‹ France pittoresqueChapitre 77 sur 102 · sapeurs-nompier · texte numérisé non relu

sapeurs-nompier

. On en compte : armés 3,236; équipes 914; habillés 1,564. * 17^49 sont susceptibles d!étrè mobilisés. ■.. .1 . Ainsi sur 1,000 individus de -Ja population; générale*,. 200 sont inscrits au registre-ma,trtcule, et é6 dans ce,nomi>re soipl mobilisables; sur 1 00 itit}i?idiis< inscrits sur le renÂstre-matraçule» $7 •ont soumis au service ordinaire,! et 43 apparticuj>enl à la. réserve. • Lea arsenaux de l'État ont .délivré, à la garde; nationale 3,079 fusils, 73 mousquetons;* 2 canon* v^ettA» aftsea 'grafedinombre de pistolets, sabres, etc. .... .1'

IfUPOTS ET

-' Le département a payée FÉtat (en -4831) :• - - • . 1 1 Contributions directes. : . .•..-.'. . • 3*647,186 f. 96 e,

Enregistrement, timbré et domaines. ...'.. * lfl86t349 06

Douanes et sels. . .:. > .* . . 2,o?ft,268 61

Boissons, droits divers', tabacs et poùdtfe*. '. . ' ^670,888 46

Postes -...'...:..:.. . * 1950*4 15

Produit des coupes dé bois. .-.-.. . . . . 105«6ô6 76

Total 9,162,801 f. 48 e.

'-- ' 'eaBanaai

Il a reçu du trésor 4,865*396 f. 71 c.f datas* lesquels figurent : • La dette publique et les' dotations peur. '. .'. . ' 569,452 f. 45 c. Les dépenses du ministère de la' justice. . .< . •. 122,144 81 de l'instruction publique et des cultes. 364,401 83 de l'intérieur. . . ...1 .'•.. . ; >-!;&£ 80

- du commerce et des travaux punies/ ». -♦749^8^ 44

de U guerre ...:.;..' 1,846,666 13

de la marine. • '»* »-• 25$ 32

des finances.. ............. 146*744 15

Les frais de régie et de perception dès impôts. . • '-669,066 06 Remboursera. , restitut. , non valeurs' et primes. 375*109 78

Total/ .

Ces deux sommes totales de paiements et dé recettes représentant a peu de variations près le mouvement annuel des impôts et 'des recettes, le département paie a l'État, 'à un 'neuvième près, en* viron le double de ce qu'il reçoit. Cette considérable extraction annuelle des onpi taux ruinerait prompteraent'le ffrfs, 'si elle n'était balancée par les prodnits d'une' industrie active et soutenue, et d'une agriculture toujours riche et féconde.

DÉBTEKhWB IHatpABl

Elles s'élèvent (en 1831) à 289,926 f. 66 c. Savoir : Dép. fixes : traitements, abonnements, etc. 66,466 t.9Êe Dép. variables: loyers, réparations, encouragements, secours, etc. 221,488 34

Dans cette dernière somme figurent pour

22,900 f. les prisons départementales , 56,000 f. les enfants trouvés.

Les secours accordes par l'État pour grêle, incendie, épizootie, etc., sont de, .,,,,, , 33,130 00

ttè

Les fond* consacrés au cadastre s'élèvent à. . . . 76,711 31 Le* dépense* des coors et tribunaux sont de. . . . 94,020 67 le* Irais de justice avancé* par l'État de 31,441 43

AO&XOOU.

» superficie de 909,991 hectares, la départ, aa compte :

IMOO prés et pAturc*.

49,117 forêt».

79,017 vigne*.

159,900 la odes et terres vague*.

9,767 étangs.

98,000 routes, rivières , marais , etc.

*' La reveoo territorial est évalué à 17,397,000 francs. La département renferme environ 10,000 chevaux.

■ 99,000 bétes à cornes (race bovine).

90,000 moles et mulet*.

900,000 montons.

Les troupeaux dé bétes à laine en fournissent chaque année environ 1*900,000 lUlommme*.

Le produit annuel du sol est d'environ

En céréales. . . *. 1,456,000 hectolitres.

En parmentières.* ...... 750.000

En avoines 529,000

En Tins. . . v , 890,000

£n huiles 250,000 kilogrammes.

