LA VIF.ILLE FRONDK
lô.fS.
reur se résigna à traiter. Il y avait l'aide portée aux défenseurs des «libertés
quatre ans (1644-1648) que les négociations traînaient à Munster et à O nabrlick, au bruit du canon.
L'empereur céda sur tous les articles.
D'abord il reconnut « les libertés germaniques »; ce n'était pas seulement l'exis-
germaniqiics ». La Suède eut la plus grande partie de la Poméranie et l'archevêché de Brème, les bouches de l'Oder et du Weser, et entra avec ses conquêtes dans l'Empire ; la France eut les trois évêchés de Lorraine, qui ne lui avaient
teuce légale des confessions réformées pas encore été reconnus, et, moins Stras-
(luthérieinies et calvinistes), mais l'en- bourg, l'Alsace, mais à titre de province
tière indépendance des 350 Etats de et non de fief.
l'Empire. Ces Etats reçurent de libre ^lazarin aurait préféré que le roi
exercice, selon la formule, de la supério- devînt membre de l'Empire germanique
rite territoriale, dans les choses ecclé- pour l'Alsace, ce qui lui aurait permis
siastiques conmie dans les politiques ». de prétendre un jour à en être le chef.
Chacun d'eux eut notamment le droit L'empereur aima mieux amputer le sol
de passer des traités avec un autre ou allemand que de recevoir le roi de France
avec l'étranger. dans l'Empire.
« Le plus grand principe de la poli- Les princes luthériens eurent, eux tique européenne est que l'Allemagne aussi, des satisfactions, particulièrement soit composée d'Etats indépendants, l'électeur de Brandebourg, devenu «le liés entre eux par un simple lien fédé- plus puissant et le plus grand terrien de ratif 1. » tous ses collègues électeurs » (24 oc- Ainsi échouait le grand dessein, de la tobre 1648). . maison d'Autriche pour unifier r.\llema- Mais la guerre « avait profondément gne. Il ne subsista del'Empire qu'un décor démoralisé le pays et l'avait transformé de théâtre. La Diète ne fut qu'un congrès en un désert » '. De nombreux villages de diplomates occupés à discuter de avaient disparu. La population était questions de préséance et de titres. réduite de moitié dans beaucoup de pro- L' Allemagne, au siècle suivant, mau- vinces. On voyageait des journées entières dira les traités de Westphalie ; mais dans de vastes régions sans rencontrer c'est bien elle qui a voulu, en 1648, cette un habitant. Des villes de 80 000 âmes charte de ses autonomies parcellaires ; (Augsbourg, Aix-la-Chapelle) n'en comp-
elle accueillit l'instrument de sa dé
ch'éance politique comme une victoire.
La France et la Suède eurent les
« récompenses » qu'elles réclamaient pour
taient plus que 15 000. Ummeretadt s'appelait <■ Nimmerstadt », la ville où il n'y a plus rien ; des cavaliers suédois n'y trouvèrent que des loups.