‹ France pittoresqueChapitre 75 sur 102 · POPULATION · texte numérisé non relu

POPULATION

D'après le dernier recensement officiel, elle est de 253,121 liab., et fournit annuellement à l'armée 675 jeunes soldats.

Le mouvement en 1830 a été de, t

partages . ............. 2,097 ™

Naissances. Masculins. Féminins.

Enfants légitimes 3,893 — 3,709 J-^. a<%J

— naturels 209 - 253 iTotaI 8»,X4

Oécès.. ....... 2,801 — 2,723 Total 5,524

Dans ce nombre 3 centenaires.

GABHB NATXOWAUE.

Le nombre des citoyens inscrits est de 48,218. Dont : 19,692 contrôle de réserve.

' 28,526 contrôle de service ordinaire Ces derniers sont répartis ainsi qu'il suit: 28,472 infanterie.

33 cavalerie.

21 artillerie.

On fin compte : armés 4,036;. équipés 164; habillés 1,229. 17,559 sont susceptible» d'être mobilisés.

Ainsi, sur t,000 individus de la population générale, 190 sont inscrits au registre matricule , et 69 dans ce nombre sont mobilisables; sur 100 individus inscrits sur le registre matricule, 59 sont soumis au service ordinaire, et 41 appartiennent à la réserve.

Les arsenaux de l'État ont délivré à la garde nationale 4,833 fusils, 537 mousquetons, 2 canons, et dti pistolets, sabres, etc. j

X»OVS ET

Le département a payé à l'État (1831) :

Contributions directes

Enregistrement, timbre et domaines. . . .

douanes et sels

Boissons, droits divers, tabacs et poudres.

Postes

Produit des coupes de bois

Produits divers. ..."

Ressources extraordinaires ,

Total. , . , t . t ,

If

Il * xeejt dm trésor 2,429,287 fr. 68 c., dans lesquels figurent :

La dette publique et les dotations pour. . . . 81 1,876 f. 49 o.

Le» dépenses du ministère de U justice. . . . 90*786 68

de l'instruction publique et des cultes. 295,5 17 26

de l'intémur. 1,932 85

du commerce et des travaux publics. 610,279 08

de U, pierre. . .' 510,464 87

de la marine 209 »$

des finances 07,464 55

Vrais de régie et de perception des impôts, . 490,428 00

Remboursent., restitut., non-valeurs, primes. 1 50,32 > 27

Total 2,429,287 f. 587.

Ces deux sommes totales de paiements et de recettes représentant à peu de variations près le mouvement annuel des impôts et des recettes, le département, quoique pauvre et dénué d'autres ressources industrielle* que sesjnincs et se* forges, paie encore annuellement, pour les frais du gouvernement central, 563,407 f. 67 cent de plus qu'il ne reçoit , ou plus du 19e de son revenu territorial.

tfnVSSS DÉV AHTXHXWTAXU

. Elles s'élèvent (1881) à 253,620 fr. 03 cent. Savoir : Dêp. fixe* .• traitements , abonnera., etc. 57,888 f . 89 c Dép. waiiÉeAs .* loyers, réparations , encouragements, secours, etc 195,731 14

Dans cette dernière somme figurent pour

22,259 L » e. les prisons départementales , 50,700 » les enfants trouvés.

Les secours accordés par l'État pour grêle , incendie, épizootie, etc., sont de. .' 24,450 i»

Les fonds consacrés au cadastre s'élèvent à. . . 40,329 ?1 Les dépenses des cours et tribunaux sont de. . 66,787 60 Les frais de justice avancés par l'État de 28,574 82

IVVUlTElt AOBjniOXJB.

Sur une superficie de 568,964 hectares , le départ en compte : 92,425 forêts.

7,232 vignes. 110,000 landes.

Le revenu territorial est évalué à 9,841,000 francs. Le département renferme environ , 6,000 chevaux et mulets.

90,000 bétes à cornes (race bovine}.

20,000 chèvres.

40,000 moutons mérinos , métis et indigènes. Le produit annuel du sol , en céréales et parmentières , suffit et au-delà aux besoins de la population; la récolte en vins, de 115,000 bect., se consomme dans le pays.

Les productions du sol et la fertilité des terres ne sont d'ailleurs point les mêmes dans toutes les parties du département. Le sud de l'Ariége , couvert de montagnes sèches et stériles, n'offre presque que des bois, des pâturage* et des plantes médicinales. Les bois même y étaient autrefois plus considérables , mais ils ont été consommés par lés forges ; il y a déjà des cantons où on en manque, et où les montagnes se montrent nues et entièrement dépouillées; telles sont celle» de la vallée de Vic-Dessos Les forêts, mal soignées, ne fournissent pins que du bois pour le chauffage. Les pièces propres à la charpente et à la marine sont devenues très rares. — Les pâturages des montagnes sont aussi précieux par. leur bonté

Sue par leur abondance ; ils servent à la nourriture des bestiaux u pays, qu'on y fait monter tous les ans au commencement de Tété. — U est à regretter qu'on ne songe pas à y établir des haras ; la race de chevaux de cette partie des Pyrénées pourrait être facilement améliorée et rendue propre au service de U cavalerie légère. r~\^ terres du nord du département, généralement de bonne qualité, sont arrosées par les eaux d'une graude quantité de rivières et de ruisseaux, — Le fumier des, bestiaux et des étables, dont on a soin de les couvrir , corrige les lavages fréquents qu'elles éprouvent, et contribue également à leur fertilité. — On y recueille du froment, du seigle, de l'orge, de l'avoiuc, du maïs, du millet, de grosses et petites fèves, des haricots, des légumes herbacés, et des fruits excellents de toutes espèces. — Ou y tronve aussi des prairies de bonne qualité et bien tenues. — La vallée de Taraaeon renferme , aux environs de Foix et surtout au pied d'une montagne calcaire exposée au midi, des vignobles dont le* produits étaient autrefois fort estimés et figuraient même avec honneur sur la table des rois de Frauce. — On trouve, dans un compte de la léuéchantsée de Carcassonne , de 1310, une somme payée à un courrier envoyé à l'éclianson du roi , à Saint-Pourçain, pour porter un échantillon des vins de Paraiers. — Ces vins sont depuis longtemps tombe! en oubli , et leur réputation ne s'étend pas hors du

pays; ils sont, cependant d'orie bonne qualité,, quoique inférieurs aux excellents vins de Limoux. — \*t% vignoble* de l'Àriége ont d'ailleurs un aspect pittoresque. Chaque cep y est supporté par un arbre qu'il festonne avec ses feuilles et avec ses fruits, et dans les intervalles on sème du blé. — Outre les vins et les céréale», le département produit du chantre et du lin dont la tjiaJne fournit la seule huile qu'on brûle dans le paya. — L'éducation. 4** mérinos s'y fait en grand, et les troupeaux fournissent une laine blanche estimée. — L'agriculture livre aussi aux exportations dn beurré, des fromages, de la ciré et du miel excellent, d'un grain En et brillant et d'un parfum exquis. — lions avons déjà parié dn liège qui fait l'objet d'un commerce asse* étendu. Les forets produisent aussi de la poix, de la réûne et de la térébenthine.

MMftTJUS CùMMÈMOtÂUL

L'exploitation des produits métallurgiques et des richesses minérales est ce qui donne le plus d'activité a l'industrie manufacturière. Le département possède quarante - sept forges à la Catalane : ses aciers cémentés et naturels sont d'excellente qualité. ' — On y fabrique des laux , des limes , des râpes , des chevilles en cuivre pour la marine, — Le travail du jayet y est porté à nn haut degré de perfection. — On y fait des meubles en porphyre et en albâtre , et les marbres qu'on y exploite sont estimés. — 11 y existe de grandes fabriques de draps, cuirs de laine, castorines, de serges et de filoselle, d'étoffes dé coton , etc; des papeteries , des manufactures de produits chimiques, des ateliers de tabletterie, des fabriques de peignes de corne et de buis , des faïenceries, des verreries, etc., etc.

Récompenses inDUSTRiELLXs. A la dernière exposition des produits de l'industrie, il a été décerné : uhe médaille d'or à M. RuJJièJt.tiàe Foix ) , pour différentes sortes d'aciers. Le même fabricant a obtenu aussi ans mention àanorabie pour la bonne confection de ses faux, et une antre pour ses Unies; DSUlsieV dailles d'argent : l'une à MM. D»ma* père et fils (de Lavejanety, pour leurs produits en étoffes de laine, draperies, etc.: et l'autre a MM. Abat père etJiU (de Pamiers), pour la bonne fabrication de leurs limes. Les mêmes fabricants ont obtenu Une menstàm honorable pour l'acier cémenté dont Us ont présenté des échantillon» ; quatre médaille» DE broker » à M. Maunt (de 1» Roque), pour bonneteries ordinaires en laine; à MM. Maurxl, Çourixmt et corn y. ( de Bélcsta ) , pour des échantillon» de marbre d'une belle qualité ; à M. Berger (Ptcior) et à M. hseet ( tous deux de la bastide-sur-Lers ) , pour divers articles fabriqués en jayet ; enfin à MM. Delpeck et fit* (du Maa-d'Axil), pour alun et -couperx»*. Une mention honorable a été aussi accordée à M. fiêUot de as Dgne (de Aélesta ) , pour divers échantillons de marbres gris. »

Douanes. — La direction de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) a 2 bureaux principaux situés dans le déparlement de l'Ariége,— Us ont produit en 1831 :

Douanes et timbré:

Tarascon &JG7 francs.

Saint-Girous 0,576

Produit total des douanes. . 11,043 frênes.

Foires. — Le nombre des foires du département est de 215* Elles se tiennent dans 44 communes , dont 20 chefs-lieux , et remplissent 218 journées.

Les/mm mobiles > au nombre de 88 , occupent 18 journées. — Il y a 1 foire mensaire.

2fS communes sont privées de foires*

Les articles de commerce sont les bestiaux , tant peur b boucherie que pour les besoins de la culture. On y tronve éttesi-des volailles , des chevaux , des ânes , etc. ; beaucoup de grains , des fruits ; des bois de construction , des planches , etc. ; — des cuirs « du chanvre , des toiles , etc. — C'est à Tarascon que les forges à la Catalane envoient leurs fers, notamment les 8 mai et 80 septembre, cette dernière foire présente aussi une grande quantité de fromages du pays exposés en vente.

Description du département de VAritge , par Mercadier. ( .In*. de Statistique , t iv.)

Notice eur les mines

Situation \siatietique

Journal d'Agriculture Foix, 1826-1833.

A; HUGO

s du départ, de VAriége , in-8. Paris , 1S19. 9 du de?, de. VAriége, (An*, de StmtisL ♦ t i ure et des An» dm départ, d* VAriéget in-4

On *9mscrit cftes DELLOYH , éditeur, place da ta Bonne , raa to FJttt-SvTBem». uV

Paris. — Imprimerie et Fonderie %de Bjohoux et Comp., rue des Francs-Bourgeois-Saiht-Miebel , 8.

Département de l'Aube.