Les produits du sol sont aussi abondants que Taries dans nn grand nombre de cantons. On exporte chaque année un excédant considérable de froment. La blé dar dn s\aaès est très recherché. Dans laa bonnes années, il y a également excédant en seigle , orge, maïs f millet et avoine. — Les prairies naturelles soat d'un ^rodait abondant Favorisées par le ciel dn midi , elles jouissent ■*• outre d'irrigations fort bien entendues. — Les prairies artifiejellee sont appréciées , mais pourraient être plus généralement en usage. — 11 est à regretter que relève des tcts à soie ne soit pas tue des industries dn déparlement Le mûrier y vient à merveille. »*• I/oirrier s'y plaît également , mais l'hiver de 1929 en a détroit on grand nombre.

La vigne occupe une grande étendue , et ses produits, soit en vins, soit en alcools et eaux-de-vie, sont une des richesses principales de la contrée , et surtout de l'arrondissement de If arbonne. «m Dans cet arrondissement , où les vins sont épais et spiritueux , on obtient 1 hectolitre preuve de Hollande de 4 bect de vin. 11 en fat» 5 pour 1 bect. de 5j6, 6 pour 1 hect de 3(5, et 7 pour 1 hect. de 9f9. On espère, par le periectionnement des procèdes, obtenir le même résultat de 0 hect. et demi de vin. — La blanquette de Limant* • an France une réputation méritée , mais le vin rouge de Luttont mériterait, d'être plus connu. Il est sec , léger et d'une balle eovlcnr, il a un bouquet agréable et pourrait lutter sur lea tablée des gourmets avec la plupart des vins de Bourgogne de jémnUèttMS etus.

r JTnjrifnnyr- Bien que les modernes procédés de culture et les nouveaux instruments d'agrietltnre commeoocul à être adoptés par un grand nom}>ie de propriétaires, presque tons emploient eaamre leur ancienne méthode de battra le blé. Aussitôt que la mokioa «I achevée, ils se hâtent de profiter de la chaleur du soleil pou* séparer le grain de la paille. On entretient à cet effet, dans qaatorxe on seiae chevaux, dont la

trtntpo A la anmvde haras ou egathadesi le battage des bléa s'appelle daféquégé ou dépiquaison. Les gerbes sont rassemblées sur nn sot osj aire, an las élevés qu'on nomme montes. Les chevaux, généraleentnt an nombre de quatorae, tenus par un homme qui se place i, trottent en cercle , jusqu'à ce qu'ils aient fait sortir

labié de l'épi. En douxe heures de temps ils peuvent dépiquer au ajajns dn 59è 00 hectolitres, et ils vont quelquefois jusqu'à 90. Il n'est pas sans intérêt de /aire remarquer que ce mode de battre le blé était en usage en Grèce et en Egypte. Une peiuture représentant If mtnt procédé d'agriculture a été aussi trouvée dans les mines ate.Tbabaa i c'est de là sans doute qu'il avait été introduit dans l'A t-

MiéL— Ou connaît la réputation do miel de If arbonne. Ce miel *j»t roouoUU non>seulement dan* las environs de cette ville , mais encore dans les Corbière* et dans une grande partie du département. Vt% herbes aromatiques dont les montagnes sont couvertes , fournissent aa* abeille* lea ânes qui composent cette utile et délicieuse

anbstance.Le produit n'est plu* nassi sjaaisidrrablc [qu'autrefois 4 esjnao •»* défrichement* qui ont détruit une grande partie de*

plantes que cherchaient les abeille*»

L'agriculture, l'industrie et le commerce sont singulièrement favorisés par le passage du Canal dn midi dans le département. La splendeur première de sas fabriques de draps se rattache an nom

du grand Colbert. Le commerce du Levant avait tait de Carcaasonne nue ville opulente : quoique cette prospérité ah beaucoup diminué, on y fabrique encore annuellesnent 90*0*0 pièce* de draps dont 24,000 se vendent en France et 6>000 dan* laa échelles du levant.

