TOUS, BOURGS, CHATEAUX, BMM
Foix , sur la rive gauche de l'Ariége , ch.-i. de «Répart., s 183 l. S. île Paris. Pop 4,8£7 liab.— L'origine de cette ville ne remonte pas au-delà du xie siècle, et à cette époque il n'est encore question que de son château. Ce château, remarquable par sa fore» et par sa position , s'élève sur un rocher isolé , eoupé à pie de plusieurs cotes et même surplombant sa base. Il conserve tneore trois tours , une ronde et deux carrées , d'une grandeur imposante, et dont l'antiquité remonte au temps de la première maison de Foix : elles «erraient de palais aux princes de cette maison , et on les voit représentées dans leurs sceaux. — La tour ronde, bâtie en 1362 par le comte Gaston Phœbus, est haute de 136 pieds et d'une assez belle architecture gothique; elle sert aujourd'hui de prison départementale. — Ces tours sont jointes par quelques bâtiments neufs , dont les nns servent aussi de prisons et les antres de casernes pour une petite garnison.— Foix s'étend autour du roc que domine son château et sur une langue de terre à la jonction de l'Ariége et de 1s rivière Larges L'étroite vallée on cette rijle est sitftée est encaissée par deux hautes falaises, plus élevées que le château,
et qui rendent oc site extrêmement pittoresque. — Le ville» est un
de* pie» petit» chefs-lieu* dee départements. Elle est laide et fort triste, mal percée et mal parée. Elle offre cependaot quelques constructions remarquablos : le noames» Bout, sur TAriége , en pierre , de deux archet, dont l'une est fort hardie; la ees-eme, grande et propre, et le plus beau bâtiment de la Tille , 1» p*éfee- Jur» , à la jonction de* deux rit ières , et au-dessus l'ancienne efCerneroÎMio/e, Taate et peu entretenue. Cette éghsc n'a qu'âne nef; le eborar, •enu-eiecolaire , est entouré de jolies chape 1 tes, — Snr nn des cotés de l'église est une large galerie eonverte qni sert de kmOfê g — enfin le nesa^-eW/Miice , bâtiment de style singulier, adossé an noc de château.— Foix et son château sont célèbres par les siégea qu'ils ont soutenus. Ils résistèrent en 1210 eux efforts de Simon de Meatfort et de 'l'armée croisée contre les Albigeois ; les habitants, armés seelement de pierres, repoussèrent les croisés et les mteent en fuite après lenr avoir tué beaucoup de monde. — En 1973, le comte de Foix , enhardi per la situation avantageuse da château , où il s'était renfermé, osa Méfier le rot de France, Pb4ippe4e-tfardi, contre lequel il s'était révolté. Philippe , plein d'indignation et respirant la vengeance , tint l'assiéger avec une puissante armée, et fit serment d'emporter la place à quelque prix que ce fiât. 1* résistance fut si longue et si opiniâtre que le roi entreprit de faire abattre l'énorme rocher qui porte le fort. A une époque où la pondre n'était pas encore inventée , c'était une entrepose flU$cjle néanmoins on se ont à l'œuvre ; de vastes quartiers 4« pi**F« étaient déjà renversés , et le rocher commençait à surplomber d'un côté, lorsque le comte, effrayé, se soumit et demanda grâce,— Qans le xvie siècle , la ville et le château, pris et repris par le* catholiques et par les religionuaires, eurent beaucoup à souffrir des violences des deux partis. Les temps qui suivirent, plus paisibles, permirent à FoU de réparer ses. désastres , mais cette vi)le n'en a pas encore profité pour s'embellir.