One petite nation tributaire de* Senonaîs , celle des Tricasses , occupait du temps de César le territoire qui forme aujourd'hui le département de l'Aube. — Après avoir fait partie de la Gaule celtique , ce territoire fut compris dans la seconde Lyonnaise. Puis sou* l'empereur Honorius , dans la cinquième ou Senonaise. Lé pays fut successivement ravagé par les Vandales f les Huns , les Gépldes , les Goths et les Francs. — H était devenu un désert lorsque Constance Chlore le repeupla en y amenant les Francs qu'il avait vaincus en Batavie; ces tribus guerrières y- formèrent de paisible* colonies qui favorisèrent plus tard les progrès de Clovis, dans les Gaules. — En 451 , les environs de Pont- sur-Seine furent témoins de la défaite d'Attila par AèHius. — Après la destruction de la domination romaine , les Rémois , les Catalauniens et les Tricasses., se réunirent par une alliance offensive et défensive ; leur territoire réuni prit le nom de Campania (Champagne) , â éause des vastes plaines qu'il renferme. — A la mort de Clovis , la Champagne fut comprise dans le royaume d'Anstrasie , et fut dès lors gouvernée par des ducs et des comtes qui , d'abord amovibles , se rendirent , par la suite , héréditaires et indépendants. — Le premier comte héréditaire de Champagne fut Robert l*r, qui, vers 884 , maître de Troyes et de plusieurs autres villes , prit le titre de comte de Troyes ; son fils Richard lui succéda, mat» il parait que l'hérédité ne fut assurée à se* sueceseenre qms lorsque Robert , comte de Vermandois , réunit, vers fiée, le reste de la Champagne an comté de Troyes.— Ce prince se qualifiait de comte de Troyes et de liteaux ; ii épousa Ogive d'Angleterre , veuve du roi Ckarles-ie-Siniple. La branche des premiers comtes de Champagne, dite de Vermandois , finit en la permit

eY&tienne F*, son fils et son successeur. Robert, nm de Hugues Capet, avait des prétentions ' à la succession du comté , meta Eudes ou Oaon , cousin d'Etienne, s'en empara et s'y maintint malgré les efforts du roi de France. Par la mort de Thibault4e-Trieheur, Eudes joignit lea comtés de Tours , de Biots, de Chartres, aux comtés de Troyes , de Meaux , de Provins , et devint l'un des plus puissants féudataires de la couronne. Cet Eudes fut chef de la seconde race desoomtes de Champagne, ~~ Sa famille gouverna la Champagne jusqu'en 1274. — Plusieurs de ses descendants se dit* tioguèrent dans les croisades. »*~ En. 1284 , Henri III , oomfce de Champagne et roi de Navarre, mourut ne laissant qu'une fiUe ejuioponaa Phisjppe-le-Bel, auquel elle fit don de tous ses Eut*. Cette princesse mourut eUe^mim* en 1304* Lonis^e-fktfia , son fila, qui fut roi de France,, mourut «ans laisser d'enfant mâle pour lui «wséder au trine , mais ii avait une fille nommée Jeanne, à qui revenait le eomté de Champagne. Les droit» de cette prinoesae tarent contestée par le roi d'Antjleterre et par ses Unies, filles de Philippe le-Bei, qui fondaient leurs prétentions sur des titres à peu prés pareils. Philippe-le-Long, en attendant le jugement du procès, avait pris possession de la Champagne et de la Navarre , comme ayant été réunies à la couronne de France. Jeanne de France était pupille d'Eu de* IV, due de Bourgogne, qui la maria à Philippe , comte d'Evreux. Celui-ci consentit à assigner six miUe livret de rentes

aux deu* filles de Philippe-le-Bel. -t Plu* tard, le roi

Giilîppe de Valois renonça à toutes prétentions sue In avarre , à condition que le comte d'Evreux lui «ban* donnerait t perpétuellement et à toujours» In Chant' pagne et la Brie , en échange dea comtes de Mortas» et d'Angouléme. Jeanne ratifia ce traité.— En 1361 , le mi Jean renouvela par lettres-patentes la réunion de la Champagne à la couronne. Cette réunion avait déjà été proclamée en 1328 , par Chartes IV, dit le Bel. t^ Les comtes de Champagne éuient pairs de Fraaee, et poruient an sacre la bannière royale. <— Ile faisaient tenir leurs Euts par sept comtes qui se qualifiaient te pairs de Champagne. CT étaient les comtes deJoignv, de Réthel , de Braine , de Rmioy, de Brtenne , de Grand . pré et de Bar- sur- Seine.

En 1790, à la division de la France par rassemblée nationale, la Champagne a formé quatre départements, ceux des Ardemnes, de M Aube t de la Marne et eW in ifaute-âfarne.

Le territoire du département de l'Aube a étf , en 1814, le principal théâtre de la lutte mémorable dnnn laquelle Napoléon défendit l'Empire français contre toute l'Europe coalisée. De grandes batailles, des combats acharnés y furent livrés sur divers points. Le pays eut beaucoup à souffrir des ravages de la guerre; plusieurs villes, et un grand nombre de villages furent en partie détruits. Les ennemis furent battus a Brienne, à Bar-sur-Aube , à la Meison~Blnnebe, àRogentaur* Seine , à Arcis-eur-Aube , à Méry , etc. ; mais toutes ce» victoires n'empêchèrent pas la chute du grand cepi» laine et la destruction de l'empire qu'il avait fondé. \ ■

Le pays possède peu d'antiquités druidique*. -*-Le# pierres de Pont-sur-Seine sont les seule monument* qui semblent celtiques. Quelques auteurs même root honneur de leur érection à Attila.— Un buste d'Osms, trouvé â Troyes en 1737, a été considéré par quelques-uns comme un dieu gaulois; d'autres .savants ont voulu y voir un ttacebus, Montfaucon a tuppoai que /c'était une de ces idoles dont les (kuide* tptfr raient le culte.— Troyes avait été entouré de marais! at, au temps des Romains; ces muraiHet, réparées ndsf» nsrentes époques, renferment, comme la plupaft de celles du moyen-Age, des débris d'édifices, de temples et de monuments païens. — On n'a trouvé dans le. département qu'un très petit nombre d'antiquités rpr maines. Un cippe avec inscription, des médaillée, dea creusets antiques et quelques tombeaux sont les plus remarquables. — Nous ne dirons rien ici dea château*, des églises et des abbayes du moyen-ace, dont t\ ex4ste encore des ruines ou même des parties bien conservées. Nous en parlons à l'article consacré au* YiiW* e-ui les renferment.

CABAOTiU* W*V%Ê4 XT«> '" "'V La bonté, la simplicité, la douceur et la doeflien forment le fond du caractère des habitants de l'Anbe. Us ont une intelligence réelle avec beaucoup de bonhomie dans les manières; un esprit peu brillant, mais nn jugement solide; le goût du travail, de l'aptitude pour le commerce et l'industrie, et l'intelligence très nette de tout ce qui peut toucher n Jeort intérêts. Ha

sont rarement dupes à cet égard de ceux qui se piquent le plus de finesse. — Les habitants des villes aiment assez le luxe et les plaisirs; néanmoins, il règne beaucoup d'ordre et d'économie dans les familles : on y fait preuve de charité et de prévoyance. — - Le» habitants des campagnes sont bons et hospitaliers, plutôt avares que simplement économes, et attachés à leurs anciens usages ; aussi les meilleures méthodes agricoles y font -elles peu de prosélytes. Cependant, quelques exemples heureux de succès commencent à détruire les anciens préjugés. Malgré la guerre dont le pays a été le théâtre et malgré les désastres qui en furent la suite, on trouve que les usages et les mœurs des classes populaires se sont sensiblement améliorées depuis trente ans. Les progrès de la civilisation y sont remarquables. Les paysans et les artisans sont vêtus avec propreté , on pourrait presque dire avec recherche. Les ouvriers mangent de la viande, et leurs salaires, qui se sont beaucoup accrus depuis la révolution, ont aussi accru leur bien - être. Ce bien - être leur a inspiré des idées d'ordre et d'avenir. Le départe prient est un de ceux ou une caisse d'épargne et de prévoyance a eu le plus prompt succès : rétablissement de celle de Troyea date de 1822.

Les habitants de l'Aube ont dans l'esprit une persévérance qui les fait facilement réussir dans ce qu'ils entreprennent. On compte parmi eux des savants, des littérateurs distingués, des artistes de mérite et de bons officiers. Le département est un de ceux où l'usage de la langue française est presque général. Les paysans de l'Aube ne sont pas seulement français par le langage, ils ont prouvé , aux fatales époques des invasions étrangères, combien ils avaient de bravoure et de patriotisme.

MOTMM BIOOHAFHÏÇtTXS.

Le département a produit an grand nombre d'homme» distingués dans tous let genres ; nous . devons nous borner à en citer qnelques-uns :

Baillt dbJuh.lt, un des membres modérés de la Convention , député au corps législatif et ancien préfet; Guillaume le Bé , célèbre graveur et fondeur de caractères d'imprimerie , an xvi* siècle ; •ou fils sW ui Se ; savant imprimeur ; le brave général BertHahd, qui trouva une mort glorieuse à la bataille de Leipsick ; l'ancien ministre Beoqhot , membre distingué de nos diverses assemblées politiques; le jésuite Caussi*, historien et savant; le savant Camusat, auteur de Recherches sur Us antiquité du diocèse de Trojes; PhUpotot du Cassas , historien élémentaire connu par des abrégés de V Histoire ancienne , de YBistoire d'Espagne , etc. ; un des littérateurs fécodds du XIXe siècle , CoLliw Dawtoh de Plajcy ; le conventionnel Courtois , auteur du rapport de l'examen des papiers trouvés che* Robespierre ; c'est lui qui , après le Xê octobre , avait conservé le testament de Marie- Antoinette ; CoumTALOK DE Laistrb, auteur "d'une Topographie historique du diocèse de Treyes ; le fameux Daiitoïi, que ses talents oratoires firent surnommer le Mirabeau de la Convention ; l'habile médecin Desbssaets, membre de l'Institut; un antre membre de l'Académie des Sciences, Nicolas Desmaaets , savant minéralogiste; noue ne pensons pas que son fils Anstlme-GoMam Desmarets , un do nos naturaliste» les pins distingués , soit né dans le département do l'Aube ; le littérateur Ducroist, bibliomane célèbre ; le brave général Duloxo-dk-RosxÀy ; le géographe falentin Duval, professeur d'histoire dans le xvnr* siècle ; le général Gautherih , un des braves de la grande armée; le célèbre sculpteur Girardow ; le littérateur Grosley, hdmme instruit et bon citoyen; Gderard DS BoviLLi , auteur de plusieurs écrits sur les finances et l'administration ; un poète estimé dans le xyi* siècle, Amodie Jamth , continuateur de la traduction en vers de V Iliade , commencée par Buges Salel ; nne dame auteur de fables élégantes et d'agréables poésies, madame Jolive au ; l'oratorien Lecoitcte, auteur des jinnales oecWtiastiques de France ; le professeur Lkmoijie d' Essaies, mathématicien et géographe, fondateur , dans le xviit* siècle, de l'Institution Polytechnique; le fécond littérateur Leïioble, plus remarquable par la variété de ses ouvrages que par la profondeur de ses connaissances; l'académicien Levesque-dé-

Morel, savant latiniste; un des auteurs de la Satire Ménippie , Jean Passerat, poète latin et français; Petit d'Haute Rive, jurisconsulte distingué ; les deux frères Pithou , tous les deux jurisconsultes : l'aîné Pierre, fut un des auteurs du Catholicom d'Espagne; l'auteur du plus ancien dictionnaire des rimes, Richelet; un homme df lettres, distingué par l'étendue et la variété de ses connaissances, orateur distingué, Eusiôe Salvbute , député; le célèbre chimiste Thésard , membre de l'académie des sciences; le graveur Thomassiw , renommé an xvne siècle; le pape^Un- BAiw IV; etc. , etc.

VOZOG1

t général

et sou frère Nicolas Mcgkard, aussi peintre de talent, mais que ls célébrité fraternelle a éctipré ; un savant agronome du xTfH* siècle, Moreau de la Rochette, inspecteur général des pépinières royales de France ; un habile imprimeur du xvi" siècle ,

Le département de l'Aube est an département méditerrané, région du nord -est, formé de partie de la Champagne et d'une partie de la Bourgogne. Il a pour limites, au nord, le département de la Marne; à Test, celui de la ftàute - Marne ; au sud, ceux de la Côted'Or et de l'Yonne , et à l'ouest, ceux de l'Yonne et de Seine-et-Marne. 11 tire son nom d'une des principales rivières qui le traversent. Sa superficie est de 605,024 arpents métriques.