Outre ses petites fabriques de peignes , de Jayet, de papier , de tonneaux , de sonnettes, de vert-degriSf le départ entent de l'Ande a des tanneries considérables, des distilleries nombreuses et qui ne peuvent que s'accroître, dea aalftne* dosât les produits sont fort important*. La commerce dea grains et dea farine* est urne branche avantageuse dn aon industrie; on évalue à 599^999 hoaaalitio* les blés qui s'exportent annuellement s nuis il font i

comparable à celui d'Angleterre. — Le* hauts fourneaux ne sont pas en usage dans le département ; on n'y connaît que laa four-

neaux construits selon la méthode de l'Arpège , et appelé* généralement forges a la catalane. On en compte dan* le département 17 ,qui produisent annuellement environ 17,000 quintaux métrique* de fer. On retire généralement 35 pour 100 du minerai. Une partie de celui qui alimente les forges de l'Ande provient des mines de Filhols ( Pyrénées-Orientales ) et de Yic^Deaso* (Ariége). Lea principaux ouvrier* viennent amué de en dernier ÉnV parlement.

A la dernière exposition des produit* dé l'industrie, on a accordé pour divers articles de draperies, une nifiAfiAS s/na A M. Page* (de Carcassoune) \ des MxnAiLtns ft'uoof on rappela de médailles à MM. Fonsés (de Caroassonae) M Guirawft-Fonrml (de Uaoox), une ttxiMiu.n de aaonaa à M. Soaapayrac atfté (de <:enne-Monceti*) et une crtATioir noMotunut à Mil. Besaoeèle, frères (de Carcassonnc); nneMximo* TOffOUAUtt n été;* «sérié* à M. Tournai (de Narbonne), pour la déco**** de m peumniti tentante de ta ttatiee, et une citatiow à M. Burdalet (de Cerna»» sonne) pour maroqum ,• temptoilation dés marbres a été récompensée par deux mxoaillx* bk anourax, décernée* à MnL Manral Courrent (de Mérial) et Grime* (de Cannée) | enfin, dan* le* art* métallurgique*, les aciers cémentés de M. tUvaU-Gineia , ont obtenu un rappel de meoaiixx »*Aaoxjrr et aea Hmee une nitsmoar

■OWMABLB.

Douavxs. — Le bureau de Ifarbonne dépend de U direction de Perpignan. 11 a produit en 1931 : douanes, navigation et timbre, 145,095 h. i sels , 9,534,173 *• i total , 9,379,16* ?r.

Foixx*. — Le nombre des foire* dn département est de 199. Elles se tiennent dans 74 communes , dont 34 cbels-lieux , et remplissent 190 journées. 300 communes sont privées de foires.

Let/oirà* mobiles , au nombre de 11 , occupent 19 journée*.

Le* article* de commerce sont les objets de Tindostrie du pays , comportes, sonnettes, fer, laines, étoffes, grains, besiianx, porcs, jambons, chevaux et mulets, etc. — A Limoux, on vend des meubles en bois de sapin. — C'est à la foire de Caraatsonne mat se fixe le prix des fers du département

Statistique du département de l'Aude et observations sur les état* de situation de ce dép. , par le C. Barante, préfet ; ln-9. Pari*. anx.

Essai sur le département dé l'Aude, par C-J. tarante , préfet dn Léman ; in-9. Genève, an XI.

Mémoire sue lé eomm. de Carcassonne, par I. RoHaftd | fcv4 1999.

Deeeript. gén. ei étatisé, dm dép. de l'Aude , par le baron lYearvé (t. t r de* Etats dé Langue***) % m-4. Paria, 1919»

Journal de tu See. d'/tgrlo., etc.; ln-9. Carènes****, 19194999.

Mémoire sur la eonttit. géognostiqué du mutin et de* tmeêrens de Narbonne, par Tournai il* t in-9. Montpellier, 1919.

Statist. gén. dee dépatt. Pyrénéens, été., par A. Du MèffO, in-9. Paria, 1919.

Hiet. nationale on Dictienn. géographique eh mena? les riifiiiiiamai ém départ, de l'Aude, par Oiranlt de 9arot-F*rgcau , Barthunaan et Tournai fils ; in-9. Troyes, 1999.

Voyage à RtnneeAee- Bains % par Laboubse Rochefort | ln-9L Onftetuandary, 1991.

Ann. dm déoutt. de fAmdt, par M. TelsatorV F**** ■>**• Cnr» ,1999.

aVIiOGia.

On$<msait€ketl>KUJOYt,êè*M*,fmta+lkoowmftu*ém

Paris. — Imprimerie et Fonderie de IUohoux et Covp*y rue des Franca-Bourgeoi*-$aibt-aticbelf 9;

Département de rAvevxon.

