XIII
Le serf, dont la vie était assurée en échange de sa liberté, a été moins malheureux.
Quelques progrès en agriculture, l'introduction, en 1781, d'un I u.MtMiER nouvel aliment, la rsiày.^Jvl^'^f.j pomme de terre, apportée par Parmentier, améliorent à peine sa misère, mais non sa détresse. Il vit dans un affreux isolement où il rumine avec colère sur l'emploi que font de l'argent qu'il a sué le roi, ses maîtresses et ses courtisans. Il paraît toujours soumis alors que l'irréligion du siècle l'a déjà envahi et que la jacquerie couve en lui.
Avertissements. — Evêques et seigneurs, pour peu qu'ils aient des yeux pour voir, s'inquiètent. C'est l'évêque de Clermont-Ferrand qui écrit à Fleury : « Les nègres de nos îles sont infiniment plus heureux ; car, en travaillant, ils sont nourris avec leurs femmes et leurs enfants, au lieu que nos paysans ne peuvent, avec le travail le plus dur et le plus opiniâtre, avoir du pain pour eux et leur famille. » C'est le marquis d'Argenson qui impute la cause de tous ces maux au régime fiscal. C'est Calonne lui-même qui traite le régime fiscal « d'absurde, d'abominable, de cruel, d'affreux, d'horrible etj de révoltant. i>
Le voyageur anglais, Arthur Young, parcourant les campagnes désolées, se crut transporté en plein moyen âge et annonça la révolte. L'ambassadeur d'Autriche écrivit: «IL est impossible que cet état