l'ancien palais. — C'est dans ce palais que Charlea-le-Siinple signa la charte par laquelle il érigea en sirerie la terre de Bourbon, dont le nom passa plus tard à une des branches de la troisième race. — Le palais d'Attigny cessa de jouer un rôle politique après la destruction de la seconde race. Les archevêques de Reims devinrent seigneurs d'Attigny, et le palais fut une de leurs maisons de campagne. — Attigny fut pillée en 135V et presque entièrement détruite par lea Anglais. — Daus le xvi* siècle et à l'époque du siège de Méxières, elle servit do dépôt pour les magasins de l'armée française , et ses environs furent le théâtre d'un combat , où les troupes de Charles-Qoint forent vaincue». — Le commencement du xvxie siècle fut encore fatal à ce'tte ville; les protestants, et 'surtout les troupes allemandes qui leur étaient alliées, y commirent de grands excès. — On rapporte à cette époque Tentière destruction de ce qui restait de l'ancien palais et de la forteresse. La ville eut également à souffrir beaucoup pendant la guerre de la Fronde.— Elle a toujours été en décroissant ; ce n'est que depuis peu d'années que l'ouverture de la communication navigable entre l'Aisne et la Meuse lui a donné quelque importance.
mtisxo* Fournira sv AMmmxmATrrx.
Politique. — Le département nomme 4 députés. — Il est divisé eu 4 arrondissements électoraux , dont les chefs-1. sont : Méxières , Rethel , Sedan et Youxiers. — Le nombre des électeurs est de 1,282. Administrative. — Le chef-lieu de la préfect. est Méxières. Le département se divise eu 6 sous-préf. ou arrond. commun. Méxières. .... 7 cantons, 99 communes, 62,787 habit.
Rethel 6 108 65,845
Rocroi. 5 68 48,807
Sedan 5 83 67,919
Youxiers. .... 8 121 69,314
Total. . 31 cantons, 479 communes, 289,622 habit
Serrict dm trésor publie. — 1 receveur général et 1 payeur (résidant à Méxières), 4 receveurs particuliers, 5 percept d'arrond.
Contributions directes. — 1 directeur (à Méxières) , et I inspect.
Domaines ai Enregistrement, — 1 directeur ( à Méxières) , 2 inspecteurs , 2 vérificateurs.
RypotbAmu eu — 6 conservateurs, à Cbarleville, Rethel, Rocroi, Sedan, Youxiers.
Douanes. — 1 directeur (à Cbarleville).
Contributions Indirectes. — 1 directeur (a Cbarleville) , 4 directeurs d'arrondissements , h receveurs entreposeurs.
Forêts. — Le département forme la 10" conservation forestière, . dont le chef-lieu est Méxières.— 1 conserv. à Méxières.— 2 insp. , à Sedan et Rocroi.
Pouts-et-ehaussées. — Le département fait partie de la 2e inspection , dont le chef-lieu est Amiens. — 11 y a 1 ingénieur en chef en résidence à Méxières, chargé en outre de la surveillance du canal des Ardennes.
Mûtes. — Le département fait partie du 7e arrondissement et de la 2* division , dont le chef-lieu est Abbeville.
Baras.—Le département, pour les courses de chevaux, dépend 4a î9* arrond.de concours, dont le ch.-L. est Paris.
Loterie. — Les bénéfices de l'administration de la loterie sur les mises effectuées dans le département présentent (pour 1881 comparé à 1880) une diminution de 11,066 fr.
Militaire. . — Le département fait partie de la 2* division mi-
litaire , dont le quartier général est à Chalons.— Il y a à Méxières i 1 maréchal de camp commandant la subdivis. ; 3 sous-intendants militaires , à Sedan, Givet, Méxières.» Le dépôt de recrutement est à Méxières. — Le département renferme 4 places de guerre : Méxières , Charlemont et les Givets , Rocroi, Sedan et château.— La compagnie de gendarmerie départementale fait partie de la 28* légion, dont le chef-lieu est à Metx. — Il existait à Cbarleville van mauefaetwro royale d'armes, dont on annonce le transfert récent dans l'intérieur de la France , il y existe encore une inspection des forges des Ardennes, et une poudriers royale, à Saint-Ponce.
Judiciaire. — Lea tribunaux sont dn ressort de la cour royale de Metx.— 11 y a dans le département 6 tribunaux de 1" instance, à Cbarleville (2 chambres), Rethel , Rocroi , Sedan, Youxiers, et 2 tribunaux de commerce, à Cbarleville et à Sedan. — Rethel renferme nne maison de eorrection.
Religieuse. — CmUe catholique. — Le département possède un archevêché érigé dans le m* siècle, dont le siège est à Reims , et qui a pour auffragants les évéchés de Soissona, Cbâlons, Beau vais, Amiens. — Le départ, forme, avec l'arrond. de Reims (Marne), l'arrondissement du diocèse de Reims. — Il y a à Cbarleville une école secondaire ecclésiastique. - Le département renferme 4 enrea de lr* classe, 28 de 2e, 659 succursales et 4 vicariats. — Il existe dans le département , et dan» l'arr. de Rheims (Marne) , 4 écoles chrétiennes; 86 congrégations religieuses de femmes : plusieurs de ces congrégations sont chargées des hospices.
Culte protestant. — Les réformés du département ont à Sedan une église consistoriale de Monneaux , et qui est desservie par un pasteur. — Il y a en outre dans le département un temple. — On y compte une société biblique et 2 écoles protestantes.
Universitaire. — Le département est compris dans le ressort de l'Académie de Metx.
