COSTUMES
Le costume des habitants de l'Aude diffère peu de fcelui des départements environnants. Les hommes de la plaine de Narbonne, avec leurs chapeaux ^cornes, leurs culottes étroites, leurs gilets à nombreux, boutons, leurs ceintures de couleurs .wea, leurs vestes courtes, ressemblent aux Es-
• *• 1 - - J r 1- -ni ■ 1 ,-
pagnols, dont ils ne sont séparés que par le département des Pyrénées-Orientales. Le costume que notre dessinateur a retracé est celui de Coursan. Là, comme dans tous les environ* de Narbonne, les femmes de la campagne portent des chapeaux noirs de feutre, pareils à ceux des hommes, mais* dont les bords, d'une grandeur double au moins, ne sont pas relevés; elles les ornent de tresses et de rubans. — Dans la montagne, les hommes laissent croître leurs cheveux, et les couvrent de bonnets ou calottes de laine ; il portent par-dessus leur habit une espèce de dalmalique ouverte des deux cAtés , tombant sur la poitrine et sur le dos. Ce vêtement, d'étoffe grossière en laine ou en fil, est surtout en usage dans la Montagne-Noire.
mmVMM «T CAAACTSUff.
Le caractère des habitants du département de l'Aude se fait généralement remarquer par la franchise , l'activité et l'esprit industrieux. Ils sont soumis aux lois, fidèles à leurs engagements, sincères dans leurs amitiés, dévoués à leur patrie et braves dans les armées. Tout ce qu'on a dit de leur grossièreté , de leur inaptitude aux sciences et aux arts, est faux ou exagéré. 11 n'est pas étonnant que, dans les villes de fabrique, où les soins d'une profession industrielle exigent une surveillance continuelle et l'ordre le plus sévère dans les dépenses , les habitants paraissent éloignes des études libérales. Mais ce qui prouve qu'ils n'y sont point étrangers, c'est la quantité d'hommes . célèbres que leur pays a produits dans tous les temps. Aujourd'hui un grand nombre des habitants des villes (Carcassonne , Limoux , Castelnaudary, etc.), après avoir été puiser l'instructiod dans les collèges de Paris et de Sorèze , ont rapporté dans leur pays celte politesse et cette élégance de mœurs qui , du temps des Romains, distinguaient la Narionnaise y et qui faisaient dire à Pline : «C'est plutôt Htalie qu'une province.»
Quant aux mœurs des habitants des campagnes, elles sont variées comme le pays. Il y a de notables différences entre les habitants des Corbière* et ceux de la Montagne-Noire; les premiers sont plus vifs, plus ingénieux , plus rusés. — L'habitant de la Montagne-Noire, au contraire, est simple, apathique, attaché à son village, mais bon , hospitalier, franc et généreux. Il passe une grande
partie de Tannée sans sortir de la commune et sans s'occuper du village voisin; sa maison esl petite et sale, il y couche à côté des animaux domestiques qui sont, pour ainsi dire, regardes comme partie intégrante de la famille. Les femmes sont petites et laides, les hommes mieux faits et vigoureux.
Les habitants des Cornières ont en partage plus de vivacité méridionale. — Leur habitation consiste en une petite maison ordinairement bien bâtie, mais mal distribuée, où toute la famille est logée pêle.-mêle dans une seule pièce; on y trouve un lit, quelques meubles grossiers et un petit nombre d'ustensile» de ménage; les paysans aisés ont un cellier, une bergerie, un toit à porcs, une élable et un hangar. Un petit jardin, où Ton cultive les légumes et "quelques fruits, est déjà un objet de luxe.
. Quand arrive la moisson, les montagnards quittent gaîmeut leurs villages: ce temps de fatigues excessives , que le paysan des environs des villes peut à peine supporter, esl pour eux une époque de plaisir et de bonheur. Pendant le jour, ils travaillent avec ardeur, et lorsque leur travail est achevé, ces malheureux ," que Ton pourrait croire excédés de fatigue, passent une partie de la nuit à dès danses bizarres qui leur rappellent leurs montagues, leurs bois et leurs villages.
Le paysan des plaines, et surtout celui des environs de Narboune, a des habitudes bien différentes. Entouré des objets qui rendent- la- vie agréable, plongé dans une atmosphère de civilisation, il en, contracte les goûts, devient ambitieux, lier et causeur; mais, en revanche, il est brave, gai, généreux et instruit; il sent sa position, s'y soumet avec peine , et tâche de s'y soustraire par son travail: il n'est pas rare de .voir un laboureur apporter .aux champs pour sa nourriture des mets délicats et abondants ; quelques-uns même se procurent des journaux politiques, et en font à leurs camarades des lectures qui servent de texte souvent à des discussions animées.
Chez les villageois et parmi le peuple des villes du département de l'Aude, l'arme de la vengeance est souvent une chanson ou une épigramme,. presque toujours en languedocien, car cet idiome se prête aux images piquantes et aux traits qui exigent, dé la verve et de la force. Depuis peu d'anqées ce genre de chansons, autrefois consacré aux mésaventures conjugales et aux querelles domestiques, a agrandi son cercle et poursuit avec succès les ridicules politiques.
Mariages. — Dans les campagnes de l'arrondissement de Castelnaudary, les mariages* des paysans se célèbrent le matin. Au retour de la messe, la mariée, suivie des gens de la noce, se rend chez $00 mari , et là, assise sur une chaise, ayaqt une
assiette sur les genoux , elle reçoit deux baisers de chacun des assistants, qui, en même temps, dépose dans l'assiette, suivant sa fortune ou sa générosité, une offrande pécuniaire.
Les habitants des bords de la mer ont une ma* nière de vivre, des mœurs et un costume particuliers; c'est à fGruissan que ces différences soot les plus, tranchées. Tous, hommes et femmes, ils passent la plus gjpnde partie de leur existence { dans la mer ou dans les étangs dont la commune est environnée. Il est presque sans exemple qu'un garçon et une fille qui .se seront par hasard rencontrés à la pêche, et qui se seront croTT^nus, ne se marient pas. Le coup d'oeil donné tient lieu de contrat; la fille. commence aussitôt, selon l'expression du pays, à faire son armoire, et ainsi, lorsque le mariage a lieu, elle se trouve par le fruit de sa laborieuse économie munie de hardes et de linge.
