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LA SUCCESSION D'ESPAGNE

I D'après Kigaud, Musie ail Li'itvrf.)

Les héritiers présomptifs. — Charles II, dernier roi espagnol de la maison de Charles- Quint, s'était marié deux fois, mais ses mariages étaient restés stériles, et il mourait depuis un tiers de siècle sa succession ouverte sous ses yeux.

Elle était revendiquée par cinq prétendants : son neveu, le grand dauphin ; son petit-neveu, le prince électoral de Bavière ; son neveu à la mode de Bretagne, l'empereur Léopold ; le duc de Savoie, arrièrepetit-fils de Philippe II ; et le roi de Portugal qui descendait de Henri IV, frère aîné et prédécesseur d'Isabelle la Catholique, mais par une fille, Juana, qui avait été déclarée bâtarde.

Les fausses renonciations. — Les Bourbons et les Bavarois avaient également renoncé à la succession, mais tenaient également leurs renonciations pour nulles. Toutefois Louis XIV ne prétendit pas à la couronne pour le grand dauphin ni pour l'aîné de ses petitsfils, le duc de Bourgogne, mais pour le cadet, le duc d'Anjou, que son père et son frère, alors pleins de vie, séparaient du trône de France. De même l'empereur Léopold revendiqua la succession d'Espagne non pour lui-même, mais pour son cadet, l'archiduc Charles.

Bourbon et Habsbourg sentaient tous deux que l'Europe ne leur permettrait pas de réunir les immenses possessions d'Espagne soit au royaume de France soit à l'Empire.

Pour les Espagnols, ils attendaient avec une sorte de fatalisme le choix que ferait leur roi épileptique, impuissant, qui se cro^-ait possédé du démon ^ Ballotté au milieu des intrigues qu'ourdissaient autour de lui les ambassadeurs du Saint-Office et sa femme, le pauvre homme léguait ses Etats et ses peuples tantôt à l'un, tantôt à l'autre des trois petits-fils de son père.

Les traités de partage. — Dans le doute s'il serait l'élu au dernier des testaments, Louis XIV proposa à son vieil ennemi Guillaume III de s'entendre à l'amiable sur le partage du prochain héritage. Le roi anglais accepta.

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