Instruction publique. — Il y a daus le département : — 8 collèges, à Cbarleville T à Rethel , à Sedan ; — 1 école normale primaire annexée au collège , à Cbarleville ;— 1 école modèle , à Méxières.— Le nombre des écoles primaires du département est de 616, qui sont fréquentées par 89,i65 élèves, dont 20,856 garçons et 18,b09 filles. — Les communes privées d'écoles sont au nombre de 11.
Sociétés savantes , etc. — Il existe à Méxières, une Société d'Agriculture , Seisnees , Arts et Commerce , des Archives, un Musée et un Cabinet d'Antiquités départementales. — Rethel, Rocroi, Sedan et Youxiers possèdent des Sociétés d'Agriculture. — Il y a à Méxières , à Sedan et à Cbarleville des Court de Géométrie et de Mécanique appliqués aux arts.
l>OFUI*sYTIO#f.
D'après le dernier recensement officiel , elle est de 289,622 h. , et fournit annuellement à l'armée 669 jeunes soldats.
Le mouvement en 1880 a été de ,
Mariages 2^96
Naissances. Masculins. Féminins.
Enfants légitimes. 4,089 - 8,942 j T , lisi
— naturels.. 219 - 204 J TotoL *•***
Déeès 3,332 — 3,232 Total. 6,664
Dans ce nombre 1 centenaire.
GAH2W BTATIOJrAU.
Le nombre des> citoyens inscrits est de 68,689 , Dont 1 1,910 contrôle de réserve.
46*779 contrôle de service ordinaire*
Ces derniers sont répartis ainsi qu'il suit : 48,664 infanterie. — 207 cavalerie — 401 artillerie. — 2,4o7 sapeurs-pompiers.
On en compte : armée, 17,861 ; équipés , 9,838 ; habilles , 12491.
17,697 sont susceptibles d'être mobilisés.
Ainsi, sur 1U00 individus de la population générale, 200 sont inscrits an registre matricule, et 61 dans ce nombre sont mobilisables ; et sur 100 individus inscrits sur le registre matricule, 80 sent soumis au service ordin., et 20 appartiennent à la réserve.
Les arsenaux de l'Etat ont délivré à la garde nationale 17,441 fusils, 46 mousquetons , 14 canons, et un assex grand nombre de pistolets, sabres, lances, etc.
DEPOTS XV ELXCnTXB.
Le département a payé à l'État (1881):
Contributions directes " 8,080,761 f. 88 c.
Enregistrement, timbre et domaines 1,402^934 90
Douanes et sels. 886.768 12
Boissons, droits divers, tabacs et poudres. . . 1,668,740 68
Poste» 278,688 78
Produit des coupes de bois. 688,126 82
Loterie 20,809 86
Produits divers 195*616 97
Ressources extraordinaires 613,446 26
Total. 8,076,880131 c.
Il a reçu dn trésor 11,974,698 fr. 78 c, dans lesquels figurent :
FRANCE P ITTORESQtJE. - ARDENNES.
Là dette publique et le* dotations pour. . . . Le» 4épe%*e* du ministère de U Justice. . . .
èe n»*roctk» publique et de* eefces
du commerce et efcs treraïix publie* .
delagnerre
de 1* llttfWB.
Le* fttta de régie et de perception de» impôt». , restitut, nmt»»*leiira et primes.
Total
llije*4088f
Ctodeu
•étalée de paiement* et de recettes représen-
69 «eut. de pi»» qu'il ne paie. Cette somme équivaut presque à deux et de son revenu territorial.
i t'élèteiit en 1881) a 819,520 f 88 e., Hton i tNp. /*•* traitements » âbonnem. , etc. Dey, •asiablet loyers, réparations , secours , etc. Dans cette dernière somme fleurent pour 40,950 f * c les prisons départementales , 26,086 f » e. les enfants trouvé*.
Les secours accordé* par PÉtat pour grêle f Incendie, épteootie, etc., sont de 21,186
Le* fonds consacrés an cadastre Mêlèrent à. . . 78,519 Le* dépenses des Cours et tribunaux sont de. . . 101,498 Les frais de Justice avancés par l'État de 9!, 100
amvsvaae acaioou.
Sur une superficie de 518,015 hectare*, le départ, en compte : 880,1000 mis en culture , jardins et prés. — 132,619 forêts. — f,828 vigne*. — 20,000 landes.
Le revenu territorial est évalué & 11,994,000 francs.
Le département renferme environ : 57,000 chevaux. — 76,000 bétes a cornes race bovine). — 400,000 moutons.
Les troupeaux de bétes à laine en fournissent chaque année environ 5*0,000 kilogrammes , savoir : 1 ,560 mérinos , 80,500 métis , 692,<»0Wigcnes.
• Le produit annuel do soi est d'environ ,
En céréales et parmefltières. 1,174,000 hectolitres.
Bn avoines 9,800 id.
En vins 60,000 id.
En cidre JfcVOOO id.
Bobsèr 177,000 WL
L'agriculture ». depuis quelque» années, fait des progrès remarquables. La récolte moyenne, en céréales et eu fourrages, dépasse généralement les besoins de la consommation. Le produit des céréales ne s'était élevé en 1831 q«ra 570,00a hectolitres, en 1842 la récolte a été de 9l2,0i 0. — Le pays produit peu de vio, mais il y supplée pnr le cadre et par la bière. — Il nourrit assez de bétes a Cornés pour en fournir aux départements voisins; ou y trouve un grand nombre de montous , parmi lesquels on remarque de» mérinos et des moutons à longue laine, - On s'y occupe aussi de l'élève des chèvres deCaehemuv^L'éducntioti deçabeilles est assez répandue dans le voisinage du pays d'Ardeune.