Sol. — Montagnes. — La surface du département est généralement plane ; cependant elle est coupée dans sa

Eartie nord-ouest par des collines qui augmentent en auteur, à mesure qu'on s'avance au sud et à l'est; mais aucune de ces collines n'est assez élevée pour mériter le nom de montagne. — Troyes est à une hauteur de 101 mètres au-dessus du niveau de la mer. — Le sol se divise en deux régions bien distinctes : la première , au nord et à l'ouest de Troyes , fait partie de ce qu'on appelait autrefois la Champagne poMuietiM t et n'est qu'une terre aride, presque stérile; c'est un fond de craie que recouvre à peine une couche de 3 à) 4 pouces de terre végétale. La seconde , au sud et à l'est de Troyes, renferme des terrains gras et riches en humus, et des coteaux rocailleux propres à la culture de la vigne. — En quelques localités les terres y sont si fortes, qu'il est nécessaire d'atteler douze chevaux à chaque charrue. — Les vallées de la Seine et de l'Aube, composées de terres alluvionelles, sont généralement aussi très fertiles.

Étangs et marais. — On compte environ cent étants dans le département; mais ils sont généralement très petits et formés , pour la plupart , de simples retenue» d'eau, que l'on pèche tous les trois ans. Le plus considérable, celui ae Villemaheu, a environ 150 hectare» de superficie. On évalue la superficie totale des étangs à 2,560 hectares. — Les marais qui couvrent une superficie d'environ 990 hectares se trouvent principalement dans les vallées de la Voire et de l'Aube ; quel* ques-uns renferment des tourbières.

Rivières et canaux. — Les deux principales rivières qui traversent le département, l'Aube et la Seine, sont les seules navigables. — La Seine traverse le département du sud-est au nord-ouest. — L'Aube a deux sources dans les bois de Vivey et de Pralay (département de la Haute-Marne). Ces deux sources se réunissent avant d'arriver à Auberive , où l'Aube commence à prendre quelque importance. Cette rivière coule du sud-est au nord -^est , sépare le département de la Haute - Marne de celui- de la Cote-d'Or , traverse le département auquel elle donne son nom, passe ensuite dans le département de la Marne et vient se réunir à la Seine à Marcilly, sur les limites du département de l'Aube, après un cours total de 200,000 mètres, dont 130,000 dans le département. — Le canal efe Troyes est destiné à suppléer à la navigation de la Seine depuis Marcilly jusqu'à Troyes. Quoique commencé en 1819, il est encore en construction; il aura une longueur de 118,000 mètres. — On évalue à 120,000 mètres la longueur totale de la navigation actuelle sur les rivières. — La rivière de Villenauxe est navigable, pour de petite* barques, sur une longueur d'environ 10,000 mètres. H existe divers projets pour faire arriver la navigation iusqu'À la commune de Villenauxe , ce qui faciliterait l'exportation des vins de ce vignoble. Il existe aussi vu

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projet pour rendre la Voire navigable. — • Parmi les rivières qui ont leur source dans le département, on remarque la Soulaine, dont les eaux sortent bruyamment d'une espèce de gouffre, entrent dans un réservoir carré en pierre de taille, et sont assez abondantes pour faire tourner deux moulins immédiatement placés au-dessous.

Roo/rts. — Le département est traversé par 8 routes royales et départementales , dont le parcours total est évalué a environ 373,770 mètres.

Climat. — La température habituelle du département, est douce, humide et variable, dans les parties de l'ouest ; mais l'air est vif , pur et sain , vers le nord.

Vents.— Les venu dominants sont ceux du sud-ouest, de l'ouest et du nord-ouest.

Maladies. — Les fièvres de différentes natures, les affections pulmonaires et catarrhales, les rhumatismes, Phydropisie , sont les maladies les plus communes. La carie des dents est fréquente à Troyes et dans les environs.

waanouLE vatorblu.

RioNE animal. — Les forêts renferment beaucoup de sangliers et.de chevreuils. On y trouve quelques cerfs. — Les lièvres et lés' lapins y sont communs dans le pays. Le gibier ailé de toute espèce est également abondant; la perdrix , l'alouette, la bécassine, les canards sauvages s'y trouvent dans la saison en grande quantité. — Parmi les animaux domestiques , l'espèce des bétes à faine et celle des chevaux , se sont sensiblement améliorées depuis plusieurs années; il n'en est pas de même des bétes à cornes, qui sont de petite taille et de qualité médiocre. — Les chevaux ne sont pas généralement très grands, mais ils sont vigoureux et bien faits. Lé département, il y a une vingtaine d'années, ne possédait que des chevaux de labour; il en produit maintenant qui sont propres au service de l'artillerie et à la remonte de la cavalerie. — Les bétes à laine se sont principalement améliorées par le croisement avec les mérinos et les moutons anglais à longue laine. — Quelques communes s'adonnent à l'éducation des abeilles, et le font avec intelligence. — On trouve dans les rivières du département , la plupart des poissons d'eau douce. On y pèche quelques truites ; la Voire fournit de. très belles écrevisses.

RicNB végétal. — Le chine ,.le charme, le hêtre , le tremble et le bouleau, sont. les essences dominantes dans les forêts. On a tenté , dans quelques cantons du nord et de l'ouest , de couvrir le sol crayeux par des plantations de pins d'Ecosse (pinus sylvestres); ces plantations ont bien réussi. — Le département ne renferme 3u'un petit nombre d'arbres fruitiers ; mais la culture es légumes secs et de toutes les plantes potagères y' est fort étendue et donne des produits de bonne qualité. L'ail et l'échalotte sont cultivés en grand sur le territoire de Saint-André.— Les environs de Montgueux produisent des- navets excellents. — Le pays renferme des vignobles bien exposés , qui fournissent de bons vins. Les plus renommes sont ceux des Riceys, de Bar, de Bouilly, de Javernant et de Laines-aux-Bois.

Règne minéral. — ■ Le département ne possède aucune mine métallique en exploitation. On y trouve, néanmoins, près de Chennegy, des traces de minerai de fer. — Les terres crayeuses renferment aussi une assez grande quantité de pyrites ferrugineuses. — Le vallon de Courtiou, prés ae Nogent, offre des pétrifications curieuses et variées. — Il existé des carrières de marbre gris et jaune , à Bossencourt ; de pierres lithographiques aux Riceys. On exploite des carrières de moellons, de grès à paver, de terre propre à U fabrication des creusets, et enfin de craie (1).

(1) La Craie, qui rend stérile une grande partie des terres du département de l'Aube , est l'objet d't

l'une fabrication dont le pro-

Eaux minérales. — 11 existe , à la chapelle Godef roy » à 3|4 de lieue de Nogent , une source d'eau minerai» encore peu connue.

TOUS, BOTAOS, CSAVZJLTJX, ST0*

TaoTxs , sur la rive gauche de la Seine , cb.4. de préf. à 19 1. 8(4 E.-S.-E. de Paris , distance légale. On paie 19 postes l|t. Pop. 23,749 Lab. — Cette ville, que les anciens auteurs nomment - Gît tas Tricassi*9rnm , Jugusta Tnoanm, Trteassis, Tr**m,Angwsto- Borna , etc. , parait être l'ancienne capitale des Tracasses. — Dans la première division des Gaules , par les Romains , elle fat comprise- dans la Celtique , pins tard elle lit partie de la cinquième Lyonnaise. — Pline, l'Itinéraire d'Antonia, Ptolomée, Solin , en font mention. Sons .les enfants de Constantin , ello était entonrée de murs , et défendue fpa» §e» propres citoyens v contre les Barbares qui .ravageaient les Gaules. — En Mo , 1rs Allemands obligé*, par rapproche de l'armée de Julien, de lever le siège d'Autun , passèrent , en se retirant vers le Rhin , tons les murs de Troyes. Julien, qui les poursuivait, eut quelque peine à se faire ouvrir les portes de la ville , au milieu de l'alarme qu'avait répandue la vue de l'armée allemande , et dans l'ignorance où les habitants étaient de la marche des Romains. — Le nom moderne de Troyes vient, suivant les étymologistes de son ancien nom de Trtem, et ce nom de ce que la ville possédait autrefois trois châteaux (trtt arecs), dont on voyait encore des vestiges au milieu da siècle dernier. — Le plus considérable était celui des comtes de Champagne. Le second jetait situé derrière l'ancien courent des cordeliers, et le troisième, ruiné par un .incendie en 1614, s'élevait .entre l'église Saint-Nicolas et la porte du,Beffroi , aujourd'hui porte de Par}*. Ce fut dans ce dernier château que Louis-Ie-Règue traita , en 878 , le pape. Jean VIII , après avoir reçu de lui la couronne impériale dans un concile tenu dans l'église cathédrale de Troyes. — En 451 , Attila , défait par Aétins , traversa Troyes avec son armée. Saint Loup , qui était évoque de la ville , vint à bout d'empêcher le roi des Huns d'y commettre aucune déprédation. — Quatre siècles plus tard, en 889, la ville fut moins heureuse, elle fut prise et brûlée par les Normands. — Dans le siècle suivant , elle ent un long siège à soutenir contre l'évéqne Ansegise , qui en avait été chassé par le comte. — La ville était devenue la capitale de la Champagne , et outre les trois châteaux qui la protégeaient , elle possédait une forte enceinte armée de tours, avec de larges fossés où coulaient les eaux de la Seine. — En 1938, le comte Thibault, de Champagne, y fnt assiégé par les seigneurs qui roulaient enlever la régence à la reine Blanche. — Saint Louis, vint lui-même à- son secours et fit lever le siège. Le jeune roi n'avait alors que quatorze ans ; il fit ses premières armes dans cette expédition. — En 1415, le duc do Bourgogne s'empara de Troyes; ce fut dans cette ville que la fatale Isabeau de Bavière célébra les noces de sa fille avec le roi d'Angleterre ; noces à l'occasion desquelles un traité arraché à la démence de l'infortuné Charles VI , rendit la France sujette du roi d'Angleterre. — Les victoires de Jeanne-d'Arc sauvèrent lo pays , que le traité infâme conclu à Troyes semblait devoir perdre. — En 1439 > cette ville fut assiégée et reprise snr les Anglais par Charles VII , assisté de la Pu celle d'Orléans. — En 1524, Troyes fut en partie détruite par un incendie; c'est à cette époque, ainsi que nous l'avons dit pins haut, que fut ruiné un de ses trois chAteanz. — Le massacre de la Saint- Barthélémy fut suivi à Troyes de violences épouvantables , et du massacre des

{>rotestants renfermés dans les prisons. — En 1787, cette ville fut e lieu d'exil du parlement de Paris. — En 1814, Troyes fut un point stratégique important. Napoléon y transporta trois fois son quartier général. — Troyes, la capitale des états des comtes de Champagne,, fut aussi le séjour habituel de ces princes qui y déployèrent beaucoup de magnificence et de grandeur. — Thibault IV, qui régna de 1101 a 1J52, était un prince véritable» ment npble et libéral. Il affranchit les habitants de Troyes et les appliqua aux arts utiles. Les foires qu'il établit à Troyes attirèrent les marchands de toute l'Europe. Cette ville devint pendant quatre siècles l'entrepôt du commerce de l'Occident. Thibault créa des manufactures et pour leur commodité il ouvrit des canaux qui, partagés en un. grand nombre de ramifications, portèrent les eaux de la rivière dans tous les ateliers où elles étaient nécessaires ; en un mot il créa et fixa à Troyes l'industrie et l'esprit de commerce qui soutiennent encore cette ville et contribuent à sa prospérité.— Troyes, de son temps , comptait §0,009 habitant»; ce nombre est réduit aujourd'hui à moins de moitié. — Cetto ville a été visitée par plusieurs rois de France , Charles Y1II y fit, en 1488, une entrée solennelle. — Louis XII y vint en 1510, Char-

duit, connn et répandu dans toute l'Europe, sous le nom de blano d'Espagne t serait ce semble bien mieux nommé blams de Trojrts. Le blanc de Troyes se tire principalement de Villeloup et des environs , de deux à ciuq lieues au nord-ouest de Troyes. C'est la que se trouve la craie la pins douce et la pins fine. On la broie Y on la lare et on la met', à Troyes , en pains d'nn à deux k,il.

