‹ France pittoresqueChapitre 79 sur 102 · HT · texte numérisé non relu

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long-temps parmi les principales places de* Calvinistes. Il y fut tenu, en 1573» one assemblée générale des dépntés des protestants a l'effet de conférer sur les moyens de traiter de là paix. Une antre assemblée générale y eut lieu en 1620, où Ton se décida à soutenir la guerre contre Louis XIII (1). Ce prince s'empara de Milban en 1629* et en fit démolir les fortifications. — Depuis lors, la ville cessa de s'occuper des affaires politiques ou religieuses; et tourna tous ses efforts vers le commerce et l'industrie, qui en ont fait la ville la plus riche et la plus peuplée du département.

— Milbau est situe dans un bassin agréable, entouré de coteaux plantés de pêchers et d'amandiers, un peu au-dessous du confluent du Tarn avec la Dourbie. Ses rues sont étroites mais bien percées. La ville est généralement bien bâtie. On y trouve des fontaines , un lavoir public de jolies places, des promenades agréables, parmi lesquelles on distingue celle dite du Quai . La ville est dans une position avantageuse , à l'embranchement de plusieurs grandes routes Elle possède sur le Tarn un beau pont coustruit en 1817. L'ancien pont avait été détruit par une inondation en 1757.

S*virac-lx-Chat*au. Ch -1. de cant., à 7 1. 1/2 N. de Milhau. Pop. 2979 hab. — Cette petite ville est fort ancienne ; elle était en 881 le chef-lieu d'une viguerie, et devint plus tard celui d'un mar-

r" iat Les sires de Severac ont joué un grand rôle dans les guerres Rouergue. La ville occupe le penchant d'une colline escarpée sur la rive gauche du Biaur, ruisseau affluent de l'Avcyrou et à 250 pas de La source de cette rivière. Elle doit son nom a un ancien château-fort qui la domine, et au pied duquel on voit deux belles terrasses plantées d'ormes. C'est uue agréable promenade d'où Ton découvre la vallée où coule l'Àveyrou. La ville est généralement mal bâtie, ses rues sont étroites et raides. En 1650 le marquisat de Severac, la vicomte d'Hautérive et les baronnies de Dolan et de Saint-Chely. furent érigés en duché-pairie d'Arpajon, ta faveur de Louis d'Arpajon, lieutenant général, des armées; mais ce seigneur ayant négligé de faire enregistrer ses lettres-patentes, cette duché-pairie s'éteignit à su mort en 1679.

SAiirf-ArracQua, sur la Sorgue, ch -1 d'arrondissement à 14 1. S.-S.-E. de Rbodez. Pop. 6,636 hab. — Saint-Affrique est une ville ancienne qui en 1357 fut fortifiée ; ce n'était encore qu'une petite ville, mais ses habitants ayant embrassé la religion réformée, elle devint nne des places principales des Calvinistes, et acquit de l'importance On répara et on augmenta ses fortifications. — Le prince de Condé en fit inutilement le siège en 1628; mais l'année suivante elle fut obligée de se soumettre â Louis XIII , qui la fit démanteler. Depuis cette époque elle n'a plus joué de rôle politique , mais elle a pris une grande extension sous le rapport commercial. — Saint-Affrique est une ville dont les rues sont belle»

* et larges, les maisons anciennes et mal bâties, mais qui tend à s'améliorer et à s'embellir. — Elle est située dans un vallon agréable, planté de vignes et orné de prairies. La Sorgue la sépare de son ancien faubourg, qui forme aujourd'hui un des quartiers de la ville Une jolie promeuade, dont les extrémités aboutissent à deux ponts jetés sur cotte rivière, entoure Saint-Affrique. — C'est une ceinture plus gaie que de sombres murailles et de vieilles tours. — Oa remarque a Saint-Affrique les bâtiments de l'hôpital. {

Cahaiès, ch.-l. de cant. à 5 1. S. de Saint-Affrique. Pop. 2679 bab. — Cette petite ville . qu'on nomme aussi Pont-de- Camarès, est fort ancienne. Elle est située sur le penchant d'une montagne dont le pied est baigné par le Donrdou , rivière sur laquelle existe uu

, vieux pont qui communique avec un faubourg. Camarès possède deux sources minérales froides situées à peu.de distance de la ville, l'une an hameau d'Andabre et l'autre au village de Prugnes.

— Toutes les deux sont qualifiées d'eaux de Camarès. — Ce sont des eaux ferrugineuses et gaxeuses. — D'après des analyses faites dans le siècle dernier, et citées par Monteil , l'eau d'Andabre contiendrait 39 grains de fer et 17 de sulfate de soude par livre , et celle de Prugnes seulement 1 grain de fer et 7 de sulfate de soude.

— Nous ne connaissons avec précision que l'analyse récente des eaux de Prugnes , qui commencent à être connues sous leur nom véritable. Ces eaux, dont la source est située à moitié chemin entre Sylvanès et Camarès , contiennent de l'acide carbonique, du carbonate et de l'bydrochlorate de soude, des carbonates de chaux et de magnéaie. — Elles ont beaucoup d'analogie avec l'eau alcaline

(1) Void quel était alors l'organisation du parti calviniste : il possédait en France 760 églises. La réunion d'un certain nombre d'églises formait an colloque, et un certain nombre de colloques, une province. — Les calvinistes comptaient seize provinces dans le royaume : lo l'Ile-de-France; 2« la Bour* gagne; 3o la Normandie 4<> la Bretagne; 5o l'Anjou; 6° le Berri; 7» le Poitou; 80 la Saininng». 9<> la Basse Guicrme; 10© la Haute-Guienne et le Haut •Languedoc; Ho le Bas- Languedoc ; 12o les Cèvennes; 13© le Virarais; Mo le Djophioé; 15» la Provence, el Igo le Béarn. — Indépendammeut de cette division, l'assemblée de Saumor, tenue en 161 1 , avait partagé le royaume en sept cercles (le Bearn en formait an huitième). Les colloque» et les province* s'assemblaient par députés : il se tenait, tous les trois ans, des synodes nationaux ou assemblées générales autorUeV» par le Boi, qui y envoyait des commissaires : ces synodes rédigeaient les cahiers envuyrs a la cour. Chaque cercle avait nn conseil. Le Rouergue formait un colloque dépendant de la Haute-Gnienoe . et ce colloque se composait de quatre églises 1 MUhau, Creysset, Saint-Aoniedc-Tara et Saiat-Affrtqne.

gaxense ou todawater des Anglais, et, ainsi que les eaux de Crantée, se transportent facilement au loin.— On en fait usage en boissons, et on les considère comme bonnes pour rétablir les fonctions de l'estomac, guérir les embarras du foie, la gravelle, etc.— Le bassin se trouve dans un pavillon commode , attenant à deux salons et à une bibliothèque a l'usage des buveurs. Il est entouré de plantations qui offrent d'agréables promenades.

