Br.\ntôme
1547 A 1559- — HEXRI II
le plus souvent, par des prélats très libres d'esprit et savants, — devient résolument laïque dans son objet, indiâérente aux intérêts religieux, soucieuse seulement des intérêts politiques et économiques.
Alliance avec les protestants et avec les Turcs. — Dès que la Re forme ' eut com mencé à di .viser l'Allema gne entre deu\ grands partis qui étaient tout à la fois religieux et politiques, — les catholiques qui s'appuyaient du pouvoir absolu de l'empereur les protestants qui se récla mai eut des li bertés germa niques, — Fran çois entra en conv e r s a t i o n avec ceux-ci et, bientôt, passa avec eux des accords, ce qui ne le retint pas de persécute 1 a l'intérieur du royaume les « hérétiques >
Pareillement, après avoir, au début de son règne, annonce la Croisade contre les musulmans, il n'hésita pas à traiter
échoue devant Alger (1541), François, qui aurait pu trouver la devise : « France d'abord », unit ses flottes à celles de Barberousse et envoie à Constantinople son meilleur ambassadeur, La Forest.
Les « capitulations ». — Le traité de 1536, dont la partie commerciale a été seule mise par écrit, consacra les « capitulations », c'està-dire le droit, pour les Français résidant en pays musulman, de relever de leurs autorités nationales, établit ainsi la suprématie de la France dans les pays du Le van t. Il assura, en outre, au roi « très chrétien », comme on appelait le roi de France, l'alliance défensive et offensive de la Porte ; le Turc eut un subside d'un million d'écus d'or, afin de « travailler le roi des Espagnes », le roi très catholique.
On a pu dire qu'ajtant que François I*' lui-même, Soli-
1,.\ .ILSIICK .SOUS FRANÇOIS !■ t 1 1
;i lecture du iujfement est écoutée à genoux ; le bourreau attend ^^^ COntriDUa les condamnés. (Extrait du traité de procédure crminelle de M iUoeiiï à SaUVer 1 ilU-
rBM. Nat.) rope de la suprématie hispano-allemande. Avançant à la fois dans la vallée du Danube et dans l'Adriatique, il tint constamment Vienne, Venise et le Napolitain sous la double menace de ses armées et de ses flottes.
La destruction de l'armée hongroise aux marais de Mohacz fit au flanc de
même deux grandes expéditions en Charles-Quint une blessure que rien ne
Afrique, où il occupe Tunis (i535) et put guérir.
Hi:\iti II
CI différent qu'il fût de son père, froid continua sa politique contre lentreprise
Boius, Paris. 154t.)
ivec eux et, non seulement avec le sultan de Constantinople. Soliman, à qui, dès le soir de Pavie, il avait fait porter sa bague, mais encore avec l'amiral Barberousse, bey d'Alger et de Tunis. Pendant que Charles-Quint prend le rôle de défenseur de la chrétienté contre les pirates « barbaresques » et conduit lui-
et sec, d'esprit médiocre, Henri II
d'Autriche (i547îi I55<>)
Il avait épousé la fille du grand-duc de Toscane, Catherine de Médicis.
COXQUÊTE DES TROI S-ÉVÊC H ES.
Guise et Chàtillon. — le conseil fut composé principalement de Montmorency, tombé en disgrâce à la fin du dernier règne, et des Guise, qui commencèrent leur prodigieuse fortune.
Le connétable, promu duc et pair, poussa dans les hauts emplois ses parents, les Chàtillon, dont l'un, Gaspard, célèbre sous le nom d'amiral de Coligny, est l'un des grands hommes du siècle, esprit libre et puissant, pur type de citoyen et de héros.
Le duc Claude, chef de la famille des Guise, cadets de Lorraine, issus, par les femmes, de la branche royale d'Anjou, avait eu d'Antoinette de Bourbon dix enfants dont les plus célèbres furent François le Balafré, aussi grand homme de guerre que Coligny, politique subtil et populaire, et le cardinal de Lorraine, brillant, libertin •, sans scrupule, dont Brantôme dit qu'il avait «l'âme fort barbouillée ».