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• les IX V Wjjoan* «• *••* > •* 7 "f Ba m P*ir ft™ Elisabeth , *#Ja* d'Angleterre. Louis XIII y demeura quelque temps en 1629. — Napoléon visita Troyes en 1805, il signa mémo dans cette Tille on décret pour rendre la Hante-Seine navigable jusqu'à Chfttfflon, et il donna 200,000 francs sur sa cassette pour coeameneer le» travaux.-— Troyes est située an milieu d'une vaste plaine, sur la rive gauche de la Seine. Cette rivière l'entoure en partie et circule dans son Intérieur , par un grand nombre de caaawt -de dérivation qui alimentent un grand nombre d'usines. %La ville possède encore sa vieille enceinte de murailles qui sont as*** bien conservées, et quelques-unes de ses portes gothiques, parmi lesquelles on remarque la porte Saint-Jacques , située du coté de là rivière, en face du pont.— Ses remparts sont entourés de fossés remplis par les eaux de la Seine et de boulevarts plantés d'arbres. — * Elle compte 6 portes principales et plusieurs faubourgs* Bile est mal bâtie; ses maisons sont généralement construites en bots; cependant plusieurs quartiers neufs offrent des rues spacieuses, propres et asses bien percées. — Avant la Révolution , Trêves renfermait 39 paroisses, ce nombre a étébeauthrep diminué* L'Égtit* éatkédrtde, dédiée à Saint-Pierre , est un bsan monument d'architecture gothique ; le portail et la grosse tour qui le domine ont «Me élégance rare. — Cette église fut commencée en 872 ; elle fut minée par les Normands en SOS , et réparée vers la fin du siècle suivant En 1108, «n incendie qui Consuma presque tonte la ville, la détruisit. En 1108, fut commencée la construction de l'édifice actuel sur les ruines de l'église primitive ; le rond-point était déjà élevé en 1328 ; le chœur et la nef sent des ouvrages du xiix* , du xiv* et dn xv* siècle. La tour et le nortail, commencés en 1606, furent terminés vers la fin éa xvr* siècle. — La longueur intérieure dn vaisseau est de 361 pieds , et la largeur intérieure de 164 pieds ; la largeur de la nef et de la croisée est de M pieds , la hauteur des voûtes sons clef est de 90 pieds , et la hauteur de la coupole et des tours de 109. — Cinq arcades composent la nef de ce grand édifice ; elles forment , avec celles des croisillons et dn chœur, un ensemble parfait, La galerie de la nef est richement décorée ; les vitraux du chœur et de la nef sont magnifiques et bien conservés. — L'ancienne église collégiale de Saint—Urbain, citée par Millin , comme nn des plus beaux morceaux d'architecture gothique, et dont la légèreté égale celle de la Sain te -Chapelle de Paris, est nn édifice élevé vers la fin dn xttr* siècle , par le pape Urbain , fils d'un tailleur de Troyes, et qui ne rougissant pas de son origine, avait fait représenter , sur nn des vitraux ae 1'épHse , son père dans Fexercice de son métier. »- Lo vaisseau de l'église gothique de Samt-Pantaléon est richement décoré. — Elle a de beaux vitraux peints en grisaille. Vingt statues placées sur des consoles, à chaque pilier , donnent à cette église l'apparence d'un petit musée de sculptures. — V Église de Saint-Jean mérite aussi l'attention des étrangers. Le maître autel est décoré d'un beau tablean de'Mlgnnrd, représentant le baptême du Christ. — V Église de Saint*«Madelel*e possède un beau jubé du commencement du xvi* siècle. L'architecture gothique n'a rien produit de plus hardi ; H est absolument plat sans aucune apparence d'arc ni de voûtes. -%~ bans l'église de Saint-Remi , on» remarque nn grand Christ en bronze, de Girardon. — La façade de YHfa*l-dê*Pille, élevé sur les dessins du célèbre Mausard, est remarquable par sa belle architecture. Huit corps avancés, décorés dans leur partie supérieure de colonnes composites de marbre, annoncent avantageusement ce bâtiment, commencé en 1024, et terminé en 1670. La grande salle est ornée des bustes en marbre des grands hommes nés dans la ville de Troyes, et décorée d'un médaillon de Louis XIV , en marbre blanc , beau morceau de Girardon. — Tftépltal , bâtiment construit vers le milieu du xvnr* siècle, est fermé , dn côté de la rne , par nne superbe grille de 104 pieds de long , sur 87 pieds de haut — La Bibliothèque publique, formée des débris des bibliothèques des communautés religieuses , et particulièrement de la majeure partie des livres du docteur Hennequin et dn président Bouhier , possède 56,000 volumes imprimés , et près de 5,000 manuscrits. — La salle qui la renferme a environ 60 mètres de longueur, sur 10 de largeur et 7 de hauteur. Les croisées sont ornées de peintures historiques sur verre, représentant les principaux événements de la vie de Henri IV. Ces peintures ont été exécutées par Linard-Gonthicr.— On remarque encore à Troyes- le portail de l'église Saint-Nicolas, celui de l'église Sëint-Martln (extra muros) , la préfecture , l'évéché , le séminaire, le bean mail qui entoure la ville , etc. ; la halle an vin , l'abattoir public , etc. — Tons les auteurs qui ont parlé de Troyes ont fait mention des boucheries de cette ville , ou disent-Us les mouches ne pénètrent jamais , singularité qu'on attribue à l'air frais qui y circule et à l'obscurité qui y règne. — ■ Les environs de Troyes offrent nn grand nombre de maisons de campagne et de jardins agréables. On remarque , à peu de distance de la ville , la belle pépinière de Youldy , très riche en plantes indigènes et exotiques. Ervt, ch.-l. de canton, à 7 h 8|4 S.-O. de Troyes. Pop. 1,891 hab. -"Cette petite ville industrieuse est agréablement située dans nne contrée Fertile-sur un coteau élevé qui domine la rive droite

de l'Àrmance. On y jouit d'une vue très étendue sur la vallée ou coule cette rivière , au milieu de verdoyantes prairie*.

Laikes-aux-Bois, à 9 L 1)2 S.-O. de Troyes» PopnL environ 700 hab. — - Ce village est situé an pied d'an coteau couver* de . vignobles estimés , et non loin d'un ancien fort gaulois construit sur une montagne isolée de toutes parts. Ce fort appelé Mont-Aigu était entouré de trois fossés profonds qui embrassent la cime de la montagne. Il fut détruit par les Anglais dans le xiv* siècle; les trois fossés sont encore très faciles à reconnaître. Dans les temps on les signaux de feu étaient en «sage , le Mont-Aigu correspondait avec le château de Mont-Aimé, près de Vertus, a 90 Hcncs de distance.

Lirey, à 4 1. S. de Troyes. Pop. 990 fcalv — Lirey était dans le xxve et le xve siècle une petite ville asses considérable» son église avait un chapitre de chanoines et possédait une relique célèbre, le iaiut suaire , qui fait aujourd'hui l'ornement de Turin, où pour la recevoir on a construit une église magnifique. Cette relique avait été donnée dans le milieu du xrv* siècle à régisse collégiale de Lirey par Geoffroy de Charny, seigneur du heu, qui disait l'avoir prise sur les Sarrasins. Elle attira long-temps de nombreux pèlerins , et contribua a la prospérité de la. ville ; mais les guerres acharnées du xv9 siècle ayant effrayé les chanoines, ils crurent devoir vers 1418 , mettre le saint suaire en dépôt chez nn gentilhomme de Franche-Comté marié à la petite-fille de Geoffroy de Charny. Ce gentilhomme mourut ; et sa veuve , an Heu de rendre la relique à ses légitime» possesseurs, l'emporta à Chambery en 1462 , et en fit présent à la duchesse Anne de Savoie. — Le saint suaire resta pendant un siècle dans la chapelle du château de Chambery, ensuite il fut transporté à Turin. — Son enlèvement causa la ruine de Lirey, qui vit sa prospérité s'arrêter, puis dépérir, et qui n'est plus aujourd'hui qu'un misérable village.

Lustrai, ch.-L de canton, à 4 1. S.-E. de Troyes. Pop. 1,0lS hab. — Ce village assea considérable est situé près de In forêt qui porte son nom et sur la route de Troyes à Ghaumont. — En 1814, après la renrise de Troyes par l'Empereur, il s'y tint diverses conférences où il fut question d'arriver par un armistice à nne paix définitive ; mais les alliés ne voulaient que gagner du temps, et ces conférences militaires furent sans résultat.

PiHET-LuxEMBOoao , ch.-l. de cent, à • 1. N.-E. de Troyes. Pop. 1,664 hab. — Ce village situé an milieu d'un pays d'étangs , n'offre rien de remarquable. Le 2 février 1814, après le combat de Rosnay , où le duc de Ragnse à la tête d'un petit nombre de braves , culbuta les 26,000 Bavarois commandés par le prince do Wrède et assura la marche de l'armée sur Troyes y Pinej reçut le quartier général de Napoléon.

SAiirr-MARTnf-is-ViGifis , sur la rive gauche de la Seine , a une li2 1. O. de Troyes. Pop. 1,070 bab. — Ce joli village très peuplé est situé auprès d'une dos plus belles promenades de In ville de Troyes , dont il forme en. quelque sorte nn des fsnbosnrgs. Il est traversé par la grande route de Paris à Troyes ; on y ro* marque un grand nombre de maisons bien bâties et de jardina agréables. Le portail de l'église communale mérite l'attention des curieux.

Axcis-sva-Ai7BB , ch.-l.' d'arrond. , à 7 1. 1(2 N. de Troyes. Pop. 2,078 hab. — Cette petite ville est agréablement située sur la rive gauche de l'Aube , près dn point où cette rivière commence à devenir navigable. Elle a beaucoup souffert dans là campagne de 1814. — Elle restera célèbre à cause d'une bataille que Napoléon avec un petit nombre de soldats, y livra contre 80,000 hommes de l'armée alliée. — Les maisons du faubourg d'Arcis avaient été crénelées , et l'armée française réussit à y arrêter pendant deux jours la marche des troupes étrangères , mais la ville fut presoue entièrement incendiée par les obus et les boulets. — Napoléon courut personnellement de grands dangers dans le combat. Enveloppe dans les charges de cavalerie, il ne sa dégagea qu'en mettant l'épée à la main ; à diverses reprises il combattit à la tête de son

escorte ; découragé par le découragement des chefs qui Tentonraient , prévoyant peut-être l'issue de tous ces combats glorieux mais sans résultat ; loin d'éviter les dangers , il semblait au contraire les braver. Un boulet tomba à ses pieds , et bientôt il disparut dans nn nuage de poussière et de fumée ; on le croyait perdu , il se releva , se jeta sur un autre cheval , et courut ém nouveau affronter le jeu des batteries ennemies , mais la mort ne voulait pas de lui. La bataille d'Arcis-sur-Aubc fut nne victoire sans utilité , car si les Français restèrent en possession dn champ de bataille , ils ne purent empêcher les Autrichiens de passer la rivière ! — Depuis 1814 Arcis a lentement réparé ses pertes , elle s'est relevée de ses ruines , et son malheur ne lui a pas été tout-à-fait inutile , car ses nouvelles rues sont pins larges et plus droites qne les anciennes , et ses nouvelles suaisdns pins ré-' gnlières et mieux bâties. — Elle est traversée par la route de Troyes à Reims. On n'y remarque aucun édifice publie digno d'attention. Elle possède une petite salle de spectacle. — On voit.

