‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 215 sur 725 · I. SCHOPENHACER · texte numérisé non relu

I. SCHOPENHACER

conséquence, chercher les éléments de l'histoire dans les mémoires et dansles correspondances.

Epistoliers et mémorialistes ont écrit dans le dessein, tout au moins avec la pensée, que leurs ouvrages seraient publiés aux temps où serait revenu un peu de li- saint-si.mon berté. Ils ont écrit, si- uôjs-'zssinon sans haine et sans (D'après un tableau

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passion, du moms sans m . Maxime DhvùL)

crainte. Les lettres de Mme de Sévigné ont été publiées pour la première fois en 1726, les Mémoires du cardinal de Retz en 171 7, ceux du duc de Saint-Simon en 1829.

Pour l'esprit comme pour le style, Retz date de Louis XIII ; Saint-Simon date de la féodalité pour l'esprit — il avait découvert qu'il descendait de Charlemagne — et il devance le xix^ siècle romantique — Hugo et Michelet — pour le style qui, tout bizarre, excessif, surchargé qu'il soit, est «celui de la nature elle-même ».

Le cardinal raconte les dernières années de Richelieu et la minorité de Louis XIV ; le duc, les dernières années de Louis XIV et la Régence.

Tous deux excellent dans l'art des portraits, burinés sur l'acier par Retz, peints en pleine pâte par Saint-Simon.

Le pire des brouillons dans l'action, Retz, écrivain, est le plus profond des politiques de son temps, égal parfois au plus grand de tous, Machiavel ; et nul n'a découvert avec plus d'acuité le jeu des factions, la marche des troubles civils, les ressorts complexes et secrets qui font mouvoir les hommes, les assemblées et les foules ; son regard aigu va jusqu'au tréfonds de l'homme public.

L'un des plus honnêtes hommes de son temps, catholique dans les moelles, pourtant épris de tolérance religieuse ; aristocrate (duc et pair) à trente-six carats ; gothique, si l'on peut dire, et l'ennemi juré de cette bourgeoisie que Louis XIV, après la faillite de la noblesse, a appelée aux grandes charges civiles, passionné de bien public et pitoyable au pauvre peuple, Saint-Simon est comme le vivant champ de bataille de ses préjugés contre ses lumières. Ecrivain, il est surtout un artiste, et quel artiste ! Il moule sur ses jugements, le plus souvent violents et souvent à l'antipode de la vérité, une phrase immense qui traduit la vie intense et grouillante ; elle la traduit avec d'au-

XVlIo SIÈCLE.

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