A.HOOO
On souscrit ekes DELLOYE , ÊaHear. pbec Ss la »asm.ra«essJ
Paris. — Imi
et Ftaulerie deRjsuroox et Comp. t me des Fn
*•- ,.JmiWS»efe«»S»M .i./.i
département de la Creuse.
Les Çpmtyovtcenses çt quelque* peuplades, aj- B^ês ^es Lemovices, dont Chambon paraît avoir été la capital?, habitaient à l'époque de la conquête romaine le territoire qui a formé successivement l'ancienne province de ta Marche et le ^fyaçlement cje ta Creuse, -r- Qetle cpnlrée , sous le non} de flfarchia GaJl(ca, rut incorporée du, temps d'Honorine dans la première Aquitaine.— Âpres avoir été longtemps, au ppuvoir des Visi- |[oU, elle devint la conquête des Francs , et fut Comprise, qvec te Limousiu dans, le duché, puis dans le, Royaume d'aquitaine. — Il parait que dans le x* s/iècle, la Marche formait plusieurs petites seigneuries presque, indépendantes. L,e Limousin çl le Berrv avaient été divisés en 88§ diverses vicomtes. — C'est vers le milieu de ce xc siècle qu'un foparque (seigneur sans titre) continence a figurer dau* les chroniques , en ajouta^ k %ûq nom celui de la Marche.— Ce vicomte d'Au,n busson,t Bozoe-le-Vieux ;qui était aussi comte de Férigord ^ ne reconnaissait pas ce Toparuue pour Aon supérieur. -rBoaon mourut en 993.£es étais fu> çent partagés entre §es tils^Aldebert l^elQozo.n 11. Àtdebert se donna le litre de comte delà Mqrcheet fut asse% pujgj&ni pqur lç QOo$£ner. — Il assiégea et prit TotirSi pour- tfo'traltié, le comte d'Angers, malgré tes menaces des rois Hugues (Capei) et f\pbert t et ceux-ci lui ayant demandé qui t'avait £ai{ comte, il leur rénoudit insolemment : Ça/ W1** <k fait Km?— 1#* deu* frèçe% finirent pa,r %^n?RftWde t<H)(e U Mftrcke. Bpfea IL, *eigaeu,r de |« Bem^Merohe, prit le ehâiea* de Jlejtea e* y tôuttnt un ftiéjse contre tes troupe» roueie* du duo «HAquilaine et du roi Robert. — Ses descendants conservèrent te eomté de ta Marche jusque ta fin du xi" sï^cle. Il passa alors par mariage dans la familfedes Wonigommery%doptu.p des membres^'- 4^^ert l\y parlai pour; |a terre sajnle ea \ 17?, le. V#iid»ifti0G9 mwcs. d'a>mepi b Henri II, roi d'Allen tertre; «ai* cette vente lut a»au4ée sur la demanda dfeff setgnears de Lu»ig>D&n qui, depuisJttne-terapt, •tarent des prétentions sur laNbiw Henri 11 la rendit à Hugues Ï3{. de Lu>ignan, jnifssant seigpeur, qui fil battre inonuaie, guerrqya contre, fpp W^eraiti^ partit pAur la croisade , et mourut piiMUiQi#r des Sartasju* * ttemietie, Hugues X, sw**f)U, epous* kftbeJIfrd'Aftgftulême, \«^uve de JeaBntaufeTerne, rei d*Aosjleierre| eette prince**,?, dHius&eur inquiète, entraîna son mari daus tentes f*s> guerres de l'époque. Elle mon rot en 1B46. Quatre ans après, sou mari alla se faire tuer en Palestine,— ^ Les successeurs de Hugues régnèrent «fctt* éclat jusqu'ep J3Q8, que Gui de Lusignan , fltUPWWt Wq% «tfw*M* Ûgua par te*J*meot fa
comté de la. Marche } Pfifîrppe-le-BeJ , ce roi le transmit à sqn flls Chartes qui , devenu roi en 1322, t'échangea avec Louis, !•* , duc de Bourbon, contre te comté de ClermonJ. — La Marche passa par mariage dan^s la mV'soo d'Armagnac, et lorsque I^ouis XI Ht^en 1477, trancher ta lêle à Jacques d'Armagnac, il coujîsqua ce comté.— Rentré par le mariage d'Anqe de France, fille du roi, dans la maison de Bou,rboi*vil Fut enlevé au fameux Connétable par le crédit de Louise de Savoie, mère de François, !•* et fille d*une sœur de Pierre Bourbon.. Cette injustice, consacrée par te parlement, fyt une des causes qui poussèrent te connétable à ta révotle et le jetèrent dans, te parti de Charle- ÇuinU — En 153t, à ta mort de sa mère, François 1er réunit ta province de la Marche à ta CQurpnne. Cette nrovipce avait été érigée ea comté-pairie par PhilÎDue-te-tong eu 13(6, et eq, cluchç-uairie par Charles IV.
