COSTUMES
Le costume des habitants des villes» comme nous aurons plusieurs fois occasion de le remarquer , suit les modes de Paris et varie avec elles.
Dans les campagnes il y a plus de. constance et de fixité: pourvu que l'habillement soit sain et commmode, le paysan le trouve suffisamment à son goût. Le costume du cultivateur tend toujours à s'harmoniser avec ses travaux et ses besoins. .Les oisifs seuls peuvent se faire une occupation du plaisir de suivre les modes, et prendre .plaisir à changer la forme de leurs vêtements : les laborieux habitants des campagnes cèdent sur ce point beaucoup plus facilement à leurs habitudes , qui sont toujours en rapport, avec leurs travaux ; ceux de la Creuse en sont la preuve., Les paysans portent généralement, un habit d'étoffe grise, à petites basques courtes et carrées , assez semblables aux vestes de chasse ; le gilet par-<}essous , des pantalons de drap ou de toile.; des bas, des sabots habituellement, et des souliers les jours de fêtes. .La.mo.de des cheveux longs commence à passer; les ouvriers, les portent, couru, et les cultivateurs, qui les conservent longs, ont l'habitude de les nouer et de les retrousser sous le chapeau. — Presque tous les ouvriers ont une montre.
Le costume des femmes de la campagne subit peu de changements, sauf dans le choix des étoffes nouvelles, de fil ou de coton, que le perfectionnement de l'industrie moderne produit à si bou marché, et oui sont adoptées dans tous les villages : quant aux étoffes de laine, on se sert de celles fabriquées dans le pays.— Les filles des paysans , habituées à nettoyer l'étable de leurs vaches , et devant être chargées toute leur vie de ce soin , ont un luxe dont on ne peut les blâmer : elles veulent être belles et riches au moins un jour, c'est «relui de leur mariage ; et elles achètent pour leur habillement de noces , des étoffes de soie ou de mousseline; des bas de soie, des souliers de soie, et, pour orner leur coiffure, de belles dentelles qui passeront sans doute de la mère à la fille. La forme de leur costume n'offre d'ailleurs rien de remarquable.
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Le patois de la Creuse est un dialecte de la langue limousine (t), et à peu près le même que celui de la Haute-Vienne, de la Corrèze, du Puy-de-Dome et du Cantal, avec des variations locales qui changent souvent d'une commune à l'autre ; ce qui prouve qu'autrefois les communications étaient rares et les habitudes sédentaires. Autrefois l'habitant des campagnes ne parlait et ne Comprenait que son patois, parce qu'il ne sortait guère de son village , actuellement, ainsi que le peuple, des villes, il parle patois et français, et même il -parle cette dernière langue avec plus de correction que les paysans des départements où elle est la langue unique ,' et où alors elle se trouve corrompue par une sorte de jargon populaire. Les femmes parlent rarement français: elles le comprennent rependant, mais, n'osant pas s'expliquer eu cette langue . elles répondent aux questions qu'on leur fait, en patois du pays.