Roqoxfort, à 2 1. 112 E.-S.-E. de Saint-Affrique. Pop. 1,315 hab. — Ce village , si célèbre par ses fromages , s'élève sur la pente d'une colline qu'on appelle le Cambalou, dont la base eut d'argile bleuâtre , et dont le sommet est formé par des rochers calcaires. Cette colline renferme les caves : leur nombre est de 20 environ; les unes sont entièrement taillées dans le roc; d'autres n'y sont encaissées qu'à moitié , et leur partie antérieure est bâtie en maçonnerie. — Elles ont un , deux et même trois étages. Leur intérieur est assez étroit et divisé en plusieurs ramifications; anx parois sont appuyées des tablettes recouvertes de paille, qui servent à recevoir les fromages.— En temps de pluie, de légers suintements ont lieu à la voûte 00 sur les parois ; néanmoins l'atmosphère des caves est toujours sèche, ce qu'on attribue à des courants d'air qui soufflent intérieurement et qui paraissent venir dn fond dea caves. — La température y est à peu près la même pendant toute l'année, le thermomètre s'y élève à 10 degrés. M. Blaeier, dans la Statistique de l'Aeejrro* , insérée au t. xix du Journal des Mimes, établit que la distribution des fromages sur des rayons convenablement espacés , y détermine à propos la fermentation , et fait acquérir aux fromages de Roquefort, ce marbré, ce piquant agréable et cette qualité toute particulière qui les distinguent des autres fromages qne les propriétaires du pays préparent eux-mêmes en dehors des caves. — Les caves qui ont La vertu de faire promptement les meilleurs fromages sont uue propriété importante et très recherchées. Il en est qui sont louées 30,000 francs par an.

Sai wt-Rom e-de-Tarh , sur la rive gauche du Tarn , ch.-l. de cant. , à 2 1. N. de Saint-Affrique. Pop. 3,154 hab. — Cette petite) ville, qui possède un pont sur le Tarn , est fort ancienne. Elle a été autrefois fortifiée et a soutenu plusieurs sièges; elle est encore en partie entourée de ses anciens fossés et de ses vieilles murailles qni tombent en ruines. Bâtie en amphithéâtre sur la pente d'un coteau , elle offre extérieurement un aspect asses pittoresque , mais l'intérieur delà ville , composé généralement de rues étroites bordées de vieilles maisons mal bâties , ne répond pas à cet extérieur. — A i>eu de distanoe de la ville, le Tarn forme une jolie cascade de 80 pieds de hauteur.

Sylva* as , à 3 1. S.-S.-E. de Saint-Affrique. Pop. environ 500 hab. — Ce joli village , situé dans un vallon qui présente des sites pittoresques et d'agréables promenades , possède deux sources d'eaux thermales , dont l'une a une chaleur de 40 degrés centigrades.— Ces eaux contiennent du sel marin et des sulfates de sonde et de magnésie. — On les administre en douches , en bains et en boissons ; elles sont employées pour les rhumatismes, la paralysie 9 les affections scrofoleuses et cutanées. Il y a peu d'eaux minérales . en France qui soient aussi fréquentées , mais c'est seolement par les habitants des contrées voisines; cependant rétablissement thermal, situé à un quart de lieue du village , renfermé , outre le caveau où jaillissent les eaux et ou on prend les bains , des logegements qui peuvent recevoir environ cent malades.

Ville franche, sur la rive droite de TAveyron, ch.-l. d'arrood. , à 11 1. O. de Rhodez. Pop. 9,540 hab.— Cette ville; agréablement située au confluent de l'Alzon et de l'Aveyrou , sur le penchant d'une colline entourée de hantes montagnes, an milieu d'un pays entrecoupé de prairies, de vignobles , de bosquets et d'habitations, doit son origine à Alphonse , comte de Toulouse , et frère dn roi Louis IX. — Elle fut fondée en 1252, sur l'emplacement de l'ancienne cité de CaremHmag. Nous avons parlé des prétentions qne Yillefraocbe éleva contre Rhodes , pour avoir le titre de capitale du Rouergue. — En 1351 , c'était une ville fortifiée qui , depuis 1336, possédait un pont sur l'Alzon. Elle souffrit beaucoup pendant les guerres de religion du xvi* et du xvrie siècle. Prise et reprise par les catholiques , elle eut à subir successivement les violences des deux partis. — Eu 1643 , le Rouergue fut le théâtre d'une insurrection de paysans dont un des principaux chef» était un nommé Petit, chirurgien habitant Villefranche. Les insurgés se nommaient croquants ; ils prirent Villefranche , la pillèrent et l'abandonnèrent: mais voulant y rentrer de nouveau, ils forent forcés d'en faire le siège. Villefranche résista : pendant ee temps les troupes royale» et les gentilshommes de la province réunis , attaquèrent les insurgés et les mirent en déroute. Les chefs de l'insurrection , et Petit entre autres , furent pendus. Villefranche était le siège d'an présidial , et posséda pendant quelque temps , dans le xvr* siècle, un hôtel des monnaies, Ce fut de 1779 4 1789, le siège de l'administration provinciale de la Hante-On) enne. Cette ville eut plusieurs fois à souffrir de la famine et de la peste. L'histoire a conservé le souvenir de la peste de 1558 qui , dans trois mois , fit périr 5vOUO habitants et obligea les autres à abandonner la ville. Le chapitre collégial se retira dans un village peu éloigné , et le présidial fut momentanément transféré à Villeneuve,

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La peste de 1028 fat plus terrible encore , en cinq mois elle enleva 8,000 habitants; ce fat alors que le lieutenant criminel Jean de Pomayrol , et le père Ambroise , religieux de l'ordre de Saint- François , se dévouèrent avec un admirable courage; leur prudence et leur sèle rendirent à la ville les services les plus signalés. Les mesures que prit Pomayrol feraient honneur aujourd'hui aux administrateurs les plus habiles. Le père Ambroise sauva la rie à un grand nombre d'enfants en fai%ant allaiter par des chèvres ceux que la peste avait privés de leurs mère» on de lenrs nourrices. — Yillefranche est une ville bien percée et bien bâtie. Quatre grandes mes la traversent dans tonte sa longueur ; on voit au rentre une belle place entourée d'arceaux qu'on nomme les Convins, et sur laquelle se trouve la principale église Notre-Dame , remarquable par la hardiesse de sa route et son architecture gotbioue ; un beau quai, nn pont élégant, plusieurs promenades publiques, une jolie fontaine, sont les décorations principales de cette ville. Elle possède une bibliothèque contenant 6,000 volumes , un cabinet de physique et nn cercle de réunion pour les principaux habitanfs. Cravsac , à 8 1. N.-E. de Yillefranche. Pop. environ 500 hab. — Ce village est fort ancien ; les eaux auxquelles il doit sa célébrité étaient déjà connues à la fin du ixe siècle. — La réputation des eanx a toujours été en augmentant , mais le village ne paraît pas avoir en d'accroissement ; il est situé au milieu des montagnes, près de la petite ville d'Aubin , ou les étrangers trouvent facilement a se loger. — Les eaux de Craosac sont très fréquentées , il y est Tenu, en 1830» environ 3,000 malades. — On y distingue les sources anciennes ou de Richard , et les sources nouvelles ou de Béselgues. Ces eaux contiennent des sulfates de magnésie, d'alumine et de fer; on n'en fait usage quVn boisson. — Elles sont employées contre la chlorose et pour rétablir les fonctions de l'estomac. — Outre les sources miuérales , on trouve à Cransac des étnves creusées dans les .montagnes et où on prend des bai** d'une nature particulière. Ces étuves produisent un effet énergique et salutaire. Elles sont chauffées par des mines de houille qui sont en combustion depuis plusieurs siècles.