Ax , sur (a rive droite 4e l'AriégaV ch -1* de cant., à 1 1 1. S.-S.-E. de Foix. Pop. |,037 hab. — Ax est situé au confluent de deux torrents et de i'Ariége , dans un bassin fort élevé qu'entourent des mamelons rocailleux , puis de bautes montagnes découpées par de sombres défilés. Le bassin n'a qu'une végétation alpestre et sauvage et la ville qu'ope seule rue assex belle; mais 4« grandes maisons se groupent aux environs; la meilleure construction est VkSul 4m$ Tfarmu. — jSur |a rive ganebe de I'Ariége est Vegli* ppfoùtiaUi vaste ef propre, et dont le cbojur est beau ; une promenede ombragée entoure l'église. - IJn grand nombre 4e source* d'eaux minérales jaillisseut autour d'Ax et surtout d'au mameloq à l'est 4e la ville; l'eau d'une 4e ©es sources est presque bouillante, c'est la pli) s chau4e dans les Pyrénées. Elle remplit une piwine pnhjique , pais coule dans un lavoir fort commode , et souvent elle est employée par les habitants ans usages culinaires. La répp|ation des eaux d'Ax s'étend de jour en jour; l'accroissement de la population et les améliorfi lions locales suivent la même progression. Cette ville deviendra sans doute bientôt aussi jolie que sou site est romantique et imposent.
La pÂsyinirPE-SiRAJi , chilien de canton., à S I. de Foix. Pop. 9,911 hab-— Les maisons de cette petite ville portent encore , la plupart, le oeraetère du moyen-âge qui les vit élever, cejqui donne à la ftastide on aspect sombre et triste. Sa situation est agréable.* La ville s'élève en amphithéâtre sur un mamelon dont l'Arise , petto rivière, baigne le pied. De1 gros mors, débris d'anciennes fortification*, entourent en partie ce mamelon. — Quelques matsons moderne* , grandes et belles , dont le nombre s'accroît, s'élèvent o* et là et varient un peu la monotonie de cette ville.
piLisvA , à 9 L d« Foix. Pop. 2,298 hab.— Ce bonrg , commerçant et industriel , s'accroît rapidement ; il est situé près d'une vaste C»rét qui- porte son nom : la fontaine de Footestorhes , dont noua avons parlé plus haut, jaillit au and et à 300 m. de Bêles ta. TsiAaflpjr , sur le rive droite de I'Ariége , ch.-l. de cent, à 4 1. SL 4* Foix. Pop. M 41 liab. — C'était une des quatre principales villes de l'ancien comté de Foix; mais , en partie détruite -par un incendie , sous l'un des derniers comtes , elle a toujours laogoi depuis c# désastre. — Tarsscon est situé dana un étroit bassin , à la jonction de I'Ariége et du gave de Yie-Deseos , une partie de la viUq t'étwt dan* une petite plaine sur la rive gauche de. I'Ariége ;
snr l'autre rive, ht ville entoure un mamelon dont le i
une vieille tour. — Tnraseon s'est embelli récemment d'an beau
pont de trois arches en pierre sur I'Ariége.
Vic-Daaso* , ch.-l. de cent. , à 8 1. de, Foix. Pop. 1,108 hab. — Yic-Dessos est sitné snr le rive gauche du gave qui porte son nom , au centre d'un riant bassin où débouchent plnsieors ravins et qu'entourent d'âpres et sauvages montagnes, qui sont pendent presque tonte Tannée le séjour des frimas et des orages \ entr* leurs pics dénudés ae dressent snr plusieurs points les monts de la frontière espagnole , que couvrent des glaciers et dee neiges éternelles. — • Le bourg de Yic-Dessos est propre et bien bâti. — Les célèbres mines de fer qui alimentent son industrie et occupent sa population se trouvent è 4,000 pieds d'élévation absolue. —Une route , rendue praticable à force de sinuosités, monte du bonrg à ces mines , qui s'ouvrent dans le fia no nu et déchiré d'une noire montagne. H y a deux mines qui communiquent entre elles à «ne grande profondeur. Chaque mine est exploitée par 208 mineurs , sous l'inspection de 4 jmrmU ou commissaires , salariés par Je gouvernement, possesseur des mines. Le travail du mineur est par jour de 7 heures consécutives; il est aussi pénible, aossl dangereux que peu lucratif, car il ne rapporte à l'ouvrier, pour^prix de fstigoes excessives , qu'un gain de 1 fr. 78 e. par jour. L'entrée dsns la mine principale est un long et fangeux couloir qui mène à une immense excavation d'où on a tiré en différents siècle» d'énormes quantités de minerai. Dn sentier serpente dans le fond, à travers les débris; un autre, formé de planches soutenues sur des barres de fer, est suspendu à mi-hauteur de la paroi longitudinale ; ils mènent aux différents ateliers, où l'on ne pénètre que par d'affreux corridors, glissants , tortueux ; ça et la , il mut franchir des pentes très rapides ; c'est par une route aussi difficile que le malheureux mineur se trahie lentement et péniblement , ployé' en deux , le dos chargé d'une botte pesante , souvent forcé de tenir sa lampe avec les' dents et d'avancer à l'aide de sta mains sur des plans escarpés qui mettent sa vie en danger — pn extrait annuellement de ces mines 800,000 .quintaux de minerai qui sont fondus à Yic*Dessos et dans les autres forges des environs.