Le appartement renferme des antiquités gautoises. /qes ruines romaines, et quelques debriç qui app^rtieeneut aux monuments du moyen -âge,, — Le. nom de Marche , Marchiq^ donné au pays, semblerait indiquer qu'il n'a, jamais dû possédée de villes considérables. U q'élait pas naturel en, effçt qu'un territoire frontière , qu'un lieii que chaque é^at limitropue voulait conserver libre^ ppss^d^t de grandes et r'vçh es villes. — Cependant [es, recherches de $fl. Baraiîon% ancien député de, la Ci en^e e^ antiquaire distingué % sem^lejit prou* ver quf, les ville| c|e Chatnbon ^t de Toutl , dans les temps anciens, jouissaient d'une, certaine im-
Fortance , ft que leur destruction a eu lieu % soit à^ éppque qe I4 conquête romaine, soit dans des, ternes plu^ raj^proebés. lors de l'invasion des l^rbares, a.u,* iyp et îr siècles. — D'après les consciencieuses recherches de ce savant, Chqmboft ^la,it ia capitale des Cambiovicevses , dont le lerrUP.ue^ partagé entre l'Auvergne et la Marche^ s'est uppqU apuelé. Cqmbrailtç. — Il existe des traces nombreuses du peuple qui habita cette cité, — « On y voit un temple carré , sqlidement çeiv^lrU'1. e** |^ierre et tourné au midi: ce templ^ dan,s l'origine était découvert, con>me les ani çten,s temples grecs; les Romains y ajoutèrent upe voû(e y on reconnais leurs constructions additionnelles ayx briques et aux tuiles qu'ils y employèrent. Le temple de Çhambon a intérieurement 30 pieds, de longueur sur 21 de largeur, et forme aujourd'hui la chapelle Sainte- Paierie dans l'église de ce nom. Ce temple lui consacré par les Pom.aips à la. divinité du nays, à la déesse Cam- ^(?W QU ÇçjnbfiAQ: dont quelques inscriptions
attestent le culte, et d'où provient le nom de Cambone ou Chambone qu'ont porté au moyen-âge plusieurs dames de Combraille. — Dans une plaine, entre Soumans et Belle-Fay, se trouvent un dolmen et un menhir, situés à dix ou douze pieds l'un de l'autre. Le menhir est de forme pyramidale; il règne de sa hase à sou sommet, qui peut servir de siège et de tribune, un sentier étroit, profondément creusé et taillé en vis. On, soupçonne que le Mallus de Chambon (aujourd'hui Bois Mallol, Mail, lieu des assemblées) étant trop resserré pour recevoir une nation nombreuse, celle-ci se réunissait, lors des assemblées du printemps, de l'automne, et aux grandes occasions, dans la plaine .où s'élève celte antique et fruste pyramide. — On trouve aux environs de Felletin plusieurs autres dolmens. — Toull (aujourd'hui Toull-Saiute-Croix, commune du canton et de l'arrondissement de JBoussac) serait, d'après M. Barailon, une ancienne et importante ville gauloise. — Elle ne compte plus qu'environ 1200 habitants. — Elle est située au sommet d'une montagne. — Les débris de ses anciennes raaisQns, dont la plupart sont rondes , comme on peut en juger par les murailles qui existent, sont recouvertes d'une couche végétale, épaisse de plusieurs pieds. Tous les murs sont en pierres, réunies par de la terre argileuse, qui n'a pas même été gâchée. Les maisons étaient petites (trois ou quatre mètres carrés), sans fenêtres ni cheminées, à une seuleouverlure servant d'entrée et formée de grosses pierres debout, sans vestiges de gonds ni de ciapaudines, et qui devaient se fermer avec une clef mobile. — On n'a trouvé aucun débris de tuiles ni de toitures, ce qui prouve que, comme dans les anciennes villes gauloises, les maisons de Toull ont dû être recouvertes en chaume. — On remarque dans l'intérieur de la ville : un puits antique, dont la margelle est en partie usée et qui est presque comblé; un édifice, qu'on suppose un ancien temple, formé par une double enceinte quarrée, l'enceinte extérieure a 70 mètres de face, celle de l'intérieur ne compte q^ue 19 mètres; un autre édifice de forme irrégulière, et qu'on croît être une forteresse. Les murs ont 2 mètres d'épaisseur. Parmi les bâtiments qu'ils enclosent, se trouva une tour de forme ronde. — Toull avait trois enceintes, situées en amphithéâtre, à 40 mètres les unes des autres et qui se dominaient successivement. L'enceinte intérieure, de 1200 mètres de circonférence, avait 6 mètres et demi d'épaisseur. Les autres n'avaient que 3 et 2 mètres. Ces murailles étaient formées de pierres énormes. La