λrès d'Arcis-sur-Aube, dans l'église du petit bourg de Dampierre e mausolée du brave général Dampierre, tué devant Coudé dans la campagne de 1708. — Le bourg de Dampierre qui compte en»

viron 810 habitants , possède sur le ruisseau du Puits nu joli pont suspendu de 54 pieds de long sur 4 de large. — La construction de ce pont, sur lequel 40 personnes périrent passer à la fois sans danger, n'a conté, dit VAmmairn «V f*4et* , que 000 francs.

HiaT-scm-Safif a , sur la rire droite de la Seine , cb.-I. de canton, à S 1. 0.-S,-0. d'Aras-sur-Aube. Pop. 1,90) bab. — Cette villa agréablement sitnée possède nn petit port sur la Seine , qui commence à t être navigable. — Le 11 férrier 1014 , elle fut le théâtre d'un combat sanglant entre la garde impériale et les Prussiens au ordres du maréchal Blucber : l'ennemi n'abandonna la ville que lorsqu'elle fat presque entièrement consumée par les flammes. — Méry a été rebâtie depuis 1014 ; une industrie active et nn commerce avantageux l'ont aidée à réparer ses pertes, et comme Arcissur-Anhe elle s'est beaucoup embeHie.

Baa-sub.-Avbb , ch.-L d'arrond. à 161. B. de Troyes. Pop. 0,000 bab.-— Cette ville fort ancienne est située an pied d une montagne, dams un beau vallon sur la rive droite de l'Aube. — Sons les deux premières races des rois de France , Bar appartenait au domaine de la couronne , au commencement de la troisième race , elle eut des comtes particuliers ; eHe fut ensuite de nouveau réunie à la couronne avec la province de la Champagne. — Philippe-le-Long l'ayant aliénée , les habitants jaloux de conserver le titre et le privilège de ville royale, se rachetèrent, et obtinrent de nouveau la réunion au domaine de la couronne , avec cette condition homologuée à la Chambre des comptes : Qm l* r+i u$ U fourrait plut vt «oV* mi aUùw. La ville était alors très considérable ; il s'y tenait par an quatre foires franches où affluaient les marchands do tous les pays. La ville renfermait des quartiers séparés pour les Sollandais , les Allemands , les Lorrains , et même les habitants de la principauté d'Orange. Les Juifs y avaient une synagogne. — On voyait encore dans Te siècle dernier sur la montagne qui domine Bar-sur-Aube , les restes d'un château autrefois ruiné par les Vandales. — Non loin de ce château , et sur un point encore plus es* carpe , qu'on nommait le Châtelet , se trouvaient des ruines considérables ; la tradition locale prétendait que c'étaient les restes «Fane ancienne ville nommée FtoMtce , détruite 1 la même époque. — Le 34 janvier 1814, le maréchal Mortier, duc de Trévise, en position à Bar-sur-Aube, livra un combat acharné à la grande armée alliée conduite par le prince de Schwartzenberg ; les Autrichiens furent repoussés et eurent 1,500 hommes tués. — Bar est une ville généralement mal bâtie et mal percée , cependant la grande rue qui aboutit à l'Aube est large et bordée d'assex belles maisons. Une promenade publique bien plantée longe le cours de la rivière. —Les environs de la ville offrent des sites pittoresques et de riches coteaux couverts de vignobles qui produisent des vins estimés.

Aacoitvillx , à 2 1. i\l S. de Bar-sur-Aube. Pop. environ 040 habit. — Ce petit village , situé près de la forêt de Clairvaux , ne mériterait aucune mention s'il ne renfermait une espèce de monceau ou de tumulus moderne , dont la formation et l'existence peuvent servir à expliquer comment quelques-uns des tumulus antiques ont été faits. — La tradition rapporte qu'au temps de la guerre de la Ligue , dans le bois de Fontenie , et près du chemin qui le traverse , nn malbenreux protestant fut tué ; le lieu en a conservé jusqu'à nos jours le nom de Hugutnot. Depuis lors , une coutume superstitieuse s'est établie dans le pays. Tout homme religieux, ayant occasion de passer par ce chemin , croirait manquer à sa foi , s'il ne jetait une pierre sur la fosse où le malheureux

Srotestant a été enterré. Les pierres ainsi jetées forment aujour- 'hui un monceau considérable. On nous écrit d'Arcon ville même qne cette coutume peu charitable et peu chrétienne est encore si bien enracinée dans le pays , qu'on voit certaines personnes , au moment de traverser le bois du Huguenot, se munir d'avance d'un caillou, afin de le lancer en passant sur le tas maudit.

BaïKifxri-LE-ÇBATEAU , ch.-l. de cant. , à 0 1. N.-O. de Bar-sur- Aube» Pop. 1,000 hab. Cette petite ville , située à peu de distance de la rive droite de l'Aube , est remarquable par un superbe château bâti peu de temps avant la révolution , sur un plateau artificiellement élevé , et d'où l'on domine une plaine immense couverte d'un grand nombre de villages. Cette magnifique habitation , où la beauté des jardins répond à l'élégance des bâtiments , a été construite par le fameux ministre Loménie de Brienne. — Brienue fut, le 20 janvier 1814, le théâtre d'un combat opiniâtre, où les Prussiens et les Russes , qui essayèrent de s'y défendre , furent complètement culbutés par l'armée française , aux ordres de Na-

Soléon ; l'action la plus vive eut lieu sur les terrasses du château et ans la ville basse , au pied de la montée ; ce fut en gravissant la rue du château que fut tué le brave contre-amiral Baste , commandant des marins de la garde. Après la victoire , Napoléon, qui retournait à son quartier général, faillit lui-même succomber dans une échauffourée de cosaques. Le général Gourgaud abattit heureusement d'un coup de pistolet le cosaque qui menaçait la vie de l'Empereur. Brienne n'avait été que momentanément enlevé à l'ennemi. Le 1er février, après le combat sanglant de la Rothière , l'armée française fut obligée de se replier sur Troyes. — Brienne possédait autrefois une célèbre école militaire , ou Napoléon a été élevé ; cette école , fondée en 1770 , dans le collège des Minimes ,

qui en avaient la direction , était destinée 1 recevoir 100 éttvw du, roi et 100 pensionnaires. Elle a existé jusqu'en 1700; on y enseignait les humanités , l'histoire , la géographie , les langues anglais» et allemande , le dessin , les mathématiques , la musigue, la danse et l'escrime. L'école de Brienne ayant été supprimée en (790 9 on en vendit i vil prix les bâtiments , qui servirent d'abord 1 un atefier pour la construction de chariots et de caissons ; mais au commen* cernent du xrx* siècle, l'atelier fut supprimé et les bâtiments forent complètement démolis ; H n'en reste plus aujourd'hui qun quelques ruines.

CLAiavAtrx , sur la rive gauche de l'Aube , à 4 1. S.-E. de Barsur-Aube. Pop. environ 2,000 bab. — Une abbaye de Tordre de Gteaux , fondée en 1105 par Hugues, comte de Troyes, et enrichie par les libéralités des comtes de Flandre et de Champagne , fut l'origine de ce bourg. — Cette abbaye qui , dans le siècle dernier, renfermait les tombeaux de plusieurs princes et d'autres grands personnages , ainsi qu'une bibliothèque remplie de manuscrits curieux, était surtout célèbre par une cuve ou tonne qui était mise sur la même ligne que le fameux foudr* d* Htidelbav. La tonnt de Ctair**ux avait la forme d'un tonneau ordinaire , elle était composée de grosses pièces de bois parfaitement Bées ensemble , et supportée par deux poutres énormes qui lui servaient de chantier: une porte avait été pratiquée pour y entrer et la nettoyer quand! cela devenait nécessaire ; elle était ouverte par en haut et disposée de façon à pouvoir recevoir facilement le vin de quatre grands pressoirs voisins. La ton** dt Oairraux contenait environ 000 tonneaux de vin ou près de 2,400 hectolitres. Comme l'abbaye possédait de grands vignobles , cette tonne n'était pas la seule de grande dimension qui y existât ; on en comptait d'autres qui pouvaient contenir de 100 à 400 tonneaux. — Depuis la Révolution , les bâtiments de l'abbaye de Clairvaux ont été convertis en une maison centrale de détention pour les condamnés des départements' de l'Ain , des Ardennes , de l'Aube , de la Cote-d'Or, du Jura , de la Marne , de la Haute-Marne , de la Meurthe , de la Meuse , de la Moselle , de la Nièvre , de Saêne-et-Loire et de l'Yonne. — Celte maison est devenue un superbe établissement industriel , qui renferme de vastes ateliers Où les condamnés sont employés , suivant leur capacité , au battage , à l'éplucha ge , à la filature , au tissage , etc. , du coton ; les balles qui arrivent à Clairvaux , telles qu'elles sortent det colonies, en sortent converties en tissus delà pins grande beauté. — Afin de ménager aux détenus qui ont des états en entrant dans cette maison les moyens de les cultiver, on y a établi des ateliers de menuisiers , de tailleurs, de cordonniers , de sabotiers, de cordiers, etc. — La laine y est aussi tissée et filée pour l'habillement des détenus. Le chanvre y est filé et tissé pour la fabrication du linge. Tous les objets nécessaires aux détenus se confectionnent dans l'établissement.— Le service de la boulangerie , des cuisines et des infirmeries est fait par des détenus qui méritent une certaine confiance, mais sous la surveillance d'employés libres. — Ceux qui joignent quelque éducation à une bonne conduite, sont employés dans les bureaux de l'entreprise générale t ou comme surveillants , ou contre-maîtres dans les ateliers.— Les femmes détenues sont aussi occupées suivant leur capacité , 1rs unes à la confection et au raccommodage des habillements et dn linge, les autres au blanchissage, etc. — Un atelier de Hngèrcs attire l'attention par la beauté des chemises de percale qu'on y confectionne. — Il y existe aussi un atelier pour la couture des gants. — Les ouvrages qui s'y exécutent rivalisent avec ceux des fabriques de Grenoble et de Chaumont. — C'est à Clairvaux qu'ont été emmaillés les premiers chapeaux de'coton qni ont été mis dans le commerce ; on y confectionne aussi des chapeaux de paille emmaillés et cousus pour femme , et des chapeaux de paille pour homme. — On y fait aussi de très beaux tissus paille et soie et de la sparterie. — En résumé , cette maison offre l'aspect d'une manufacture considérable, où plus de 2,000 individus , livrés i diverses occupations utiles , peuvent retrouver la moralité par le travail.

Vah doiuvres , ch.-l. de cant., à 0 1. O. de Bar-sur-Aube. Pop. 1,600 habit. — Cette ville est située au pied d'un coteau que domine un vieux château environné d'un joli parc ; elle est voisine de la source de la Barse , qui s'y grossit des eaux de plusieurs fontaines abondantes. Le pays qui l'entoure est entrecoupé de vallons et de coteaux ; il renferme des terres tellement fortes (quoique relativement peu fertiles) , qu'on est obligé , à certaines époques de Tannée , d'atteler 8 et 10 chevaux à chaque charrue. — Vandœuvres est le centre d'un commerce considérable de moutons.— Cest près de Vandœuvres que se trouve le hameau de Tal-Suzenay, où une petite chapelle qui fut pendant long-temps le but de pieux pèlerinages est encore tous les ans r le 8 septembre , le prétexte d'une réunion nombreuse et d'une fête champêtre célèbre dans le département.—Tal-Suzenay est dans une situation très pittoresque , sur la lizière d'un bois ; la pelouse verdoyante y est ombragée de' gros arbres et parsemée d'arbustes élégants et de buissons épais. La fête a lieu en plein air ; toute la population de Vandœuvres, les paysans des communes voisines , un grand nombre d'habitants de Brienne de Bar-sur-Aube et même de Troyes , s'empressent d'y accourir.

