BATAILLES D'ARQUES ET D'IVRY
rétablirait la paix des consciences.
En septembre, acculé à la mer, il écrira de la tranchée d'Arqués, qui semblait son dernier refuge ; « Je me porte bien, mes affaires vont bien ; j'attends les ennemis, et. Dieu aidant, ils s'en trouveront mauvais marchands. » (A Corisande d'Andouins.)
Toute sa politique est dans son manifeste du 4 août. Il a fait restituer aux protestants, par son traité d'avril avec Henri III, la liberté de conscience dans tout le royaume et la liberté du culte dans toutes leurs villes; il promet maintenant de conserver en son entier la religion catholique, « sans y changer autre
assurément douloureuse, au bien public.
Au lendemain de son avènement, comme chacun des partis voulut lui faire la loi, il se \it abandonné à la fois pa: nombre de seigneurs catholiques, pour n'avoir point abjuré tout de suite l'hérésie calviniste, et par nombre de seigneurs protestants, pour n'avoir point proscrit « l'idolâtrie papiste ».
L'armée royale. — Henri est sans le sou, « ses chemisestoutes déchirées et son pourpoint troué au coude » ; et les Suisses sont le seul noyau permanent de sa petite troupe, une division d'aujourd'hui. « Le Roi des Braves », comme l'appelle le contemporain Givry, n'en repousse pas
HENRI IV A IVRV
charge à la tête de son csc^ulron de ^gentilshommes gascons : « Si vos cornettes vous manquent, ralliez-vous à mon panache blanc. » (D'après un vitrail de la Bibliothèque de Troycs.)
chose », de maintenir aux catholiques leurs charges et emplois et, bien plus, de se faire instruire lui-même dans leur religion.
L'inévitable abjuration. — S'il n'avait pas déjà décidé avec lui-même que le roi de I*"rance doit professer la religion de la majorité des Français, ferait-il cette promesse?
C'étaitunfait queJa Francen' était pas devenue protestante et il était certain que la France ne se ferait pas protestante. L'heure en était passée, s'il y avait jamais eu des chances qu'elle sonnât.
Le jour où le roi commencera à se faire instruire, c'est donc qu'il sera déjà résolu à se dire persuadé. Mais il veut choisir le jour où son abjuration apparaîtra, et hors de I'"rance comme en France, non pas comme une capitulation de conscience dans un intérêt personnel, mais comme une concession nécessaire.
moins l'idée de se retirer en Angleterre ou derrière la Loire.
On l'a vu déjà menant Henri IIl sur Paris où, du premier jour, il a reconnu qu'est le noeud de la guerre, et on l'y verra revenir à chacun de ses succès. 11 a maintenant trop peu de monde pour songer à attaquer sur la grande ville, mais il va d'abord mener une sorte de guerre de partisan, « vive et continuelle pour accoutumer ensemble les huguenots et les catholiques », et opérer ainsi dans son camp l'union où il convie la France.
Les deux premières années de la guerre (1580-1.S90) sont les plus pleines.
Arques et Ivry. — Henri est descendu de Saint-Cloud à Dieppe, où il sera à portée des secours anglais. Mayenne s'est mis aussitôt à sa poursuite, assuré de le jeter à la mer ou de le ramener prisonnier. On louait déjà des fenêti^es à Paris pour voir passer le Béarnais enchaîné.