montagne que domine Toull est en outre percée de nombreux souterrains qui pouvaient offrir au dehors des issues aux assièges. — La ville avait six portes, chacune de 3 mètres de largeur et défendue par de-* tours, à ces portes aboutissaient des voies antiques bien ferrées et dont ou voit encore les traces. — Toull ne parait pas avoir été régulièrement divisée. On n'y reconnaît pas de rues droites et larges ; des couloirs étroits de 3 pieds à 2 pieds et demi séparent seuls les habitations, pressés comme les cellules des abeilles. — Le cimetière antique, quoique réduit de la moitié , existe encore. Il sert de cimetière à la commune, on y trouve quatre couches suc-
cessives de tombes de pierre. Les deux premières et les plus profondes ne sont que des auges sans inscriptions. La troisième et la quatrième renferment quelques tombes en pierre blanche étrangère au pays, eu forme de cercueil et avec les initiales des inscriptions romaines, Dus nianibus, Dits superis, près du cimetière, sont les ruines d'ua temple gaulois de forme ovale, qui est devenu une chapelle dédiée à saint Martial. — À peu de dislance de Toull , au nord-est et au sud-est, se trouvent d'autres antiquités. Gesontau sud-est les pierres Dep-Nell, |>ar corruption d'Épinel. La plus grosse de ces pierres, connue sous le nom de Rocher delà Grange, a 14 mètres de longueur sur ô de hauteur et quatre de largeur; elle domine toutes les autres. — A sa gauche , on voit od dolmen imparfait, c'est une pierre supportée par deux autres qui laissent un espace vide entre elles. — Au N. N. E. et à une demie lieue de Toull. sur le mont Bai lot sont les pierres Jomatkresy es tout semblables à celles d'Ep-Nell , mais plus nombreuses. — Le plateau de la même montagne est dominé par une énorme pierre debout, de forme pyramidale, que surmonte une boule. C'est une statue informe, dont la boule, où l'oa reconnaît une bouche et des yeux , a dû figurer la tête. Il nous est impossible faute d'espace, de parler de toutes les antiquités druidiques découvertes dans le département. — Les antiquités romaines n'y sont pas moins nombreuses. — Ahun, Evaui, Chambon, etc., en offrent des débris variés.— On trouve dans le pays des voies militaires, des camps retranchés, des aqueducs, des pools, des tombeaux , des poteries , des tuiles , des monnaies, des médailles, etc. — Nous signalons les monuments du moyen-âge dans chaque villes où ib existent.
oâJBLâcrsBX, tacstras, v&Acns.
Les habitants de la Creuse sont généralement for* 'et robustes; leur taille est courte et ramassée; les» membres sont nerveux et bien proportionnés. — Hi sont intelligents , industrieux et spirituels, propres à a négociation des affaires et à la culiure des lettres d des sciences.. — Ils ont du courage , de la patience , ar l'activité , le goût du travail et celui de l'économie. — Ils se montrent généralement sociables et empressé» avec le» étrangers ; et /quand ils ont bien discuté et établi, les conditions de leurs traités , fidèles à les remplir et probes dans leurs relations. — A ces détails généraux nous en ajouterons quelques-uns plus particuliers et qui sont dus à un habitant du département doué d'une grande sagacité et d'un véritable esprit d'observation. — Nous transcrivons d'ailleurs son opinion sans en prendre la responsabilité : — « Les occupations ejule genre d'industrie varient suhrant h classe ou l'aisance de chacun. L'habitant de la Ci msf est , avec un égal succès , cultivateur, homme d'affaires, marchand, ou bien ouvrier. Le cultivateur, sonmut l'étendue de sa propriété, la cultive lui-même, ou la fait valoir par colons ou métayers, en se réservant la surveillance de la vente des bestiaux et des autres denrées de non domaine. Son industrie le fait vivre ainsi dans faisan ce sur des fonds qui ne lui rendent qu'un modique fermage : souvent même il augmente si fortune ; mais son économie intérieure est alors ce qm y contribue le plus efficacement. - H est peu de •§»parlements où l'intelligence âtms affaires de chicana. l'esprit de procédure soient aussi généralement répandus. Le département renferme, pro port if «a facilement, un grand nombre d'avocats, de notaires,
F1MIVCE PITTOHESÇrï
^y^v/TvviV ï/<: if*r/v#>L)4?>t < /*:****>&' /r*& - / &&? .