Quand les Romains envahirent les Saules , ils trouvèrent te territoire qui a depuis formé Te Rouergue, et dont est compose aujourd'hui le département de l'A verrou , habité par les Ruthénes. — Le nom de ce peuple venait d'une idole appelée Ruth, dont le culte, semblable à celui de Vénus, dura dans le pays jusqu'au v* siècle de notre ère.— Les Rutbènes avaient trois cités principales; Segodun (aujourd'hui Rhodez), Condatemag (au confluent du Tarn et de la Dourbie, prés de lïilhau), et Carenlomag fVillefranche). -Voisins et alliés Âes Àrvernes, ils prenaient part à toutes leurs expéditions militaires. On comptait 22,000 archers ruthénes dans l'armée commandée par Betultich ou Bituit, roi des Àrvernes, qui, 121 ans avant Père chrétienne, fut vaincue par Quintus Fabius Maximus au confluent de flsère et du Rhône. Dès lors la Proi'iucia Romana s'étendît jusqu'au Tarn et comprit une partie du pays des Ruthénes, qui se trouvèrent ainsi divisés en Ruthénes provinciaux et Rutbènes indépendants Ces derniers furent soumis par César après la défaite deVercingétorix. Le pays de% Ruthénes fut placé par Auguste dans PA-

fuitaine et suivit le sort des Gaules (t). Après la chute e Pem pire romain, il appartint successivement aux Vi- Sigoths en 472 ; à Cfovis en 507 ; encore aux Visigoths en 5l2; aux rots cTÀustrasie en 533; aux ducs d'Aquitaine en 68S, à Pépin le- Bref en 766. Charlemagne Fini corpora en 778 au royaume d'Aquitaine, et y établit des comtej, d'abord viagers , bientôt héréditaires, qui devinrent , en 850 , comtes de Toulouse. Le Rouergue eut l'apanage des fils puînés des comtes de Toulouse jusqu'en 1003, époque où il fut annexé aux autres états de cette maison. — Réuni a la couronne avec le comté de Toulouse en 1271 , il fut en 1360 cédé aux Anglais par le traité de Bretîgni; mais en t368, il secoua leur joug avec indignation. — Le comté particulier de Rhode*x, qui avait été démembré du Rouergue en lll2, et qui était passé dans la maison d'Albret , ne fut réuni définitivement a la couronne qu'en 1589, par l'avènement de Henri IV au trône de France.

Avant la Révolution, le Rouergue était divisé en Comté

(I) La éarinio» desCeules, pur Auguste, pruwu la politique pro- ■anto s* ntéuuyauui de est fisfacv; César a*uit laissé à enuaue aliua eusse Ml ôrcoaMffiptMM» et sa eapiteW; Auguste

trains, morcela, chaque territoire , de sorte qu'une de se* parties sa ftroufail comprise dans une des nouvelles province», et ù reste dans une autre. La plupart des nations celtes perdirent ainsi leurs anciennes dénominations et se confondirent successivement , lors des différentes àVisions* qu'éprouvèrent les circonscriptions ronfereue. — Auguste ««signet se* fait , qui était de détruire les nuriumatités divans» en ces peuple» naguère encore Mueneudents, et d'assurer leur suwawsina à L'esupire. Une p tues s anaUfue paeuit avoir inspiré V Assemblée constituante. Lorsqu'elle divisa le territoire français en département*. — A une époque où tout tendait à soumettre à une législation uniforme toutes les parties de la France , la nouvelle circonscription déparmentale avait le grand avantage de détruite fevprit particulier des pi urinées pour fonder* au SBwysm d'un* fusion en uueique aorte susuostbtu, un véri* .«allé uspvàt national francsn». — Toutefois nous ferons remarquer sus* l'Assesnblée nationale pas plus au' Auguste nu euaugeu la csr* ceuacrintion, du Rouergue, — Le pays qui n'avait pas été morcelé Jora de la division romaine, ne le tut pa* davantage en 1790; à forma alors le département de TAveyron. — Depuis , on en a distrait une partie qui a été comprise dans h? département de Tarns^s^MMums y ères* eu rfxsn^