BAR-au*-Szix* , sur la rive gauche de la Seine , ch,-l. d'arr., à 9 1. S -E. de Troyes. Pop. 9,269 bab. — Bar-sor-Scine était, dans le XIVe siècle , une Tille considérable. Froissard dit : La grande ville de Bar-snr-Saigne A fait trembler Troye en Champaigne.

Cette Tille dot à sa grandeur et à son importance de nombreux désastres. — En 1859 , dnrant la guerre des Anglais, « il y eut, dit Froissard, plus de 900 bons hôtels brûlés. » En 1433, elle fut prise et pillée; eu 1478 elle fut de nouveau saccagée; cependant alors Bar était défendue (outre ses fortifications particulières) par tue forteresse située sur la croupe d'une montagne voisine.— Dan» le xvi* siècle , les habitants comprirent que tous ces moyens de défense étaient la cause de leurs malheurs : eu 1599 , ils détruisirent eux-mêmes leur forteresse, et ils curent le bonheur de faire approuver par Henri IV cette résolution hardie. — Bar avait été érigé en comté sous les rois de la première race ; on prétend que le premier comte fut un certain Wiomadc , qui aurait fait revenir en France le roi Childéric. — Sur la montagne située à l'ouest de Bar et à un ouart de lieue de Semur , dans un bois appelé la Garenne des Comtes, se trouve, au pied d'un chêne , une chapelle rustique, contenant une statuette en bois de la Vierge, connue sous le nom de Notre-Dama-de-la-Pitié , et qui est depuis longtemps en grande vénération dans le pays. Cette chapelle domine le coteau d'une manière très pittoresque. — Bar est située au milieu de riches vignobles , sur la rive gauche de la Seine , à l'extrémité d'une vallée resserrée. C'est une ville généralement bien bâtie, propre et bien percée. Son église, de style gothique, est un monument remarquable. Elle possède de jolies promenades au bord de la rivière, que Ton y traverse *ur un beau pont en pierres de taille. Musst-scr-Seihe , ch.-l. de cant. , à 51. If) S.-E. de Bar-sur- Seine. Pop. 1,730 hab. — Cette petite ville . assez bien bâtie, est traversée par la grande route de Troyes à Dijon. Elle est dans une situation agréable , près de la forêt qui porte son nom. — Autrefois les géographes n'étaient pas d'accord sur la question de savoir si elle faisait partie de la Bourgogne ou de la Champagne ; on l'appelait alors Mussjr^l'Evéque , parce qu'elle renfermait, un très beau château , maison de plaisance de févêque dé Langres qui était seigneur de Mussy.

Rickys (les) , sur la Laigne , chef-lieu' de cant. , à 8 1. i\1 S. de Bar-sur-Seine. Pop. 8,564 habit. — Les Riceys sont, trois bourgs distingués les uns des autres par leur surnom , Ricejr-Maut, flictjhamte-Rive et RieejrAe-Bas. Ces trois bourgs sont contigus l'un à l'autre et ne forment qu'une même commune , qui est chef-lieu de canton ; ils sont situés sur la Laigne , au pied d'un coteau couvert de riches vignobles, produisant annuellement de 8 à 10,000 pièces d'excellents vins , recherchés principalement par la Belgique et par les départements du nord de la France. — On remarque aux Riceys un beau château et trois clochers à- flèches semblables, qui de loin ont un aspect pittoresque. On attribue la fondation de ce bourg à une colonie suisse.

Nogeïtt-sur-Seihe, ch.-licu d'arr. , à 10 I. O.-N.-O. de Troyes. Pop. 8,277 hab. — Cette ville, fort ancienne, appartenait dans le IXe siècle aux moines de l'abbaye de Saint-Denis ; elle tomba ensuite , par écliange ou par acquisition , dans le domaine royal , puis fut comprise dans le douaire d'Isabeau de Bavière ; depuis , et rentrée dans le domaine royal , elle fut cédée par échange à la maison de Chavigny et vendue par celle-ci à celle de Noailles, qui l'a possédée jusqu'au milieu du xvm* siècle. — Ce fut à Nogentsur-Seine qu'en 1814 Napoléon apprit que, contrairement aux propositions qui devaient servir de bases aux négociations de Cbârillon, les Alliés, à l'instigation de l'envoyé anglais , exigeaient que la France renonçât à ses limites du Rhin et des Aines, pour rentrer dans ses frontières de 1792. — Klcber avait répondu à la mauvaise foi britannique par la victoire d'Hçliopolis ; peu 'de jours après que les souverains alliés eurent retiré ainsi une parole donnée, l'Empereur , manœuvrant sur la Marne , défit l'armée alliée en ciuq combats différents. En quittant Nogent pour' marcher à l'ennemi, il avait fait mettre la ville à l'abri d'un coup de main ; toutes les maisons qui donnaient sur la campagne avaient été crénelées , et des artifices étaient préparés pour faire sauter les ponts. Le général Bourmont fut chargé de la défense de Nogeut et s'en acquitta honorablement. 11 résista pendant trois jours , les 10, 11 et. 12 février, à toute l'armée du prince de Schwartxen ^rg , et n'abandonna la ville qu'à la dernière extrémité , après avoir fait sauter les ponts et lorsqu'une grande partie des maisons , criblées par les boulets , n'offraient plus qu'un monceau de ruines. — L'hôtelde-ville fut alors détruit. — Les ponts de Nogent étaient cités pour la beauté de leur construction et la hardiesse de leurs voûtes. On y admirait surtout une arche de 83 mètres d'ouverture, construite sur les dessins du célèbre Perronnet. — Nogent a réparé ses ruines , la ville est aujourd'hui bien bâtie , propre et bien percée ; elle possède de jolies promenades sur le bord de la Seine , et un port commode sur cette rivière. — On y remarque une salle de spectacle, un abattoir public, des bains , un superbe moulin à farines, et surtout l'église paroissiale , dont la haute tour gothique est digne d'attirer l'attention.

Lx Pauaclst.— Dans nn petit vallon de la commune de Quinccy, à 2 1. E.-S.-E. de Nogent, et sur lu rivière d'Ardusson , on remarque les ruines de l'ancienne abbaye du Paraclet , fondée dans le xne siècle , par Abeilard. Cet homme célèbre , fuyant les persécutions , était venu se réfugier dans un lieu désert, où il éleva une petite chapelle de joncs et de branches d'arbres , qu'il dédia à la Sainte-Trinité et qu'il décora d'une statue , unique inférieurement et triple dans sa partie supérieure, afin de réfuter par ce signe visible les calomnies qui lui attribuaient sur le mystère de la Trinité des sentiments peu orthodoxes. Bientôt il ajouta à cette chapelle rustique an oratoire dédié au Saint-Esprit, et auquel il donna le nom de Paraclet, c'est-à-dire de consolateur. — Ses disciples ne tardèrent pas à l'y rejoindre et avec eux recommencèrent les persécutions de l'envie ; Abeilard fut alors obligé d'aller chercher un asile dans un couvent de Bretagne; mais avant de quitter le Paraclet , il l'érigea en abbaye et en fit don à Héloïse , qui en fut la première abbesse. — Abeilard étant mort à Chalon-sur-Saône , son corps y fut d'abord enterré ; mais ensuite on le transporta au Paraclet; Héloïse, qui mourut vingt ans après lui, voulut être enterrée dans le tombeau qui avait reçu les cendres de son époux. Ce tombeau portait, en 1789, ces quatre vers à sa louange: Hoc tumulo Abbafissa jacet prudent Helolssa, Paraclitum statuit , cum Paraclito requiescit. Gaudia sanetorum sua sunt super al ta polorum M Nos mentis precibusque tu $ êsaltet ab imis% Lorsqu'en 1792 on vendit l'abbaye du Paraclet, les notables de Nogent y allèrent en cortège enlever les corps d'Héloîse et d'Ahei- v lard , et les déposèrent avec reepect dans l'église de Saint-Laurent. Sept ans après , Le noir, administrateur du Musée des Monuments, français, obtint la permission de transférer ces restes précieux à Paris , où ils sont restés dans le Musée jusqu'au moment où on lesa transportés au, cimetière du Père La Chaise. — Le charmant tombeau gothique qui renferme les restes des deux époux n'est pas , comme on le croit communément , celui qui existait au Paraclet; le monument du Paraclet avait été brisé en 1794, ainsi que la triple figure symbolique représentant la Trinité. Le tombeau où le corps d' Abeilard avait été déposé momentanément existait encore à Chalon-sur-Saône , au prieuré de Saint-Marcel ; un ami des arts, Boisset , médecin .distingué , avait sauvé ce monument de la destruction; il eut la générosité de le donner au Musée des Monuments français. Cest celui que l'on admire aujourd'hui au cimetière du Père La Chaise. — Une agréable maison de campagne élevée par les soins d'un de ces braves militaires qu'ont illustré les guerres de la République et de l'Empire , le général Pajol*, a aujourd'hui remplace l'oratoire fondé par Abeilard. — Reconstruit sur ses anciens fondements et avec les seuls débris de la maison abbatiale , ce Paraclet nouveau offre l'aspect d'un édifice régulier,, d'une très belle apparence. Du milieu des décombres on a en quelque sorte exhumé le caveau où les restes d'Héloîse et d'Abeîlard reposèrent pendant près de huit siècles , et le sarcophage mutilé, que l'on avait jugé trop lourd pour être transféré à Paris, ainsi que le cercueil où les deux corps étaient renfermés. Ce sarcophage , restauré, a été replacé dans le caveau, remis également à neuf, et pour en désigner l'emplacement , une colonne votive y a été élevée.

PoNT-LB-Ror, sur la Seine, à 2 1. 1(2 E. de Nogent. Pop. 872 hab.— Cette petite ville est située , dans une charmante position , au milieu de riantes prairies, près de la rive gauche de la Seine, à peu de distance de la grande route de Paris à Troyes. On y voit les ruines d'un château détruit en 1814 par les armées étrangères. «— Ce magnifique édifice, élevé par Le Muet, un des plus habiles architectes du xvne siècle, se composait de quatre corps de bâtiment , à deux étages parfaitement symétriques, et dont les angles étaient occupés par de gros pavillons carrés. Un large fossé revêtu de pierres de taille 1 entourait; il possédait des parterres et des jardins richement décorés; une belle cour d'honneur; plusieurs autres cours secondaires, avec de grandes dépendances. — Il avait été construit pour un sieur de Chavigny , surintendant des finances, et était devenu la propriété de madame Lœtitia , mère de l'Empereur. Cette dernière circonstance fut sans doute une des causes de sa ruine. — Près de la Seine, k l'est de Pont-le-Roi, sont dressées de grosses pierres brutes, dont plusieurs ont plus de 24 pieds de circonférence. Quelques auteurs croient que ce sont d'anciens autels druidiques ; d'autres présument que ces monuments grossiers ont été élevés par Attila pour y faire des sacrifices aux dieux des Huns, avant la bataille mémorable où il fut vainru par Aétius. — On a trouvé aux environs de Pout-lc-Roi une grande quantité de tombeaux en pierre renfermant quelques Ossements et des débris d'armures. Ces tombeaux paraissent être du moyen-âge, quoique les geus du pays les aient décorés du titre de Tombeau* romains.