r//rr/*r4Vé* s*£ t'/f<>fr<:*iïucr<
d'avoués, d'experts, d'huissiers, etc. On remarque chez les uos une morgue qui rappelle leurs, relations avec la magistrature , et qui est surtout très senlible dans les petites villes; chez les autres, cet esprit de ruse, de discussion , d'habileté qui ne caractérise encore que trop la plupart des personnes attachées à la justice. — Quoique les habitants de la Creuse soient propres aux sciences, ils s'en occupent cependant beaucoup moins
Sue de procès. — Les propriétés étant très divisées , onnent naturellement lieu à plus de contestations que dans les départements où les terres sont entre les mains de grands propriétaires. L'esprit de chicane répandu dans toutes les classes, et la multiplicité des gens d'affaires, toujours prêts à l'exciter et qui tous s'enrichissent, doivent aussi contribuer à augmenter aans cesse le nombre des procès. »
Les femmes de la Creuse sont très laborieuses , économes et frugales ; leurs mœurs sont pures , leur conduite est austère. Sages et réservées , comine>fiU*s, elles se montrent fidèles comme épouses, malgré les absences fréquentes et régulières de leurs maris. Leurs travaux ne se réduisent pas , comme dans la majeure partie de la France, aux occupations intérieures du ménage; •lies partagent tous les travaux pénibles de l'agriculture , et souvent elles en sont chargées seules pendant l'absence de leurs maris : elles labourent , elles conduisent les charrettes, pansent les bestiaux , tracent les rigoles des prés , comme leurs maris ou leurs pères, et tout cela sans avoir les dédommagements que ceuxci se procurent au cabaret les dimanches ou les jours de foire. — Il est peu de femmes qui fassent usage du vin : si elles accompagnent leurs maris ou leurs parents au cabaret , c'est pour les attendre respectueusement , mais non pas pour y partager leur ecot. I<a subordination et la soumission des femmes envers les hommes sont extrêmes. — Ce ne sont d'ailleurs ni les grâces , ni la beauté qui font le mérite des filles de campagne ; elles sont recherchées des jeunes gens , sur leur réputation de bonnes travailleuses , fortes ouvrières , et soigneuses dans l'intérieur de la maison.
Les mœurs des ouvriers que la Creuse fournit au reste de la France , présentant divers détails dignes d'intérêt, nous en parlons plus loin (page 302), à l'article que nous consacrons à leurs émigrations périodiques.
Préjugés et usages divers.— Les habitants des campagnes sont en général superstitieux. Ils craignent le diable sous diverses formes, croient aux sorciers, aux loupsgarous, et redoutent les maléfices que certaines vieilles femmes ont , disent-ils , le pouvoir de jeter sur les enfants, sur les abeilles, ei sur les troupeaux. — Us sont empressés de connaître d'avance leur bonne ou mauvaise aventure. Us consultent les devins et sont persuadés que les rêves renferment des prédictions. — Us aiment à entendre chanter le grillon dans leur foyer, ils croient que cet insecte porte bonheur à leur ménage; les grillons sont d'ailleurs très communs dans le pays, et les habitants des villes, que son cri nocturne et monotone ennuie./ ne peuvent pas facilement s'en débarrasser. Le grillon, saute et vole, et comme un petit ventriloque sait diriger sa voix tantôt d'un côté , tantôt d'un autre, cet artifice lui sauve la vie. — Les paysans croient aussi que les araignées portent bonheur aux étables et qu'elles y purifient l'air. La vérité est que leurs toiles arrêtent et prennent quelques-unes des mou-'hes qui tourmentent habiluellemeut les troupeaux. — C'est sans doute la même raison qui a 'fait attacher aussi une idée de bonheur à posséder sous la corniche du toit un nid d'hirondelles. — En venant à la ville tous les paysans ont soin d'apporter avec eux leur bâton, afin, disent-ils, de pouvoir mieux se soute nir dans le cas où ils se griseraient, malheur qui leur arrive fréquemment — Si on leur demande comment il est possible que le soleil se couche d'un côli et se lève de l'autre, ils répondent qu'il y va la nuit, pendant qu'ils ont tes yeux fermé* par le sommeil. -— C'est un
usage général dans les campagnes de faire du pain la veille de NoëL Un ajoute toujours a la fournée un gâteau fait avec soin. Ce gâteau a, dit-on, des vertus particulières ; on le met en réserve pour s'en servir en cas de maladie, des hommes et des bestiaux. On croit qu'il suffit d'en faire prendre au malade une parcelle pour le guérir radicalement. — On conserve aussi du beurre baraté en mai, afin de guérir les plaies. — En revenant delà messe de minuit, les villageois comme les citadins sont dans l'usage de faire le réveWou, mais les premiers font aussi nfi'eillonnerles bestiaux; ils les éveillent et leur donnent à manger.