Funérailles. — La plupart des enterrements sont suivis d'un repas où les qualités du défunt sont célébrées au bruit des verres. Dans certains villages, les personnes qui accompagnent lecouyoi funèbre d'un paysan ne marchent jamais . sur. deux 2 rangs; chacun suit isolément: les hommes ont les cheveux épars et les aile* du chapeau rabattues;, les femmes, vêtues, de noir, s'enveloppent la léle d'un petit capuchon de serge noire, appelé dans le pays capeu.: Au retour de l'enterrement, il est d'usage avant de s'asseoir à table de se laver les. mains k la porte d'entrée dé la maison du défunt -7- Aucun paysan n'oserait éteindre la lumière qui a été placée auprès d'un cadavre ^ il craindrait de mourir dans l'année. > . , • J^Cira USA0E. -
Lb Roitelet.— 11 existait naguère à ,Càrentê4mwlê um usage détruit par la • révolution et que la. mtauratiea avait rétabli. — Chaque apnée, le premier dimanche dm mois de décembre, les jeunes gens de la rue Saint-Jean se rendaient procession nettement hors de la ville, et, armésd'une gaule, battaient les buissons pour y chercher le petit oiseau qu'on appelle roitelet. Celui qui le premier en abattait, un était proclamé vainqueur /et prenait le titre de RoiÇpu Roi fêler). Le dernier jour du moi* et le soir, le 'Roi , précédé de tambours et de fifres , accompagné de tous les jeunes gens qui avaient concouru à la chasse du roitelet, parcourait les rues de la ville. La marche était éclairée par des torches; il s'arrêtait devant la porte de chaque maison , et un de ceux qui l'accompagnaient y inscrivait, à la craie, ces mots : vive h Roi ! et le millésime de l'année qui allait commencer.— Le jour de l'Epiphanie, le Roi, à neuf heures du matin, sortait en grande pompe , portant une couronne sur la tête, un sceptre à la main et un manteau bleu sur ses épaules. Il marchait, entouré d'officiers nommés parlai, et escorté d'une garde d'honneur, composée de se» jeunes camarades. L'oiseau mort était porté devant lui, attaché à un bâton , orné d'une verte guirlande d'ott*
r * . *&&**&?<? /??■ /". /fs*y<-
tfsy^t S r/es/ f*sf//tf<
^///K fg Q&&B&L&1* te
vi tir, de chêne, et quelquefois de gui de chêne. 11 se rendait , arec ee cortège , à l'église paroissiale de Saint- Vie cent, où il entendait une grand'messe , assis dans le chœur» entouré de ses officiers et de sa garde. On lui accordait les honneurs de l'église. Après la messe , le Roi, arec la même suite, allait reudre visite à l'évéque, aux magistrats, au maire, et leur faisait présenter un bassin où leurs offrandes étaient gracieusement reçues. L'argent, ainsi recueilli, servait aux frais du festin royal, qui, avec de joyeuses danses, terminait la journée et mettait fin au régne dit Roi t eh t.
&AVOAOB.
La langue française est en usage dans les villes du département, mais on y parle aussi communément le patois languedocien* Cet idiome est celui des habitants des campagnes, qui, pour la plupart, n'entendent pas Te français. 11 y a même quelques petites villes où les prêtres* comme dans les villages, prêchent en patois. Les éerrraint du pays s'indignent contre ce nom. consacré par l'usage, et soutiennent avec raison qu'il ne peut convenir à une langue existant déjà depuis plus de quinze siècles, et qui réunit aux formes les plu avariées du style, l'abondance, l'énergie et la grâce; à une langue enfin plus ancienne que nos idiomes modernes, et à laquelle il n'a manqué', pour devenir langue dominante, que les circonstances qui ont favorisé le langue d'oïl ( ou française), dont les commencement* furent si rudes et si grossiers. Le languedocien est l'ancienne langue romance.
HOnTnT» CXaVÈBBSS.
Le poëte latin Terentius Varo, l'orateur Montanus et l'empereur Carus sont nés à Narbonne. Au nombre des hommes distingués que le siècle dernier a produits on remarque l'illustre antiquaire Bernard dis Montfaucon; Ca4sanea-Mondoxville, célèbre musicien; Du Gu.v de Malvb, qui eut la première idée de l'Encyclopédie que Piderot a exécutée; Cailhava, Florian, Dougados (père Venanoe), poëte agréable, et Fabred'Églantimb, l'auteur du Phitinte de Molière. Parmi les contemporains nous citerons MM. Soumet et Guiraud, tous les deux membres de l'Académie française, l'un auteur de Clytcmncsire, l'autre des JUachabées, belles, poétiques et dramatiques tragédies ; Faux Barthe , autrefois avocat de premier ordre, aujourd'hui ministre de la justice; Fabre de l'Aude, ancien sénateur et pair de France ; le comte Dejran, général et ministre de Napoléon; Ram el , ministre des finances sous le directoire; le baron Laoarde, secrétaire du Directoire, préfet, conseiller d'État; le général Andréossi, non moins célèbre' par ses connaissances scientifiques que par sa science militaire. Le département a en outre fourni un grand nombre de braves à notre vieille armée; il se glorifie des généraux An driei/x, Cassai, Cambriel, Cbartran, Gros, Mmtry, Mossel, Mirabel, etc. ; des colonels Ciron , de la garde impériale ; Guiraud , du génie ; etc.
TOPooaAPHir.
Le département de l'Aude , formé d'une portion l'ancienne province du Languedoc, est un departeme
de . artement maritime, région sud. — Il a< pour limites , au" nord, les départements du Tarn, 'de la Haute-Garonne et de l'Hérault; à l'est, la mer Méditerranée ; au sud, le département des Pyrénées-Orientales; et k l'ouest celui
de l'Ariége. — Il tire son nom de la principale rivière qui le traverse. — Sa superficie est d'environ 608,962 arpents métriques, dont 409,612 sont déjà cadastrés. — La ligne du méridien de Paris traverse le département à 0°. 0'. 45" ouest de Careassonne.