BITISIOV FOUTIÇmE » ABluXKIST&ATITX.

Politique. .- Le département nomme 5 députés. Il est divisé en 5 arrondissements électoraux, dont les ch. -lieux sont: Rhodes, Saint-Affrique , Espalion , Milhau , Yillefranche. Le nombre des électeurs est de 1,444.

Admihistiativy. - Le ch.-lieu de la préfecture est Rhodes. Le département se divise en 5 sons-préfect. on arrond. comm.:

Rhodes 11 cent., 65 comm., 94,568 habit

Espalion 9 37 65 086

Milhau 9 38 63,603

Saint-AflHque 6 28 57,809

Yillefranche J7 47 77,990

Total. . 42 cent, 215 comm., 359,056 habit.

Servie* du trésor publie. — 1 receveur général et 1 payeur (résidant à Rhodes) , 4 recev. partie. ; 5 percept d'arrond.

Contributions dirtetes — { directeur (à Rhodez), et 1 inspecteur.

Domaines et enregistr. — 1 direct, (à Rhodes-, 2 insp., 3 vérifie.

Hypothèque* —5 conservateurs dans les ch.-I. d'an*, commun.

Contributions indireetes. — 1 directeur ( à Rhodes ) , 3 directeurs d'arrond. , 5 recev. entreposeurs.

Forêts. — Le départ, fait partie de la 27* conservation forestière.

Ponts-et-chaussées.—Le département fait partie de la 12e inspection, dont le chef-l. est Clermont-Ferrand. — Il y a 1 ingénieur en chef en résidence à Rhodes.

Mines.-* Le dép. lait partie du 16* arrond. et de la 5e division, dont le chef-l. est Montpellier. — 1 ingénieur des mines réside à Yillefranche.

Haras, — Le département fait partie', pour les courses de chevaux , du 7e arrondissement de concours , dont le chef-lieu est Bordeaux. — Il y a à Rhodez un dépôt royal où se trouvent 47 étalons. — On cite le haras particulier de Buzarengue.

Milita»*. —Le département fait partie de la 9e division militaire, dont le quartier général est à Montpellier. — 11 y a à- Rhodes :

I maréchal de camp-commandant la subdivision ; 1 sous-intendant militaire.— Le dépôt de recrutement est à Rhodez. — La compar

Sie de gendarmerie départementale fait partie de la 12* légion , nt le ch.-L est à Cabors.

Judiciaire. — Les tribunaux sont du ressort de la cour royale de Montpellier. — H y a dans le département 5 tribunaux de 1™ instance : à Rhodez (2 chambres), Espalion, Milhau, Saiut- Affiriqne, Yillefranche, et 4 tribunaux de commerce, à Rhodes, Saint-Genies-de-Rive-d'Olt , Milhan , Saint-Affrique.

Religieuse. — Culte catholique. — Le département forme le diocèse d'un évèché érigé dans le ve siècle , suffragant de l'archevêché d'Alby, et dont le siège est à Rhodes — Il y a dans le département, à Rhodes : nn séminaire diocésain qui compte 200 élèves; — une école secondaire ecclésiastique à Belmont ; — une école secondaire ecclésiastique à Rhodes.— Le département renferme 5 cures de Y* classe, 43 de 2e, 549 succursales , et 173 vicariats.—

II y existe 39 communautés religieuses de femmes , chargées des

hospices civils , de l'instruction de la jeunesse,' des soins à donner aux malades, de la surveillance des sourdes-muettes, et de l'instruction gratuite d'un grand nombre d'élèves externes et des écoles chrétiennes qui élèvent gratuitement 1,054 enfants.

Culte protestant. — Les réformés du département ont à Saint* Affrique une église consistoriale, divisée en 3 sections , desservies par 4 pasteurs, résidant à Saint-Affrique, Milhau et Pont-de* Camarès. — Il y a en outre des temples ou des oratoires destinés au service divin, à Saint-Rome-dc-Tarn , Saint-Jean-du-Bruel , Cornus, Brusques et Fondamenté. — Le département renferme une société biblique, une société des missions évaugéliques, une société des traités religieux et une société de secours mutuels» — Les écoles protestantes sont au nombre de 5*

Universitaire. — Le département est compris dans le ressort de l'Académie de Montpellier.

Instruction, publique.— 11 y a dans le département : — à Rhodes , nn collège royal de 2e classe qni compte 192 élèves ; — - et 5 collèges: à Espalion, à Milhau, à Saint-Affrique, à Saint-Génies, à Yillefranche. — On s'occupe d'organiser une école normale primaire à Rhodes.-— Le nombre des écoles primaires dn département est de 344* <?*" «ont fréquentées par 7*765 élèves, dont 5,066 garçons et 2,700 filles. — Les communes privées d'écoles sont an nombre de 319*

Sociétés savaittcs, xtc. — Il existe à Rhodes, une Ecole do sourds et muets pour quatre départements et une pépinière départe» mentale. — Rhodez , Milhau , Saint-Affrique et Yillefranche possèdent des Sociétés d'Agriculture.

POPTJULTIOV.

D'après le dernier recensement officiel, elle est de 359,056 hab. et fournit annuellement à l'armée 959 jeunes soldats.

Le mouvement en 1850 a été de,

Mariages : . . 2,496

Naissances. Masculins. Féminins.

Déci$ 3,901 — 3,921 .Total 7,822

Dans ce nombre 4 centenaires. -

OABJDC WATIOlfJXX.

Le nombre, des, citoyens inscrits est de 64,724, ~

Dont: 24,737 contrôle de réserve.

3jÛ,9#7 contrôle de service ordinaire.

Ces derniers sont répartis ainsi qu'il suit :

39,768 infanterie. (.

123 cavalerie.

93 artillerie.

On en compte : armés, 3,813 ; équipés, 1,039; habillés, 2^523.

23,996 sont susceptibles d'être mobilisés.

Ainsi , sur 1,000 individus de la population générale , 180 sont inscrits au registre matricule, et 67 dans ce nombre sont mobilisables; sur 100 individus inscrits sur le registre matricule, 62 sont soumis au service ordinaire, et 36 appartiennent à la réserve.

Les arsenaux de l'État ont délivré à la garde nationale 3,556 fusils ,'160 mousquetons, 4 canons, et un asses grand nombre de pistolets , sabres, etc.

DEPOTS ST RICSTTX8i

Le département a payé à l'État (1831) :

Contributions directes. 3, 1 70,702 f. 22 e.

Enregistrement ,#timbre et* domaines 1,385,446 52 .

Boissons, droits divers, tabacs et poudres. . 627,682 22

Postes. 127,294 14

Produit des coupes de bois 470 25

Total. . 5^21 31 7 f 10 c

Il a reçu dn trésor 3,509,772 f. 45 c , dans lesquels figurent :

La dette publique et les dotations, pour. . . 462434 f 02 e.