Pamiers sur la rire droite de I'Ariége, ch.-l d'arrond., à \ 1. et demie N de Foix. Pop. 8,048 liab. — L'origine de cette vftte remonte à l'érection d'un château que le comte Roger 11 fit bâtir à son retour de la Terre-Sainte, et auquel il donna le nom (TJpamétt ou Aftimia, en mémoire, disent les chroniqueurs , de la ville d'Apamée en Syrie ; c'est ce nom dont on a fait par la suite Pamiers. — Dans son origine, Pamiers appartint à une antique abbaye dont elle était voisine ; mais forcée d'appeler à son seconrs les comtes de Foix contre les comtes de Carcassonne, elle passa bientôt à la maison de Foix. — Néanmoins, elle fut saccagée en 1208 par le comte de Foix loi-méine, armé pour la défense de Raymond, comte de Toulouse, contre les croisés. — En 1628 le prince de Condé s'en empara à la tête des protestants et la livra à ses soldats qui la pillèrent et la saccagèrent. — Il ne reste aucun vestige de l'ancien château de Pamiers , le lieu ou il s'élevait conserve seulement le nom de Casteïïot; il est devenu une promenade remarquable par sa situation et par la vue pittoresque dont on y jouit. Cette promenade est élevée fort au-dessus de la ville , bien qu'enclose dans ses murs. Elle la domine et la découvre toute entière ; de là, les regards se promènent à l'ouest et au sud sur des coteaux riants, premiers plans d'un amphithéâtre de monts dont les cimes glacées se perdent dans les nues; une plaine immense, dont l'œil ne peut mesurer l'étendue, forme au nord un superbe tapi* de verdure, tandis qu'à l'est de riches vignobles et les plaines fertiles de Mirepoix et de Mazères présentent un spectacle plein d'intérêt et de variété ; l'oeil y suit avec plaisir PAriége dans ses détours multipliés. — Pamiers est généralement bien bâti et d'un aspect agréable. Ses rues sont larges et bien percées ; H est entouré de canaux qni conduisent les eaux de I'Ariége dans la ville, et mettent en activité des usines, des forges et plusieurs manufactures.
La Mis-d'Ami. , ch.-l. de cant., à 4 1. et demie de Pamiers. Pop.
2,808 hab Cette petite ville est agréablement située au bord de
l'Arise , dans nue riante vallée que forment de fertiles et très bautes collines. -r- Çlle futfortiiée en 1808. — En 1825, ses ha-'
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Huants étaient tous Calvinistes ; la ville fat assiégée par le ma* récbal de Themines , et , se croyant d'abord incapables de résister à Tannée nombreose des catholiques , ils offrirent de se racheter du pillage; puis, sur le refus d'accéder à leur proposition, Us résolurent de se défendre jusqu'à la dernière extrémité : la résistance en effet fut héroïque; animés par le zèle de la religion et par la fureur du désespoir, les assiégés soutinrent trois assauts , et après an moi* de siège forcèrent l'ennemi à s'éloigner. —Pins fard la ville se rendit et ses murailles furent rasées.