Sol. — Celui du département se compose principalement de terrains tertiaires où se trouvent des grès, des liais, des calcaires, des graviers, et da sables d'eau douce mêlés d'ossements fossiles. La couche végétale est. épaisse et fertile, dans les plaines, où elle est entretenue par les fréquentes inondations des rivières; mais dans la montagne, elle diminue graduellement et finira par disparaître si l'on ne trouve moyen de la retenir par des plantations faites avec méthode.
Montagnes. — L'Aude se trouve bornée au sud par la chaîne des ' Pyrénées , dont la limite est dans l'arrondissement de îiimoux, et au nord parla Montagne Noire, prolongement des Cévennesqui séparent le département de celui du Tarn. Une double chaîne de montagnes secondaires, appelées les hautes et les basses Co/inères, et appartenant aux Pyrénées, le traverse de l'ouest à l'est. Enfin une suite de collines calcaires peu éleyées (265 mètres) s'élève au bord de la Méditerranée, entre Narbonne cl la mer, depuis l'emboucburc de, l'Aude jusqu'au grau de Gruissan. Le point culminant des Corbières, le Pech de Bugarach, a 1,222 mètres de hauteur. Le pic le plus élevé de la Montagne-Noire, celui de Nore n'en a que 1201. — Dans la chaîne des Pyrénées, le Bernât Salvatché ou le Pic Mosset, sur lequel passe la limite du département et de celui des Pyrénées- Orientales , s'élève à. 2,408 mètres au-dessus du niveau . de la mer. Tous. ces sommets conservent delà neige jusqu'au milieu de l'été. ...
Forets. — Les forets occupent dans le département une étendue de 51,153 hectares,, parmi lesquels 18,581 sont soumis à la surveillance de l'administration forestière. Darçs ce dernier nombre, les forcis royales comptent pour 15,702 hectares. Les espèces les plus communes sont les chênes, les hclrcs , les frênes , les pins et les sapins. Divers arbustes tels que le houx, le noisetier, l'aubépine et l'arbousier y croissent spontanément.— On trouvait autrefois en abondance , dans les taillis qui couvraient les montagnes, le chène-nain (qnercus cojci/era ) dont l'écorce est si propre à la tannerie, et dont les feuilles nourrissent l'insecte qui produit le Kermès. Mais, depuis la révolution, des défrichements mal entendus et des déboisements coupables ont dépouillé les sommets élevés.
Cotes et torts. — La cote du. département est coupée par plusieurs gratis ou passages, qui communiquent de la mer aux grands étangs {le Fleury , de -liages, de Sigean, etc. Il n'y a de por<t qu'à la Nouvelle; mais il serait facile d'en établir un à la Franqui. Le rivage est plat, la plage unie et sablonneuse, la mer partout peu profonde, excepté à l'entrée de l'anse de la Franqui, qu'on appelle aussi étang. de la Palme. Celte anse offre un port naturel, situé à environ 9,000 mètres de la Nouvelle, et placé entre les villes de Perpignan et de Narbonne, comme le port de Cette entre celles d'Agde et de Montpellier. 11 suffirait, d'un môle pour mettre ce port suffisamment abrité contre les autres vents, à coiivert.de» vcfils d'est qui sont. les plus dangereux du golfe de Lyon. Tel qu'il est aujourd'hui, il a plus d'une fois offert un .refuge à des bâtiments surpris par la tempête. L'excellence du mouillage est éprouvée; en 1743, un vaisseau anglais de 50 canons y mouilla presque à loucher terre.
Étangs. — Les principaux étangs sont pour la plupart des lagunes voisines de la mer, comme les étangs de liages et de %Sigean (le Rubrensis lacus de Pline), ceux de Narbonne, de Peyriac de mer, de Gruissan, de la Palme, de Leucate, etc.— Leur étendue, d'après le cadastre, est de 9,767 hectares; l'étang de Leucate seul , qui appartient aussi en partie au département dc9 Pyréneçs-Orieniales, a une surface de 2,420 hectares,
Rivières. — Le département ne renferme aucune rivière navigable. L'Aude ( VAtax des anciens) , qui prend sa source dans celui de l'A piège et se jette dans la Méditerranée, est seulement flottable. Son cours est de 205,000 mètres, dont 182,000 dans le département. Ouire le Lers, rivière qui sort de l'Ariége pour y rentrer après un court passade dans l'arrondissement de Limoux, les principales rivières du département sont le Fresquel, l'Orbicu , l'Orbiel, le Rebenti, l'Argent-Dotib!c, la Sais, le Lauguet , etc., dont les eaux servent à l'irrigation et qui sont tous affluents de l'Aude.
Navigation intérieure. — Le canal élu Midi, dont celui de Narbonne est un embranchement, traverse le département. Le point départage du canal du Midi (ou de Languedoc , ou des Deux-Mers) est à l'ancien bassin de Naurouze (à 187 mètres au-dessus de la Méditerranée), dans l'arrondissement de Castelnaudary. Le développement total de ce canal a 244,092 mètres de longueur, dont 121,172 dans le département de l'Aude.
Ce canal , si intéressant pour le commerce , est peu attrayant pour le voyageur que le désir de contempler les beautés de la nature engage à parcourir la France. La navigation n'y offre rien de pittoresque. Une eau jaune, sale et dormante; des bords alignes au cordeau, ornés d'une guirlande verte de joncs, destinés à préserver les rives artificielles ; un chemin de halage , uni , plat, sans accidents de terrain , où trottent, attelés à une longue corde flottante , trois chevaux maigres et exténués; le son monotone de leurs grelots, le bruit aigu de leurs sonnettes ; de chaque côté une chaussée ( ou talus) de cinq à six pieds de haut , le plus souvent plantée d'arbres rabougris qui cachent les campagnes voisines ( il est même rare , lorsqu'il n'y a point d'arbres, qu'on puisse apercevoir le pays environnant, parce que le bateau navigue presque toujours au dessous de la ligne d'horizon), ce sont la les agréments d'un voyage sur le canal. Joignez-y le sifflement de vents épouvantables qui ne causent point de tempêtes , et les exhalaisons des débris aquatiques, et des herbes marécageuses qui n'ont pas le parfum excitant de la mer. On avance lentement a cause des nombreuses écluses, dontle passage exige chaque fois un retard de quatre à cinq minutes ; mais ce qui en dédommage un peu c'est la manière commode et peu fatigante de voyager. Les bateaux de poste sont aussi élégamment ornés que les paquebots qui vont de Calais à Londres. On y a, sans crainte du mal de mer, la faculté d'être assis, debout ou couché, de se promener à l'air sur le pont, ou de rester dans un salon vaste , propre , bien aéré et , au au besoin , bien chauffé, où l'on peut écrire, lire, causer, jouer et même prendre ses repas.