Les dépeuses du ministère de la justice. . . . 152,474 88

de l'instruction publique et des cultes. 713,879 11

de l'intérieur 61 65

du commerce et des travaux publics. . 811318 77

de la guerre 408319 69

de la marine : 917 59

des finances 124.089 »

Les frais de régie et de perception des impôts, 570.356 24

Remboursera , restitnt., non-valeurs et primes. 264321 6Ù

Total 3,509,772f.45c

Ces deux sommes totales de paiements et de recettes représentant, 1 peu de variations près, le mouvement annuel des impôts et des recettes , le département paie annuellement, de pins qu'il ne reçoit , 2,312,044 fr. 65 c. ; cette somme , consacrée anx frais dn gouvernement central , dépasse de 150,000 francs le sixième dn revenu territorial.

FRANCE PITTORESQUE. ÀVEYRON.

L« maître valet couche dans son atelier , les bouvier» et les bergers dam les établea.

. IMBU8TBX8 COOTfWCTâTia% L'industrie métallurgique de l'Aveyrou a, nées, pria en grand aorroiseemeut. L'éteUsa par MM. Hanvsnn et Decaxes possédait en 1884 tenta Fn*n«/em<a Decase-Ville (à 3|4 de beat d'Aubin). 4 hauts senti établie à l'arabe. Le fer était traité à J'aide du < carbonisée}. Ce» quatre hanta fourneaux quintaux, de fonte par 24 "

Elles s'élèvent (1851) a 551,782 fr. 95 cent Savoy* : D*y. $*•* ■ traitements , abonnem., etc. 72300 1. 97 e.

Dép.ftoHmôies : loyers, secours, etc. 278^976 28

Dana celle dcmièie somme figurent pour

82»860f. » «. 1«» prisons départementales, 111,752 » les enfants trou tés.

Les seconr» aecordés par l'État pour grêle , in-

euttdfe, épiaootie, etc., sont de 27.300 »

Les fond» consacrés an cadastre s'élèvent à. . . 74,255 £0 Le* dépenses des cours et tribunaux sont de. . 112,129 49 Lee Irais de justice avancés par l'Etat de. ... . 45,071 53

JVDUSTBJE ▲CMUCOU.

Sur une superficie de 882,191 hectares , le départ, en eonapte , MMMM «*• «■ euitnre. — 49,9*8 forêts. — 15,709 vignes. - 7M04 laudes susceptibles d'être défriehées. — 1504)09 pâturages. «- 14nV009 lèvres incultes et stériles.

Le revenu territorial est évalué à 12,945,000 francs.

Le département renferate environ , 15,000 chevaux et mulets. «*. 4009 ânes. — 80,000 bétes s ournes iraee bovine.. — 30,000 eJttveus. - 90,090 porcs. — 600,000 moutoas.

Les troupeaux de bétes s laine en funrnissent chaque année enuiroo 9504160 kilogrammes, savoir : 6,000 mérinos, 20,009 métis, «H090isMkgr.es.

• Le produit annuel du sol est d'esrrirou.

En céréales 1,190,009 hectolitres.

Ea parmentières 159,000 id.

En avoines. 300,000 id.

la vins. 360,000 id.

Bien que l'agriculture soit la principale ressource du Roucrgur, die y est encore dans* l'enfance. Des effort* bien conçus et habilement dirigés n*ont prodnit que quelques améliorations locales Un sol ingrat et montueux , des gelées souvent tardives et tofjours protondes ; des grêles qui de jour en jour deviennent plus fréquentes , la difficulté et là durée des traraux champêtres , et surtout le défaut général d'aisance , sont des obstacles constants anx améliorations. — La culture des terres se /ait arec des bœufs. On se sert des chevaux pour battra le grain.— L'instrument aratoire en usage est la charrue simple , connue sous le nom horaire — Le pays renferme d'assez bons pâturages. — L'engrais des bestiaux, la fabrication des fromages (parmi lesquels on eitc celui de Roquefort , fait de lait de brebis , et celui de la Guyole , qui ressemble an fromage de Hollande) ; la vente des laines, l'élevé des chevaux, figurent au premier rang dan» l'industrie argricole. — L'Aveyron fournit des bœufs, des mou tous et des porcs gras aux boucheries de Mme» et de Montpellier; il vend aussi des mulets à l'Espagne. — On y trouve de nombreux haras particuliers et des dépots de juments dans 1rs fermes. Depuis quelques* années on a multiplié les plantations de mûriers, et l'on s'occupe de 1 éducation des vers à soie , principalement à Rhodes , à Milhau , à Guessac , etc. -*- La récolte en céréales et en vins est suffisante pour la consommation. — Les vins sont généralement médiocres ; on estime cependant ceux de Laucedat, d'Aguac et de Marcilhac. — Le département prodnit une petite quantité de cidre.— Il fait des exportations de pruneaux, de châtaignes, d'amande» douces et amères.

Fe&mks xt fixrftofTATfofra avaALFs. — - La partie orientale du département où les terres ont une fécondité plus égale et plus soutenue, renferme les plus grandes exploitation» rurales; on y voit des ferme» qui emploient 25 paires de bomfs de labour et 30 à 49 ouvriers. Une hiérarchie sévère existe parmi ces nommes vivant sons le même toit, et y maintient l'ordre et la »u bord i nation. Le chef est le. maître valet (lou Bouriairé); après lui vient le bonvier(/ou afeitfr); ensuite les valets de charrue (/on* Baitets); les bergers (/eut Pastrés) , dont le chef s'appelle /eu Maje+ral , et prend rang après le bouvier ; le vacher (lou Boquier) ; le porcher (lou pastrés despours); et enfin le dindon nier (lou puotier). C'est surtout à table que la hiérarchie est rigoureosemeat observée ; chacun y est placé et servi suivant la raag qu'il occupe. — Les filles de service se tiennent debout pendant le repas , servent les hommes et ne mangent jamais avec eus.— Le pouvoir da chef est reconnu sans consiestation ; il a le plus fort salaire, le meilleur attelage lui est réservé , c'est lui qui donne le signal dn travail. A lui tonte I* responsabilité des travaux agricoles; il est chargé de déaarminer les jours favorables aux semailles, de surveiller les bestiaux, de faire les instruments d'sgrirultare, etc. — Le salaire dea ouvriers consiste en argent, en toile et en nourriture de bêtes à laine. - La nourriture des cultivateurs est pen substantielle; do pain d'orge «m d'avoine, une mauvaise soupe, une donionce de porc salé on une écuelle de lait écrémé, composent leur» repas ; on leur donne quelquefois un pan de via ; certains jours 4e l'année, tels que ceux de la fétu du saint, da la tonte , de la In des semailles , sont célébrées par des régala et des fêtes champêtres, — r Les valets de charrue habitent u»as dans uae cliaasbre