Romillt-sur-Seiwe, sur la rive gauche de la Seine, ch.-l. de cant. , à 5 l E.-N.-O. de Nogent. Pop. 8,117 hab. — Ce bourg considérable est dans une situation pittoresque et s'étend , au milieu de vastes prairies, entre la Seine et la. grande route de Troyes. — On y remarque un chu'eau environne de belles plantations de.

âj/J,f*- , /*v >•* -. ^rs w

ÉftANCE PITTORESQUE. - AUBE.

peupliers , arec nn parc traversé par plusieurs canaux , et qui est aussi ombragé d'une manière pittoresque. — C'est près de Romil) y qu'avant la révolution s'élevait l'abbaye de Seillière, fondée en 1167, et où , en 1778 , Voltaire arait été inhumé par les soins d'un de ses neveux , alors abbé de Sellière. — Son tombeau resta dans l'église de l'abbaye jusqu'en 1791 ; alors nn décret de l'As- «emblée Nationale ordonna que les restes de l'auteur de la Henriaao aéraient transportés à Paris pour être déposés an Panthéon.

Y xi.i.B]f aux* , sur la rivière de Villenauxe, chef-lieu de cant., à 6 1. N. de Nogent. Pop. 2,410 bab.— Cette ville, autrefois beaucoup pins considérable, doit son origine à une chapelle '^ui y attira de nombreux pèlerins. — Elle prit de l'accroissement et fnt fortifiée. Elle passait encore, dans le xvr* siècle, pour une place très forte. Les moines de l'abbaye de Nesle- la -Réposte, crai-

Sant les suites des guerres civiles et religieuses , redoutant les ndes armées qui parcouraient le pays, y transportèrent tout ce que leur abbaye renfermait de précieux et y réédifièrent leur couvent. Us y firent même reconstruire , avec les pierres originales enlevées., avec soin , le portail de leur église , monument curieux pour l'histoire de France, et dont MabiUoa s'est attaché à expliquer les. sculptures, pafmi lesquelles on remarquait la statue d'une reine pé<Liuque ( c'est-à-dire ayant nn pied d'oie ) , qu'on supposait être sainte Clotilde, fondatrice de l'abbaye de Nesle. —Villenauxe est située dans un vallon agréable entouré de collines boisées. C'est une. petite ville industrieuse, et dont les Tins blancs et les. vinaigre» du territoire environnant alimentent le commerce.

jfciraiow pounçn s* adii»ibtha*itz.

Politique —Lé département nomme 4 députés. — Il est divisé «n 4 arrond. électoraux , dont les cb. -lieux sont : Troyes, Bar-sur- Setoe, Nogent-sur-Sçinc et Bar-sur-Aube.— - Le nombre des électeurs est de 1,908.

àdmixistrati va. — Le chef-lieu de la préfecture eat Troyes. ' Le département se divise en 5 sous-préf. on arrond. commun.

Troyes 9 cantons, 123 communes, 87,431 habit.

Arcis-snr-Aubç. . . 4 00 31,128 <

Bar-sur- Aube. ... 4 01 40,112

Bar-sur-Seine. . . . f 85 81,477

Nogent-snr-Seine.'. 4 $9 82,213

Total. . . 26 cantons, 481 communes, 246,861 babit

Service du Trésor publie. — 1 recereur général et 1 -payeur ( résidant à Troyes), 4 receveurs particul. , 6 percepteurs d'arrond.

Contributions directe*.— 1 directeur (à Troyes) et 1 inspecteur.

Domaines et Enregistrement. — 1 directeur (à Troyes), 2 inspecteurs , 4 vérificateurs.

Hypothèques.— 5 conserva leurs dans les chefs-lieux d'arrondissements communaux.

Contributions indirectes. — 1 directeur (à Troyes), 8 directeurs d'arrond., 5 receveurs entreposeurs.

Forêt t.— Le départ, forme la 8* conservation forestière, dont le «h.-l. est Troyes.— 1 conserv. à Troyes.— 1 insp. à Bar-sur-Seine.

Ponts-et-chausséès. — Le département fait partie de la l1* inspection , dont le chef-lieu est Paris. — Il y a 1 ingénieur en chef «n résidence à Troyes.

Mines. — Le département fait partie du 10* arrondissement et de In 8e division , dont le chef-lien est Dijon.

Haras. — Le département fait partie, pour les courses dé chevaux , du 1er arrond. de concours , dont le ch.-lien est Paris.

Loterie.— Le* bénéfices de l'administration de la loterie sur les Mises effectuées dans le département présensent (pour 1881 comparé a 1830) une diminution de 3,989 fr.

Miutatu.— Le département fait partie de la 18* division militaire , dont le quartier général est à Dijon. — Il y a à Troyes : 1 maréchal de camp commandant la subdivision, 1 sons-intendant militaire Le dépôt de recrutement est à Troyes. — La compa-

5 nie de gendarmerie départementale fait partie de la 20e légion , ont le chef-lieu est Dijon.

Judiciaire. — Les tribunaux sont du ressort de la cour royale de Paris. — Il y a dans le département 5 tribunaux de lrt instance : à Troyes f 2 chambres), Arcis-sur-Aube , Bar-sur- Aube , Bar-sur-Seine , Nogent-sur-Seine , et 1 tribunal de commerce, à Troyes. — Il existe à Clairvaux une maison contrais do détention t pour les condamnés de 13 départements (Ain, Ardennes, Aube , Côte-d'Or, Jura, Marne, Haule-Marne,Meurthe, Meuse, Moselle, Nièvre , Saone-et-Loire et Tonne).

Religieuse.— Culte catholique.— Le département forme le diocèse d un évéché érigé dans le vr% siècle, suffragant de l'arche- ▼eche de Sens, et dont le siège est à Sens.-^Il y. a dans le département, à Troyes :— un séminaire diocésain qui compte 100 élèves, et une école secondaire ecclésiastique.— Le département renferme 3 cures de lr« classe , 86 de 2«, et 366 succursales. — Il y existe 9 écoles chrétiennes , composées de 10 frères ; 23 congrégations religieuses de femmes, composées de 162 sœurs chargées des hospices , de l'instruction gratuite des filles pauvres, et de celle des jeunes filles dans des pensionnats.

UvivanlrTAiRi. — Le département est compris dans le ressort de l'Académie de Paris.

Instruction publique. — Il y a dans le département : — à Troyea, 1 collège.— Le département entretient plusieurs boursiers à l'école normale primaire de Versailles. — Le nombre des écoles primaires du département est de 609, qui sont fréquentées par 86,242 élèves , dont 18,664 garçons et 14,678 filles.— Le* communes privées d'écoles sont au nombre de 29.

Sociétés savaxtu, etc.— Il existe à Troyes une Société d'Agri^ culture, Sciences, Arts et Belles-Lettres;— une Ecole royale gratuite do Dessin et d'Architecture ; — un Cours de Chimie ; — une S cote d$ Commerce g — un Cours de Géométrie et de Mécanique appliquées aux arts; — une Ecole de Chant; — un Bureau dé Statistique générale.

mJOWVMoàVtlOMm '

D'après le dernier recensement officiel , elle e$t(de 246*861 h., et fournit annuellement à l'armée 646 jeunes soldats. Le mouvement en 1830 a été de,

Naissances. Masculins. Féminins.

Enfants légitimes. 8,722 — 3,539 j T . , - ^

— naturels. 185 — 136 I Total 7,5OT

***** S,«02 — 8,9106 Total ' 7,108

Dans ce nombre 2 centenaires.

«A&BB BrAYlOlVAU.

Le nombre des citoyens inscrits est de 54,961.

Dont : 11,885 contrôle de réserve. *

43,626 contrôle de service ordinaire.

Ces derniers sont répartis ainsi qu'il suit : 40,925 infanterie. — 75 cavalerie. — 102 artillerie. — 2,524 sapeurs-pompier».

On en compte: armés, 9,234; équipés, 4,115 ; habillés , 6,069.

14,419 sont susceptibles d'être mobilisés.

Ainsi, sur 1000 individus de la population générale , 220 sont inscrits au registre matricule, et 59 dans ce nombre sont mobilisables; sur 100 individus inscrite sur le registre matricule, 79 sont soumis au service ordinaire," et 21 appartiennent à la réserve.

Les arsenaux de l'Etat ont délivré à la garde nationale 9,845 fnsils , 105 mousquetons, 6 canons , et un assez grand nombre de pistolets, sabres, etc.

Le département a payé à l'Etat (en 1881):

Contributions directes 8,191,379 f.80c.

Enregistrement, timbre et domaines. f ,036,904 60

Boissons, droits divers, tabacs et poudrés. . , f ,022,911 48

Produit des coupes de bois. ... . . . 882,525 46

loterie 23,694 60

Produits divers. . 92,868 69

Ressources extraordinaires. 1,584,106 88

Total 8,176,585 /»61 c.

Il a reçu du trésor 4,875,465 fr. 46 c, dans lesquels figurent :

La dette publique et les dotations pour . . . 888,823 f. 25 c.

Les dépenses du ministère de la justice. . . . 127,488 79

de l'instruction publique et des culte*. . 826, 167 02

de l'intérieur. • ; 46 50

du commerce et des travaux publics. . 1,189*561 62

de la guerre «. . . 68f>576 24

de la marine. 260 29

des finances 183,004 14.

Les frais de régie et de perception des impôts. 757 ,32 1 : 21

Rembourse»., restit., non-valeurs et primes. 278,286 49

Total. 4,875,455 f. 45 c.

Ces deux sommes totales de paiements et de recettes représentant , à peu de variations près, le mouvement annuel des impôts et des recettes*, le département paie annuellement, de plus qu'il ne reçoit, 3,801,180 fr. 86 c ; cette somme , absorbée par les dépenses du gouvernement central , équivaut, à un dixième près, an tien du revenu territorial du département.

DÉPENSES l>£*ART£ia»AUS«

Elles s'élèvent (en 1881) à 729,715 fr. 68 a Savoir .Dép.Jixes; traitements, abonnements, etc. 01 8,880 £.39 e.

Dép. variables » loyers , secours, etc. 210,835 29

Dans cette dernière somme figurent pour

87,002 f. » c. les prisons départementales, 88,000 f. » c. les enfants trouvés.

Les secours accordés par l'Etat pour grêle , incendie , épisootie, etc., sont de ... 28 550 ^ »

Les fonds consacrés au cadastre s'élèvent à. . . . 74*488 ' 66 Les dépenses des cours et tribunaux sont de. , , . 96J06 08 Les frais de justice avancés par l'Etat de, . f . . . 66,462 22

( «9V»TlftUI ^WWIIIiH e>

Sur une superficie de 005,025 hectare», le départ, en compte, 480,900 mb en euttutn. — 86,800 prés et pâturage*. — 74,808 -forêts. — 19,984 ▼ignée. — 26,080 jardin*., etc. — 70,000 landes Tt Menés; dont, d'après M. Moerae de Pommeuse, 18,818 susceptibles d'être ad» eu culture. — 900 marais. — 2,680 étangs.

lie revenu territorial est évalué à 12^00,000 francs.

Le département renferme environ , 40,000 chevaux. — 48,000 têtes a cernes (race norme). — 180,000 moutons.

Les troupeaux de bétes à laine en fournissent chaque année envtroo 118,800 kilogrammes , savoir : 22,080 mérinos , 48,000 métis , 151,000 indigènes.

Le produit annuel du sol est d'emiron,

En céréale». 1,410,000 hectolitres.

Eu narmentières 1,290,000 id.

En avoine*. 728,000 id.

En vins 719J880 id.