Pont de Fresquel. — Si les rives et la navigation du canal ne présentent rien de remarquable , les ouvrages d'art , les bassins , les écluses , les syphons , les aqueducs, qui s'y trouvent multipliés, sont dignes d'exciter l'admiration. On voit dansle départementde l'Aude une des merveilles du canal des Deux- Mers, c'est le pontaqueduc de Fresquel , situé à une demi-lieue au-dessous de Carcassonne. Ce pont, commencé et terminé sous l'Empire ( en 1810 ) , est un ouvrage digne des Romains. Ses trois arches élégantes jetées sur une rivière torrentueuse à laquelle un lit artificiel a été creusé , s'appuient à deux écluses et soutiennent un massif de pierre de taille , où passent ensemble, l'un à côté de l'autre , le canal avec son' chemin de halage et la grande route de Paris à Montlouis. Il n'est pas rare d'y voir se croiser une lourde diligence et un bateau de charge.
Pont de Cesse. — Un autre pont-aquéduc de trois arches existe dans le département , c'est celui sur lequel le canal franchit la rivière de Cesse ; mats il ne donne passage qu'au canal et au chemin de halage.
Canal de Narbonne ou de la Bobine. — Du temps de la
(1) Voir, pour h description détaillée, U Statistique générale de la navigation intérieure , France piHoretqmâ, t, i , p. 97 à 194).
domination romaine, l'Aude traversait Kerboiroe. hé' plan primitif de Riquet avait été de faire panser le eaunt* des Deux-Mers par cette ville, qui» sur I» foi decetlsv promesse, contribua pour 400,000 livret aux premier», travaux d'exécution du canal. Cependant le plan fut changé et la ligne de navigation dirigée versBétlert,' Agde et Cette. Le canal qui porte le nom de U Robine* a été entrepris pour faire taire les justes plaintes de*. Narbonnais et pour les indemniser de ce ctangement! de direction. La Robine part du canal au-dessous du pont-aquéduc de Cesse; elle traverse l'Aude, au moyen d'une chaussée, se dirige vers Narbonne qu'elle' sépare en deux parties, et va aboutir à la mer au port* de la Nouvelle. Sa longueur totale, y compris la traversée de l'Aude , est de 36,623 mètres, 68 centimètres. Elle reçoit trois sortes de bateaux , dont les pfo* fjrndas portent 10,260 myriagrammes, et lea plut petits 7,899.- Routes. -— Cinq routes royales , d'un développement de 290,21 7 mètres et parmi lesquelles se trouvent la route * de première classe de Paris en Espagne, par Perpignan, traversent le département qui compte en outre 21 routes départementales (classées) d'une longueur de 4011,86* mètres , et deux routes de 40,000 métrés (u
MÊrionorooix.
Climat. — La température est variable, assis le i est sain. L'été «si souvent chaud et orageux. Fantôme*, est beau , l'hiver doux au commencement , rude à 1» fin. U tombe annuellement à Carcassonne environ 23' pouces d'eau. Des observations faites pendant vingt an-* nées ont donné , pour extrêmes* limites au thermomètre» de Réaumur , de 13 degrés au-dessous de xéro à 27 et demi au-dessus.
Vents. — Deux venu régnent seulement daos le d*-»
fortement , et tous les deux sont remarquables par eur violence. Le vent marin ou du sud -est, V autan , comme on l'appelle, est chaud et humide. Celui de nord. ouest , appelé le cers , a des qualités opposées.
Maladies. — Les fièvres sur les borda de la mer, te» affections cutanées et les goitres dans lea aaootagsttSy sont les maladies les plus commune».
Phénomènes météorologiques.— On garde encore le «mm venir de deux trombes terrestres qui > en 1776 a Bar* beira et en 1780 k Leuc , ont cause de grands ravages,
— La chute d'un aérolithe k Confoulens, en 1616, à été constatée par M. Serran , ancien chef de feataâUof*: Cette masse, semblable k un boulet aplati , était noir* et vitrifiée à l'extérieur et blanchâtre k l'intérieur. 10*) a conservé, pendant long-temps après «a chute, un* assez vive chaleur.
Fossiles. — Près de Bize, dans la vallée de La Fons% sont de vastes et curieuses cavernes, où Ton t dans un limon quelquefois noir, quelquefois ! qui les a comblés en partie» une quantité prod d'ossements de différentes espèces d'animaux, parmi lesquels abondent ceux de chamois, de cerf, de çbe> vrcuil , d'antilope, d'ours, de plusieurs espèces de bœufs. (entre autres de l'aurocb, bos Urus\At chevaux et d'une grande variété de rongeurs. On y rema»qtje aussi dit coquilles terrestres et mariées, et des ornements affaén seaux; mais ce qui rend ces amas de débris organisée pifs* remarquables, c'est qu'ils renferment des tessons de poternes, analogues à celles des vases étrusques, ainsi que des ossements humains. Ce mélange , qui est bien etastalé , tendrait à prouver que l'homme « été sur la terre le contemporain de grandes races d'animaux aujourd'hui disparues ; car parmi les ossements des cerfs on eu fincontre qui n'ont de représentants dans aucun* des e*> pèces vivantes , ni même parmi les fossiles déjà ênniuat
— On trouve , dans une carrière de marne ealeair*; voisine oVArmissan, au milieu des montagnes de In Clapet des pierres qui offrent des empreintes de plantes i
bien comtrvfafpoar «• leur* pure» et leurs famille* puissent encore être déterminée avec certitude.
