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l'esprit, même variété et même souplesse du rythme, même vocabulaire savoureux qui sent le terroir.
Le propre de la fable, c'est de prêter aux bêtes les sentiments humains. On a dit de La Fontaine qu'il connaît l'homme comme Molière la fo.vtaine et la société comme (1621-1695). Saint-Simon. Pourtant '°T«! zT^^-^j"'" l'homme, dans ses récits, n'efface pas l'animal ; il connaît l'animal conune un zoologiste.
Surtout, il est l'écrivain de son temps qui a le mieux senti, aimé la nature ; et, avec Racine, il est, de tous les auteurs de son temps, le plus poète. S'il y a un auteur français qui fait penser à Virgile, c'est lui. Le charme de son vers brisé est extrême; c'est une musique vive et caressante ; en quelques mots (j'allais écrire en quelques notes), il évoque les choses, le vaste silence des bois, l'herbe rajeunie. André Chénier l'appellera «le divin La Fontaine».
Les Successeurs. — Racine n'eut dans la tragédie que de pâles imitateurs. Son contemporain Quinault, dans la forme de la tragi-comédie, a préparé Marivaux. Le dur Crébillon, romanesque et déclamatoire, procède de Corneille.
Molière n'aura point d'héritiers ; on le pille, mais- il est inimitable, et il fera un peu de tort aux auteurs comiques qui ne cherchent pas à l'imiter : le gai et fantaisiste Regnard (le Légataire, les Folies amoureuses) ; le réaliste Dancourt ; Le Sage qui, au plein de la guerre de la succession d'Espagne, dénonce les traitants et crée le type de Turcaret.
La Bruyère'. — Le véritable émule de Molière dans la peinture, souvent cruelle, des UKrurs, c'est le gra\'e et triste La Bi-uyère. On lit dans la préface de ses Caractères, son seul livre, mais fait de « main d'ouvrier » : « Je rends au public ce qu'il m'a prêté. » 11 grave plutôt qu'il peint, mais toujours d'après nature.
Sou style est incisif, rapide, un peu « prophétique », selon Builcau, c'est-à-dire « qu'il faut souvent le deviner ».
Fénelon ''. — Féne-
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FÉA'i^LO.V; UOSSUET. — XVir<^ STf:Cl.F..
(D'après le ;>.irtrait de Kigaud.)
Ion, archevêque de Cambrai, écrivit pour son élève, le duc de Bourgogne, des livres aimables : les Fables en prose, les Diiilogues des morts, à limitation de Lucien, -i et les Aveniures du jeune Télémaque, où il défigura à plaisir l'antiquité, mais esquissa dans le tableau idyllique de la République de Salente quelques-unes des idées qu'il précisa plus tard dans le Plan de Gouvernement. Il pose en principe que « la règle est la même dans la politique que dans la morale » ; puis, au nom de la loi morale, il limite les pouvoirs du souverain.
La Lettre à V Académie termina la querelle des anciens et des modernes :
«C'est un Génie du paganisme qui s'étale et un Génie du christianisme qui point ^. » Comme artiste, comme écrivain, comme politique, il annonce Chateaubriand et Lamartine.
Sa nature ondoyante et ardente l'avait porté vers une sorte de mysticisme, « le quiétisme » que son amie Mme Guyon avait chanté dans le livre des Torrents ; il entra, à propos de son Explication des Maximes des Saints, en conflit avec Bossuet qui le fit censurer par la Sorbonne et condamner à Rome.
Il eût été premier ministre si le duc de Bovirgogne avait vécu. Ce gentilhomme mitre et libéral eût-il été un grand ministre? Il haïssait le despotisme et la folie guerrière de Louis XIV ; les humbles, les pauvres de son diocèse l'adoraient.
Savants et philosophes. — La science compta quelques grands noms : le physicien Mariotte, l'astronome Picard qui établit avec Cassini la parallaxe du soleil, le mathématicien Fermât qui partage avec Descartes l'invention de la géométrie analytique et avec Pascal celle du calcul des probabilités.
Malebranche, élève de TOratoire, qui fait penser à Platon, essaya de relier la religion et la philosophie (Recherche de la Vérité) ; Fontenelle, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, curieux de tout, surtout des grandes choses, vulgarisa avec esprit les oeuvres de savants contemporains ; Bayle, protestant, puis catholique, de nouveau protestant, enfin brouillé avec toutes les églises, entreprit