‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 23 sur 725 · U AVÈNEMENT DE LA TROISIÈME RACE · texte numérisé non relu

U AVÈNEMENT DE LA TROISIÈME RACE

Avantages et inconvénients du système. — Comme tous les régimes, la féodalité a répondu d'abord à une nécessité. Les peuples désarmés et proprement nus se sont serrés autour de leurs défenseurs

grands vassaux ; pauvre et faible, il n'est encore qu'un symbole.

Au-dessous du roi se sont élevés les véritables maîtres de la France. Ce sont les grandes seigneuries féodales. Elles

locaux, seigneurs et comtes, soldats de jouissent de tous les droits régaliens, y père en fils, qui savent se battre pour les compris le droit de guerre privée, et sont

protéger contre les brigands, les pirates, les infidèles, les barbares. C'est une immense gendarmerie.

A sa naissance, la féodalité est très populaire. Le château du seigneur, sur

de véritables États (Normandie, Bourgogne, Aquitaine, Flandre, Champagne, Bretagne, Anjou, Provence, Dauphiné).

Elles ont coexisté d'abord avec les petites seigneuries dont les chefs n'ont

la hauteur, c'est la forteresse qui veille que des pouvoirs limites. Puis, de gré ou

sur la vallée, l'asile en cas de dan- de force, pendant le x'' siècle, à l'apogée

ger. de la féodalité, elles les ont rangées Cependant, cette protection assurée autour d'elles ainsi que les terres rotu-

au faible par le plus fort, ^____^__^.^____^__ rières et les fiefs qui ne

— au paysan, serf ou -i^V ^^.^^^ ".^' , ■ . ;3j'"7.V.;^- participent pas à la soulibre, et au citadin, ouvrier '^t-'' ^^A.'^^ÀiBy^'-''''^^^ -' '^'sraineté.

ou bourgeois, par le noble 'f -yp^^^-^^^^^^^^^ iî^'T^''"^ Les nobles ne sont jus-

et par l'homme d'Eglise, '";. *- h'il^^^^^'/^^^^^i, ticiables' que de la Haute-

— se paye cher : le vassal >. '. ,^^-^f^^^^^^jJ^^^^ic- Cour féodale qui est préroturier doit à son .aL. y/^^\., '^^^Êf^S^^i sidée par le roi. seigneur le service mili- ^:;v -^T^l} i^K^^S^- ''■' ' ^^^ châteaux où résitaire, une partie de son (Ê^^'^m^^'^'h ^^Sl~^ daient les seigneurs étaient travail, des subsides en ^^^Œ^M''^^-^~^%k ■ ' ^^ véritables forteresses, nature (produits de la 1 1 ù~'^^^yWS>^'%>S''^%^ ■ entourées de larges et terre) et en argent. ■''iili^'l 'i ^^^^^^^'-'^^^^îï^ profonds fossés pleins

Les serfs sont « atta- -^^J^, '' i'^ -^l -^^^tÊ^ d'eau. Quelques-uns exis-

chés à la glèbe », au do- '"".-^^V^^'i^y-^^^^ iffiS tent encore. Des autres, il

maine qu'ils cultivent, ^'' -'^^^i^S^iM-^ ,® ne reste que les ruines,

moj'ennant redevance au ^ -^ --.^^-S^S^' ,* -^ souvent magnifiques, ou

seigneur, seul propriétaire -"~..t.-.-^ ■ '--^^-^^^^lî-J^f^ seulement les fondations,

de la terre; ils sont vendus „«, .^„ ,^, Le plus grand nombre des

, ^ , UN TOL RNOI , . f ^ i - j. -

avec la terre comme les p^^^ „i,i,ai„ où les chevaliers du moyen châteaux ont ete rases esclavesautrefoiset comme âge et de la Renaissance déployaient parles rois, vainqucurs de du bétail. Les tenanciers ''^""' adresse en joutant ou en combat- vassaux rebelles, ou dé-

... , . ... , tant les uns contre les autres. . ., , i i •

libres ou demi-libres sont fruits par le peuple soulevé

lourdement accablés de charges, de contre des vexations et tyrannies deve-

servitudes, de prestations, de dîmes, de nues intolérables.

cens, de tributs de toutes sortes ; ils sont, Cette noblesse féodale, qui s'est formée

comme on dit, taillables et corvéables à au déclin de la monarchie carolingienne,

merci. a tout à la fois le droit et le devoir de por-

Les villes, même les plus importantes, ter les armes ; Charlemagne avait fait du

les plus riches, Reims, Tours, Bordeaux, service à cheval la charge obligatoire et

Toulouse, ne s'appartiennent plus. Pro- exclusive des propriétaires fonciers de

priétés féodales d'un seigneur ou de plu- l'Empire. Les seigneurs sont soldats,

sieurs, clercs ou laïques, évêques et abbés chevaliers, non pas comme sujets, mais

ou comtes, elles peuvent, elles aussi, être à cause de la terre qu'ils possèdent,

données, vendues, transmises par hcri- Pour être noble, il faut d'abord possé-

tage comme un champ, un troupeau. der une terre franche, puis se vouer au

La France à l'avènement de la troisième race. — Voici comment on peut se figurer la I-"rance des temps féodaux à l'avènement de la troisième race :

métier des armes en se faisant recevoir chevalier.

La chevalerie a son code. Tout chevalier doit protection aux femmes, aux

A'i sommet le roi, jouissant en théorie enfants, aux faibles. Quiconque manque

d'un pouvoir absolu et héréditaire, revêtu à la foi jurée est déclaré « félon ». par l'Eglise d'un caractère quasi divin, Les seigneurs, quand ils ne se font pas

quia droit de vie et de mort sur tous ses 1j guerre, vont à la chasse, luttent dans

sujets, mais qui ne possède en propre les tournois, qui sont des combats singu-

qu'un domaine de beaucoup moins liers à cheval, donnent des fêtes où les

étendu et moins riche que celui de ses trouvères chantent de belles histoires.

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