Miexvoix , sur la rire gauche du Lers , ch.-l. de cant., à 6 1. de Pamiers. Pop. 3,083 hab. — Cette jolie petite ville fut jadis une place forte. — Devenue la retraite de» Albigeois vers le commencement du xcue siècle, et défendue par le comte de Foix, elle fut prisa par les croisés; ils la donnèrent au fameux Gui de-Levi, un de leurs chefs , qui avait pris le titre de Maréchal de la foi et de l'armée dea croisés. Les rois de France confirmèrent celte donation, et Mirepoix appartint à la maison de Lêvi jusqu'à la révolution. — Mirepoix est agréablement «tué et très industrieux.
Saiut-Giuons , sur la rite droite du Salât, cli.-l. d'arrond. , à 12 1. O. de Foix. Pop. 4,331 hab. — Saint-Girons est situé avantageusement, à la jonction de deux rivières, le Les et le Salât , et de quatre grandes routes très fréquentées; la ville, industrieuse, trafique beaucoup avec l'Espagne et fait un grand commerce de bestiaux. — Elle possède sur le Lez deux ponts de marbre bleuâtre; le P«a/-V(f»yj au-dessous de la ville, est une élégante construction de trais arches; à chaque extrémité de l'antre pont se trouvent des places, où se tiennent souvent des foires considérables. — h'ég'isa paroissiale , snr la rive droite , est remarquable par la liante flèche de son clocher, que supportent quatre arceaux sous lesquels passe nue rue.
Massât, sur l'Arac, ch.-l. de cant , à 4 1. et demie de Saint- Girons» Pop. 7,500 hab. — . Agréablement 'située dans une fertile vallée et entourée de mines de fer , cette ville possède de nombreuses forges qui procurent à. nne grande partie de ses habitants une occupation constante et lucrative.
TABXÉnfe. - TAZ. D'AKTDOREI.
Située sur le versant- méridional, des Pyrénées et hors de la frontière naturelle de la France , cette vallée , par sa position physique, devrait appartenir à l'Espagne; et en effet, sous certains rapports , elle peut être considérée comme pays neutre ; sous beaucoup d'autres, et surtout par son administration, elle se. rattache à la France. V Andorre présente en outre un phénomèue digne de l'attention du naturaliste et de l'homme politique : c'est un petit pa}s qui, enclavé entre deux grands royaumes, conserve dcnuisjdonte siècles, avec sou indépendance, les mêmes institutions, au milieu des révolutions qui ont si souvent changé le gouvernement dans ces deux royaumes. République fendataire de la France , Windorre a joui plus encore que la république de Saint- Marin de ce bonheur silencieux qui va chercher dans leur médiocrité les petits eut» et les petites fortuues.— Le pays offre un bassin fort élevé, de tons côtés entouré par de hautes montagnes et des pics immenses. Sa naturephysique ressemble à celte deplusieurs des cantons suisses dont on nous donne fréquemment de séduisantes descriptions. Il s'étend sur un espace d'environ 12 1. du nord au snd et de 10 1. de l'est à l'onest ; il est borné au nord par le département de l'Aricge, dont il est comme un annexe, an snd par le pays d'Urgel , à l'ouest par la vallée de Paillas , et à Test par celle de Carrol. Son seul débouché toujours ouvert est ver» l'Urgel , les autres passages sont impraticables dans la saison des neiges On ne peut mieux figurer l'Andorre qu'en assimilant à un Y ses deux Ta liées, dont la plus longue est arrosée par l'Emoalire et l'antre par l'Ordino , petites rivière qui, prenant leur source sur la crête des Pyrénées, se réunissent à la ville d'Andorre, chef-lieu du bassin , et vont à Urgel se joindre à d'antres rivières affluents de l'Kbre.~-Lesol de l'Andorre, montagneux et rocailleux, est en général peu fertile ; cependant on y trouve des pâturages excellents qu'abritent de vastes forêts de sapins.— L'Andorre se compose de six communautés : Andorre, ville et chef-lieu , Canillo, En camp, la Massane, Ordino et Saint-Julien , et de 34 villages on liameoux. — Le tout forme une espèce de république régie par ses propres