DnDÛBTBH OOMBUMa OI ê «■
La manufacture de draps établie depuis 1646 à Sedan, et dont tette vitte a» t toujours restée le oestre; la iabneatsen des casimira, des cuira de saine, des eastoriaes, dea alpagas, et des diverses antre* aorte* de draperies occupes! le premier rang dans l'industrie dn département. — Les draps de Sedan jouissent depuis longtaaaps d'une réputation méritée. — U exbte dans le pays on Ton fait u*j jrand eoeamerce de laine, dea ananotauturf»a de «hèles , facacbo.i are, de flanelle, et de tissu* mérinos. L'industrie métal-
yaneacn luirôst
f possède 25 hauts fourneaux, 15 fours d'affinerie à la bosnlla, 57 entras an cèarbon de béas, des laminoirs pour les tôles, le*, ter* nears et le* fers ldnous, dea tirettes de ni de fer et de fil de laiton, de belles fonderies pour le cuivre et le aine, ainsi que îles fabriques considérables de batteries de cuisine elde chaudronnerie; des fabriques de projectiles de guerre et de cylindres pour les mécaniques ; de» fabriquée d'essieux, de fléaux de balance, de fers à repasser, de pelfês, de pioches, d'outils de toute espèce , etc. — On évalue la production annuelle du fer , à plus de 4,560,000 kilogramjie* de fer en *erges ; et à plus de 700,006 kilog. de fer fonda , qui est «m ployé dans le* atelier* de ferronnerie et de quincaillerie. — La fabrique de Cbarleville livre annuellement au commerce, 3^500,000 kilog. de clous. On évalue le produit des mines de enivre, A 186J00O kil.de pUncbe* laminées r 410,000 kil. de fil de laiton pour le* fabriques d'épingles, ainsi que pour l'horlogerie, et 40,600 kilog. de fonds de chaudrons , de chaudières, etc.-» Tons
les établissements métallurgiques occupent un grand nombre d'ouvriers; on en compte seulement, dans 1rs villages dePammd. de Mérières # 6,680 employés A la clouterie', et 6*6 à la ferronnerie. Il existe A Raucourt une fabrique de boucles cPaeier , de fc*er> chettes et de dés à coudre; A Champignculle, une febriqee d* soc* de charrue, dont les produits sont très recherché*. — Le* usines à cuivre des environ* de Givct jouissent aussi prune grande réputation ; on y lamine aussi du aine. — Outre les nrdet*ea célèbres de Fumay, Fépin, Saint-Barnabe, etc., il existe, atW environs de Civet, des exploitations de marbres rree lesquelles on fabrique sur les lieux des carreaux polis et de* cheminée*. Le* ardoisières du département produisent annuellement 66,80»>,806 ardoises et 2,100,600 faisceaux d'ardoises; elle* occupent environ 1,006 ouvriers. — On y prépare aussi des ardoise» V0**}* écoles d'enseignement mutuel et de dessin.— Le départ, renferme des fabriques de eéruse (qui en produisent annuellement 156,006 kd.) et de pipes en terre ( qui en fournissent f 5,< 00 grosses j dee manufactures de porcelaine ; de grandes verreries , parmi lesquelles on remarque celle de Monthertné. - Il y existe de* filatures hydrauliques de laine ; des fabriques de grosses étoffes pour lès troupes; des tanneries; des corroieries; des fabrique* de colle-forte; des brasserie**, etc. — Il se fait à Civet et A Charteville, à la faveur de deux ports que ces villes possèdent sur la Meuse , un commerce important de transit. — On y fait aussi le commerce de bois. Différentes localités ont des fabriques de chandelles et de cire. On fait A M«*izon le commerce de* abeilles. — Attira y et Vouziers renferment des ateliers de vannerie Ame et des fabriques de biscuits à l'instar de ceux de Rébus. Roua sommes obligés , faute d'espace, de clore ici renonciation de* différents objets sur lesquels s'exerce l'industrie des Ardennaû). Si nous n'avons pas parlé de la célèbre fabrique d'armes A feei de Cbarleville (transférée A Tulle et à Chatellerault), c'est que se* produits sont spécialement destinés pour le gouvernement.
Récompenses iKD08Tfti*i.L*s. — A l'exposition de 1684, n»dustrie du département a obtenu 8 médaillés n'oa, V ttinttULis
D'ARGENT, 6 MEDAILLES DE BRONZE, S MERTIOKS «OlfOlUBtt* **
8 citations.— Les médailles d'or dut été décernées A MM. Baeot père et fils , Cbayaux frères et Bertèehe-Lambquin (de Sedan), pour dropt , easimir»', etc. ; — les médailles d'argent A MM. Fournival père et fils (de Retbel). pour laines Jllées et futur mérinms ; La brosse, Jansen , Ranlin -père et fils et Durotoire (de Sedan), Bridicr, Chayaut et fils, Piot et Nonnon (de Mouson, arrondi de Sedan), pour dr*p$ el casimirs ; Estivant fils atné, Estivant de Bréaux ( de Givct >, pour colte-farte , et Mesmin aîné (de FromeleUnes j, pour prc.dwts métallurgiques ; — les médailles de broute A MM. Antoine Rousselet , Trotot et fils , Le Rot Picard (de Sedan), Warinet Nanqoette ( de Balan , près Sedan ), pour drap*, cuits de laine et cosmirs ; Fayard (de Balan), pour drops cachemires t et
MatWeu-Danloy (de Itucoatt), pour dés à «eu*»* .prêt 4**sfcK —Les mentions et citation* ont été accordées pour fabrication de canons en damas pur et avec ruban d'acier, de boucles f de ouïr fort, d'étaux , de fléaux de balances et d'cnduine* de fer* cremx ea fonte et de carrelage en ardoises.