(capitale Rhodez}; Haute- Marche {e*$\ta\e fttilhati),êC Basssc- Marche (capitale ViRefranche). — En 1779, réuni an Quercy, H ferma fa province de Baute- Guyenne, oà rut établie une administration provhscfaie composée de 82 membres, savoir : féVéque de Rhodez président , les évéques de Cahors, de Yabres et de Montauban , G membres du clergé, 16 gentilshommes propriétaires (en tout 26 députés pour le clergé et la noblesse) et 16 députés du tiers-état, dont 13 pour les villes et 13 pour les campagnes. H y avait en outre deux procureurs généraux syndics et un secrétaire archiviste. Cette assemblée se réunissait tous les deux ans à Yillefranche Pendant l'intervalle de ses sessions, elle était remplacée par une commission composée de huit de ses membres et des syndics. — Le pays n'eut qu'à se louer de ses efforts et des règlements qu'elle fit pour améliorer l'agriculture et l'industrie, et depuis, malgré les perfectionnements que la Centralisation prétend apporter au gouvernement des provinces, le Rouergue a regretté plus d'une fors son administration provinciale.

Les antiquités druidiques du département paraissent avoir été peu observées. Elles y existent néanmoins en assez grande quantité, et (fautant mieux conservées que tes matériaux qui les composent étaient de nature à peu tenter la cupidité. La plupart sont des peuhvens et des dolmens. — On remarque à cause de leurs dimensions fe dolmen de Palanges dans la plaine de Sainte-Radegtmde, et celui de Pfcrignagols à deux lieues de Rhodes , soirs lequel on a trouve des urnes,, des armes et des médailles. On prétend que le vîîlaçe de Sainte-Radegonde «possédait avant l'établissement des Romains dans le pays un édifice gaulois sur les ruines duquel on aurait construit dans fe xtu* ou xiv* siècle un château dont on voit encore quelques restes. D'anciens titres établissent que ce château était un édifice commun aux habitants des environs, chacun d'eux y possédait une chambre destinée à servir de refuge a sa famille en temps de guerre, et qoaaxl les partis ennsesuis irâeftaient la campagne.

Les Romains ont laissé peu de traces de leur séjour dans le Rouergue. Il y existe des vestiges de voies militaires. On y trouve des fragments de poteries d'un beau travail, des urnes cinéraires , des médailles , etc. Mats ce que le pays renferme de plus remarquable esc une immense quantité de briques antiques de diverses rormes qui gisent répandues à différentes profondeurs, et quelquefois en plusieurs couches, sur la rive gauche de rAveyron , depuis les limites du département de fa Lozère i usqtr*au delà de Sey ssac.

Des châteaux-forts , des donjons, des églises sombres et massives signalent f époque du moyen âge. Le cloître des Cordeliers de Rhodez est un ouvrage du xiv* siècle, cefui de la Chartreuse de Villefranehe , édifice remarquable par l'élégance et la richesse du travail, date du commencement du xyi*. Ce fut aussi vers cette époque

3 ne s'acheva la belle cathédrale dont nous donnons la escription en parlant de Rhodez.

Le xn* siècle vit s'élever plusieurs autres édifices dignes de remarque. — Le château de Gages, bâti sur les ruines d'un vieux château des comtes de Rhodez , devînt par les soins du cardinal d'Armagnac, à qui

FRANCE PITTORESQUE. — ÀVEYRON.

Marguerite de Valois en avait donné la jouissance, un des plus beaux édifices du style de la renaissance. Malheureusement , il fut ruiné pour des causes qui ne nous sont pas connues, et dès 1620 sa dégradation était complète. — Le château de Graves, édifice de la même époque, a extérieurement l'apparence d'une forteresse. 11 est situé sur une colline élevée. C'est un bâtiment carré avec une cour intérieure. Ses angles sont flanqués de tours rondes. Trois de ses façades extérieures n'offrent aucun ornement et presque aucune ouverture. La quatrième, qui regarde le parc, est plus ornée; mais la cour élégamment décorée de colonnes et de pilastres toscans, enrichie d'une galerie ouverte placée au-dessus de la porte d'entrée, donne une grâce extrême à l'édifice, dont les détails et les sculptures ont d'ailleurs conservé la plus grande fraîcheur. — Ce château est l'ouvrage d'un architecte du pays, Baduel, qu'au xvie siècle un seigneur de Bournazel envoya étudier â Rome. — Le château de son bienfaiteur fournit à cet habile architecte l'occasion de montrer l'étendue et la variété de ses talents. — Un vaste corps-de-logis , avec deux ailes en retour et deux pavillons aux extrémités; au-devant, une cour fermée par une balustrade élégante, au milieu de laquelle venait aboutir une double rampe, conduisant à un parc vaste, bien planté, égayé par des eaux vives et de beaux étangs. Tel fut le plan qu'il adopta» et comme l'architecture des châteaux exigeait encore un simulacre de constructions propres à la «défense, quatre tours rondes, d'un dessin pittoresque, devaient s'élever aux quatre angles Ce plan n'a été réalisé qu'en partie. — Le château de Bournazel terminé aurait pu être la demeure d'un prince , et au milieu du xvie siècle, à l'époque de sa construction, peu d'édifices en France pouvaient lui être comparés. Les bustes et les colonnes accouplées qui le décorent (la fameuse façade du Louvre n'existait pas encore) , l'invention de chapiteaux entourés de danseurs en relief se tenant par la main, la perfection des sculptures, la richesse des ornements et des arabesques sont au-dessus de tout éloge.