magistrats. — Le gouvernement se compose d'un conseil général de vingt-quatre membres nommés à vie (quatre pur communauté). Ce conseil élit deux syndics qui convoquent les assemblées et gèrent les affaires publiques, — C'est à Cbarlemagne que le val d'Andorre doit son indépendance : en 700, ee prince» ayant marché contre les Maures d'Espagne, les défit dans la vallée deCarol, voisine de celle d'Andorre ; les Andorrans , suivant la tradition du pays, seule autorité dont ou puisse s'appuyer, se rendirent fort utiles à l'armée française , et l'Empereur, pour les récompenser, les rendit indépendants des princes leurs voisins , les délivra des Maures et leur permit de se gouverner par leurs propres lois. — Apre» lui, (jnuis-U-Deèonmaire, que les Andorrans nomment le Pieux, ayant de oonvean chassé les Maures au-delà de l*Èbre, fit cession à Sisébus, évéque d'Urgel, d'une partie des droits que Cliarlemagne s'était réservés sur l'Andorre, tant pour lui que pour ses successeurs.— Cest ainsi qu'une partie des dîmes des six paroisses passa à l'évéque d'Urgel , qui exerce encore sur ce pays une juridiction spirituelle. C'est sous ce rapport seulement que le Val dépend de l'Espagne. * — Dans la suite les comtes de Foix exercèrent sur l'Andorre les droits de. la couronne de France, au nom de leur souverain , mais plus souvent en leur propre nom. — Depuis Henri IV, les rois de France ont repris l'exercice de ces droits eu se conformant aux usages établis par les comtes de Foix. — Eu 1793, ces droits, étant considérés comme féodaux, furent momentanément abandonnés, et l'Andorre se vit comme séparé de la France; mais malgré cette indépendance temporaire, il n'en conserva pas moins son attachement pour les Français. Ses habitants résistèrent courageusement à la violation de leur territoire par les Espagnols , et fournirent à 'nos soldats pendant la guerre des Pyrénées des go (des et des secours de toute espèce Eux-mêmes , ils sollicitèrent vivement le rétablissement de l'ancien ordre de choses , et Napoléon le leur accorda par décret du 27 mars 1806. D'après ce décret , l'Andorre continue à être une république , vassale de la France, qui y est représentée par un Vignier pris dans le département de l'Ariége ; elle paie annuellement une redevance de' 000 francs et jouit de la faculté d'extraire du département, sans être soumise aux droits de douane, divers articles de cou* sommation dont le nombre et le genre sont déterminés. — Les •armes de l'Andorre sont celles du Béarn jointes à celles des comtes de Foix. — Sa population n'est pas en rapport avec son étendue, elle n'est que d'environ 0,000 habitants. — Le peu de terrain susceptible d'être mis en culture est nne des causes qui fout qu'un plus grand accroissement serait à charge an pays. — Les Andorrans sont tons catholiques et fort religieux, les membres de leur clergé sont en général nationaux» et font leurs études au sémioaire d'Urgel ( il serait sans doute politique de leur faciliter les moyens de les faire en France). — L'instruction publique ne peut être très répandue dans un pays où il n'y a guère que des bergers et des laboureurs ; cependant, dans chaque paroisse on trouve une école primaire tenue par le vicaire , et ou les enfants sont admis gratuitement. — Les mœurs des Andorrans sont simples et sévères , elles commandent le respect ; les vices et la corruption des villes n'ont point pénétré dans ces vallées , asile de la modération et des vertus. Les habitants vivent encore comme leurs pères vivaient il y a mille ans : rien n'a changé ; le luxe , les arts , tout ce que la civilisation des grands peuples qui les entourent présente d'éclat et de séduction , leur inspire plus de crainte que d'envie. Us doivent sans doute autant à cet esprit de modération qu'à la natnre'du sol et à leur pauvreté , le bonheur d'avoir été étrangers aux commotions politiques du reste de l'Europe. C'est nne peuplade de pasteurs. Le