Douanes. — La direction de Cbarleville a 6 bureaux principaux , dont 5 seulement sont situés dans Te département. Les bureaux du département ont produit en 1681 :
Douanes, et timbre. Sels. Total.
Produit total des «
Rocroi. . .
Givet. . . .
Cbarleville.
Sedan. . . , Carignan.
Foire** — Le nombre des foires dn département ea* de 148. Elles se tiennent dans 40 communes, dont t4eh*fsmaauf, et remplissent 150 journées.
Les/*/*» atoftto , au nombre de 75 , occupent 76 j**jrne*n. — 480 communes sont privées de foires.
Les articles de commerce sont (outre le* articles decoaasjauaBBtion locale, tels que quincaillerie , mercerie, poterie, etc. les giniei f à Cbarleville et Vouziers )| le* bestiaux et chevaux (à Jsnsirille); les besuf» gras (à Bnxancy).
Lettres sur la Champagne f par E. A. de Géronval; in-12. Parts, 1822. — Attignj aeêc ses dépendances , s»n pâlots, etc. , par Hulot; |n-8 Reims, 1826. — Souvenirs hisl. et ar. Le»lpg. fAtttgnf (Ann« des Voy., 1681, t. m). — Biographie du département des jirdenmts » par l'abbé Bouillot ; 2 vol, in-8. Paris, 1880. — Notice topcgrvplimma emr ta vtlfe et les établissements militaires de Sedan , par Marsetfhaa (Recueil de Mém. de médecine, de chirurg. et de pharm. militaires, tome 15, in-8. P»ris.) ^ BUGiX
Pa **■*•* s*js DELLOTt , Mfuur, place *• ta Bcmree , ne àe$ rltle§-3,Ta««uM. t).
Paris. — Imprimerie et Fonderie de Rio wotrx et Cemp. , rue de* Francs-Bourgeois-Saint-Micbel, 8.
Département de l'Âriége.
(Ci-toant pai)e û* Joix.)
tourtotiuL
L'histoire de l'ancien comté de Foix est celle du département de l'Ariége , qu'il forme presque . eu entier. Le pays, habité d'abord par les Volces Tectosages, fut soumis par les Romains et compris sous Honôrhis dans la première Lyonnaise ; ensuite il fit partie de la Narbonnaise. En 379 , les Golhs en dépossédèrent les Romains. — Plus tard le pays obéît pendant quelque temps aux premiers ducs d'Aquitaine qui y introduisirent les Sarrazin*. Ceux-ci eu ayant été chassés par Charletnagne, le pays fut réuni à la couronne de France. — Bientôt après il passa aux comtes de Toulouse, puis à ceux de Ba redonne, à ceux de Carcassonoe, et enfin, vers 1002, il eut des souverains particuliers ; la population était alors un mélange de Romains , de Goths et de Français. —Le premier comte de Foix fut Bernard, second fils de Roger, comte de Carcassonne; ce Bernard est la tige d'une famille qui , illustrée par ses guerriers et surtout par ses alliances, accrut graduellement ses domaines et sa puissance, monta sur le trône de Navarre et compte parmi ses deseendans tous les rois de France depuis Henri IV. — En 1276 le comte Roger-Bernard fit hommage-lige de son 'pays à Philippe-le-Hardi , roi de France, et depuis ce temps les princes de la maison de Foix demeurèrent toujours immédiatement soumis à nos rois pour toute l'étendue de leurs états. Le comté de Foix est une des provinces que l'avénemebt de Henri IV au trône a définitivement réunies à la France.
AJfUQtmÉft.
Le département ne renferme d'autres antiquités que celles qui se rattachent au moyen-âge. — On y trouvait , à l'époque où le comté de Foix avait des souverains particuliers , quantité de beaux châteaux remarquables par leur architecture , par leur situation et par leur force ; des églises anciennes, vastes et décorées avec magnificence, des monastères nombreux et richement dotés ; mais tous ces monuments ont été détruits pendantes guerres de religion des xvie et x vit* siècles. La plupart des montagnes sont encore surmontées de tours qui ont servi dans le moyen-âge de postes d'observation ou de retraite ; mais ce ne sont plus même que des ruines. Elles portent le T. i. — 23.
nom des lieux qu'elles dominent ; telles sont lés tours ou châteaux de Quié, deTarascoft, de Gtidanne et de Lordat ancien chef-lieu du Lordadoié : ce dernier présente encore une vaste enceinte de fortifications démantelées. — Au-delà de Vic- Dessos, on remarque une tour qtfe les habitants prétendent avoir été bâtie par les Romains.
Les habitants du département de l'Ariége, privés de communications faciles avec les pays voisins , ont conservé une partie des mœurs qui leur étaient propres sous'la domination des comtes leurs anciens souverains. C'est à de vieux souvenirs d'indépendance et de liberté qu'ils doivent fa fierté qui les dislingue, l'élévation de leur caractère, une bravoure qui ne se dément jamais. Il y A cependant quelques différences notables entre les habitants des montagnes et ceux de la plaine: les premiers, plus frarics, plus ouverts, plus fier^, plus agrestes , moins endurants, plus aguerris, sont aussi plus disposés à résister à l'oppression, de quelque part qu'elle vienne ; les autres ont de la sotlpless(% de la finesse et plus de civilisation"; ils sont beaucoup" moins exercés au travail et moins vigoureux ; mais tous, hommes de la montagne et habitants de la plaine sont d'ailleurs vifs, ingénieux et bons soldats.
