GUERRES RELIGIEUSES ET CIVILES. — XV l^ SIÈCLE
Il faut citer dans son texte la déclaration de guerre de Luther : «Qu'il était impossible de réfomior l'Eglise à moins de renverser de fond en comble les canons, les décrétales, la scolastique, la théologie, la philosophie, la logique », c'est-à-dire les commentaires de l'Ancien et du Nouveau Testament où la critique individuelle s'était arrêtée, où l'esprit de libre examen réclamait de pénétrer.
Causes politiques. — A ces raisons morales s'ajoutèrent dei raisons politiques. J'rinces et Républiques entreprirent de s'émanciper par des religions nationales du joug de Rome et de s'emparer par la sécularisation des immenses biens ecclésiastiques.
Ainsi les croyances nouvelles, l'ambition de la raison humaine et l'intérêt s'accordent. La prétention des premiers réformateurs, c'est de ramener les âmes au christianisme primitif ; — nulle autre autorité que celle des Saintes Ecritures, de Dieu même ; — et c'et de pousser les peuples vers un système de gouvernement plus libre, plus moderne '. Herr Omnes, « Monseigneur tout le monde », disait Luther, bien que ses premiers adeptes fussent des princes, des nobles, des savants, et fort éloigné de prévoir que les pays protestants connaîtraient, eux aussi, les pires tyrannies.
La Réforme est donc essentiellement une révolte contre l'évéque de Rome, contre son pouvoir spirituel et contre son pouvoir temporel. L'acte de foi s'accompagne d'une action politique.
Réforme et Renaissance. — Contemporaine de la Réforme, la Renaissance, son aînée seulement de quelques années, lui a ouvert les voies. Exactement, elle a élargi eu de grandes chaussées, où des milliers d'hommes se précipitent, les -entiers vers la science, la philosophie, l'antiquité gréco-romaine, l'antiquité hébraïque, qui n'avaient été accessibles, pendant le moyen âge, qu'à un petit nombre de clercs et de la'ics. L'esprit critique envahit le monde. Le livre, grâce à l'invention de Gutenberg, est dans toutes les mains.
Par contre, la Renaissance, gonflée comme elle l'est du suc des littératures païennes, attiédit, dans les pays de civilisation plus avancée, ces croyances relii^ieuses dont l'ardeur est seule capable d'allumer des schismes. Le scepticisme d'un Erasme, correspondant familier de