Traité de Chambord. — Guise et Montmorency, à l'ordinaire en bataille, se trouvèrent d'accord pour engager le roi avec les princes réformés d'Allemagne. „ Le roi, par le traité de Chambord (1552), leur accorde des subsides; il aidera leur ligue à résister « aux pratiques employées par Charles d'Autriche afin de faire tomber l'Allemagne en une bestiale, insupportable et perpétuelle servitude, comme il a été fait en Espagne et ailleurs », et à récupérer ainsi les libertés germaniques. En retour, ces princes, Maurice de Saxe, le margrave de Brandebourg (ancêtre des rois de Prusse), les ducs de Hesse et de Mecklenburg, promettent leur aide au roi de France pour recouvrer « son patrimoine » (l'antique Gaule de l'Est et du Nord- Est), et, notamment «les villes impériales qui n'étaient pas de langue allemande », Metz, Toul, Verdun, «les trois évêchés », Cambrai « et autres semblables ».
Henri II revint ainsi à la politique nationale de Charles VII et de Louis XI, interrompue par le roman italien. La levée des gens de pied se fit dans la joie populaire, ♦ tant était grande l'ardeur de voir la rivière du Rhin ».
Réunion des évêchés lorrains. — La « promenade d'Austrasie » fut vivement menée Toul se rendit sans combat ; les bourgeois de Verdun, convoqués par l'évêque, votèrent qu'ils voulaient devenir
ï. Selon le récit du chroniqueur l'Estoile, admis pax Chateaubriand, « il avait des liaisons intimes avec Catherine de Médicis ».
IIK.NUI II (1519-1559).
(D'après Cloviet.
A. us/g du Loîivrt!
français 2 ; le connétable pénétra à Metz par ruse.
Tout le peuple était favorable au régime français. Il >■ avait déjà près d'un siècle que Metz s'était tournée vers le roi de France, comme vers son protecteur et tuteur.
Entre temps, le roi et Guise, s'étant portés en Lorraine, mirent garnison à Nancy, où ils furent accueillis « à grand honneur ». Montmorency poussa en Alsace jusqu'à Strasbourg, pensant y recommencer le coup de Metz et entrer dans la ville «comme dedans du beurre». Mais la République de Strasbourg, qui jouissait de grands privilèges dans l'Empire, ferma ses portes.
L'armée se satisfit d'abreuver ses chevaux dans les .eaux du Rhin.
Siège de Metz. — La perte de la Lorraine et des évêchés, la rentrée des Turcs en Hongrie, décidèrent Charles- Quint à traiter avec les princes luthériens.
Forcé de renoncer à la monarchie absolue en Allemagne, humilié sur le Danube, il chercha une revanche sur la Meuse. François de Guise, qui s'était jeté dans Metz, la fortifia si solidement en un mois que l'empereur, « qui eût voulu être mort », leva le siège après quarantecinq jours de batterie, ayant perdu la moitié de ses armées (30 000 hommes sur 60 000),
Cet échec, d'un immense retentissement, qu'on peut comparer à celui des Allemands en 1916 devant Verdun, ne fut pas compensé par une attaque en Picardie, où les Impériaux recommencèrent leurs ravages habituels, brûlant Chauny, Noyon, Nesle, Roye et autres villes et villages de la Somme.
Les fluctuations de la guerre dans les années suivantes nous furent, dans l'ensemble, favorables (succès des flottes franco-turques dans la Méditerranée centrale ; destruction de Térouenne et de Hesdin par les Impériaux ; brillantes incursions de Coligny et de Guise en Hainaut et en Artois; Sienne évacuée par Montluc, mais tambours battants, enseignes déployées; prise d'Ivrée et occupation du Piémont par Brissac).
Le mariage de l'infant Philippe avec
2. Jannsen (historien allemand), /« Aspirations françaises vers le Rhin, p. 28.