Rieiui 4Nuui»-~Le chamois te montre sur les pics élevée <ini séparant l'Aude de l'Ariége. L'ours, le sanglier, le loup, et le renard habitent les forêts du département. Ce blaireau y est commun. Toutes les espèces de gibier y sont abondantes. On trouve dans les montagnes un grand nombre d'oiseaux de proie, parmi lesquels on remarque l'aigle , le jean-le-blanc et le vautour. Des alcyons, des flammants roses et des goélands fréquentent les étangs marins. Parmi les oiseaux de passage , les plus recherchés sont le coq de bruyère. , le faisan , la gelinotte et la perdrix blanche. Les perdrix de la Gratte sont fort estimées. Les côtes et les étangs sont très poiesonneux ; on y voit quelques poissons volée ts; le thon et l'esturgeon n'y sont pas rares. Au nenebre des paissons les plus délicats on cite le loup , la m«gefete.
RnoM ▼nauTAL. — Noue avons parlé à l'article Poréts dea principales richesses végétales du département. Parmi celles que la culture perfectionne, on trouve l'olivier, l/Aude renferme les trois lones où l'existence de cet arbre précieux est limitée. La première est celle ou il prospère et donne tous les produits qu'il peut porter ; Narbonne en est le centre ; la seconde celle où il offre encore des fruits , et la troisième celle où il vit encore, mais où il cesse de produire. Castelnaudary est dans cette zone.j Ce n'est pas seulement le climat qui influe sur la fertilité de l'olivier; il est nécessaire, pour que cet arbre atteigne tout son développement , qu'il ressente l'influence de l'air marin.
Rbcnb ttutihuL. — Le département est riche de substances minérale*. Il y existait encore dans le XIV* siècle, à la Cau nette, une mine d'argent ezploitée. Une autre , à Maisons , n'a cessé d'être eiploitée que dans le siècle dernier. — On trouve à 8alvestnes , du M. de Barante , des pyrites aurifères , qui font soupçonner une mine d'or.-— Le département renferme des mines dn fer qui sont exploitées f de cuivre , qui ont donné lieu autrefois à dea exploitations considérables» de plomb, de manganèse • de cobalt et d'antimoine — On a cru, pendant longtemps, à l'existence d'une mine d'étain près de Salsigne. — Outre les beaux marbres de Gascastel et de Çaunes, renommés dans toute l'Europe , et qui ont servi a la décoration des palais de Louis XlV, on remarque des carrières de pierre lithographique , de gypse , de pierre à chaux hydraulique, d'ardoise et de javet. Toutes ne sont pas exploitée*, mais cette dernière fournil des ressources à l'industrie d'une commune. — On connaît dans l'Aude , à Tuchan et à Durban , deux mines de houille de bonne qualité, mais dont les filons ont peu d'épaisseur.
E*ux minérales. — Les montagnes du département contiennent une quantité considérable de sources minérales, froides ou thermales. Celtes qui, par leurs caractères tranchés et par leurs qualités ouratives bien constatées , méritent de fixer Katten lion se trouvent dans les communes d'Alet, de Campagne, de Rennes, de Ginoles et d'Esoouloubre. L'établissement de Rennesles-Baias attire un grand nombre de malades.
Emu* mMes* — On en trouve quatre sources dans le département. L'une d'elles donne naissance au ruisseau de Smiûme; les trois autres se réunissent pour former la petite rivière de Sais, affluent de l'Aude. Le degré de salure des eaux de la Sais est plus considérable que celui des eaux de la mer. L'analyse chimique a prouvé qu'un litre de cette eau renferme 33 grammes|de sel.— Il existe en outre des salines prés de îe tan g marin de Sigean.
CARc&aoHCT , sur l'Aude, ch.-l. de préfecture, à 192 1. S. de Paris, distance légale. (On paie 102 postes.) . Pop. 17,394 liab. Carcassonne est mentionnée dans les commentaires de César ; elle avait, ainsi que Toulouse et NarBouuc , le titre de ville de la pro-
vince romains. Cotait soixante ans après rétibtiuenjeet des Btx mains dans cette parue des Gaules» et Jfarboana avait déjà reçe* une colonie. Le» peuples qui occupaient est contrée* étaient les Folcet - Têcto*«g4*t — On a des preuves certaines que,* dès 1* vi* siècle, Carcassonne avait un éréqoe. Après avoir passé fie la, domination des Yisigoths sons celle des Sarrasins, elle fat son*. mise ans rois de France par Pépin-le-Bref. Elle faisait partie de royaume d'Aquitaine sous Louis-le- Débonnaire , qui y établit an comte. Elle embrassa le parti des Vaudoia en 1209 » et fut prise par Simon de Montfort , chef de la Croisade. L'inquisition y fut pour lors établie. Le roi d'Arragon , qui avait des prétentions sur, Carcassonne , eéda tous ses droits an roi de France , par le traité-» de 1258 , fait à l'occasion du mariage de sa fille avec Philippe, fils de saint Louis , qui régna depuis sous le nom de Philippe'*, le-Hardi. Quatre ans après, en 1262, les habitants de Carcassonne se révoltèrent, et voulurent se donner à l'infant de Maiorque; Leur rébellion fut sévèrement punie. Les principaux citoyens furent chassés de la ville ; mais Us obtinrent , quelque temps après , '.Je, permission de bâtir des maisons au-delà du pont, sur en ejap|a« cément qui leur fut cédé à cet effet— Telle est }% origine de la villebasse, dont la position plus agréable et l'abord plus aisé ont fait 'depuis abandonner la ville ancienne , placée sur nue hauteur es* carpée. Tons les établissements publics y ont été successivement transportés. Il ne restait à la ville haute, avant la révolution, que le chapitre et la cathédrale, qu'elle a perdus depuis,— Carcassonne forme donc encore aujourd'hui deux villes , la vieille ou la cité » située au sommet d'une montagne , sur la rive droite de l'Aude t et la nouvelle, placée sur la rive gauche, entre U rivière et la. canal.