‹ Francia; histoire illustrée de la FranceChapitre 27 sur 725 · V/« SIÈCLE · texte numérisé non relu

V/« SIÈCLE

du Vatican, qui se dressa contre le César dans l'anarchie du grand < interrègne.

tudesque, apprit aux princes toscans et De Grégoire VII à Boniface VIII. —

aux ligues des cités lombardes à faire Cependant la Papauté n'hérite pas de

face au conquérant étranger. l'autorité impériale. En Allemagne, c'est

Les partisans du pape s'appelèrent la féodalité qui a vaincu la monarchie

guelfes ; ceux de l'empereur gibelins. . des Hohenstaufen, dans le même temps

Il y a bien une contradiction mortelle où la monarchie capétienne commence à

ùu fond de la politique guelfe : la Papauté triompher de ses féodaux. En Italie, ce

ne peut devenir italienne sans cesser sont les républiques de l'antique Cisal-

d'ètre universelle ; si elle reste universelle, pine qui profitent de la défaite des Alle-

elle cesse d'être nationale >. Toutefois, mands. En France, c'est la rovauté

c'est bien de la guerre du Sacerdoce contre moderne et ses légistes qui, dûment

l'Empire que va sortir le premier cri avertis par l'exemple allemand, entament

italien de liberté : « Rejetons de nos contre les prétentions du Saint-Siège à la

épaules le joug allemand - ». suprématie mie lutte autrement métho-

Victoire de la Papauté. — Cette dique.

longue guerre se poursuivit au milieu Enfin l'Eglise, comme naguère l'Em-

dextraordinaires péripéties ; on y vit pire, s'est usée dans la bataille. Toute

tour à tour l'empereur anathématiser et victoire est empoisonnée. La Papauté n'a

déposer le pape, le pape excommunier pu triompher du glaive que par le gla.ive ;

et déposer l'empereur. d'avoir eu recours aux forces matérielles,

En Allemagne, l'aristocratie féodale Rome a perdu de sa force spirituelle,

était hostile à Henri IV ; en Italie, Cette Eglise avilie du x<= siècle qui

une grande partie de la noblesse et du s'est régénérée au xi'^ par la sainteté et

clergé était hostile au pape à cause de que les Croisades ont portée au plus haut

ses réformes. Abandonné par ses grands point de sa gloire, entrera dans le xiii«

vassaux, Henri IV s'en vint, pieds nus avec les tares de la politique. Des gennes

et en chemise, implorer, par un vent d'hérésie se développeront en Allemagne,

glacé d'hiver, dans la cour du château dans les Alpes, dans le Midi de la France,

de Canossa, la grâce du pape ; trahi à où l'élément arabe est resté fort. L'Eglise,

s-Dn tour par la noblesse romaine. Gré- qui se sent en péril, s'appuiera sur deux

goireVlI s'enfuit du Vatican et, réfugié grands ordres nouveaux de prêcheurs :

à Saleme, chez les Normands, s'écria en Franciscains et Dominicains. Mais les

« J'ai aimé la justice et haï c'est pourquoi je meurs en

mourant :

l'iniquité ; exil ».

La lutte continua entre Henri IV et Urbain II et Calixte II, Frédéric Barberousse et Alexandre III, Othon IV et Innocent III, Frédéric II et Innocent IV. Finalement, la Papauté l'emporta et

peuples auront commencé à prendre conscience d'eus-mêmes. Ils n'auront pas échappé à l'Empire pour se soumettre à la Papauté.

La grandiose entreprise de Grégoire VII se terminera par l'aventure lamentable de Boniface VIII '. Il y a une route directe de Canossa à

l'Empire germanique, épuisé, s'affaissa Anagni.

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