Contrebandiers. — Une petite partie des habitants de l'Ariége manque seule de ces qualités. L'extrême frontière nourrit une population que l'habitude de la contrebande déprave. Les contrebandiers, s'il faut en croire M. Thiers qai les a étudiés , sont partout méchants, voleurs, ivrognes, joueurs. Ces vices doivent être le résultat d'une vie passée dans les hasards, dans lés dangers, souvent dans l'oisiveté, et toujours dans l'infraction des lois. «Je connais, dit-il à ce sujet, un village autrefois fort riche, qui , placé sur la limite du territoire marseillais et près d'une espèce de gorge, s'est voué exclusivement à Ta contrebande. Il a abandonné la culture de ses terrés et les a toutes vendues à un village voisin , qui deviendra une petite ville par l'industrie et l'assiduité laborieuse de ses cultivateurs, tandis que la population du village contrebandier n'est plu» qu'uu troupeau oisif et méchant. Le vice dii jeu y est porté à un degré excessif, *
FRANCE PITTORESQUE. — ARIEGË.
sassâss
Les contrebandiers c^es Alpes et de la Suisse s'occupent à introduire en fraude des objets portatifs et faciles à cacher, tels que des montres, des bijoux, des dentelles. Ceux des Pyrénées font principalement la contrebande du tabac et des laines; et, malgré le volume des objets qu'ils veulent introduire , ils savent mettre eu défaut la surveillance des douaniers. Il est vrai que les localités les aident beaucoup. Ils gravissent les montagnes du celé du midi ; et, quand ils sont au sommet, ils précipitent les ballots, qui roulent sur le flanc du nord, et que des hommes apostés reçoivent dans les vallées et transportent , à travers les défilés, dans le pays de plaine. Ces contrebandiers, sorte de poulatipn mixte , qui n'est ni espagnole ni française, mais plutôt ennemie des deux pays, ne marchent d ailleurs qu'armés jusqu'aux dents et toujours prêts à faire le coup de fusil avec les douaniers. M.Thiers s'est trouvé avec eux dans une auberge isolée des Pyrénées. Il va nous les faire connaître -.«Dans qne grande et vaste salle se trouvait un feu où brûlait un arbre presque •entier. La flamme montait le long de la muraille et allait sortir par un trou pratiqué au toit. Tout autour de ce feu étaient assis, sur des pierres carrées ou sur des rouleaux de bois, des muletiers, des contrebandiers , toujours appelés commerçants, et des femmes qui, pressées de se chauffer, n'avaient pas encore quitté leurs mantes noires. II régnait là une parfaite égalité , et la place appartenait au premier occupant. Plusieurs rangs de voyageurs gelés attendaient leur tour. Dès que l'un de ceux qui étaient en première ligne commençait à sentir sa peau se brûler, il se retirait, et son se r refile prenait sa place. Le premier soin était d'ôter les spartilles ou les sabots, et de les pendre aux branches des fascines qui n'étaient pas encore enflammées. Il y avait ainsi uue vingtaine de chaussures fumantes et de pieds montagnards rouges tout nus autour de ce foyer. C'est au milieu de cette galerie qu'il me fallu l^preodre place. Heureusement mon. guide avait eu soin d'occuper un siège pour me le transmettre ensuite. Je me trouvai bientôt assis auprès d'un chef de bande dont la face m'aurait promis beaucoup d'histoires curieuses, si j'avais pu me faire entendre et surtout accueillir de sa fierté catalane. Il avait un grand manteau roulé en bandoulière autour du corps; une ceinture de cuir où ne pendait pas de sabre. Mais en revanche, je voyais un manche grossier sortir de la poche de son panta Ion. 11 venait de brûler une pipe, et, portant la main à cette poche, il en sortit un instrument d'une longueur extrême, qui, se déployant tout à coup, me laissa voir un poignard déguisé en cou- . teaui 11 se servit de la poiule pour nettoyer le fourreau de sa pipe i et celte opération faite , il
regarda son arme un instant -et la retourna plusieurs fois avec complaisance. Un brigadier de gendarmerie qui était là y porta la main aussitôt, en lui disaut qu'il n'était pas permis d'entrer en armes sur le territoire français. — «Hé! dit l'au- « tre, n'est-il pas permis de couper son tabac et son o pain ? — Fort bien , reprit le brigadier; mais il y a «là plus qu'il ne faut pour couper du tabac et du «pain. -Et les loups et les chiens, ne faut-il pas «se défendre contre eux?» — Le contrebandier disait cela avec une altitude si indolente, mais si fière, que mon gendarme, habitué à demander des passeports et non des poignards , n'osa pas insister.»
VOTES BIOOnABBIQUES.
Le département a fourni un pape à l'Église , Jacques Feumier, sacré sous le nom de Bjtnoit XII.
Parmi les princes de l'illustre maison de Fois , deux Gaston sont particulièrement remarquables. L'un , surnommé Phokbus , à cause de sa beauté , fui célèbre dans le xive siècle par sa magnificence ei par sa bravoure. Il esl auteur d'un traité curieux et complet sur les genres de chasse en usage dans son temps : ce livre, intitulé Miroir de Pluebus , a mérité d'être consulté et cité par Buffon. L'autre est ce jeune héros, mort à 24 ans après une victoire, Gaston de Foix, tué en 1512, à Ravenne. — Louis de Foix, célèbre architecte du xvi* siècle , constructeur du phare de Cordouan ; Piebjw Bayle , savant distingué , sceptique éclairé , un des hommes qui , dans le xvne siècle, ont fait faire les plus grands pas aux sciences critiques et historiques (1); nos contemporains l'astronome Vidal , Daima in g fils , fondateur de la Gazette des Tribunaux; les généraux Saerdt, Lapitte et le maréchal Clauzel appartiennent au département de l'Ariége.
