‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 266 sur 725 · I. ToCQUEVILLE · texte numérisé non relu

I. ToCQUEVILLE

de choses subsiste longtemps sans qu'il s'ensuive quelque catastrophe. »

Industrie et commerce. — L'industrie, bien qu'entravée elle aussi par « l'industrie fiscale » ^ et par la servitude des jurandes, et le commerce, malgré les règlements absurdes et, quelquefois, cri minels sur la circulation des blés, et en dépit des douanes intérieures, ont fait des progrès, mais beaucoup moins considérables qu'il n'eût fallu et fort inférieurs à ceux de l'Angleterre dans le même temps. Seul, le commerce colonial est prospère, à partir de Louis XVI.

« La douceur de vivre. » — On a souvent cité le mot de l'un des témoins ^ du siècle à son déclin ; « Qui n'a pas vécu dans les dernières années de la Monarchie, n'a pas connu la douceur de vivre. »

Il y eut, en effet, pendant ces mêmes années où le peuple fut si malheureux, des sociétés pour qui la vie continuait d'être une fête de Watteau ou une comédie de Marivaux. Ce n'est qu'un coin du tableau, mais que l'on ne saurait négliger. La légende du Français léger est née de ce monde aimable et frivole.

Il n'y a pas eu beaucoup de peuples qui aient été plus souvent que le peuple français jugés sur l'apparence. 11 a encouragé ainsi nombre de mauvais desseins et préparé de tragiques déceptions.

La France elle-même s'est plus d'une fois trompée sur elle-même. Elle a quelquefois pris des aurores pour des crépuscules. Il n'est pas certain qu'elle ait, même aujourd'hui, mesuré toute la grandeur de son xviii<^ siècle. On vient d'en voir les côtés d'ombre. On va en voir les phares de lumière qui n'ont pas fini de rayonner sur le monde.

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