nombre de bestiaux , et l'étendue des pâturages, sont leurs lignes indicateurs du plus on du moins de fortune. — Chaque famille reconnaît nn chef qui se succède par ordre de primogénitnre en ligue directe. Ces chefs ou alués choisissent lenrs femmes dans, les familles qui jouissent d'une considération égale à celle de leur famille. Us redoutent les mésalliances et recherchent peu la fortune , qui d'ailleurs est toujours très mince de part et d'autre. Les fifs alués quels qu'ils soient, sont aimés et respectés comme étant les représentants des droit» de leurs aïeux. Us ne quittent le toit paternel que lorsqu'ils se marient , ce qnijn'a lieu que quand ils trouvent une héritière , et
FRANCE PITTORESOFE,
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alors ik ajoutent à leurs noms celui de la femme à laquelle ils s'unissent; c'est dès lors seulement qu'ils détiennent aptes aux charges publiques. Lorsque dans une maison il n'y a que des filles, rainée est l'héritière et ne se marie qu'arec un cadet qui joint le nom de sa femme au sien. Par cet arrangement , les principales maisons d'Andorre voient les siècles se succéder sans subir aucun changement dans leur intérieur. — La partie du. peuple qui lie possède rien ne jouit pas de tous ces avantages , mais son sort eU moins à plaindre que partout ailleurs , car les familles patriciennes prennent grand soin de celles nui ne le sont pas , et celles ri , par reconnaissance , chérissent et honorent leurs bienfaiteurs. — Les Andorrans sont en général robustes et bien proportionnés la plupart des maladies' causées par les affections morales leur sont inconnues , ainsi que celles que le vice et la corruption entretiennent dans le reste de l'Europe. — Leur costume, simple et grossier, subit peu de changements; chacun s'habille de draps fabriqués dans le pays avec la laine de son troupeau. — Les officiers publies et les grands propriétaires se permettent seuls un peu de luxe dans quelques parties de leur toilette. — Les femmes sont exclues de toutes les réuuious où Ton s'occupe d'intérêts publics, elles ne peuvent même assister aux messes qui se diseut lors de la réception de l'Évéqtie on du Viguier.— Il est inutile de mentionner que les délits et surtout les crimes sont fort rares, et que les punitions sont fort douces , bien que suffisantes. Jamais on n'y voit de procès relatifs à la succession paternelle; légalement, l'alné a un tiers du bien , plus dans ce qui reste une part égale à celle des autres. — Tous les habitants sont soldats an besoin. — Chaque chef de famille est obligé d'avoir chez lui un fusil de calibre et une certaine quantité de pondre et de balles. — Tonte industrie commerciale est libre en Andorre, il n'y a ni droits de douane ni droits quelconques sur les objets de commerce , mais cette liberté est peu favorable à la contrebande chez un peuple essentiellement cultivateur et pasteur. II n'y a doue d'industrie manufacturière que celle des objets indispensables, et ceux-là même sont peu perfectionnes dans tous les genres, excepté pour la fabrication du fer, la vallée en possédant quelques mines. Quant à ce métal le surplus de ce qui est nécessaire à la population se vend en Espagne, où sa concurrence est moins grande qu'en France. — Telles sont les vallées et souverainetés de l'Andone (c'est ain&i que les Andorrans appellent leur pays), tel est ce pays singulier à qui pour son bonheur on doit souhaiter la continuation de ce qui constitue physiquement et politiquement sa singularité.
DlVUtlOW VOUTIÇUB ET ABBOmSTlLATIVS.
Pomtiqcm. — Le département nomme -3 députés. 11 est divisé en 3 arrondissements électoraux , dont les ch .-lieux sont : Pamiers , Foix et Saint-Girons.
Le nombre des électeurs est de 693.
Admiwistratith. — Le chef -lien de la préfecture est Foix. Le département se divise en 3 sous-préf. ou arrond. commun. Foix. ........ 8 cantons, 140 communes, 39,892 habit.