.Cet

offert sur las beux i Nous ignorons si cet établissement eut dn la Cisuiinuii dus saune et houillère 4m VAweytum», dont le capital était de neusteur» une* lions, a réassi eonune il la méritait. En 1829 d offrais dn travail à plus de 2,000 ouvrier». — L'extraction et le rattnagn da Fatum, ainsi qne la production dn sulfate de fer sont une " importante pour le pays. — On exporte amodie, 200,000 kilogrammes d'alun. La quantité de bouille exportée est d'environ 159,009 quintaux métriques. Les aluneesea et las boni! lères occupent environ 449 ouvriers. — Il existe dans Fase^nenu» sèment de Villefranche des lorges de enivre rouge et jasme ami alimentent une fabrication assea étendu* de chaudrons, de ahsîn* déliées et da cloches. — Le tissage dea toiles grises, la fsniitutinu] des tramas, celle de» feutres et des porees pour la papsUast ne* quelque importance ; on évalue le nombre des tisserands è 1499. — La fabrication des étoffes de mine oeeupu on nombre henucoup plue considérable d'ouvriers (environ 2eVB09). L'As ■ sénat produit de la laine filée, des draps, des radis, des tricots , dea su> tiaes, des serges, des couvertures de laine, de m hsianclajni en) laine, esc. Le succès qu'a obtenu l'éducation des veea è soieeoanasence à porter ses fruits, on trouve dans le dépaitimint dea ana> tiers pour le tirage de m soie. — La filature, le fanage et la hum neterie de coton occupent dans l'arvendiseement cseSaiufeAtlraquu environ 700 ouvriers. — Les tanneries disputas* peujeanaanl dea basanée recherchées pur les relieurs du midi, in snéajuaueùr, fcf chamoiscrie et Ja ganterie emploient 8CÛ ouvriers. La ganterie da Milhau a de la réputation. — Outre les divers établissement» industriels que nous venons de citer, le département renferme dea papeterie», des chapelleries , des teintureries, etc. On y fait un assez grand commerce de tonnellerie, de merrains et de bois propres à la fabrication des meubles. — L'exportation des produits agricoles dépasse, année moyenne, la valeur de 6,000,000 k.» «Uns lesquels figurent les fromages de Roquefort et de la Guyole pour 1,100,(00 fr., les moutons pour l,0t6,000 fr., les étoffes dn beau pour 800,000 fr., etc.

Voici, d'après M. de Gaujal, l'époque à laquelle se sont étalâtes dans le pays les diverse* industries qui y existent encore. En 1070, fabrication des fromages de Roquefort;— Ea 1289, fabrication des étoffes de laine» — En 1499, mlmcnlsnn de bonus ttise de laine ; — En 1594, exploimtsou des mine» de houille » — In 1 69%, imprimerie; — En 1612, mégisserie; — En 1959, wnssceie; — En 1972, chaudronnerie; - Eu 1759, ganterie. — Fabrwatseai dn linge de table. Filature et bonneterie de eoton t — » En 1777, fabrication de la flanelle ; - En 1799, chapellerie ; — Sn 1794, fabrication de l'alun , et en 1800, clouterie.

Foirks. ~ Le nombre des iWés dn dépeitesneat est dn J90u-~ Elles se tien s eut dans 166 communes , dont 41 chefs skaa, ut durant pour la plupart 2 à 8 jours, remplissent 599 jeu rué sa.

Les foires mobiles , au nombre de 52, occupent 56 joui au* as. — ■ y a 2^foires MMâtm. — 59 communes sont privée» de fuiras.

Les articles de commerce sont les bestiaux , les graine, les insin, les gros draps, beaucoup de laines, les chanvres, m susse, las châtaignes, etc. — On vend de la cire à Arvseux et è YiJteJronefte, des jambons et de la viande salée à Najac et à Montais , dea sVe* mages propres à déposer dans les caves dn Roquefort dana peu» sieur» localités , des ustensiles de enivra a Saint le su do-usuel, dan dentelles à Laissée, etc. — La foire dn La Clan est une sosesnMce pour la location des domestiques.

Mémoires pour servir à l'histoire du Rouergue, par Bosc;3 vuL io-8. Rhodex, 1797. — Description statistique dm de'p. de t'Jrmjri*** par de Montetl; 2 vol. in-8. Rhodes, 1802. — Mémoire mr k f+jn J'AuUh et la montagne de Cronsae, par Murât. — $iatistif*.o dt VAteyron, par Peuchet et Chai.lairc; in-4. Pari», 18C8. — A"sse» historique sur te Rouergue, par le baron de Gaujat i 2 *<**• in- S. L*» moges, 1821 et 1825. — 1>* Propagateur aseyronamis, rreu* il pcrû> diqne sur l'agriculture, les sciences, les arts, etc.; in-8. Rhodes, 1823 à 1829 et années suivantes. — De l'état de t'ogrirultur* dmms k départ, de fAvejron (An*, de V \A gricult. française , ui-8. Paris» décembre 1822).

A. HUGO

Paris. — Imprimerie et Fonderie d* RifltfsmetCosnn^ts*

Département des Bouehes-du-Rhôtie.

aisToias.

Les Sallyes ou Salluieos, peuple issu des Volces, habitaient la Provence lorsque les Phocéens y vinrent fonder la colonie de Marseille. Les nouveaux venus étaient avancés dans la civilisation, tandis que les naturels du pays nienaient encore la vie errante et pénible des sauvages. Cette opposition dans les mœurs fit naître une rivalité qui donna lieu à des guerres sanglantes. — Les Marseillais, mal affermis , eurent recours à l'appui des Romains. — Ceux-ci envoyèrent une armée contre les Salluiens, les vainquirent et s'emparèrent de leur territoire. — Sexlius, chef de l'expédition, fit construire une ville sur le lieu même où avait été livrée la bataille, lieu abondant en sources d'eau. Aquœ Scxtiœ (aujourd'hui Aix) tire son nom de la combinaison de cette circonstance physique et locale avec le nom de son fondateur. Ces événements se passèrent environ 123 ans avant l'ère chrétienne. Dès lors la Prom renée figura dans le catalogue des conquêtes de Rome sou s le nom de Seconde Narbonaise. — Elle resta sous la domination de l'empire jusqu'aux grandes invasions des peuples du nord. À cette époque, les Bourguignons, les Ostrogoths et les Francs s'en rendirent tour à tour les maîtres. Ces derniers en conservèrent la possession définitive par l'abandon que leur en fit, en 563, l'empereur Justinien. Ce fut alors qu'elle prit le nom de Provincia, Provence.

Cette contrée fut sujette à de nouvelles révolutions durant le moyen âge : après avoir eu des rois, de 879 à 933, elle fut confiée par l'empereur Rodolphe au gouvernement de comtes, qui, d'abord électifs, s'emparèrent de la souveraineté et firent de la Provence deux parts, le comté d'Arles et le comté de Forcalquier.

Dans le xma siècle , ces deux comté* se trouvèrent réunis entre les mains de Béranger IV, quitint sa cour à Aix, où les lettres et les arts fleurirent sous son patronage. Son règne fut, en Provence , l'âge d'or de -la galanterie, des troubadours et des chansons. Ce temps de bonheur et de plaisir se continua sous les successeurs de Béranger, et acquit même un nouvel éclat au xve sjècle, sous René d'Anjou qui se présente à la postérité avec l'épithète, si honorable à force T. i. — 27.

d'être rare, de Bon. Le bon René avait un goût prononcé pour les fêtes et les divertissements; il le consacra par des institutions dout quelquesunes subsistent encore. Les Provençaux gardent un souvenir reconnaissant de ce roi spirituel et bienfaisant, qui s'occupait à la fois et par luimême de ce qui pouvait amuser et rendre heureux son peuple. René, quoique prince pacifique, est le Louis XII de la Provence.

