‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 224 sur 725 · X]'II^ SIÈCLE. — BOILEAU ; LA FONTAINE ; LA BRUYÈRE · texte numérisé non relu

X]'II^ SIÈCLE. — BOILEAU ; LA FONTAINE ; LA BRUYÈRE

de Féuelon, ni de La iîruyère, parce que son lanc, rude et clair parler, en vers comnie en prose, convient surtout à la scène et qu'un artiste ne peint pas une fresque comme un tableau de chevalet.

Sa renommée ne se soutint pas seulement dans les temps sui- 'G;rr;do„:''z'r..t vants, mais elle y grandit et dépassa les frontières, alors que Racine, et même Corneille s'y arrêtèrent. Son génie lumineux est devenu « un des titres du génie même de l'humanité » et « chaque homme de plus qui sait lire est un lecteur de plus pour Molière * ».

Autres classiques. — L'esprit classique, qui a son relief le plus haut dans la tragédie, domine dans tous les genres littéraires. Son règne se continuera jusqu'à la Révolution et à travers la Révolution et l'Empire.

Boileau^. — Boileau fonda la critique littéraire dans ses Satires et dans quelquesunes de ses Epitres ; il établit dans V Art poétique une doctrine étroite, mais forte, fixant le go.it pour un siècle.

Il a méconnu la littérature du moyen âge et de la Renaissance. Dans la querelle fameuse avec Charles Perrault, il s'est prononcé avec violence pour la supériorité des anciens sur les modernes, sans se rendre compte qu'il est lui-même très moderne et que le culte excessif de l'antiquité aboutit à la négation de l'idée cartésienne du progrès. Mais c'est à sa probité d'esprit et à son courage que la littératuredoit d'avoir étédéblayée des Chapelain et des Scudéry et que Racine, La Fontaine, Molière doivent de s'être imposés à l'admiration et, dans quelque mesure, de s'en être rendus plus dignes. 11 porta dans la critique les vertus d'un citoyen qui ne craint rien et ne cherche que la véritéf

La Fontaine^. — La Fontaine doit à l'antiquité son souci de la forme et la délicatesse de son goiit, mais sans avoir rien quitté du caractère gaulois. S'il emprunte aux anciens, à Esope et à Phèdre, le sujet de la plupart de ses apologues, il procède directement des fabliaux et de Rabelais. Dans ses fables et dans ses contes, même vivacité du récit, même fantaisie, même gaîté de

ï. Sainte-Beuve.

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