La montagne de Momberle, au sud de Leyssac, est célèbre par un camp tracé sur son sommet, et dont l'enceinte pourrait contenir 12,000 hommes. — On y remarque des tranchées, des glacis, et des épaulements bien conservés. — Confine on trouve dans les environs, une assez grande quantité de fragments de poteries et de briques antiques, les habitants du pays veulent que ce soit un camp romain ; quelques auteurs considérant la forme et la parfaite conservation des fortifications en terre , prétendent qu'il remonte au plus à l'époque des guerres des Cévennes où de la Ligue.

CARACTÈRE, MŒURS, ZYC*

~ Les habitants de l'Âveyron ont une constitution vigoureuse, la taille un peu courte, la stature carrée et massive, les membres nerveux , le regard calme, l'air réfléchi et la physionomie sévère.- Us sont sérieux, mais rarement mélancoliques. — Leur extérieur est froid et réservé avec les étrangers. Leur abord est difficile, leur manière de s'exprimer brusque et sans ménagement , mais au fond, ils ont de la franchise dans les affections et de la chaleur dans l'âme; ils sont charitables envers les pauvres, et pratiquent convenablement les devoirs de l'hospitalité. — Sincèrement attachés à' leur pays , ils montrent un grand respect pour les usages qui y sont consacrés , et s'opposent avec opiniâtreté à toutes les innovations. — La pauvreté de leur territoire leur inspire le goût d'une économie qui dégénère Quelquefois en avarice,fet les oblige à vivre beaucoup dans l'intérieur de leur famille. Ces habitudes casanières leur otent toute sociabilité, ils paraissent gênés et contraints en présence de ceux qui ne sont pas de leur connaissance intime. Us redoutent des réunions où les qualités de leur esprit et la rectitude de leur jugement leur feraient occuper un rang distingué. — On a remarqué

que les Àveyronnais, qui à toutes les époques ont fait preuve de courage et d'aptitude pour le métier des armes, réussissent également bien dans les sciences exactes et dans les études sérieuses. Us aiment les arts et les lettres et savent en apprécier les avantages. Avant la Révolution, Villefranche possédait une Académie royale des Belles Lettres, et Rhodez une Académie des Jeux-Floraux fondée à l'instar de celle de Toulouse, et qui distribuait tous les ans un prix d'éloquence et de poésie. — Les habitants des rives du Lot et de la partie septentrionale du Rouergue, qui passent pour les plus sociables du département , et qui , d'après M. Monteil , sont bons , francs, et même pacifiques, ne se montrent tels que lorsque le vin est cher; car, s'il faut en croire cet auteur, dès que la récolte est abondante, la police a beaucoup de peine. Les querelles deviennent fréquentes et d'autant plus dangereuses parmi les habitants des campagnes, que la plupart d'entre eux portent un petit poignard appelé dans le pays Capuchadou, c'est un couteau à lame fine, à manche très court, et dont on se sert habituellement pour couper le bois ou le pain; on le tient ordinairement renfermé dans la manche ou dans une poche longue de la culotte ; mais dès qu'une rixe a lieu, la lame du capuchadou, comme celle du stylet italien, ne tarde pas à briller Les autorités locales font sans doute tous leurs efforts pour faire cesser le port de cette arme dangereuse. Elles obtiendraient un plus prompt résultat s'il leur était possible d'extirper le vice de l'ivrognerie auquel les habitants des campagnes et une partie de la population des villes sont fortement enclins. Cette passion honteuse était autrefois partagée par les femmes mêmes; on nous assure que depuis quelques années elles s'en sont généralement corrigées.