TOPOOl
Le département de l'Ariége est un département/nnftièrt, région sud. — Il est formé principalement du pays de Foix, du Cotiserais et d'une partie de* provinces de Gascogne et de Languedoc. — Il est borné : au nord, par les départements de la Haute-Garonne et de l'Aude; à l'est, par celui de l'Aude et des Pyrénées- Orientales; au sud, par celui des PyrénéesrOrientales et par l'Espagne, et a l'ouest, par le département de la Haute-Garonne. — H tire son nom de la principale rivière qui l'arrose. — Sa superficie est de 568,964 arpents métriques.
Sol, montagnes , vallées.— Sous le rapport physique, le département ressemble aux autres départemenls pyrénéens ; mais les montagnes qui le bordent au sud sont moins élevées , moins dénudées que celles des Hautes- Pyrénées, bien que plusieurs atteignent de 8000 à 0000 pieds d'élévation : celles-là conservent de la neige toute l'année, et sont parsemées de petits glaciers, les autres sont couvertes de pâturages jusque sur leurs sommets. Le nord du département offre de vastes et riches plaines et de spacieuses vallées, dont le sol alluvionnel est de la plus grande fertilité. — Ces vallées ont leur direction générale est du nord au sud. — La vallée de l'Ariége, depuis Tarascon jusqu'à G udane, est étroite et défendue par des montagnes escarpées, qui, à son extrémité, au port de Paillon', et à l'est d'Ax, forment une longue chaîne de sommets neigeux. On y a trouvé plusieurs cavernes qu'on a prétendu avoir servi de retraite à des hommes d'une laille gigaolesque, à cause de grands ossements enfouis dans la terre, et qui»
(I) Quelques exemplaires , seul reste de l'excellente édition du Dictionnaire te Bajnr publiée par le libraire Desoer, se trouvent chez l'éditeur de la Franc* ^inoru^me. 19 vol, in-8* ', pria : 100 4Y.
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FRANCE PHTORESQUE. — ARIEGE.
examiné* avec soin , seront tans doute reconnu» pour appartenir à quelque race d'animaux perdu»
Rivières. — Le département est arrosé par cinq rivtères pnoctpales : YAriége, Y Arise, YArget, le Salât et le ësn. — L'Argot ou Argent , Argentifera, a été ainsi nommée parée qu'on a cru longtemps qu'elle traversait des mines d'argent et charriait des parcelles de ce métal. — ■ L'Anse présente dans son cours cela de remarquable qu'elle traverse une grande et longue voûte dont nous parlons plus loin -sous le nom de la Boche du Pas. — Le Lert recueille les eaux de la Fonteêtorite. — VAriége ou Auriége, A un géra f a trois sources principales qui nais- - sent dans les vallées situées au point central des pays de Foix, du Dounezan et de l'Andorre. Celte rivière (flottable depuis Foix) traverse le département dans toute sa longueur, et coule du sud au nord ; elle se jette dans la Garonne à la pointe de Pinsaguet , à deux lieues de Toulouse. — Le Salât ( flottable depuis Saint-Girons ) arrose la vallée où se trouve cette ville. — L'Ariége et \* Salât sont les seules rivières navigables. L'étendue du parcourt de la navigation peut être évaluée à 30,000 m. Routes, -t Le département compte 14 routes royales et départementales , 'mais aucune n'est montée.' — La route de Toulouse en Espagne passe par Saint-Girons. — La plupart des transports à travers les Pyrénées se font avec des bétes de somme.
BtériD&oxoaix.
Climat — La température du département est variée comme celle des pays de montagnes. L'air y est pur, léger, vif , presque toujours sec ; le ciel est généralement beau et serein; le printemps y est généralement pluvieux, l'automne est au contraire la belle saison. — Dans les parties moyennes du département, les plus fortes chaledrs de l'eié ne font monter le thermomètre qu'à 16°, et le froid le plus intense dépasse rarement 1 3°.
Vents. — Les vents qui soufflent le plus fréquemment sont ceux d'est et de sud ; le vent du sud amène presque toujours la pluie.
Maladies. — Les fièvres de toute nature, les affections catarrhales et scorbutiques, sont les maladies les plus communes dans le département. — On y trouve beau-, coup d'affections cutanées, et dans certains cantons les habitants sont sujets 'aux goitres. * ' *
Tempêtes pans les Pyrénées. — Les tempêtes que le veut soulève dans les défilés des Pyrénées présentent des incidents remarquables , et mettent souvent en danger la vie des voyageurs II en est peu aussi qui soient tentés d'en faire le sujet de leurs observations. C'est donc une bonne fortune pour nous que de pouvoir en offrir à nos lecteurs une description faite par M. Thiers:
■ J'avais, dit il, je ne sais quelle curiosité de voir ce qu'était une tempête dans le défile, et de m'assurer si l'imagination des gens du pays n'ajoutai} pas aux scènes qu'ils me décrivaient. La souffrance, cette fois, fut pour moi moins grande que le malin, parce que j'étais déjà accoutumé au froid et au vent, et 'que d'ailleurs nous approchions du milieu du jour.* — ' Mais ce qui se passait là dedans pendant certains instants est inconcevable. Il y avait des moments d'un calme parfait, et où il ne se faisait pas d'autre mouvement que la chute silencieuse de la neige. C'est de ces intervalles dont je profitais pour regarder, mais ils étaient bientôt, interrompus; le vent partait tout à coup avec une violence inattendue, roulait les nuages, les pressait dans les enfoncements , et emportant la neige qui tombait encore , celle qui jonchait déjà la terre , il la soulevait comme les flots de la mer, ou la chassait devant lui comme reçu me des eaux. La désolation de ces instants est impossible à rendre Le changement des formes, le {gisement tout nouveau de la neige , la disposition inattendue des nuages, les bruits effrayants, tout faisait croire qu'on allait assister à la ruine du monde. Je fus pendant l'un de ces instants frappé d'un spectacle admi-
rable. Arrivé au sommet intérieur du port, je me retournai , et j'aperçus devant moi une immensité de variées qui se développaient les unes à la suite des autres. Les nuages s'étendaient jusqu'à la dernière ligne de cet horizon; mais tout à coup, tandis que ceux qui étaient sur ma tète étaient sombres et épais, ceux du fond s'éclaircirent. et j'aperçus à un grand éloignement les contrées d'où je venais, qui , parfaitement éclairées du soleil, semblaient jouir d'un calme inaltérable. Ce calme, vu du sein de l'orage et à travers la magie du lointain , me fit oublier toutes les peines du voyage. »
Règne animal. — Les moutons et les chèvres sont, parmi les animaux domestiques, ceux dont les races sont les mieux choisies — On y nourrit peu de chevaux, mais l'élève des mulets y est assez considérable. — Les montagnes renferment des-chamois, des ours, des sangliers, des loups et des renards ; les oiseaux de proie et de montagnes y sont très communs; on y trouve des coqs de bruyères. — Les cours d'eau sont poissonneux, ma i8 les lacs le sont davantage Les' truites saumonées de l'Ariége ont de la réputation.. Les écrivisses y sont communes et excellentes.' — Dans le canton deQueri-' gut, on nourrit des 'abeilles dont le miel rivalise avec celui de Narboane.