L'agriculture a fait des progrès depuis la révolution ; mais il y a déjà quelques années qu elle reste stationna ire. Néanmoins les prairies artificielles se sont beaucoup multipliées , et on cultive en grand le turnepe qui , pour la nourriture des bestiaux , offre une si grande ressource aux agriculteurs. — La production en céréales et en légumes dépasse les besoins de b consommation.

Les prairies naturelles des vallées de l'Aube , de la Seine et

de l'Armance fournissent d'excellents fourrages, et dont la quantité est évaluée à plus de 2,000,000 de quintaux de foin. Un tiers environ est exporté par la Seine pour rapprovisiounement de la otpitale. — Le produit des vignobles a de l'importance; mais à l'exception des vins de Biceys , de Bar-sur- Aube et des autres lieux , que nous avons déjà cites , la plupart sont d'une qualité médiocre. — Les bœuf» servent au labourage concurremment avec les chevaux. On en engraisse quelques-uns pour la boucherie ; on élève aussi un grand nombre de porcs , mais non pas en aMex grande quantité pour suffire à la consommation locale. On est obligé d'en aller chercher dans le département de la Marne. La charcuterie de Troyes est depuis long- temps estimée. — Le pays nourrit un grand nombre d'oies , de canards et de dindons , qui s'exportent pour la capitale et les départements voisins.— On y a introduit avec succès , depuis peu d'années , la culture des plantes oléagineuses.— Le département renferme plusieurs belles pépinières d arbres fruitiers et forestière à Méry-snr-Seine , à fiarsur-Aube et à Vouldy , prés de Troyes.

Cosrmucriosrs boaalks. — La pierre à bâtir manque dans la majeure partie du département. Aussi construit-on en pierre de craie la plupart des maison» et des édifiées. — On choisit , à la vérité , la plus solide aux fond des carrières , et on garantit, entant que possible , les murailles du contact des eaux ; mais il fout toujours avoir soin de bâtir lé bas des maisons , ainsi que les encoignures, en pierre dure , afin d'obvier aux effets de l'humidité et des gelées. Néanmoins, la plupart des bâtiment* des villages, des bourgs et des villes mêmes ont peu de durée. Les maisons sont principalement formées de pana de bois dans le pourtour et pour les cloisons intérieures; mais les montants sont souvent asses écartés pour qu'un faosnsne puisse aisément passer dans le vide qui se trouve entre eux et s'introduire ainsi dans l'intérieur. —Dans le nord , depuis Troyes jusqu'aux limites du département de la Marne, où les bois sont très rares , on construit les murs avec des carreaux de terre faits à l'avance et durcis à l'air; on les asseoit sur une maçonnerie de bis renies , souvent de craie seulement , à laquelle on ne donne ordinairement que 12 à 18 pouces de hauteur au-dessus du sol naturel. Dans les campagnes, un toit en paille on en chaume couvre encore la plupart des maisons. Si l'on en excepte les conter turcs en paille et en chaume , c'est aussi de cette manière que sont béties quelques - unes des voies. De là des incendies terribles et malheureusement trop fréquents. Les inondations des rivières ne sont pas moins dangereuses pour ces frêles habitations , que les hautes eaux délayent , détruisent

et entraînent.

JUHJDlIBVJaVDB COis^amjfcAOTâTinV

La fcbrication des tassas de «ocon , celle de la bonneterie et de la draperie août Ira principales branches de l'industrie manufacturière du département. — A l'exception de la bonneterie , qui se fabrique aussi dans plusieurs communes de 1 arroniL d'Arcis , ces trois fabrications sont principalement concentrées à Troyes et dans ses environs. On y compte environ 2*609 métiers consacrés an listage du coton , et qui emploient 8,888 ouvriers j 1,480 métiers, occupant environ 8,600 ouvriers, fabriquent annuellement 80,000 douzaines de bonnets et 270g889 douzaines de bas. — Les métiers consacrés aux manufactures de draperies sont au nombre d'environ 160, petits et grands. Les filatures de bines produisent environ 400,000 xiL de bine filée.— Les fibrores de coton qui, avec 810 métiers , mettent en mouvement environ 88,000 broches , oc- » ■■ ' ■ ■ ■ *

Paris. — Imprimerie et fonderie de Rjcaoc* et

cnpent de 2J00 à 8/100 ouvriers et produisent annuellement en* viron 600,000 kil. de coton filé; les tanneries livrent annuellement an commerce environ 110/100 peaux et cuirs. — L'imprimerie et le commerce des livres ont en autrefois à Troyes une grande extension. Il y existe encore 6 imprimeries. — Jïou* avons parlé (p. 189) de il Maison centrale de Cbirvaux et des .diverses bran* ones d'industrie qui y sont cultivées. — x Le département possède des fabriques de poteries , des verreries, des tuileries , des faïenceries , des papeteries , diverses scieries hydrauliques , des distillerie» et des fabriques de vinaigre, des eorderies en chanvre et en écorce de tilleul», des hbnrliisseiies de cire* des fabriques de sucre de betteraves, etc. Il y a en outre des fabriques de lacets et de rubans de fil , de savon noir, de cordes de boyaux, de cardes» de blanc d'Espagne, etc. — On y trouve des amidonneries, dea teintureries, des blanchisseries de toiles et de bas, des forges 9 une aciérie , et enfin des ateliers pour b construction des bateaux.

RÉooifPiirsBs i»DueTOixT,tta. — A l'exposition de 1888, l'inr doetrie dn département a obtenu 1 médaille d'or, 2 médaillée d'argent, 8 médailles de bronze , 8 mentions honorables et 1 citation. La m*baim.e n'on a été décernée à M. de Jeaseint (préfet) , pour laines fines de son troupeau de BeauDeuv— Les médailles n'anoa» ont été données à M. Massin (de Vaudepart) , pour écbantiHosM des laines de *m troupeau d* mérinos, et à M. Dnpreuil (de Peary), pour laines. — Les MésAiLiES ni baowzx , à MM. François jeune) et Benott (de Troyes) , pour presto iitktgtophloue à cylindre , /rassoir à oint, etc. ; Benott (de Troyes) , pour gtoèot géôgropkipet en papier-parchemin , et Boubrd (de Villcneuve-par-Bar-sur-nelne) , pour papier*. «-Les stxsrnosu et citatioxs ont été accordées fut sabriention de cotons filés , de soufflets de forge , etc.

Fofuts. — Le nombre des foires du département est de 180. — Elles se tiennent dans 48 communes, dont 24 chefs-lieux , et remplissent 182 journées.— -Les feint mobiles, au nombre de 21, occupent 21 journées.— 402 communes sont privées de foires.

Les articles de commerce sont les grains', les chevaux de labour et les bestiaux ; le chanvre , le fil, b bine, etc. ; le bois merruin, les cercles , les tonneaux ; la vannerie , b corderie, ete. —Troyes a le Jeudi-Saint une foire aux jambons.

Les foires de Champagne ; qui se tenaient à Troyes , avalent an moyen-âge une grande réputation. Elles existaient dès Tan 427.— C'étaient des foires frajtobea.— L'interdiction de tout trafic avec les Génois , les Flamand* , les Italiens et les Provençaux , ]

par Louis4e-Hutin, en 1816, leur porta nn coup fatal, qui

l'établissement à Lyon de trois foires franches dé 20 jours chacune. — Plus tard, en 1488» las foires de Lyon furent supprimées , et deux foires franches de 16 jours ouvrables furent accordées à Troyes, qui en obtint en outre deux antres (de Louis XII , en 1610, et de François 1er, en 1621). Ce fut à i'ocension des ioarae de Champagne qne les Lombards obtinrent , en 1892 , la sion de a établir à Troyes. — Au xtie et au x«ie siècle, i dans cette ville deux grands bâtiments , appelés l'un las Uailes d'Ypros, et l'autre les Halles da Douai al de Pxeviat.— C'étaient dea magasins pour les drapa que les marchands venaient vendre aux foires de Troyes. — Le commerce de cette capitale de b Cham pagne était alors très étendu et se soutenait par les foires. — 1> crédit des négociants de Troyes était si bien établi, qu'en dtttTé-

rentes occasions, des princes étrangers ont accepté ces négociants pour cautions de sommes considérables qui leur étaient dues est vertu de traités conclus avec les rois de France. — C'est en muni dération de l'importance du commerce que, dune b Chanapngnf , les négociants nobles ne dérogeaient point. lies ooeusmee de in province distinguaient deux espèces de nobles ( le* un* vrrau* noblement et les autres virant nejraaa/frnaaf ) , tontes den* ngib ment honorées.

Topographie historique de la vill* et d* diocèse de Trojret , par Courtalon-Delaistre; 8 vol. in-8. Troyes, 1788.— X>«sen>t, ahréroo du départ, d* l'Aube, par Descolins, ing. en chef des ponts-et-cn. ; in-4. an vin.— Tableau statist. du départ, de l'Aube, par b citoyen Bruslé, préfet \ in-8. Paris, an x. — Mémoires du I^oée dm départ. d* l'Aube; in-8. Troyes, 1802.— £f «/«Vif «« dé l'Auû, par Penche* et Chanbire ; in-4. Paris, 1818. — Essai sur fêtât actuel dt ''«£**> culture dans le départ, de l'Aube , etc.; in-8. Troyes, 1819. — Almanach commercial, administratif, etc. , du départ, de l'Aube} in-12. Troyes, 1821. — Le même, in-18. Troyes, 1828 à 1828. — t>Um tiomnaire géograph., statist^ etc., de» communes du départ,, de tjube , par A. Oirault ; in-î8. Troyes, 1828.— Antiquités de la utile de Tragron» etc., par Arnaud ; petit in-fol. Troy es-Paris, 1828.~^ne««fa» administralif du départ, de l'Aube ; in-18. Troyes, 1829 à 1882.

À. HUGO

0a emmr* eftrt VELL0Y1, éaHeur, place Cstevsam , r«a>tfine#8>Tl»jeMs.iJ

Comp. , me des Francs-Bourgeois-&iin>Mirh*lt 8.

i^OQOl

Département de l'Aude*

(«£i-ï>nwnt Caifflurifec.)

Le département de l'Aude est uû des sept formés par iâ*cli vision de l'ancienne province du Languedoc y dont f'histoire générale est placée en tête de la description de celui de l'Hérault (1). L>istoire particulière de Narbonne et de son territoire, celle de Ja vicomte de Carcassonne, se trouvent plue loin aux articles consacrés à ces deux villes (voy. pages 197 et 198).

- Ken que Narbonne ait été la capitale de la JBaule Romaine, quelques fragments de sculpture et quelques Inscriptions incrustées dans les murs 'île celte trille, le tronçon d'une colonne élevée à tfamérien £ qui après avoir long-temps servi de fcome à ofce rue de Carcassonne est aujourd'hui ta des ornements du jardin de la préfecture), des poteries, des médailles et quelques mosaïques gros* itères, sont les seules antiquités romaines qui existent dans le département — On y trouve des rui- Yitê du moyen âge, quelques églises de l'époque ^flite éarlovingienne, des restes de magnifiques ab- "bayes, parmi lesquelles on remarque celle de la Grasse ou de Notre-Dame d'Orbieu, dont on attribue la fondation à Chartemagne (à tort suivant M. deBaranie, qui, d'après un acte manuscrit du *M* siècle, croit qu'elle existait avant le règne #e eeprinee), et des débris de châteaux gothiques tottérftfttiveftient dévastés par les Albigeois et par je» croisés de Sîmon-de-Montfort; un de ces Châteaux porte le nom d'Alaric : mais le monument îe plus remarquable de ces temps barbares est J'apçieooe cité de Carcassonne , dont les murs 49»t encore assez bien conservés pour donner AM idée de ee qu'était une ville forte avant l'intention de l'artillerie.

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