«Les Âveyronnaises, dit M. Monteil, ont de la taille et de la fraîcheur; leurs traits annoncent plutôt le force que la délicatesse. Leur éducation n'admet ni minauderies ni l'étude de ces grâces légères ailleurs si essentielles. L'utile : on ne leur demande, on ne leur apprend que cela. Lire, écrire, compter, coudre et bien gouverner le ménage , voilà tout ce qu'il faut qu elles sachent. Si dans les maisons aisées on leur permet quelques arts agréables, ce n'est guère qu'à la veille de les établir ; quand on voit entrer le maître de danse et de musique, l'époux n'est pas loin.... Les Âveyronnaises ne sont mariées que fort tard ; devenues femmes, uniquement attentives à leur ménage, elles ne cherchent d'autre plaisir que celui de le faire prospérer; un grand nombre d'enfants, par lequel elles comptent presque toujours les premières années de leur hymen , absorbe tous leurs moments : de là ce goût casanier qu'elles prennent et qu'elles font prendre à leurs maris. — Dans la société comme à l'église, les femmes du département sont toujours entièrement séparées des hommes. >

À Villefranche , où les habitudes sont plus douces, les préjugés plus sociables , les mœurs plus polies qu'à Rhodez , les femmes se distinguent par une tournure élégante et beaucoup de grâces dans les manières et dans le maintien. Les jeunes filles, presque toutes jolies, ont dans la voix un charme inexprimable: dans les belles soirées d'été, elles se, rassemblent devant leurs maisons pour y chanter ensemble; la pureté de leurs voix, l'expression de leur chant, produisent un effet véritablement profond. L'étranger qui traverserait la ville à cette heure pourrait se croire dans un de ces pays de l'Allemagne ou de l'Italie où le goût musical est développé à un si haut degré dans toutes les classes de la population.

La condition des femmes , dans une grande partie du département, et surtout parmi les habitants des campagnes, est pénible et malheureuse; leurs parents les traitent souvent avec une sorte de barbarie, et les forcent, dès le plus jqune âge, à se consacrer sans mesure aux rudes travaux de la culture. Le hâle, la sueur et la fatigue continue altèrent leurs traits et leurs formes. | Avant dix-huit ans , des filles qui ailleurs auraient été

FRANCE PITTORESQFE

Bressr par jff/ttn

iframè par Lifmtdhrfrur et Momie* , Jh*e tfr* Abyrnr Së>\

-' /»^v^« C^t^t^ sr h^fé&ïé'-ït

FRANCE PITTORESQOE. — AVEYRON.

gracieuses et jolies , ont la peau tannée, les maint calleuses, et la Utile voûtée. Le mariage , au lieu d'être pour elles une époque de bonheur et de liberté , est souvent celle d'une servitude plus dure.

Le costume des habitants du département varie suivant les localités. — Dans la montagne , les paysans portent de grands bonnets propres à leur tenir la tête chaude, ou de vastes chapeaux destinés à les abriter du soleil et de la pluie. Les femmes se couvrent avec un grand mantelet à l'espagnole qui forme capuchon. — On distingue les femmes de Villefranche par une coiffure qui ne manque ni de propreté ni d'élégance ; c'est un chapeau plat posé d'une manière différente suivant l'Age. Les jeunes filles le portent incliné sur l'oreille gauche , les femmes parvenues à l'âge mûr horizontalement, et les vieilles abaissé sur le front. Ce chapeau , toujours noir , est attaché sous le menton avec des rubans de même couleur. — Dans les campagnes, le rouge est la couleur que les hommes préfèrent généralement à toutes les autres; des bas, des jarretières, une culotte, un gilet, un habit rouges composent à leurs yeux le vêtement le plus beau et le plus élégant. « Cette couleur, dit M. Mooteil, est aussi regardée comme la plus terrible : quand le diable apparaît, c'est toujours sous la forme d'un grand homme , Tépée au cote , habillé de rouge. »

&AWOAOX.

Le patois des paysans de l'Aveyron est un des dialectes de la langue d'Oc ; le passage suivant de la parabole de l'Enfant prodigue suffira pour en donner une idée. Les versets que nous citons sont en patois des environs de Rhodez.

Un ouome obiou doua effons,

Douât lou pas choube diguet

à eouu pèro : « Muan pèro , dou-

naime loo bé qua ioo aube obare

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