Rbgnb végétal. — Lé pin , le chêne, le hêtre sont les essences dominantes dans les forêts. — Les arbres à liège sont assez multipliés pour donner lieu à -un commerce étendu. — Les montagnes sont riches en plantes médicinales et aromatiques.
Règne minéral. — Le fer est la seule des richesses métalliques qui soit l'objet d'une grande exploitation. H existe cependant dans le pays des mines d'or et d'argent; les mines d'argent ont été exploitées du temps des Romains. La plupart des cours d'eau, et principalement l'Ariége , charrient des paillettes d'or. Au siècle dernier, on en recueillait dans cette rivière pour 80,000 francs par an. Ces paillettes n'ont pas ordinairement plus de deux lignes carrées de superficie ; cependant on en a trouvé de' plus considérables, et même de, "24 grains. Un naturaliste prétend même qu'un morceau d'or natif, ramassé dans l'Ariége. pesait une demi-once. Cet or, suivant Réaumur, est à 22 k a rat s un quart, et provient de minés de cuivre aurifère décomposée*. Des mines de charbbn.de terre, du cuivre, du plomb, des pyrites martiales, des pierres bllaires ou serpentines, du mica , du jayet, du granit, des schistes argileux et ardoisiers, des marbres de toutes natures, parmi lesquels on remarque le statuaire de Béiestà , complètent à peu près la liste des. richesses minérales du département.— On prétend qu'il y existe aussi , près de Saleix, une mine d'amiante. • • - " *
Boche d'aimant, — On trouve sur \ la montagne de Llause, près du pic d'Orlùs, un 'rocher isolé', dont la base né porte vers son centre que par un petit nombre de points. Lorsqu'on le frappe, il rend tin son d'airain très fort, ce qui l'a, fait long-temps regarder dans le pays comme urie masse d'airain ; mais un examen plus attentif a prouvé que les fragments dé ce rocher sont dé véritables pierres d'aimant ayant deux pôles distincts. " Eaux minérales. — . le département possède des établissements d'eaux minérales à Ax, à Ussat et à Audi nac. — Les eaux d'Ax sont chaudes et sulfureuses ; celles d'I'ssat renferment du sulfate , du muriate de magnésie et .des sels calcaires L'eau d'Audinac , légèrement ferrugineuse, contient du gaz acide carbonique. On trouve en outre à Carcannières diverses sources d'çaux minérales chaudes que l'on croit sulfureuses; et prés de Pamiers une source d'eau ferrugineuse froide.
Eaux salées. — Les eaux d'une source située au village de Camarade, prés du Mas-d'Azil, sont assez chargées de muriate de soude pour que les paysans puissent en extraire du sel par J'évaporation. La salure de ces
(FRANCE PITTORESQUE. — ARÎÉGE.
eaux est due sans doute a un banc do sel (femme , qui doit se lier à ceux qui existent dans le département de l'Aude. On a remarqué que, dans les temps chauds et secs, les eaux de Camarade s'adoucissent, et que, dans la saison pluvieuse elles deviennent au contraire plus salées.
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' FoNTESTOium. — Cette fontaine est une des sources intermittentes tes plus célèbres de la France. Elle sort d'une caverne située à l'extrémité d'une chaîné de rochers, entre le village de Foulas et Bélesta. — Son nom, en languedocien, veut dire fontaine troublée. — Dès sa source, Fonteslorbes offre un volume d'eau considérable; elle forme une rivière large de 18 pieds, et qui, prés de là , va se réunir au Lers. Pendant une grande partie de- Vannée, cette rivière coule d'une manière eontinue , avec rapidité, et sans avoir rien qui la distingue des autres eaux vives. L'antre d'où elle jaillit parait renfermer un profond réservoir: on le croit du moins par le bruit qu'y font les pierres en y tombant. — Le phénomène qui a rendu Fonteslorbes célèbre n'a lieu que pendant les mois d'été; elle ne coule alors que par intervalles, disparaissant pendant 32 minutes 30 secondes, après chaque écoulement de 36 minutes 3ê secondes de durée. Le retour de l'eau est annoncé par un bruit assez fort. Les pluies font cesser les intermittences, et rendent son cours continu. Quand l'été commence par des pluies % Fonteslorbes ne devient intermittente que vers la fin de cette saison. Deux jours de pluie suffisent quelquefois pour faire cesser Tinter mittence pendant une quinzaine de jours, et des pluies fréquentes la suppriment pour toute une année. — On spit maintenant que ce sont les eaux de la plaine de Sault qui, située au-delà des rochers de Fontestorbes, alimentent cette source, mais on suppose que ces eaux ont besoin pour y arriver d'un temps assez long. Après un orage, le Lcrs enfile et déborde en moins de trois quarts
J 'heure, et ce n'est que lorsque cette rivière est rentrée ans son lit, et au bout de o6 heures seulement, que Porage produit son effet sur Fontostorbes.