Le dernier comte de Provence fut Charles d'Anjou, roi de Sicile, qui mourut en 1481. Louis XI fil valoir le testament de ce prince pour s'emparer de cette province, et malgré la prétention du duc de Lorraine, qui la revendiquait, elle fut définitivement réunie à la France, sous CharlesVIU, en oetobre 1486.

En tf9û, lors de la nouvelle division de la France par l'Assemblée nationale, la Provence forma les trois départements du Var , des Basses- Alpes et des Bouche s -du-Rkône. .

AMTIQUITjfcS*

Le plus grand nombre des antiquités du déparlement appartient à l'époque romaine. La plupart de ses villes ont eu pour fondateurs les soldats ou les colons de la, cité reine de l'Italie. Les vestiges qu'ils ont laissés consistent en camps, en routes, en canaux, en fortifications, en aqueducs, en bains, en citernes, en amphithéâtres, en temples, en arcs de triomphe, en statues, en bustes, etc. — On découvre chaque jour des tombeaux, des médailles, des vases, des ustensiles, des poteries d'origine romaine. Le nombre de ces débris antiques, recueillis par les différents musées du département, est si multiplié qu'il nous serait impossible d'en donner même la liste. Sj l'occasion s'en présente, nous en parlerons à l'article des villes auxquelles elles se rattachent; quant à présent nous nous bornerons à signaler : — L'admirable statue qui porte le nom de Vénus d'Arles. — Le Pont Flavian, vulgairement Surian, à Saint-Chamas, orné de deux arcs triomphaux enrichis de pilastres et de sculptures, monument antique, d'un goût élevé et d'un art très-perfec- ' lionne. — Le mausolée à rotonde, si élégant et si léger , et l'arc de triomphe de Sainl-Kemi. — La porte du ihéâtre, les colonnes jumelles et l'amphithéâtre d'Arles. — La mosaïque d'Aix, etc.

Gomme vestiges du moyen âge, on peut citer quelques ruines d'édifices élevés par les templiers, et la chapelle semi-gothique , semi-sarrasine de Saint-Gabriel. — Mais il est des monuments classés dans le pays parmi les monuments romains , et qui nous paraissent être d'une antiquité plus reculée; ce sont les enceintes composées de blocs de rochers réunis sans ciment, quelquefois entourant des cavernes taillées dans le roc , comme on en voit près de Lamanon , quelquefois dpminant et dér fendant dés hauteurs, comme il en existe près de Peypin: nous pensons , d'après l'examen que nous avons fait des vieilles forteresses gauloises existantes dans le Limousin et le Quercy, que ces masses d'anciennes fortifications sont l'ouvrage des premiers habitants du pays et appartiennent à l'âge druidique.

CARACTÈRE, JKEITAS, KTC.

L'observateur qui ne s'arrête pas à la superficie des choses reconnaît dans le caractère provençal un grand fonds de bonté, sous des formes quelquefois brusques; la vivacité naturelle des habitants ne fait aucun tort à leur loyauté, à leur franchise, à leurs vertus hospitalières. La déconsidération qu'ils attachent au libertinage témoigne en faveur de leurs sentiments moraux, et leur sobriété est un appui donné aux mœurs contre l'ardeur du climat.

Les habitants du département des Bouches-du- Rhdne sont actifs, robustes et laborieux; mais la modération, la douceur. et le désintéressement ne sont point leurs vertus principales; ils sontgaîs, vifis , emportés dans leurs plaisirs comme dans leur colère, souvent fiers, généralement égoïstes et peu obligeants, et quelquefois cruels jusque dais leurs plaisanteries. Leur esprit est brillant, leur tété prompte à s'enflammer; ils sont éloquents, mais plus propres aux ouvrages d'imagination qu'à ceux qui demandent de la méditation et de la profondeur. — Cette vivacité et cet élan qui distinguent leur caractère se retrouvent dans toutes les actions de leur vie, quelle que soit la profession qu'ils aient embrassée. Marins, ce sont d'actifs et intrépides matelots; soldats, de furieux et impétueux assaillants; négociants, de hardis et effrénés spéculateurs. Enfin même cette fougue, naturelle au climat de la Provence, se retrouve dans leurs écrivains; et, pour ne parler que des contemporains, où trouver plus de verve audacieuse et de côuragesaririque que dans les poésies de Barthélémy et de Méry; plus d'âcreté énergique et de franchise emportée que dans les écrits d'Alphonse Rabbe ; plus de facilité à blâmer les opinions timides et plus d'entraînement à outrer les ardentes théories que dans les histoires de Thiers et de Mignet ?

Les femmes sont généralement remarquables par leurs grâces vives et enjouées; mais elles se laissent facilement aller aux emportements de la colère. Cette faiblesse est la seule tache de leur caractère. — Les femmes d'Arles ont une antique réputation de beauté, qu'elles doivent aux cbarmes piquants dont un écrivain provençal nous a tracé ce tableau : « De grands yeux noirs, des sourcils bien arqués, des joues rondes et fraîches comme des pommes d'api, le plus joli sourire du monde et une prodigieuse mobilité du visage.... Une taille fine, une démarche élégante et .un petit pied.... Joignez à cela un jargon d'une naïveté, d'une douceur infinie , des expressions caressantes t un accent séducteur, l'usage des diminutifs les phis mignards.... et jugez si c'est â tort que Vénus était anciennement la patronne des femmes d'Arles.»

Gomme chez, tous les peuples, qui ont conservé des goûts primitifs, les fêtes locales sont en grand honneur parmi les Provençaux ; chaque commune a la sienne , et il n'est pas de commune circonvoisine qui ne s'empresse d'y prendre part : c'est un échange perpétuel de. plaisirs/— Ces fêtes sont connues dans le département sous trois noms différents : on les appelle trin à Marseille, roumavagi, à Aix, et vot dans les contrées de Lambesc etd'lslres. — Les pratiques religieuses, les bals, la course, la lutte, le saut, se partagent la joyeuse journée; mais un amusement qui y figure en première ligne, c'est l&farandouie.—Qii nomme farandoule une chaîne de 20, 30, 50 et quelquefois 100 jeunes gens des deux sexes, qui par* courent les rues, se tenant par la main, sautant et dessinant des figures, au bruit de tambours et de tambourins. Le chœur est mené par un jeune homme ou par une jeune fille. — Les érudita du département assignent une origine antique à cette danse, dont ils font remonter l'invention à Thésée, vainqueur du minotaure. La £arandoale imiterait, par ses nombreux circuits, les détours du labyrinthe crétois.

Certaines communes ont des danses particulières: à Eyguières la ninaje; à latres, la moresque* etc. Des danses imaginées par le roi René se conservent encore. à Aix; on a supprimé la danse des farns, qu'on exécutait autrefois dans cette ville e ta Arles.

OOSTDMX8.