Pamiers. . . .
Saint-Girons. ,
Total.
. 20 cantons, 330 communes, 253,121 habit.
Sereicr dm trésor publie. — 1 receveur général et 1 payeur ( réaidant à Foix), 2 receveurs particul., 3 percepteurs d'arrond.
Contributions directes. — ! direct. ( à Foix) et 1 inspecteur.
Domaines et Enregistrement. — 1 directeur (à FoixT, 1 inspecteur, 2 vérificateurs.
Hypothèques.— 8 conservateurs dans les ch.-d'arrond. commun. Contributions indirectes. — 1 directeur ( à Foix ) , 3 receveurs entreposeurs.
Forêts. — Le département fait partie du 14* arrondissement forestier, dont le chef-lien est Toulouse.— I insp. à Foix.
Ponu -et- Chaussées. — Le département fait partie de la 7* inspection , dont le chef-Keu est Toulouse. — Il y a 2 ingénieurs eu chef en résidence à Foix.
*«**.•— I e département fait partie du \7* arrondissement et de la 5 division , dont le chef-lieu est Montpellier.— 1 ingénieur des mines réside à Vic-Dessos.
Loterie. — Le département est un de cens qui ont le bonheur de n'avoir aucun bureau de loterie.
3 tribunaux Girons, qui
Militaire. — Le département fait partie de la flft* division militaire, dont le quartier général est Toulouse. — Il y a à Foix l maréchal de camp commandant la subdivision et 1 sous'intendant militaire. - Le dépôt de recrutement est à Foix. — La compagnie de gendarmerie départementale fait partie delà 14e légion, dont le chef-lieu est Carcassonne.
Judiciaire. — Les tribunaux du département sont compris dans le ressort de la cour royale de Touloose. — 11 yi" de lre instance : à Foix (2 chambres}, Pamiers, Saiut font aussi fonctions de tribunaux de commerce.
Religieuse. — Culte catholique. — Le département forme le siège d'un évéché, érigé dan* le xiii* siècle, suffragaot de l'archevêché de Toulouse, et dont le siège est à Pamiers. — 11 existe, à Pamiers : un séminaire diocésain, qui compte 116 élèves, et une école secondaire ecclésiastique. — . Le dé|rtirtcment renferme 9 cures de lre classe ,17 de 2e, 263 succursales , et 29 vicariats. — On y trouve (à Pamiers) 2 couvants composés de 48 religieuses , et 1 scoogrégalion chargée de l'hôpital ; — des écoles chrétienne» (a Pamiers, -à Mirrpoix et à Tacascon) ;— et (à Mirepoix , Tara». cou , Foix ,- Saiut-Lizier, Ax, Saverdun , Labastide- de-Serun ) 7 congrégations religieuses de femmes chargées des hôpitaux, de l'éducation des jeunes demoiselles et de celle des filles pauvres,
Cuhe protestant. — Les réformés du département ont an Masd'Azil une égli»e con»ù>toriale divisée en 6 sections, desservies par d pasteurs résidant au Mas-d'Azil , à les Bordes, la Bastide, Mazères , Snverâjun et le Cariât ; — il y a eu outre des temples ou des oratoires à Camarade , Sabarat, Sainte-Croix, Leran , Gabré et La s ter m es., — Le départemeut a une société biblique , une des mission* évangéliques , une des traités religieux et une de secours mutuels. — Les écoles protestantes y sont au nombre de 10.
Universitaire. •— Le département est compris dans lo ressort dé l'Académie de- Toulouse.
Instrwtvtu publique. — Il y a da us le département :— 8 collèges : à Foix, à Pamiers, Saint-Girons; — 2 écoles modèles:» Foix, à Pamiers — Le nombre des; écoles primaires du département est tic 219, qui sont fréquentées par 6,636 élèves, dont .5,621 garçons et 1,016 filles. — » Les communes privées d'écoles sont au nombre de 170.
Sociétés savantes , etc. — Il existe à Foix une Société iFAgri» cuUtue et des Arts qui publie un journal.