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ASPECT DU PAYS

«Le sol de la Provence, dit M. Thiers, autrefois littérateur de' talent , aujourd'hui ministre, quoique couvert de montagnes, a un caractère tout différent de celui des Alpes. Ce ne sont pas toutes montagnes et gorges continuelles, comme dans les grandes contrées montagneuses; ce ne sont pas non plus des coteaux médiocres et s'abaissant insensiblement jusqu'à la plaine, ainsi qu'on le voit sur le versant septentrional des Pyrénées. Ce sont des plaines, des coteaux7 et surtout quelques arêtes perdues des Alpes qui viennent se terminer a la Méditerranée. Aussi la vue sur ce sol varié n'est-elle pas toujours arrêtée par des montagnes , enfermée dans des gorges , ou perdue dans des plaines immenses ; elle se resserre, s'étend tour à tour sur un sol tantôt uni, tantôt hérissé à pic de montagnes les plus hautes, et souvent elle se perd sur une mer où l'azur le plus sombre contraste avec une lumière étincelante.

« C'est en arrivant à Aix qu'on peut commencer à se faire une idée de cette terre, si belle dans son aridité même, mais c'est en parvenant surtout aux dernières hauteurs qui enferment Marseille qu'on est saisi subitement d'un spectacle dont tous les voyageurs ont retenu le souvenir, spectacle magnifique et imposant, qui , enflammant Joseph Ver net , lui révéla tout à coup son génie et sa vocation. — Deux grandes chaînes de montagnes s'en trouvent, embrassent un vaste espace et, se prolongeant dans la mer, viennent expirer très avant dans ses flots. Marseille est enfermée dans cette enceinte. Lorsque arrivant du nofd on parvient sur la première chaîne, on aperçoit lout-à-coup ce bassin immense; son étendue , son éblouissante clarté voua saisissent d'abord. Bientôt après, on est frappé du sol et de sa singulière végétation. 11 faut -renoncer ici aux croupes arrondies, à la parure si fraîche et si verdoyante de» bords de la Saône et de la Garonne. Une masse immense de calcaire gris et azuré forme la première enceinte. Des bancs moins élevés s'en détachent , et, se ramifiant dans la plaine , composent un sol inégal et va^ié. Sur chaque hauteur s'élèvent des bouquets de .pins d'Italie', qui forment d'élégants parasols d'un vert sombre et presque noir. Des oliviers à la verdure pâle, à la taille moyenne , descendent le long de% coteaux, et contrat-

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