‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 126 sur 725 · C.\tuset · texte numérisé non relu

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massacres, qui ne furent pas moins hqrribles et saccagèrent les églises. Montluc (catholique), l'auteur des fameux mémoires que Henri IV appelait t la Bible du soldat », et le baron des Adrets (huguenot) rivalisèrent bientôt de férocité.

Puis les protestants, bien qu'ayant pris la couleur blanche, alors nationale, et les catholiqiies qui avaient arboré le rouge d'Espagne, eurent recours à l'aide des coreligionnaires étranp irs.

Pendant que (.atherine faisait appel à Philippe II et au duc de Savoie et recrutait des lansquenets en Allemagne et en Suisse, Condé et Coligny traitèrent avec Elisabeth d'Angleterre et, pour 6 000 hommes de secours, lui livrèrent le Havre en gage de Calais que le traité de Cateau- Cambrésis avait promis de restituer après huit années d'occupation.

La pire tristesse des guerres civiles, c'est qu'elles effacent les frontières. On a déjà entendu L'Hôpital déplorer cette fraternité de ceux d'une même religion, qui les détache de la patrie terrestre. Nul scrupule ne vint à Guise, vainqueur de Metz et de Calais, d'appeler l'Espagne catholique ; il en vint d'abord à Coligny, héros de Saint-Quentin, promoteur de la marche sur Calais, d'appeler l'Angleterre protestante, mais- il céda au cri des siens.

Pareillement les premiers luthériens allemands avaient payé des trois évêchés lorrains l'aide de Henri II. Demain, ce sera l'empereur allemand qui appellera l'Espagne, l'installera au Palatinat, lui remettra la garde du Rhin et lui promettra, en récompense, l'Alsace.

Première guerre. — Du massacre de \'assy à la paix de Nantes, cette longue iiitte fut coupée par huit trêves ou édits de pacification ', d'où la division classique en huit guerres de religion.

La première guerre tourna au seul avantage de la reine mère, qu'elle débarrassa de presque tous les principaux acteurs du prologue où elle avait péniblement tissé sa toile. Le roi de Navarre, revenu au catholicisme, fut mortellement blessé au siège de Rouen ; le maréchal

I. .\mboise (1563), Longjumeau (1568), Silint-Germain (1570), Beaulieu (1576), Poilicrs (1577), Flei.x (1580), Nemours (1585), Nantes (iso^V

de Saint-André tué à la bataille de Dreux où le connétable et le prince de Coudé, combattant dans des rangs opposés, furent l'un et l'autre faits prisonniers; Guise fut assassiné par un gentilhomme saiutongeois, Poltrot de Méré, au siège d'Orléans. Catherine se trouva la maîtresse do l'heure.

Trêve d'Amboise. — Elle connaissait bien le faible Condé, « ce petit homme tant joli », comme chantaient ses soldats, d'ailleurs vaillant et généreux chef de guerre. Prisonnier, il accepta de négocier avec l'autre prisonnier, Montmorency et, en l'absence de l'indomptable amiral (Coligny), consentit la trêve d'Amboise qui promettait à tous les réformés la liberté de conscience, mais qui n'accordait la liberté du culte qu'aux seuls nobles, « tenant fief ».

«Traité d'mi homme qui a la moitié de son courage prisonnier », s'écria Coligny. C'était, dit-il amèrement à Condé, « faire sa part à Dieu ».

Alors que « c'étaient les pauvres qui avaient montré le chemin aux riches », la religion parut n'être plus que le privilège d'une caste, avec une odeur de féodalité ; le catholicisme en devint plus démocratique, religion nationale des masses populaires.

Un pareil accorda fut nécessairement précaire. Les protestants, s'inquiétant de nouveaux complots, tentèrent de se saisir de la personne du roi, ainsi qu'avaient fait les Guises à la première guerre, mais le coup manqua.

Les deuxième et troisième guerres de religion, séparées par la petite paix de Longjumeau, leur furent défavorables.

Ayant mis le siège devant Paris, ils furent battus à la journée de Saint-Denis (1568), puis, l'année d'après, à Jarnac et à Moncoutour.

Commandement de Coligny. — Condé, fait prisonnier à Jarnac, fut assassiné par le capitaine des gardes du duc d'Anjou. Ce fils préféré de Catherine commandait l'armée royale depuis la mort de Montmorency '-. Lesréformésélurentpour chefs le fils de Condé, Henri de Bourbon, et le fils de Jeanne d'Albret et du roi Antoine, le futur Henri IV.

Comme ils étaient âgés seulement de quinze et de seize ans, Coligny prit le commandement effectif de « l'armée des princes ».

Le rayonnement de ce grand homme dépassait de beaucoup son parti ; ses ennemis eux-mêmes lui reconnaissaient

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