‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 120 sur 725 · CAL\IN · texte numérisé non relu

CAL\IN

(D'après le portrait gravé par Koiiing. )

I. - La réforniation servit puissamment à transformer une société toute militaire en une société civile et industrielle. ■• (Château- grâce. BRiAND.) 2. X'oir p. 97.

Léon X, d'un Rabelais, d'un Michel de Montaigne, les défend contre la violente révolte qu'est un changement de religion et s'accommode, sans le rompre, du lien relâché de la foi. Ces Occidentaux ont passé le grade de l'hérésie.

Le libre examen est le génie de la Réforme, mais ses aile- sont courtes quand on les compai^e à celle, de la science.

L'Italie et la France resteront en majorité catholiques parce que les intelligences n'ont pas attendu les réformateurs pour secouer le joug des dogmes ou des docteurs oppresseurs.

En fait, la Réforme a été hostile à la Renaissance. Cette fleur pa'i'enne de la libre nature fut fauchée partout où elle n'avait point poussé, comme aux pays de la Méditerranée et du soleil, d'assez profondes racines. La Réforme, voulut la famille sérieuse, le mariage glorifié, la vie grave, la morale sévère, la société pareille à ses temples nus d'où sont bannis, sauf la musique chère à Luther, tous les arts.

Origines des guerres religieuses et civiles. — Si la Réforme n'avait été qu'une révolution religieuse et morale, elle n'en aurait pas moins déchaîné les guerresciviles qui remplissent une si grande partie du xvi'^ siècle. En effet, l'Eglise ne pouvait laisser échapper de si vastes proies sans faire appel au bras séculier contre les hérétiques. L'esprit de tolérance était tellement étranger à ces temps, encore empreints du moyen âge, que les nouvelles religions n'attendirent pas de vaincre pour se montrer aussi implacables sur leur jeune orthodoxie que les anciennes.

Les protestants ont été jetés dans la révolte par l'intolérance farouche des gouvernements catholiques ; puis, les catholiques, les anabaptistes, les juifs et les libres penseurs (libertins) n'ont pas été moins rudement persécutés par les protestants, partout où ceux-ci étaient devenus les plus forts. Dans le même temps où s'allume à Paris le bûcher de Dolet -, Calvin fait brûler à Genève le plus hardi savant du siècle, l'aragonais Michel Servet, qui a découvert, avant Harvey, la circulation du sang. L'ami de Luther, le doux Mélauchton, lui en rendit

i^oQ A 1564. — LA REFORME FRANÇAISE : CALVIN

La Réforme elle-même n'a été, à aucun moment, une entreprise pour conquérir la liberté de conscience. C'est de l'horreur des luttes entre catholiques et protestants que naîtra la liberté de conscience comme un besoin, une nécessité de vie.

Variétés de la Réforme. — Les guerres civiles étaient d'autant plus inévitables que la Réforme fut, comme on l'a vu, politique et sociale en même temps que religieuse. Se^ tendances furent bientôt contradictoires : tantôt républicaines (en Allemagne à ses débuts, en Suisse et aux Pays-Bas), tantôt despotiques (en

semblables qu'elles sont à celle de Luther, n'en portent pas moins des empreintes profondément individuelles ou nationales.

Ce furent principalement Zwingli, curé de Zurich, dans la Suisse allemande ; en France et dans la Suisse romane, Calvin (de son vrai nom : Jean Chauvin), fils d'un procureur fiscal de l'évêché de Noyon, lui-même pourvu, à douze ans, d'une chapellenie à la cathédrale ; Knox en Ecosse. Le sciiisme d'Angleterre fut l'œuvre du roi Henri VIII ; ayant vainement demandé à Rome son divorce d'avec Catherine d'Aragon, il se fit proclamer

LE MASSACRE DE VASSV (l«r mars 1562).

/IM. A'at., Hst.)

Angleterre, sous Henri VIII et Elisabeth, dans les Pays Scandinaves), et tantôt encore fédératives et presque féodales (en France et en Hongrie). Pour tout dire, elle fut presque partout en réaction contre les gouvernements existants.

La guerre éclatad'abord en Allemagne i-ntre les princes luthériens et l'empereur, chef des catholiques.

La Wartburg avait été le Sinaï de Luther. Mais, comme sous l'Empire romain, « ce qui était conçu quelque part sembla naître partout à la fois ». Les apôtres de la Réforme dans les autres pays prêchèrent des doctrines qui, pour

par le clergé, puis par les communes, chef de l'Eglise anglicane.

Les réformés s'appelèrent généralement de ce nom ou protestants, pour leur protestation, à la dicte de Worms (1521), contre les décisions inipériales qui les taxaient de révolte et d'hérésie, et mettaient Luther au ban de l'Empire ; et ils se nommèrent plus particulièrement, selon les doctrines qu'ils avaient adoptées, luthériens, calvinistes, anglicans, évangélistes, presbytériens, sacramentaires, et, en l'rance, huguenots.

Ce dernier mot est d'une étymologie douteuse ; c'est peut-être une corruption

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