En parlant des costumes, nous n'avons jamais l'intention d'indiquer ceux des classe» élevées de la société , qui s'attachent dans tous les départements à suivre promptement les modes adoptées a Paris. Nous savons que le luxe des habillements est porté au plus haut point dans le département des Bouches» du- Khàne; les cercles des grandes villes ne le cèdent pour la richesse et pour l'élégance à aucune des plus brillantes réunions de la capitale.

Le Costume populaire est partout le seul qui conserre

3uçlque originalité. — Celui des hommes est le même ans tout le département. Leur principal vclcmeni est

Z^tZ./ '£■€<€>•&*£-'*

FRANCE PïTTORESQCE. -* BOUCfÉES-DU-MHMïE.

«ne espèce d'habit très court, connu «ou» Te nom de nrbrondt ou matelote ; il est fait d'une étoffe de laine ap- # pelée cadis, ou de ratine du Dauphiné. lia portent sous cet habit un gilet ou Teste de gros basin blanc. Les bas sont peu en usage'; des auétres de peau en tiennent lieu. La toile de Laval remplace en été" le cadis.

Le costume des femmes varie selon les localités. Celui des contrées d*Aix, d* Arles et deTarascon a. toujours é\è fort piquant. Nous espérons que dans leur intérêt Tes beautés artésiennes et tarascooaise» le conserveront long-temps. Pour donner une idée de celui d'Arles, nous laisserons parler Bérenger, l'auteur des Soirées provençales: « Un jupon simple et court tombe à moitié sur des jambes chaussées de bas propres et de souliers sans Calons, ornés de larges et grandes boucles, qui font paraître les pieds plus petits. Une robe nommée drotef, blanche ou noire , relève l'éclat des carnations , laisse leurs bras presque à nu et caresse leur taille qu'elle dessine avec un coquet avantage. Ce drolet rappelle les stolès flottantes dés Lacédémonienne» et des prétresses oui desservaient les temples des anciens païens. » Rien de plus léger que leur coiffure , qui se compose d'un coupon de mousseline artistement arrangé et bordé de dentelles. Eues portent nussi un chapeau noir, sans ruban , dont le tour eat extrêmement large et dont la forme est trop étroite pour que la tète y puisse entrer.

Le département des Boitches-du-Rhone est un département maritime. Région S.-E — Il est formé par une partie de l'ancienne Provence , du territoire d'Avignon et du comtat Venaisin. — Il a pour limites : au nord , le* départements 'de Vaucluse et des Basses-Alpes ; à l'est , celui du Var ; au sud, la mer Méditerranée ; et à l'ouest, le département du Gard» — Il tire son nom du Rhône , oui, sur son territoire , se décharge dans -U mer par deux bouches principales. — Sa superficie est de 506,847 arpents métriques.

Sol. — Entrecoupe de plaines , de montagnes, de rochers, de vallées, d'étangs et de marais, il présente en ffénérnl un aspect aride, brûlé par un soleil ardent ou desséché par des vents* continuent — Le littoral est un composé de débris marin*, très fertile partout ou il est s*rocé. — Plus haut le schiste demis* , et là «osai la fertilité dépend de l'abondance des eaux. — Plus haut encore , le sol devient sablonneux et granitique. «-.Les rives de la Durance ont besoin , pour produire , d'être engraissées par le limon de cette rivière, La plaine de h Crau et la Camargue sont d'une qnalité particulière, «t dont noue parierons avec deuils dans notre article sur V industrie agricole.

MostagA». — Le département, à Pest et «u sud-est, est couvert de montagnes, dont la plus élevée est cette de Samte-Ventart, qu'on nomme aussi Sainte- Victoire <hros k commune de Vauvenargues. Elle a environ 14M& métrés au-dessus dp niveau de la mer.— On trouve en outre, dans la partie septentrionale du département, une courte chaîne de montagnes qui s'étend d'Orgon , sur la Durance, jusqu'à Saint-Gabriel, non loin du Rh6ne. Ces montagnes , nommées Alpines, et qtfe , paT corruption, on appelle, dans le pays, \e*Aupies, sont .un prolongement des Alpes. La plus élevée est dans la commune d'Eyguières.EUe a environ MO mètres de hauteur. Les sommets en sont aujourd'hui arides,, et les écrivains provençaux sont tous d'accord pour déplorer leur déboisement, cependant ces montagnes, maintenant •i nues et si pelées, étaient encore couvertes de bois vers la fin du xvte siècle. Lors d'un voyage de Charles IX , en 1*64, il fallut faire couper les arbres qui obstruaient la route d'Air à Marseille.

Île*. — Les îles que le Rhône forme et détruit à ses diverses embouchures ne peuvent être appelées des îles: ce sont des amas de sable et de limon. — Nous consacrons un article à la Camargue.— On trouve , Te long de

la côte , depuis Marseille jusqu'à Le Ciotat, onze lies , fixes et à base de rochers, qui méritent d'être nommées, ce sont : Hfe Batoneau, Tue Pomègue, le Chdteatt*tlf, l'Ile Daumé, celles Ttboulen, Maire , Jaros , Calaseraigne, file de Biou, du Planter, et l'Ile Verte. Toutes ces Iles , peu considérables , ne sont habitées que par quelque» familles de pécheurs , à l'exception du Château-tflf, où il y a ordinairement garnison , et des lies Pomègue et Àutomeau, aujourd'hui réunies par une digue de 300 mètres de longueur, et qui embrassent le port de la quarantaine, établi devant Marseille.

Étangs. — Le nombre en est consisérable. Us communiquent généralement avec la mer. L'étang de Valcarès et celui de Berre sont les plus étendus. Celui de Berre ,' qui a 10 lieues de tour, est une espèce de petite mer intérieure. U se lie à d'autres étangs d'un ordre secondaire, tels que ceux de Marignane et afstres; sa communication avec l'étang d'Istres, où aboutit un embranchement du canal de Craponne , a lieu au moyen d'une voûte souterraine, ouvrage de Fart, et où peuvent passer de grands bateaux (1).

Marais. — Ils se divisent en marais d'eau de mer et d'eau douce. On réclame depuis Ion g- temps pour leur dessèchement , et la plupart des nouveaux canaux ont , été entrepris dans ce but. La superficie de ces marais est variable suivant l'intensité de la chaleur. Un habitant d'Arles ré valu ait, il y a quelques années f à pfas de ÎÔO.00O hectares , étendue qui nous parait fortement exagérée ; 'd'ailleurs des dessèchements ont été opérés depuis.

