HENRI IV
Ses débuts. Il Batailles d'Arqués et d'Ivry.H L'Edlt de Nantes. Ministère de Sully. || Assassinat de Henri IV.
/^'est 1? meilleur et le plus grand de ^^ nos r .is.
Si par sa mère, la magnanime et prudente Jeanne d'Albret, la femme forte selon la Bible, il était bien de son Béam, il avait acquis de bonne heure ce sens de la France qui manqua si gravement aux derniers X'alois et qui, du jour oi il se fut échappé de la cour, lui fit toujours dire publiquement ce qu'il fallait. Par deux fois huguenot et catholique, il était, disait-il, « de la religion de tous ceux qui sont braves et bons », et parce qu'il était bien un grand Français, il avait l'esprit ouvert à tout ce qui était humain.
Formé par l'un des plus illustres chefs militaires de son temps (Coligny) et, par son long état de prétendant toujours en campagne, il y avait en lui des partiesde grand capitaine, dont la moindre était sa bravoiure personnelle, une témérité » d'officier de chevau-légers », selon le mot de son glacial adversaire Farncse.
Pourtant, il fut plus grand encore, et de beaucoup, comme politique pour sa fidélité aux deux idées-force les plus méconnues au temps de son aventureuse jeunesse : la liberté et la paix, et pour les qualités qu'il mit à leur service: adresse, bon sens pratique, claire intelligence, générosité, sagesse sans prétention.
Avec d'heureuses dispositions, mais qui auraient vite séché s'il ne les avait cultivées, il se fit lui-même, « à l'école de l'adversité». Son gouvernement ne fut pas toujours « exquis * », mais, avec des faiblesses, est resté le modèle d'un bon gouvernement.
Le choix de ses conseillers fut presque toujours excellent, soit qu'il les prit dans bjn parti, soit qu'il allât les chercher parmi les opposants, mettant par- dessus tout le bon service de l'Etat et passionné de bien public.
L'homme même est charmant, de goûts simples, caressant, « un ami toujours