‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 267 sur 725 · AU XVIII^ SIÈCLE · texte numérisé non relu

AU XVIII^ SIÈCLE

Les idées nouvelles. Il Les influences anglaises. || L'Encyclopédie. Il Voltaire, Diderot, Montesquieu, J.-J. Rousseau, etc. || Les Sciences : D'Alembert, Lavolsier, Buffon. || Les arts : Watteau, Houdon.

I es idées nouvelles. — Au xvii« siècle, ^ la politique, la philosophie, les lettres et les arts eut uu caractère général commun : une négociation de Richelieu, une campague de Turenne, un discours de Descartes ou de Bossuet, une tragédie de Racine, une architecture de Mansart, un jardin de Le Nôtre, un tableau du Poussin procèdent du même style, des mêmes principes : des règles pareilles s'y adaptent à des fins semblables ; le sièclj est ordonné, discipliné, hiérarchisé.

C'est tout le contraire au xviii'' siècle. La tradition, dans les derniers temps de Louis XIV, a étouffé jusqu'aux dernières survivances de la liberté ; la règle a été trop rigide, la hiérarchie trop lourde. Maintenant la raison se révolte.

D'abord, renonçant à pénétrer les mystères de la métaphysique, la raison ne veut plus s'attacher qu'aux vérités de fait ; ses études, ce seront la nature, l'homme, la société, les lois. Elle s'associe donc à la science, et si étroitement qu'elle ne tardera pas à se confondre avec elle. Dès lors, elle ne reconnaît rien qui lui soit supérieur ; elle a sa fin en elle-même, et eUe se fait une langue nouvelle, courte, rapide, claire, autant qu'était ample et complexe la grande phrase de Pascal et de Bossuet.

Sans avoir de plan, ni même d'intentions précises, la raison engage la lutte contre toutes les formes de l'autorité, religieuse ou politique ou littéraire.

Pascal, angoissé, a crié : « Taisez-vous, raison imbécile ! » Elle ne se taira plus.

Ayant décrété que tout est mauvais du passé, elle est joyeusement éprise de nouveauté et d'avenir. Prenant la religion, non point par sa poésie, sa morale

ou son utilité sociale, mais par le dogme >, elle y voit un obstacle à l'essor de l'idée de progrès. Elle a le sens profond, le culte de l'humanité. Son arme favorite, impitoyable, c'est l'esprit.

Le principe monarchique. — La réaction contre le despotisme politique s'était manifestée pour la première fois dans le tumulte des esprits et des mœurs qu'avait été la régence.

La lettre de la monarchie du droit divin survit ; l'esprit n'y est plus.

Louis XV, après la régence, peut bien réintégrer Versailles ; ce n'est plus le \'ersailles de son aïeul. Sa cour n'est plus la Cour, le « nombril » (comme disaient les Grecs de l'un de leurs temples) de la monarchie. Comme le roi n'est plus le demi-dieu qui anoblit tous ceux qu'il honore de sa faveur, il ne prend plus, crainte de déchoir, les principaux ministres dans la bourgeoisie, mais il y prend ses maîtresses.

Louis XIV élevait à lui ; Louis XV descend.

Il n'est pas le premier qui ait mené le pays à des guerres désastreuses et d'autres guerres n'étaient pas plus justes que les siennes ; mais, cette fois, l'intérêt dynastique s'est étalé trop grossièrement ; les défaites ont été humiliantes.

Il n'a pas construit la Bastille ni, le premier, imaginé d'y détenir, sans intervention de la justice, sur simple lettre de cachet, des opposants et des suspects ; mais ceux qu'il envoie de préférence dans la vieille forteresse sont des philosophes, des novateurs, les ennemis des abus.

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