VxffTPO Pas. — Les voyageurs qui ont visité la Grèce ont loua fait mention des vents souterrains qu'exhale le AfoQt-Parnasse. — Le Puy-du-Till , montagne située prés du village de Blaud (canton de Mirepoix ), présente fa même phénomène. Cette montagne est percée de plusieurs trous profonds qu'on appelle Barents; ce sont des soupiraux, qui chassent un vent connu dans le paya sous le nom de vent du Pas. Le vent souffle dans toute la vallée en suivant la direction. Il ne cesse jamais, mais il se ralentit souvent, et passe par tous les degrés de la force. On l'a vu déraciner des arbres, et 4'autresfois on lèsent à peine, même en se plaçant à l'ouverture des soupiraux. C'est en été, par un temps serein, qu'il souffle avec la plus grande violence; mais en hiver, et d?ns les temps nébuleux ou pluvieux , il est doux et modéré. Généralement il n'est pas sensible durant le jour; mais, dès que le soleil baisse, il commence à souffler, augmente avec l'obscurité, dure toute la nuit, et ne se calme enfin qu'à l'aube renaissante.
On a cru trouver l'explication de ce phénomène dans l'effet d'un gouffre nommé VEntonnodou, et qui reçoit les eaux d'un vallon voisin. Ce gouffre communique certainement avec les cavités du Puy-du Till, puisque des brins de paille et des morceaux de liége qu'on y a jetés sont ressort is peu de temps après, chassés par le vent des soupiraux de la montagne. D'après une explication donnée par le savant Astruc, ce seraient les vapeurs des eaux de X Entonnadou qui , après avoir circulé dans Tiptérieur des cavités, causeraient le vent du Pas, dont la force se modifie suivant la température de l'intérieur et celle de l'air extérieur.
Geottk de Bedaillat. — Les Pyrénées, et surtout le département de l'Ariége, renferment un grand nombre de grottes naturelles. La grotte de Bedaillat est sans
contredit la plus remarquable de toutes; elle se trouve dans le m*tn Soqdoure , a une lieue de Tarnseon. Son entrée s'ouvre au pied d'un haut rocher taillé à pic. Le vestibule en est spacieux. £|le conserve dans toute sa longueur de 15 à 30 mètres de hauteur sur une 1er* geur plus grande encore ; elle court à peu près hopiaontalement, se divise en plusieurs ramifications et s'en* fonce, dit- on , jusqu'à un quart de lieue de profondeur. —Les eaux, chargées de matières calcaires, ont tapissé les voûtes , les parois de cette grotte, des plis redcublés de la plus dure incrustation , et ont formé une immense variété de stalactites et de stalagmites superbes qui affectent les formes les plus capricieuses : ici elles pendent en festons comme de vastes rideaux de dentelle f là elles forment des cônes, des buffets d'orgues des chapelles gothiques, des fortifications crénelées, ete. — Une masse énorme , appelée la cloche, pend de la voûte et rend un son lugubre lorsqu'on, la frappe. -— Une stalactite ira* mense que son poids, a a r radiée s la coupole qui la portait, ressemble à un mausolée du moyen Age et a reçu le nom de tombe de Boland.^- D'autres pétrifications sont désignées sous les npms des différentes parties d'une cathédrale gothique. — De nombreuses stalagmites offraient naguère aussi mille formes singulières, mais l'indiscrète curiosité t\e& amateurs en a dépouillé la grotte qui, comme tant d'autres, serait maintenant dévastée sj le curé de Bédaillrtt, qui en est le protecteur né (la grotte étant une ancienne propriété de l'église), n'eût arrêté l'œuvre de dévastion.
La Roche-du-Mas. — On voit à un quart de lieue du Mas-d'Azil, une des plus belles grottes ou arcades des Pyrénées. On la nomme la Roche-du-Mas Deux falaises élevées, inclinées Tune vers l'autre, se sont jointe* à leur sommet et ont formé une arcade immense qui peut abriter 2,000 personnes, et sous laquelle coule l'Arise. Les deux entrées, à l'est et à l'ouest, sont vastes. Elles ont été autrefois fortifiées par de hautes murailles. Ço 1625, pendant les guerres de religion, les Calvinistes des pays environnants se réfugièrent dans cette grotte et s'y défendirent avec succès .contre l'année catholique qui ne put les forcer à se rendre.
Autres grottes. — Parmi les autres grottes, du département, on cite encore comme digpes d'être visitées, celles de Niaux , dans la vallée de Vic-Dessos , celles de Lombrives près d'Onac , et celles qui débouchent sur les rives escarpées de l'Ariége et dont l'accès est très difficile. — Dans plusieurs localités les flancs des rochers offrent une multitude d'excavations dopt plusieurs affectent la forme de porches magnifiques ornés d'incrustations calcaires fantastiques qui peuvent rivaliser avec les plus fines sculptures de 1 architecture go- ' thique; c'est surtout aux environs deTarascoh que ces bizarreries de la nature se font admirer.