— La cité conserve encore ses tours, ses doubles murailles et son donjon du moyen âge. C'est le séjour des ramilles pauvres j les maisons y sont mal bâties, petites et malpropres; les rmeê étroites et irrégulièrement tracées. C'est à la fois un cloaque et un labyrinthe. Cependant, comme ville gothique, c'est la plus curieuse et 1a mieux conservée de France. Le donjon des eheva- liera servait encore naguère de caserne aux vétérans.— La nouvelle ville communique avec l'ancienne par nn beau pont de pierre de dix arches , aux abords duquel se trouvent deux faubourgs considérables. Elle avait autrefois uue enceinte bastiounée. Il y 4 vingt ans que ses fortifications ont été détruites, et sur leur emplacement on a planté de riants jardins et de jolis boulevarts. La ville se compose de huil rues principales, bien alignées, et qui se coupent à angle droit. Au milieu est une place ombragée de magnifiques platanes , et an milieu de la place jaillit une fontaine monumentale en marbre d'Italie et des Pyrénées, ornée de bassins et de statues. Les eaux sont abondantes à Carcassonne. U y a plusieurs fontaines dans chaque rue ; mais les eaux prises dans l'Aude n'ont pas toujours une grande pureté; elles se ressentent de l'état de la rivière , que les pluies des montagnes troublent f t chargent de. limon. La ville basse n'offre d'autres monuments qn'un quartier de cavalerie (où loge un régiment tout entier), une halle vaste et bien distribuée, et une cathédrale gothique, remarquable par la hauteur de la tour qui lui sert de clocher. Les maisons, généralement belles et bien construites, sont néanmoins un peu basses; elles ont le toit presque plat et deux étages seulement , à cause de la violence des vents d'^nte» et de C*ri. Il y a dans la ville nn palais pour le tribunal , un évéché orné d'un jardin, un hôtel pour la préfecture, un séminaire, un collège, et une bibliothèque publique , riche de plus de 6,000 volumes, et où se trouve nn beau buste de Louis XIV parle Puget— Entre la route de Toulouse et le canal se trouve une jolie promenade ornée de colonnes et de fontaines k jets dTeau et à coupes de marbre. Au bord de cette promenade, un large bassin dn canal du Midi est destiné à servir de port aux bateaux qui viennent de Toulouse et de Narbonne. — L'église Saint-If azaire , dans la cité, était autrefois la cathédrale ; cette basilique est composée de deux parties bien distinctes : la nef (de la fin du XI* siècle) offre un modèle élégant de l'architecture romane; le chœur présente les formes gracieuses et légères de l'architecture gothique, au temps de sa plus grande splendeur. L'église est décorée de vitraux asses bien conservés. On y voit le tombeau du farouche Simon de Mont* fort; cVst une daBe, sans sculpture ni inscription, de marbre
FRANCE PlfTORESQUp. - AUDE.
ronge couleur de sang. — Il existe dans la cité un puits qui, par su grandeur, sa forme, sa profondeur et l'abondance de ses eaux , non moins encore que par tout ce qu'on en raconte de curieux , a mérité de trouver place dans l'histoire du Languedoc. On a prétendu long-temps , et c'est encore un préjugé populaire assez répandu , que le trésor des rois visigoths y est caché ; ce trésor formé , dit- on , des riches dépouilles enlevées au temple de Jérusalem et au palais de Salomon , avait été transporté à Home par les Romains, et fut pillé par Alaric I«r, lors de la prise de cette ville. Procope parle en effet du trésor de Carcassonne , dont Clovis fit le siège, après aroir tué Alaric IF , roi des Visigoths Des fouilles , entreprises à diverses époques, ont pronvé que si ce trésor a été jamais déposé dans le puits de la cité, depuis long-temps aussi il en a été retiré.
Castflîtaudary. Ville ancienne sur le bord N. du canal du Midi, ch.-l. de sons-préf., à 10 1. O.-N.-O. de Carcassonne. Pop. 9,883 b. — Castelnatidary est bâti en amphithéâtre snr une petite èminence, au pied de laquelle passe le canal du Midi. Au sud, ce canal forme un superbe bassin de 600 toises de tour, bordé de beaux quais , de chantiers et de magasins, qui donnent à la ville l'aspect d'un port de commerce. La promenade publique domine le bassin ; on y jouit d'une belle vue» qui plonge sur une plaine vaste et fertile, et s'étend jusqu'aux Pyrénées.— L'intérieur de Castelnaudary est peu remarquable ; les mes sont en général mal percées , et les maisons mal construites ; il y existe peu d'édifices à voir, si ce n'est l'église de Saint-Michel, qui est belle, bien décorée, et où, se trouve un tableau de Rivais fort estimé. L'hôpital général et le cimetière sont encore deux endroits à visiter. On remarque dans le cimetière le tombeau en marbre du général Andréossi.
Limoux, au milieu d'un fertile' vallon , sur la rive gauche de l'Aude, ch.-l. d'arr.', à 7 1. 1/2 S.-O. de Carcassonne. Pop. 6,518 h. — Le Congairi etl'Agagnoux, coulant aux deux extrémités de la ville, les coteaux couverts de vignes, dont elle est couronnée, les hautes montagnes qui entourent le vallon de trois cotés, concourent à rendre charmante la situation de ' Limoux ; des rues bien percées, de belles maisons, une vaste église paroissiale, quatre fontaines, deux halles, un hospice et un théâtre, complètent le tableau. — Près de cette ville , sur une petite colline baignée par l'Aude, se trouve la chapelle de Notre-Dame de Limoux, dont M. A. Guiraud , inspiré par l'amour du sol natal , a célébré les miracles en très beaux vers. — L'église est remplie dVx-vo/o en cire, qui rappellent les guérisons que les pèlerins en ont sollicitées on obtenues. Au milieu de l'édifice est un grand puits, dont l'ean à, dit-on, la vertu de guérir toutes les maladies. Il porte l'inscription suivante : Omnis oui bibit ha ne a quant , si fuie m adJit 9 salvus erit, que les esprits forts du pays traduisent aiusi : Croyez cela et buvez de l'eau.
