‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 19 sur 725 · C-asMPiRE · texte numérisé non relu

C-asMPiRE

LES CAROLI\GIEXS

CET immense empire ne survécut pas à céder avec eux au partage de l'Emson fondateur. Il est trop vaste. Trop pire (843). de pays déjà différents par les mœurs et Traité de Verdun. — Ce fameux traité

par le degré de culture, trop de peuples de Verdun, le premier des grands traités d'origines diverses qui ne se connaissent européens, qui pèse encore sur l'histoire,

fut rédigé par des scribes ignorants, qui ne savaient presque rien des vastes territoires qu'ils distribuaient et qui ne pensaient qu'à accommoder entre eux trois frères ennemis.

Si Louis le Débonnaire n'avait eu que deux fils, il est »probable que les rédacteurs du traité auraient donné à l'un les pays à l'est, à l'autre les pays à l'ouest du Rhin, Le grand fleuve fût redeciitre ses faibles mains, partage de l'e.mpire de charle.magne venu ainsi la barrière Ce moine couronné, si Les auteurs du traité de Verdun (843 séparent entre la Gaulc et la I

A.csA.^^„i J„ ^^« ,j„ 1 antienne G;iu!e de l'ancienne Germanie par une /^„„„„,^,- ^n,^,^^ „,.

différent de son rude ,o„gue bande de ter,e. I.. Lotharingie, qui de- Gennauic comme au

prédécesseur, crut ha- viendra la cau.^e dune guerre sans terme entre temps de RomC.

bile d'associer à l'Em- i=» F^ncs deioue.t et ceux de lEst. plus tard L^ Germanie étant

. , - entre la France et 1 Allemagne. , , . , . ,

pire ses trois fils, Lo- échue a Louis et la

thaire, Louis et Charles le Chauve. Gaule occidentale à Charles qui s'inti-

C'était en précipiter la ruine. Lothaire tulaient tous les deux rois des Francs,

ne tarda pas à se révolter ; l'empereur — roi des Francs orientaux et roi des

se laissa déposer par le rebelle, qui avait Francs occidentaux, — le pays intermc-

l'appui du clergé, puis, a\ec la même diaire et l'Italie furent octroyés à Lothaire

résignation, rétablir par ses autres fils, qui garda le titre d'empereur avec les

A sa mort, Lothaire prétendit régner deux capitales, Aix et Rome, seul. Aussitôt, Louis et Charles s'unirent Ce long couloir^ entre le Rhin à l'est,

contre lui et engagèrent « la guerre des et l'Escaut, la Meuse, la Saône et le

trois frères ». Rhône à l'ouest, s'appela d'abord

Ayant vaincu Lothaire à Fontanet (près d'Auxeire), ils l'obligèrent à pro- i. Bryce.

pas les uns les autres, ont été agglomérés dans l'unité factice et purement nominale de l'Empire des Francs. L'appui de l'Eglise ne suffit pas à lui insuffler la vie.

L'ambition de recommencer l'Empire romain est déjà contraire à la nature des choses.

Partage de l'Empire.

— Louis le Pieux, ou le Débonnaire, fils de Charlemagne, sentit bientôt que l'Empire craquait de toutes parts

(\) Royaume de Charles (5) Royaume (2) Royaume de lothaire de Louis

LES CARoLIXGIE^'S. — VIII^ AU X" SIÈCLE.

Media Francia, la l'rance du milieu, puis, Tarmée de Louis, parla en germanique ou

du nom de Lothaire, Loiharingia. La tudesque. Louis, prêtant serment devant

Lorraine actuelle en garde le nom cor- l'armée de Charles, parla en roman.

rompu. Prononcées au bord du Rhin, sur la limite

La Germanie du roi Louis, suaiommé des deux peuples, ces paroles sont le

* le Germanique », a conserv'é son nom premier monument de leur nationalité, primitif dans plusieurs langues, anglo- On a conservé le texte des serments

saxonne, italiemie, etc. Par la suite, les de Strasbourg.

Germains l'ont appelée Deutschland (de la langue populaire qui s'y parlait), et les Français AUeinagne (du nom d'un petit peuple d'outre- Rhin).

C'est la Gaule occidentale qui devien-

La fin des Carolingiens. — Après la mort de Lothaire et de ses fîls, Charles le Chauve et Louis le Germanique se partagèrent le royaume intermédiaire ; leurs successeurs, Carolingiens d'Occident

dra la France ; elle garda le regret du et Carolingiens d'Orient, se disputèrent la

grand fleuve perdu, « fleuve romain, Lotharingie et l'Empire, fleuve du monde, autant et pius que Ces deux dynasties s'étaient très vite

fleuve allemand i ». gâtées.

Les serments de Strasbourg. — Le Les seigneurs germains déposèrent de

royaume intennédiaiie (Lorraine et Bourgogne) était une création trop factice pour survivre à l'empereur Lothaire. Sa frontière occidentale n'était marquée ni par la géographie ni par l'histoire. Il va être pendant des siècles le théâtre de luttes sanglantes entre la France, poussant vers l'Est, et l'Allemagne, poussant vers l'Ouest.

Le fonds de sa population était gallo-romain, en dépit de tant d'alluvions germaniques.

Quand Louis !

manique et Charles le Chauve

bonne heure leurs Carolingiens, décidèrent que l'Empire, qu'ils revendiquaient pour les Francs de l'Est, serait désormais électif et s'emparèrent de la Lotharingie.

Les seigneurs francs de l'Ouest attendirent la mort de leur dernier Carolingien Louis V, qui n'avait pas d'enfants, pour fonder une nouvelle dynastie (987).

Ils élevèrent au trône Hugues, comte de Paris et duc des Francs, surnommé Capet ou Chapet,

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