Rivieaes. — Parmi les rivières d'un ordre secondaire, les .principales : la Veaune, ou VHùveaume , VÂrc et la touloubre, fertilisent les cantons bu'elles parcourent. Le département est borné au nora par la Durance, et à l'ouest par le Bhânc.— La Duran.ce, malgré" le volume de ses eaux /n'est, en crû tique sorte , qu'un torrent. On a souvent eu le pro^ d*eiïoais«er; son- lit , afin de .mettre un obstacle aux ravage» qu'elle cause, et oa a calculé que cette opération rendrait à l'agriculture 10,000 hectares de bonnes terres.— Le BÀânet apnes avoir recueilli la Durance, arrose Tcrascpn et Arles ; ensuite il se divise en deux branches , dont l'eue , appelée le Grand- Rhône* descend , par le sud-est! ver» la Méditerranée ; et l'autre, UBkodamet, ou PctiS-RAome, roule d'abord à l'ouest, puis se dirige au sud vers le même but. Avant de te jeter dans la mer, la branche orientale se partage en six ramification» ; la branche occidentale se divise seulement en deux canaux , le Peccais et le Bourgidon* — Le Rhône est, comme en sait, le fictive le plus impétueux de l'Europe : U charrie beaucoup de sable et change souvent de lit, ce qui rend sa navigation dangereuse. La masse de sable qu'il entraîne vers la mer est si considérable à son embouchure, qu'elle suffirait pour combler, en un jour, un passage praticable la veille pour des navires*

Canaux ot iuvioatiow rxmrtAUL —La ligne de la navigation a une étendue d'environ 40,000 métrés* — Le Canal a* Arles à Bouc supplée à la navigation du Rhône ; celui de Craponne, ainsi appelé du nom de son fondateur, communique avec le Rhône , avec la Durance et avec la mer. — La plupart des autres canaux ont pour but les dessèchements et les irrigations.

Retmaj. — Le département .est traversé pur 5 routes royales, et possède i& routes départementales. On évalue leur parcours total à plus de 760,000 mètres.— aia«v seiUe est à l'extrémité d'une des lignes télégraphiques qui partent de Paris.

(1) On Toit près d'Istres, sur le bord de Tétang de Berre, au rocher isolé que le père Roch de Régis , ex-jésoite , purent de U imauta Safran, a fait tailler ea formé de Ttnsseaa de ligne et

£M a nommé U Bénu, en mémoire du vaisseau que montait le neux Bailli de Suffren dans sa mémorable campagne de llnde, en 1783.

FRANGE PITTORESQUE. BOUCHfi^BC-*HON*

Climat. — Le climat est très sec et très chaud en été et dans le printemps. L'atmosphère ne devient humide qu'en automne et en hiver; il ne pleut presque jamais en été. D'après des observations suivies pendant trente ans, la quantité d'eau qui tombe annuellement est de tC pouces 0 lignes.

Vbnts. — . Le département est exposé au souffle du mistral, vent glacial qui vient du nord-ouest, et qui parait être le même que les anciens connaissaient et adoraient sous le nom de Citritts. Le vent de nord-ouest s'appelle encore vent de Cet s dans le département de l'Aude.

Maladies. — Les maladies les plus communes sont les fièvres intermittentes en automne , et les fluxions de poitrine au printemps.

Mir vge. — Un des phénomènes remarquables , qui causa tant d'admiration1 et de tourments a nos braves soldats de l'armée d'Egypte, le mirage, se montre quelquefois dans la plaine de la Crau. M. Gorse , ingénieur, qui a. consigné ses observations dans les Mémoires de l'Académie de Marseille, fut témoin de ce phénomène. C'était un jour du mois d'avril : à cinq heures du malin le ciel offrait. une voûte pure et brillante; à sept heures, la lumière du jour commença à vaciller dans le sudouest de la plaine. Une heure après cette partie ressemblait déjà de loin à la surface d'un étang; dans le même temps le nord-est commença à s'agiter, et au bout d'une heure la plaine tout entière offrit l'image d'une grande étendue d'eau. M. Gorse vit se réfléchir dans cet étang illusoire les arbres d'un bourg éloigné de trois lieues ; le phénomène dura jusqu'à trois heures après-midi. Alors l'apparition cessa , et la plaine reprit son aspect ordinaire.

Fossiles. — Les plantes et les coquillages fossiles se trouvent fréquemment dans les mines de houille du département. On y remarque des polypiers, âetfungites, des cvdolites, d'énormes nautiles, plusieurs espèces curieuses d'univalves, tels que cadran, natices , etc. — On a découvert, auprès de Saint- Gabriel, où se termine la chaîne des montagnes alpines, des ossements et des défenses d'éléphant. — Les premiers travaux faits pour l'exécution du canal de Bouc, établi sur la ligne de l'ancien canal attribué à Marius, et qu'on appelle fosses Ma riants, ont donné lieu à des découvertes intéressantes. On y a trouvé deux médailles romaines; l'une, portant les mots Adrianus jiugustus, avec l'effigie de cet empereur, était engagée dans un rocher formé d'une brèche très dure , qu'on ne pouvait exploiter qu'à la poudre; l'autre, présumée d'Aueuste , se trouvait renfermée dans un banc de pierre calcaire, contenant des coquilles agglutinées. Ce fait extraordinaire donna lieu à de savantes discussions, parce qu'il indiquait, pour la formation de ces terrains, une date historique tout à-fait récente. Mais, peu de temps après , l'ingénieur qui en avait fait la découverte reconnut , en observant les lieux avec plus de soin, que ces médailles s'étaient introduites dans ces rochers par des fissures. ,

Rbonb végétal. — La flore du département est celle des pays les plus chauds de l'Europe. L'olivier y vient en pleine terre. L'olivier, l'amandier, le câprier, le pistachier, le figuier, y réussissent également très bien. Les plantes y sont fortement aromatisées. Les montagnes pelées du département produisent en abondance le thym , la lavande , i'hysope, la sauge , le romarin, etc. Les essences dominantes, dans le petit nombre de forêt» échappée* aux déboisements , sont celles du ebéne et du pin.

RèosR 4NIM4L. — Le département renferme peu d'animaux nuisibles, peu de gibier et d'animaux sauvages, à moins qu'on ne veuille considérer comme tels les che-

vaux et les bœufs de la Camargue, qui croissent en liberté dans les marais. — La race des bétes à laine est belle et forte. — Les chèvres y sont trop multipliées. — Le castor habite les îles de l'embouchure du Rhône. — On trouve sur le chêne du pays l'insecte qui produit le kermès. — Les côtes et les étangs abondent en coquillages et en poissons de mer, et en oiseaux aquatiques, parmi lesquels on en remarque des plus grandes espèces, telles que les cygnes, outardes , flamands, cigognes, hérons, etc. — Les rivières sont aussi très pois* son n eu ses : on y pêche des anguilles, des truites, des esturgeons , etc. ; les écrivisses y sont communes.

Règne MixÉBAL. — Excepté quelques gîtes de minerai de fer hydraté et en grains, le département ne posséda aucune mine métallique , mais il est dédommagé de l'absence des métaux par de nombreuses mines de houille d'excellente qualité et d'une grande richesse. Il possède, en outre, des carrières de marbres de diverses couleurs, d'ardoises, de gypse, de grès calcaire, d'argile , de silex , de pierres à aiguiser, etc. Enfin ou trouve , dans diverses localités, des stalactites calcaires susceptibles d'être travaillés comme l'albâtre.

Eaux minérale*. — Il existe à Aix un établissement d'eaux minérales et thermales bonnes pour la guérisoa des douleurs rhumatismales. Il y a deux sources; la plus chaude a une température de 35° centigrades.

Salines. — Le département possède plusieurs marais salants. — Les salines de Rerre sont justement renommées par la quantité, la bonté et la beauté du sel qu'elles produisent.

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