‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 141 sur 725 · L'ÉDIT DE NANTES. — 1 50S · texte numérisé non relu

L'ÉDIT DE NANTES. — 1 50S

les déclarant aptes à tous les emplois.

Le pape (Clément VIII) se résigna alors à reconnaître Henri IV et à lui accorder son « absolution », celle de Saint- Denis étant jugée insuffisante.

Paix de Vervins. — Entre temps, le roi avait déclaré la guerre à l'Espagne. Il perdit et gagna dans la même journée la bataille de Fontaine-Française, puis s'empara des villes de la Somme. Les Espagnols eurent ensuite l'avantage, prirent Cambrai, Calais et Amiens, et, sans le secours anglais, auraient forcé la route de Paris.

La bataille décisive fut livrée autour d'Amiens. Le roi rentra dans la ville après une dure journée où Mayenne se distingua au moment critique.

Philippe II, ruiné, malade, sentant la mort sur lui, sollicita la médiation du pape. La paix de Vervins (2 mai 159S) confirma la paix de Cateau-Cambrésis.

L'Edit de Nantes. — Quelques jours auparavant (15 avril) Henri IV avait signé l'Edit de Nantes, «perpétuel et irrévocable », qui devait terminer et ne fit, par malheur, que suspendre les guerres de religion.

Le préambule marqua clairement la pensée du roi, pensée toute politique, qui avait été celle de L'Hôpital : 0 Que le saint nom de Dieu puisse être adoré et prié par tous nos sujets, sinon en une même forme de religion, au moins d'une même intention et avec telle règle qu'il n'y ait point pour cela de trouble ou de tourmente entre eux.... Qu'après ce qui est de leur devoir envers Dieu et envers nous, l'observation de cette ordonnance soit le principal fondement de leur union, tranquillité et repos, et du rétablissement de cet État en sa première splendeur. »

L'édit, charte des réformés de P'rance (en 174 articles publics et secrets), proclama, en conséquence, l'entière liberté de conscience et du culte, reconnut aux réformés tous les droits des catholiques et, de plus, les armant contre un retour offensif, leur accorda pour huit ans, une centaine de places de sûreté, dont ta Rochelle, Montauban et Montpellier.

A ceux des Parlements qui, « ayant encore de l'Espagnol dans le ventre ■>, hésitaient à enregistrer l'édit, non plus de tolérance, mais de liberté, le roi parla de très haut : « J'ai fait la paix au dehors, je la veux au dedans. Il est temps que nous tous, >aouls de guerre, devenions sages. \'ous me devez obéir. » Les parlementaires cédèrent

Il y avait dans tous les autres pays, catholiques ou réformés, des religions

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d'Etat. La liberté religieuse n'exista d'abord qu'en France.

Henri IV et Sully. —

L'immense tempête laissait derrière elle uiu- France en ruines. Vu document contemporain estime à 2 millions \<nombre de personnes « mortes prématurément, tant de mort violente que de misère et de pauvreté, de famine et autrement ».

Les campagnes ravagées, incultes, en proie à des bandes de brigands et à des bandes de loups, envoyaient une multitude de mendiants, d' affamés, dans les villes infestées par la peste. Plus d'industrie ; et l'Etat plus obéré de dettes qu'il ne l'avait jamais été, menacé de la banqueroute. « Qui aurait dormi quarante ans, penserait voir, non la France, mais un cadavre de la France.»

En moins de dix années d'un bon gouvernement, le pays fut restauré, rétabli dans sa prospérité. Les étrangers en furent émerveillés. « La France, après avoir touché terre, s'est relevée plus forte que jamais auparavant. » Ainsi parlaient les ambassadeurs vénitiens.

Le vœu des Pays-Bas espagnols « eût été d'être conquis ».

Le ministère de Sully. — L'histoire de Henri IV devient ici inséparable de celle de son principal ministre, Maximilien de Béthune, marquis de Rosny, puis duc de Sully, son compagnon de guerre, valeureux autant que prudent, dont il avait distingué de longue date les qualités de financier et d'administrateur.

Resté de la Religion, et en ayant les vertus un peu sèches et hautaines, Sully se donna tout entier à ses tâches (surintendantdesfinances, surintendant des fortifications et bâtiments, grand voyer et grand maître de l'artillerie). Rare à la cour, à sa table de travail dès trois heures du matin, économe des deniers de l'Etat jusqu'à la férocité, inaccessible à la brigue et d'une probité d'esprit qui ne reculait pas devant les désaccords avec le roi.

Loin de s'en offusquer, comme on a vu faire à de moindres seigneurs, Henri lui disait : « Dès que vous ne me contredirez plus aux choses que je sais bien qui ne sont pas selon votre humeur, je croirai que vous ne m'aimerez jftus. »

Les Mémoires ou Economies royales le montrent, tel qu'il fut, moins novateur qu'organisateur ; mais il y a une façon

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