Najiboxuie. Dans une très belle plaine entourée de montagnes peu élevées, sur le canal de la Robin c, ch.-l. d'arr. ; à 2 1. de la mer, à 20 1. E. de Carcassonne. Pop. 10,246 b. — A travers l'obscurité qui enveloppe son berceau , on croit entrevoir que cette ville fut fondée par les Atacins , peuples qui habitaient les contrées qu'arrose l'Aude. — En l'an de Rome 636, Lucius Crassus y conduisit la première colonie romaine. — Narbonne acquit une grande Importance sous les Romains ; Strabon dit qu'elle était le «port des Volc'cs • Arecomiqucs , ou plutôt, ajoutc-t-il, le port « de toutes les Gaules, tant elle est au-dessus des autres villes « par son commerce. » — 11 ne faut pas conclure de là que Narbonne, à cette époque, fût située immédiatement sur la mer; les témoignages de l'antiquité attestent qu'elle en était distante de 12,000 pas; un vaste étang, alors appelé Rubrensis , l'en séparait comme aujourd'hui. — Narbonne, ajouta à son nom de Nartto Mariiut ceux deJulta Patenta et de Colonia Decumanorum. —-Elle possédait, du temps des Romains, un capitolc , un amphithéâtre, des portes maguifiques, plusieurs temples, des palais somptueux , un marché, des portiques , des arcs de triomphe, des • ponts, etc. Il reste encore une partie du pont Vêtus, connu aujourd'hui sou» le nom de Pont des Marchands. — En 41 4, le mariage jJ'AUulphc avec PUcijiie? «eut de l'empereur Honorius, livra la
Gaule narbonnaise aux Visigoths; les deux époux célébrèrent leur union dans la ville de Narbonne, avec une pompe extraordinaire.
— Sous la domination des Visigoths, cette antique cité fut ravagée à diverses reprises , tantôt par les Bourguignons , tantôt par les Sarrasins, qui même s'y établirent pendant une quarantaine d'années, jusqu'à ce que, en 752, Pépin, appelé par les seigneurs visigoths , incorporât à la monarchie française toute la Septim'anic , et par conséquent le territoire narbonnais. — Charlemagne érigea Narbonne en vicomte ; mais, en 865, elle devint le chef-lieu dn marquisat de Gothie. Un siècle après, les comtes de Toulouse réunirent ce grand fief à ceux qu'ils possédaient, et prirent avec le nom de comtés de Toulouse celui de ducs de Mat bonne ou de Srpùmauie.
— En 1209, commença la croisade contre le* Albigeois; mais Narbonne évita la vengeance de» catholique» par une prompte soumission. C'est dans ses murs que le légat du pape reçut les excuses des seigneurs languedociens , et condamna au fouet Raymond VI. Ce malheureux comte se vit réduit à faire amende honorable eutre les mains du prélat, et à lui livrer son corps et set biens : ce sont les propres termes du serment qu'on exigea de ht.
— La vicomte de Narbonne fit partie de la dot que Jeanne d*AIbret apporta à Antoine de Bourbon; aussi, dans les troubles de la ligue, Narbonne fut-elle une des premières villes à se soumettre à Henri IV. — Narbonne a donné naissance à plusiears hommes célèbres de l'antiquité. Elle compte 82 évêques ou archevêques depuis saint Paul Serge jusqu'à Arthur Richard Dillon. Son église a fourni deux papes, Clément IV et Clément VIT. L'archevêque d« Narbonne était président des États du Languedoc. — Narbjonc renferme aujourd'hui peu d'édifices remarquables ; il faut en. excepter la cathédrale , dont le chœur est un des plus beaux vaisseaux gothiques de l'Europe , par la pureté de sou architecture et la richesse de ses ornements ; les voûtes ont 40 mètres d'c'cvation dans l'œuvre ; la légèreté et la grâce des piliers , la profusion et le luxe des vitraux, la hardiesse d'exécution des travaux extérieurs, tout justifie la réputation dont jouit cet édifice. On. pourrait désirer cependant plus d'élégance dans les deux tours quule surmontent. Le portail n'est pas encore fait — Le palais de l'archevêché ressemble à une forteresse; il est appuyé à uns grande tour, de forme carrée, qui domine la ville, dont elle occupe le centre. C'est dans ce palais que Louis XII F signa l'ordre de livrer De Thou et Cinq-Mars à une commission. — De tous les monuments antiques qui décoraient Narboune il ne reste qrç quelques fragments de marbres et un petit nombre d'inscriptiuoa latines. — On y compte trois hospices et un séminaire. — La &a?le de spectacle est petite , mais bien décorée.
Lkucate, petite ville maritime à 2 I. 3j4 $. de Narbonne. Pop. 1,104 b. Cette ville, fort ancienne, puisqu'elle est mention* uée par Pomponius Mêla , domine l'anse de U Franqui. C'était autrefois uue place forte, et elle a été le théâtre d'un trftitd'bérooate dont le souvenir mérite d'être éternellement conservé.— En 1590» Barri de Saiut-Auuez , gouverneur de Leucate ,' apprit que les Espagnols venaient de débarquer à la Nouvelle ; il partit aasMiùt pour aller avertir le due de Montmorency, commandant de U proviuce.de Languedoc , et recevoir ses ordres. Mais en route al tomba entre les matns des ligueurs. Cependant il trouva le moyem de faire prévenir, à Montpellier, Constance de£exelli, sa femme, et de lui recommander lu défense de Leucate* Cette dame »*y reudit aussitôt, et releva par sa présence le courage de la garnison. Les Espagnols et les ligueurs l'attaqnèrent peu de temps après ; mais elle se défendit avec tant de valeur que tous Knr» efforts forent inutiles. Les ennemis, irrités, mirent la vie de sma mari au prix de la reddition de la ville. Constance offrit tous se» biens pour racheter son époux ; mais elle refusa, d'après ses instructions , de lui sauver la vie par une trahison. Les Espagnols firent alors étrangler llu fortuné Barri, et envoyèrent son cada\ re à Leucate. La garnison, par représailles, demanda à sa veuve de lui livrer Loupian, prisonnier de guerre, que le due 4e Montmorency lui avait envoyé pour répondre de la vie de son mari. Arsù généreuse qu'elle avait été héroïque, elle se refusa constamment, malgré sa douleur, à cet acte de vengeance. Le roi, en reconnaissance de sa bell« conduite , lui laissa le gouvernement 4«
■ fs . frffyrx
4; '^'- ^ \ vf /" %
f £& * /f S S/ éST rf* /W- sw
?ïwnjtv.!
Î9ft
Lcucate, jusqu'à ce que son fils, Hercule de Barri, fat en âge de l'exercer. Ce dernier eut loi-même occasion de signaler son courage et sa fidélité, lorsqu'en 1637, les Espagnols Tinrent encore assiéger cette Tille. Il prouva , dans cette circonstance , qu'il était digne de ses parents.
BlVUXOaV VOXJTIÇVZ XT AJIMUnTRATITS*
Politique. — Le département nomme 5 députés. Il est divisé en 5 arrondissements électoraux, dont las chels-lieux sont: Carcasnoane (ville «t arrond.), Castelnaudary, Limoux, Narbonne.— lie sombre des électeurs est de 1,960.
AimnrtSTaUTiTft. — Le chef-lieu de la pré fret, est Carcassonne. Le département se divise en 4 sous-préfectures ou arrondissements communaux :
Carcassonne. . . 12 cantons, 140 communes, 90,658 habit Castelnaudary. . 5 75 5Î,659
Limoux 8 151 72,707
- Narbonne 6 70 54,101
Total. . 31 cantons, 436 communes, 270,125 habit.
Service d» Trésor public, -ri receveur général et 1 payeur (résiliant à Carcassonne) , 3 reeev* partie.;, 4 percepteurs principaux. Contributions directes. <— 1 direct, (à Carcassonne) et 1 inspect. Dpmminag et Enregistrement. — 1 directeur ( à Carcassonne ) ; 1 inspecteur, 3 vérificateurs. .
Hypothèques, — 4 conservateurs dans les cb.-l. d'arr. comm. Douanes. — Le département fait partie de, la direction de Perpignan. — H y a à Narbonne 1 sous-inspecteur et 1 reeev. prmeip. Contributions indu ec tu. —, 1 directeur de département ( à Carcassonne ) , 4 receveurs entreposeurs. ••
Forêts. — Le départ, fait partie do 38e arrond. forestier, dont le cb-1. est Carcassonne. 1 conserv.'.à Carcassonne, 1 insp. à Quillau. PonU*ot-Chaussées. — .Le . département , fait partie de la 9e inspection, dont le chef-lien est Alby.— Il y a x ingénieur en chef en résidence à Carcassonne*
Mints.—Lt dép. fait partie du 16* arrond. et de, la 5* div., dont .le cb.-l. est Montpellier. % ingéa» des mines résidé à Carcassonne.* Haras. — Le département fait partie du 8e arrond.' de concours pour les courses de chevaux , dont le chef-lieu est Tarbcs.
Canal du Midi. — 11 y a à Carcassonne 1 ingénieur en chef chargé de ce canal , et à Trcbes 1 ingénieur de première classe. Cadastra. — 1 géomètre en chef à Carcassonne. Lotetie. — Il n'y a pas de bureau de loterie dans le départ. Militaire. — Le département forme une des subdivisions de la 10e division militaire dont le quartier général est à Toulouse. 11 y a à Carcassonne un maréchal de camp commandant le département, et un sous-intendant militaire. — Le département renferme une place forte, Narbonne. — Carcassonne est le chef-lieu de la 14e légion de gendarmerie, qui se compose des compagnies départementales de 1 Aude, de l'Ariége, des Pyrénées* Orientales et du Tarn.
Maritime. — Il y a à Narbonne' un bureau des classes ; 1 commissaire , 1 trésorier de la marine et une école d' hydrographie.
Judiciaire. — Le département est compris dans le ressort de la Cour royale de Montpellier et renferme 4 tribunaux de lre instance, Carcassonne (2 Chambres), Castelnaudary, Limoux et Narbonne, et 4 tribunaux dé commerce.
fUuGixuss. — • Cuits catholique, — Le département forme le diocèse d'un évéché, érigé dans le vi siècle, îsuffragant de l'archevêché de Toulouse , et dont le siège est à Carcassonne. — Il y m dans le département : — A Carcassonne : un séminaire diocésain , qui compte 116 élèves. — A Montolieu : un séminaire d'élèves en philosophie qui compte 40 élèves. — Une école secondaire ecclésiastique à Carcassonne. — Une école secondaire ecclésiastique à Narbonne. Le département renferme 6 cures' de lre classe , 28 de 2e, 321 succursales , 29 vicariats. — Il existe dans le département : — (A Carcassonne, Narbonne , Castelnaudary et Limoux) 4 écoles chrétiennes, renfermant 20 frères. — (A Carcassonne) 1 communauté de filles de Notre-Dame; composée de 22 religieuses vouées a l'instruction de la jeunesse, surtout de la classe indigente; .2communantés religieuses de femmes consacrées aux soins des malades et à l'éducation gratuite des filles ; 1 communauté religieuse composée de 39 femmes, tant sœurs que postulantes, consacrées à l'éducation gratuite des filles pauvres , et au soin des aliénés.
UHivaRArrAiRz. — Le département de l'Aude est compris dans le ressort de l'Académie de Montpellier.
Instruction publique. — Il y a dans le département. — 3 collét ges : à Carcassonne , à Castelnaudary , à Limoux. — 1 école nor- .fnale primaire est projetée à Carcassonne.
Le nombre des écoles primaires du département est de 372, qui sont fréquentées (en hiver) par 10,233 élèves, dont 7,1 18 garçons et 3,115 filles (en éiç le nombre total descend ji 8,671). — Le
nombre des communes privées d'écoles est de 183. Le département renfermant 32,898 enfans des deux sexes de l'Age de 5 a 12 ans, ou voit que plus des deux tiers ne participent pas au bienfait de l'instruction.
Sociétés sav actes et autres. — Tl y a à Carcassonne une se ciété royale d'agriculture , qui rédige un journal arrivé à sa douzième année de publication. — A Castelnaudary, une société phi» loteclmique , où l'on s'occupe de science et de littérature. — Et à Narbonne, une société d'émulation. — Une exposition des produits de l'industrie départementale a eu lien a Carcassonne en
POCT7XATIOW.
D'après le dernier recensement officiel , elle .est -d*. 270,125 h. et fournit annuellement à l'aimée 731 jeunes soldats.
Le mouvement en 1830 a été de
Stariages ...:..: 2,197
Naissances. Masculins. . FéJOÀnjna. [
Enfants légitimes 3,188 — 3,025. Twf^ .' •-!«•
- naturels. 233—265 . TotâI V13
Décès. ....... 2,854 - 2,937 . Total 6,791
OAatME Bf ATrOWTAU'. *
Le nombre des citoyens inscrits est de -54,340
Dont: 23,443 contrôle de réserve.
30,897 contrôle de service ordinaire» • -
Ces derniers sont répartis anisi qu'il. suit: - ■ *tj
. - 30,739 infanterie. -.
63 artillerie. -